Le bateau ivre



 
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 LAURE

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aristee
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MessageSujet: LAURE   Lun 19 Juil - 8:53

PREMIERE PARTIE

CHAPITRE I

Le ciel était d’un bleu profond, la température agréable, l’air léger, et le mistral avait du prendre ses R.T.T. Assises sous
un érable, devant la maison, Laure et sa tante Ida, silencieuses, écossaient des petits pois.

De la maison, située à la sortie de Saint Paul Trois Châteaux, on voyait distinctement le panache de vapeur d’eau qui sortait des énormes cheminées de la centrale
atomique du Tricastin.

Ce temps merveilleux ne prédisposait pas aux idées noires. Et pourtant…Oui, pourtant, Laure s’exclama :

- Je suis vieille !

Aussitôt, la tante Ida se mit à éclater de rire, avec une telle violence, qu’en avalant sa salive de travers, elle s’étrangla, toussa et devint toute rouge.

Lorsqu’elle reprit son souffle, elle fit remarquer à sa nièce.

- Petite folle ! J’ai failli mourir étouffée. Pourquoi dis-tu des bêtises pareilles. ! Tu n’as pas encore 28 ans, tu es très jolie.

Tu n’as vraiment rien, mais alors, là, rien du tout, d’une vieille femme.

- Arrête de te moquer de moi, ma tante. La vieillesse, ce n’est pas une question d’âge. On est vieux quand on est englué dans une vie ronronnante, sans projets, sans désirs,
sans perspective, et que tu le veuilles ou non, c’est mon cas. Si !! Ma tante, je me sens vieille ! Et tous tes raisonnements sur mon aspect physique n’y pourront rien.

Ida s’arrêta d’écosser ses petits pois, regarda longuement sa nièce et finit par lui dire :

- Il est vrai que tu ne sembles pas très heureuse.. J’espère que ce n’est qu’une petite crise passagère. Tu n’as aucune raison de te plaindre de la vie. Je te le répète, tu es jeune, tu es très jolie, tu as un fils de 7 ans, absolument adorable, et de plus, tu n’as pas de problème sur le plan matériel. Alors, chasse tes idées noires, et reconnais qu’il y a plus malheureuse que toi!

Je ne veux pas intervenir de mon propre chef dans les problèmes que tu peux avoir, mais sache qu’à tous moments, si tu veux m’en parler, tu peux le faire, et cela fait du bien de pouvoir en parler.

- Merci ma tante, mais….. il me semble que je viens déjà de le faire. Je t’ai dit pourquoi je me sentais vieille, sans
perspective, sans projet, et, il faut bien le dire, sans possibilité de prendre la moindre des décisions…. en dehors du menu du prochain repas. Et encore, je dois tenir compte des goûts de monsieur mon mari, même dans ce domaine, donc, ma liberté est des plus limitée.

- Il est vrai que ton mari est très directif, mais bon sang, tu n’es qu’au début de ta vie, alors ne viens pas me dire que tu es vieille. Ton avenir t’appartient. Il y a ton fils, le petit Alain….

- Mais non, justement, mon avenir ne m’appartient pas. Je viens de te le dire, et c’est là tout mon problème. J’ai la certitude, que l’avenir qui m’attend, sera à l’image de ce que je vis depuis près de 10 ans. Je ne peux rien attendre
d’autre de la vie. Je suis en état de dépendance complète vis-à-vis de mon mari.

Quand à mon fils, c’est vrai qu’il est mignon comme tout, mais si je m’occupe de lui, pour tous les problèmes matériels, c’est Louis qui se réserve son éducation, et je n’ai pas un mot à dire sur la façon de l’élever.
D’ailleurs même pour les problèmes matériels, par exemple, il n’y a pas eu une seule pièce vestimentaire achetée par moi pour Alain, qui n’ait entrainé des critiques de Louis. Il me fait même ses remontrances devant le petit, qui se
rend bien compte, que la seule personne dont l’avis a quelque valeur, dans la maison, c’est son père. Comme par ailleurs, mon fils a peur de lui, il est très malheureux, et je ne peux rien faire. Je ne sais plus quelle attitude prendre.
Ce matin encore, j’ai voulu gronder le petit, parce qu’il écrivait avec des crayons de couleur sur la tapisserie de sa
chambre, et il m’a répondu, en me défiant :

- Je le dirai à papa.

Bien sûr, il ne le fera pas, car il est terrifié par lui, mais c’était pour me faire comprendre que je n’étais rien ici. Et il a raison le gamin : Je ne suis rien.

Je crois que l’homme le plus macho de France, c’est moi qui en ai hérité.

- Allons, allons, reprit la tante, tu noircis le tableau. Je suis persuadée que Louis t’aime beaucoup.

- Oh, ça, c’est vrai !!! Louis m’aime beaucoup. Il m’aime comme il aime sa voiture, comme il aime son chien Ouragan. Il m’aime comme une chose qui lui appartient et sur laquelle il a tous pouvoirs.

- Ma pauvre Laure, je ne me doutais pas que tu étais aussi malheureuse. Mais enfin, contrairement à ce que tu disais tout à l’heure, tu es jeune, très jeune, et tu ne vas pas passer ta vie, à souffrir quotidiennement. Il faudrait absolument que tu puisses avoir une sérieuse discussion avec ton mari. Si tu veux que je lui en dise deux mots, pour t’aider je peux le faire.

- Tu penses bien que j’ai déjà pensé à avoir une explication avec Louis, et ce n’est pas par lâcheté que j’y ai renoncé.

J’y ai renoncé parce que cela ne servirait à rien. Il n’est pas question que je le fasse bouger d’un millimètre, alors, quelle serait le résultat de cette explication ? Il deviendrait
peut être pire encore, si c’est possible, quand à moi, il ne me resterait théoriquement que deux solutions : Continuer à subir son écrasante autorité, ou partir.

J’ai dit théoriquement parce qu’en fait, je n’ai pas le choix. Je ne peux pas partir pour deux raisons. Tout d’abord, je n’ai aucun revenu, je ne peux assurer ma vie matérielle, et ensuite, Louis n’acceptera jamais que je m’en aille avec Alain. Et vivre sans mon fils, je ne le pourrais pas. Non. Crois-moi, la situation est sans issue, et je suis vieille, alors que ma vie commence à peine.

En fait, la tante avait raison. Laure était une très jolie femme, aux traits fins, à la chevelure brune et longue. Sa taille était fine, sa poitrine haute, et s’il fallait regretter un petit défaut, ce serait son petit air triste qui ne la quittait
jamais

Mais Laure, faisait une erreur. Ce qu’elle appelait vieillesse, n’était qu’une transposition sur son âge, de sa vie qui effectivement était tristounette, sans saveur. Vieille ? Non, elle ne l’était pas, et si elle n’avait pas un véritable éteignoir pour mari, ce qui lui donnait un petit air souffreteux, ce serait une jeune femme exceptionnellement belle.

Il était 18 heures 35, c'est-à-dire l’heure exacte à laquelle, ponctuellement, Louis rentrait chaque jour chez lui, après sa journée de travail, à la Centrale atomique du Tricastin où il était ingénieur.

Il ne dérogea pas à la coutume, et poussa le portail à l’entrée du jardin, à l’heure habituelle. Il vint machinalement déposer un baiser sur le front de Laure, et un autre sur celui de la tante. Cela faisait aussi partie du rituel journalier, sans aucune connotation sentimentale.


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MessageSujet: Re: LAURE   Lun 19 Juil - 10:02

Bonjour Aristee, sympa de te relire ! Cette histoire à un écho en moi....

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MessageSujet: LAURE   Mar 20 Juil - 8:40

Louis était physiquement un assez bel homme, mais son machisme était évident, et l’on sentait qu’il n’en faudrait pas beaucoup, pour, qu’à l’instar des représentations des hommes préhistoriques, un gourdin dans une main, il ne
prenne de l’autre, sa femme par les cheveux pour la tirer derrière lui. On comprenait immédiatement, en les voyant ensemble, que l’un était le Maitre et l’autre l’Esclave.

Et pourtant, ce jour là, il faut croire qu’une limite avait été franchie.

Laure qui le suivait des yeux, sembla prendre subitement une décision inattendue, même pour elle-même.

Comme Louis s’apprêtait à entrer dans la maison, il
entendit sa femme le héler :

- Ne rentre pas tout de suite, Louis. Si tante veut bien nous laisser, j’ai à te parler!

Pendant que la tante se levait, pour les laisser seuls, Louis, fortement surpris par cette initiative, et plus encore
par le ton utilisé pas sa femme, s’immobilisa, regarda sa montre, puis répondit.

- Si c’est quelque chose de grave, je pourrai t’écouter avant le repas. Je dois maintenant, tu lesais, aller prendre ma douche.

- Pour une fois, ta douche attendra un peu. Tu ne vas pas en mourir !

- Mais qu’est-ce que c’est que cette façon de me parler. Je n’aime pas beaucoup ce ton. Nous parlerons avant le repas.

- Non, Louis, nous allons parler maintenant,
sinon….

- Sinon ? Fais attention à ce que tu vas dire, Laure !

- Et toi, fais attention à ce que tu vas faire !

Louis ne comprit pas très bien ce qui lui arrivait. Jusqu’à ce jour, sa femme avait toujours obéi à ses ordres, sans discuter, et voilà qu’elle l’interpellait avec une véhémence
inouïe. Cette rupture brutale avec les habitudes le laissa désemparé un petit instant. Au-delà de son amour propre blessé, c’était l’incompréhension qui le déstabilisait. Il ne reconnaissait plus sa femme.

Mais il était temps de reprendre la situation en main, et il lui dit :

- Il est possible que tu veuilles m’entretenir d’un problème, mais il n’est certainement pas d’une importance telle que je renonce à ma douche. Je t’accorderai quelques minutes après ma douche, et ne t’avise plus à me parler sur ce ton.

Sans attendre de réponse, Louis entra vivement dans la maison, cependant que Laure se précipitait à son tour à l’intérieur.
Quelques minutes plus tard, on entendit Louis hurler.


- Que se passe-t-il ? La douche ne fonctionne plus, il n’y a plus d’eau chaude !

- J’ai éteint la veilleuse du gaz. Tu devras te
contenter d’eau froide, puisque tu n’as pas voulu me prêter attention durant quelques minutes.

- C’est toi qui as fait ça ? Tu as osé ? Tu me le paieras !!

Un peu plus tard, vêtu d’un peignoir de bain, Louis, furieux sortit de la douche, l’œil mauvais, et se précipita dans le salon où Laure, dans un fauteuil, lisait, ou du moins
feignait de lire un journal. Arrivé près de sa femme, il lui asséna une claque retentissante.

D’abord interloquée, car c’était la première fois qu’il la battait, elle se dressa furieuse, ses yeux lançaient des
éclairs, et pour la première fois également, décida de lui tenir tête. Cependant, c’est lui qui cria :

- Ne recommence jamais, tu entends, jamais, ne t’avise plus de me refaire ce que tu viens de m’infliger. Je n’ai pas pu prendre ma douche chez moi, je ne le tolérerai pas
une seconde fois.

- Je veux te parler. Est-ce si extraordinaire ? Par ailleurs ne t’avise pas à me frapper une seconde fois, car je n’hésiterais pas à déposer une plainte contre toi, pour sévices corporels. Je me demande même, si je ne vais pas le faire immédiatement. Quelques jours au moins, en garde à vue, te feraient le plus grand bien.

- Cette fois, j’en suis certain ! Tu es folle, cliniquement folle, et je vais te faire interner.

- Remarque, je serai plus heureuse, internée, que de vivre, ici, avec toi.

Louis dut faire un immense effort sur lui-même, pour se calmer. Et c’est d’une voix presque normale, qu’il reprit :

- Nous reviendrons plus tard sur ce qui vient de se passer. Je vais donc écouter ce que tu as à me dire, et j’espère pour toi qu’il s’agit d’un problème important.

En constatant que Louis changeait brusquement d’attitude, Laure fut prise un peu à contre pied, et elle laissa passer un bon moment, suffisamment long, pour que Louis lui demande d’un air impatient :

- Alors ?

- Alors, je tiens à te dire que les choses ne peuvent se poursuivre en l’état.

- Cela veut dire quoi : les choses ne peuvent se poursuivre en l’état ?

- Tu te prétends intelligent. Si c’était vrai, tu aurais déjà compris.

- Tu m’insultes maintenant ?

- Non. Je constate.
Alors je vais être plus précise. Tu es l’homme le plus macho qui existe. Tu veux tout régenter, tout décider, et seul, ton bon plaisir guide tes paroles et tes actes. Moi, je ne suis rien. Je ne suis même pas ta bonne, je suis un simple objet utilitaire qui n’est là que pour te servir. Ce que je veux te dire, c’est que je ne supporterai plus cette situation. Je suis ta femme. Considère-moi comme telle, je l’exige !

Louis était manifestement désarçonné par les propos de Laure. C’était pour lui inimaginable, incompréhensible. Il estimait que chacun était à sa place. Lui, l’homme était le chef de famille, il gagnait l’argent nécessaire à l’entretien du ménage, et remplissait dans les meilleures conditions cette fonction normale et naturelle, quand à Laure, elle bénéficiait de sa protection et en retour, lui devait respect et obéissance. C’était cela la vérité, l’ordre naturel, aussi est-ce avec un accent de vérité, qu’il lui dit.

- Tu déraisonnes complètement. Je suis ton mari, tu es ma femme, nous avons chacun notre rôle, je remplis le mien, je te demande de remplir le tien, et tout ira bien.

Laure sentait bien qu’elle avait déjà perdu la partie, mais elle tenta une dernière fois de faire fléchir son mari.

- Non, tout n’ira pas bien si tu ne modifies pas ton attitude envers moi. Je n’en peux plus d’être ton esclave, soumise, corvéable à merci. Jamais, tu ne demandes mon avis, dans quelque domaine que ce soit. Fais ceci, fais cela, et je ne peux même pas escompter un remerciement ou une marque de satisfaction. Tu critiques tout ce que je fais. Non. Je te le répète, et tu devrais bien en tenir compte, cela ne peut pas continuer comme ça.

- Cela ne peut pas continuer comme ça ?
Alors, explique- moi. Que feras-tu pour que cela change ?

Comme Laure ne répondait pas, c’est Louis qui reprit, avec un sourire narquois.

- Vois-tu, Laure, lorsque l’on veut engager une discussion sérieuse, il faut auparavant s’assurer que l’on a des atouts en mains. Sinon, c’est du bavardage inutile qui fait perdre du temps, sans avoir d’effet concret.

Avant de terminer cette conversation ridicule, et pour qu’elle serve au moins à quelque chose, il faut que tu saches, une fois pour toute, que je ne tolérerai pas une autre fois, que
tu me parles comme tu l’as fait. Et lorsque je dis cela, ce ne sont pas des paroles en l’air. Moi, je ne parle jamais pour ne rien dire.

Recommence à me manquer de respect, et tu sauras que la claque de tout à l’heure, n’était qu’une douce caresse, à côté de ce que tu risques de subir.

Maintenant va préparer le repas, il ne te reste que vingt minutes, ajouta-t-il en regardant sa montre.

Comme Laure se mit à pleurer, Louis en ricanant lui conseilla.

- Puisque tu pleures déjà, profites-en pour me faire une soupe à l’oignon. Allons dépêche toi.

Vaincue, brisée, Elle se dirigea vers la cuisine, où la tante Ida en entendant la dispute s’était réfugiée avec le petit Alain.

( A suivre)
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MessageSujet: Re: LAURE   Mar 20 Juil - 10:19


Mais c'est un monstre d'égoisme cet homme !
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MessageSujet: Re: LAURE   Mar 20 Juil - 23:59

Une horreur ce type, j'attends la suite en espérant qu'elle ne reste pas soumise.

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MessageSujet: LAURE   Mer 21 Juil - 8:34

Dès qu’il vit sa maman, l’enfant se jeta dans ses bras en pleurant.

- Maman, j’ai peur, maman j’ai peur, j’aime pas quand papa fait la grosse voix.

Laure tenta de consoler l’enfant et faisant un énorme effort sur elle-même, lui dit qu’il n’avait pas à avoir peur qu’elle discutait seulement avec papa, mais que les hommes parlent toujours plus forts que les femmes, parce qu’ils sont plus grands.

Le repas se déroula dans l’ambiance habituelle.

Laure parlait rarement, et à peu près exclusivement avec son fils. Louis parlait beaucoup, et il faut reconnaitre, qu’il abordait avec compétence des sujets variés, sur lesquels il demandait de temps en temps l’avis de la tante Ida, pour avoir le plaisir de lui démontrer qu’elle avait tort, avec un talent incontestable quoique souvent entaché d’une mauvaise foi que la tante se gardait bien de relever.

Comme à l’accoutumée, le repas terminé, Louis se rendit dans le salon, pour fumer une pipe et déguster un digestif, servilement versé par Laure, sans qu’il n’ait été nécessaire qu’il le demande.

La table débarrassée, la tante et la nièce allèrent coucher le petit Alain qui s’endormit rapidement. Il n’en fut pas de même pour Laure, qui, s’étant pourtant couchée tôt, ne parvint à s’endormir qu’après deux heures du matin.


CHAPITRE II


Le mois qui s’écoula après la désagréable discussion, se déroula, à deux détails près, dans la même ambiance pesante, désagréable, chaque fois que Louis était présent.

Lorsque ce dernier rentrait du travail, comme d’habitude, il venait déposer sur le front de Laure, un baiser sec et machinal, qui était le seul contact physique qu’ils
avaient désormais. Louis n’avait jamais été doué d’un tempérament de feu, mais il se faisait auparavant un devoir d’honorer sa femme une fois par semaine en
moyenne. Depuis leur discussion, Rien. Ce qui d’ailleurs ne privait pas Laure, qui n’avait jamais vraiment apprécié les rapports sexuels qu’elle n’avait connu qu’avec son mari.

La deuxième modification à la sacro sainte étiquette du passé, fut inaugurée le vendredi qui suivi l’altercation, laquelle avait eu lieu un mercredi.

Avant de partir travailler, donc, le vendredi matin,
Louis dit à sa femme ces simples mots.

- Je ne rentrerai pas ce soir. A demain.

Chaque semaine, le vendredi matin, Louis répétait la même phrase, et il découchait effectivement.

Cela faisait donc un mois que ce petit manège durait quand la tante Ida, qui n’avait jusqu’alors jamais abordé ce sujet, dit à sa nièce.

- Ma chérie, cela ne peut plus durer. Tu maigris, tu as le teint pâle, tu ne souris jamais, tu es triste, tu vas finir par tomber malade. Je sais qu’il y a un mois, tu as essayé
d’avoir une conversation avec ton mari. Or, non seulement les choses ne se sont pas arrangées, mais maintenant, Louis se permet de découcher tous les vendredis soirs.

Par ailleurs, Alain a peur de son père, il est même terrorisé quand il est là, et n’ouvre plus la bouche en sa présence. Il faut faire quelque chose.

- J’ai essayé de faire quelque chose, mais il sait bien que je suis et resterai toujours sous son autorité. Je dépens entièrement de lui sur le plan matériel, et je suis
condamnée à vie, à accepter cette situation.

- Je n’aime pas te voir abdiquer sans lutter. Tu as des atouts en mains, il faut les utiliser.

- Des atouts ? Quels atouts ? Je n’en n’ai aucun. Aucun. Je suis entièrement dépendante de Louis.

La tante, resta un instant, silencieuse, sans doute pour se calmer, car la passivité de sa nièce l’énervait un peu, mais elle parvint, en faisant un effort sur elle-même, à lui parler d’une voix normale.

Certes, elle reconnaissait que sa nièce avait eu une vie qui ne l’avait pas préparée à se défendre. Mais tout de même !

Elle avait fait ses études dans une institution religieuse. Ses parents, sa mère surtout, avaient couvé cette fille unique adorée, malgré les remontrances d’Ida qui ne cessait
de dire à sa sœur qu’il ne fallait pas la surprotéger. Ce n’était pas un service à lui rendre que de lui épargner tous les tracas de la vie normale. Fiancée très jeune à Louis,
peu après avoir passé son baccalauréat, elle se maria, et il est certain que ce n’était pas cette union qui pouvait développer ses défenses, car elle était tombée sur un effroyable macho, qui non seulement prenait toutes les décisions, mais qui considérait qu’elles étaient sans appel.
Évidemment, il ne s’abaissait jamais à lui demander son avis, dans quelque domaine que ce soit.

5 mois après son mariage, Laure perdait ses parents dans un accident de la route, et la tante Ida avait considéré que son devoir était de protéger cette jeune femme sans défense, qui devint mère à 21 ans.

Laure n’avait même pas eu connaissance des dispositions prises lors de son mariage, par son père et son futur mari. Il s’agissait d’un domaine trop sérieux auquel Laure ne pouvait
avoir accès.

De même, après le décès des ses parents, Laure, pourtant présente lors de la lecture du testament par le notaire, avait été prévenue auparavant par son mari, qu’il s’agissait de problème juridiques complexes, auxquels elle n’y comprendrait rien, mais dont il se chargerait lui même. Seul, Louis tout naturellement, s’occupait « des choses sérieuses »

La tante Ida dit donc à sa nièce :

- Je sais que tu as toujours été à l’écart des choses de la vie, et que tu n’as pas été informée de tout. Par exemple, savais-tu que lors de ton mariage, ton mari avait exigé l’établissement d’un contrat de séparation de biens ? Avec une assurance qui côtoyait la muflerie, il avait dit à ton
père : « Je suis appelé, sans doute, à un grand avenir, et il est impossible de prévoir l’évolution d’un couple. En conséquence, la séparation des biens assure l’équité pour
chacun ».

Si ton père n’avait pas apprécié cette affirmation, il avait cependant accepté volontiers la séparation de biens, du fait que, propriétaire de la maison, il était assuré que sa fille unique en serait du moins la seule héritière.

- Que me dis-tu ? Si je comprends bien ce que tu viens de me dire, la maison est à moi, et Louis, n’a aucun droit dessus.

- Tu as parfaitement compris.

Cette nouvelle fut accueillie avec surprise et joie par Laure, qui sentait confusément l’importance de cette
information. Elle n’était donc pas complètement démunie ?

D’ailleurs, sa tante en reprenant son récit, la conforta dans cette idée, en lui faisant remarquer que la situation de Laure, n’était pas aussi désespérée que cela, puisqu’elle possédait un capital immobilier non négligeable.

Laure savait maintenant que son mari n’était pas propriétaire de la maison. Il y avait déjà de quoi rabattre le caquet de Louis,,… quand il prétendait qu’elle lui devait tout. Il fallait qu’elle agisse avec énergie. Son mari habitait chez elle, elle devait le lui faire remarquer, et obtenir de lui qu’il soit moins cassant, brutal, et qu’à tout le moins, il se montre plus humain, même si elle ne pouvait espérer
obtenir de lui qu’il soit plus attentionné.

La tante Ida, bien décidée à aider sa nièce à sortir des griffes de ce mari au caractère insupportable, lui conseilla deux choses. En premier lieu, passant outre les désirs de Louis, elle devait commencer par prendre des cours par correspondance, de secrétariat par exemple. Ce serait son premier pas vers l’indépendance.

- Ne rêvons pas ma tante ! Mais si la maison est à moi, en revanche, je ne dispose pas d’argent pour prendre des cours, l’interrompit Laure.

- Arrête de te laisser arrêter par le premier obstacle. Je perçois une petite pension, tu l’ignorais sans doute. . A la demande de Louis, qui, et c’est bien normal, ne voulait pas me nourrir gratuitement, je lui verse chaque mois, les 2 tiers de ma pension. Comme je n’ai ici, pratiquement pas de frais, je pourrai facilement te payer ces cours par correspondance, il m’en reste assez pour cela. Tu vas
donc prendre des cours, puis chercher une situation qui, elle, te donnera la vraie indépendance matérielle à laquelle tu aspires. Pour Alain, ne te fais pas de souci, dans la journée, pendant que tu travailleras, cela ne posera aucun
problème : Je suis là, je m’en occuperai.
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MessageSujet: Re: LAURE   Mer 21 Juil - 9:28

Une lueur d'espoir, rien n'est perdu pour Laure....

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MessageSujet: Laure   Jeu 22 Juil - 9:03

Laure éleva bien sûr des objections. Elle ne pouvait accepter que sa tante se dépouille entièrement de ses biens, entre la somme versée à Louis et des cours par correspondance pour elle.

Sa tante lui répondit que, décidemment, il faudrait qu’elle apprenne à calculer. Sa petite pension ne lui aurait pas permis de vivre indépendante, et c’est grâce à sa nièce qu’elle pouvait avoir une vie normale.

- Grâce à moi ? Pourquoi, demanda-t-elle ?

- Mais réfléchis un peu ! Ma chérie !
Tu es propriétaire d’une maison, je vis chez toi depuis des années, et tu ne m’as jamais demandé de loyer. Je suis ta débitrice. Il est bien normal que je t’offre à mon tour, tes cours par correspondance. J’aurais l’impression de payer
une petite partie de mes dettes.

- Ma tante, tu es trop bonne. Je n’ai pas besoin d’apprendre à compter pour savoir que tu ne me dois rien du tout, et que c’est moi qui reste largement ta débitrice. Ta présence à mes côtés, je te le dis très simplement est indispensable, non seulement pour moi, mais à Alain également. Oui, ma chère tante, c’est moi qui reste ta débitrice, de plus,
grâce à toi, je commence à voir une petite lueur d’espoir, ce qui est inestimable !!

- Si j’ai pu te donner la force de sortir de cette situation anormale, j’en serais très heureuse. Il faut que tu te
persuades que tu as ton destin entre tes mains. Il suffit de le vouloir et de t’y tenir.. Tu vas prendre des cours par correspondance, sans en parler à Louis, puis tu chercheras une situation. Dès que tu l’auras, tu en aviseras ton mari…

- …Qui ne sera pas content, coupa Laure.

- Qui ne sera pas content, c’est vrai, mais cela aura au moins le mérite d’inverser les rôles, puisque, depuis que tu vis avec lui, c’est toujours toi la victime, et lui le bourreau..

- Mais il va s’opposer à ce que je travaille !

- C’est alors, ma petite qu’il va falloir, je te le répète, que tu tiennes bon. Tu lui diras deux choses.

Tout d’abord que tu es propriétaire de la maison, que légalement tu es chez toi, et que tu es prête à introduire une action en divorce s’il persévérait à agir avec toi en macho. Et tu ajouteras qu’une fois le divorce prononcé, il n’aura plus qu’à se trouver un autre logement. Tu lui diras à ton tour, que ce ne sont pas des paroles en l’air, et que s’il ne change pas, tu ne modifieras pas non plus tes projets. Je
suis certain, que derrière cet homme sec, cassant apparemment sûr de lui, se cache un pleutre.

C’est à ce moment là, que tu devras prendre une décision. Ou tu maintiendras ton intention de divorcer, pour conquérir entièrement ton indépendance, ou, si tu l’aimes encore, malgré tout ce qu’il t’a fait, tu le mettras à l’épreuve, pour qu’il ait à ton égard une attitude conforme à celle que doit avoir un mari épris de sa femme.

-Si j’en arrive au stade d’envisager le divorce, il n’y a qu’une chose qui pourrait m’y faire renoncer : C’est le risque que l’on m’enlève la garde d’Alain.

- Pour cela, il n’y a pas grand risque. D’ailleurs les juges sauront se renseigner sur la préférence de ton fils, et tu sais bien qu’il est terrorisé pas son père.

Laure se jeta dans les bras de sa tante :

- Grâce à toi, j’ai l’impression de revivre, d’avoir un but, de pouvoir rêver. Je crois que j’arriverai à tenir bon, et si tu me voyais céder, je t’en prie ma tante, secoue- moi pour que je reste dans mes dispositions d’esprit actuelles.

La tante et la nièce restèrent longuement enlacées, et lorsqu’en fin d’après midi, Louis vint déposer le baiser sec et routinier sur le front de Laure, il fut surpris de d’entendre sa
femme lui dire :

- As-tu passé une bonne journée ? Le temps est magnifique. Je me suis eu peu attardée dans l’après midi, ce qui fait que nous dînerons aujourd’hui avec une petite demi-heure de retard.

- Il n’en est pas question, nous dînerons à l’heure habituelle !

- Je n’y vois aucun inconvénient, mais il faudra que tu te charges de la cuisine. Je t’ai dit que j’avais pris un peu de retard.

Immédiatement il donna une gifle à la rebelle, au moment même où la tante entrait dans la pièce.

- Vous êtes une brute Louis, et je suis témoin de vos voies de fait. Croyez- moi, cela pourra servir, ou plus exactement vous desservir un jour.

- Vous, la tante, vous n’avez pas à vous immiscer dans les problèmes de mon ménage. Et si vous réitérez vos
interventions intempestives, je vous flanquerais à la porte. Compris ?

- Ne dis pas de bêtise, Louis. Tu sais parfaitement que cela est absolument impossible.

- Qu’est ce qui est impossible?

- Que tu flanques ma tante à la porte, comme tu l’as dit élégamment.

- Tiens donc !!! Et pourquoi ?

- Tout simplement parce que je suis ici chez moi. Je suis la seule propriétaire de la maison, et je n’ai pas du tout
l’intention de mettre dehors ma tante que j’aime beaucoup.

Souviens-toi, lors des discussions avec mon père pour l’établissement d’un contrat de mariage, tu as exigé que nous soyons sous le régime de la séparation des biens.
Tu étais persuadé être appelé à un brillant avenir, alors tu ne voulais pas perdre la possibilité de te débarrasser
de la pauvre fille que j’étais, sans me donner un sou. Ta décision était non seulement assez lamentable, mais elle était bête, tu risques de t’en rendre compte assez vite.

- Je n’apprécie pas du tout la façon dont tu me parles ces temps ci. Tu ferais bien de réfléchir, et d’admettre que sans moi, ta tante et toi, vous ne pourriez pas vivre, ni
même entretenir cette maison. Alors comme j’ai déjà eu l’occasion de te le dire, il ne faut pas entamer une discussion sans avoir les atouts en main.

Laure avait décidé de ne pas parler de son intention de prendre des cours par correspondance pour travailler et prendre son indépendance financière, mais l’attitude inadmissible de son mari l’entraina à lui faire part de ses
intentions. En en prenant connaissance, il entra en fureur.

Louis lui réitéra son interdiction de prendre des cours, qu’en tout état de cause, il ne lui payera jamais. Quand à travailler il valait mieux qu’elle abandonne cette idée farfelue, car il était le chef de famille, et ferait respecter ses prérogatives. Pour terminer, il traita Laure de mauvaise mère, et de mauvaise femme.

Laure lui répondit que si elle n’était pas une bonne mère, Alain ne la préférerait pas à son père, qui, lui, ne savait que le terroriser.
Quand à son rôle de femme, s’il estimait qu’elle le tenait mal, il devrait se montrer satisfait puisqu’il n’aurait plus très longtemps à supporter la femme dénaturée qu’elle était à ses yeux. Eh effet, elle avait la ferme intention de mettre fin à leur mariage.

Partagé entre la colère, et la pitié pour une pauvre femme qui se faisait des illusions sur ses possibilités d’aller au bout de ses soi-disant projets, Louis était tout à tour
à tour menaçant et condescendant, prêt à passer l’éponge sur les velléités infantiles de Laure.

Une longue discussion suivit, au cours de laquelle, Louis prétendit qu’elle ne pouvait adopter cette nouvelle attitude sans avoir été influencée, et qu’elle avait certainement un amant.

Elle éclata de rire, ce qui augmenta la fureur de Louis, et elle lui fit remarquer qu’elle ne découchait jamais, elle, alors que chaque semaine, il allait sans doute rejoindre une
maitresse, ce qui d’ailleurs ne lui faisait ni chaud ni froid, tant elle le méprisait.

( A suivre)
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MessageSujet: Re: LAURE   Jeu 22 Juil - 10:01

Il a la gifle facile le monsieur, mais Laure apprend vite la leçon et le soutien de sa tante est précieux.

Bonne journée Aristee.

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MessageSujet: Re: LAURE   Jeu 22 Juil - 10:22

J'attends qu'elle la lui rende la gifle ! ha mais ;)
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MessageSujet: LAURE   Ven 23 Juil - 8:59

Pour rompre cette discussion, Laure dit qu’elle partait au restaurant avec son fils et sa tante, et qu’il aurait à se débrouiller pour se faire lui-même son repas.

Louis, qui, ainsi que l’avait deviné la tante Ida, n’était fort qu’avec les faibles, sortit de la salle de séjour pour aller s’enfermer dans sa chambre.

Lorsque Laure, Ida et le petit Alain, rentrèrent du restaurant, Louis s’était enfermé à clé dans sa chambre, et Laure dut aller coucher dans la chambre d’amis.

Depuis ce moment, Laure n’est plus entrée dans la chambre conjugale, ils firent chambre à part, et Louis dut s’occuper de faire, tant bien que mal, son lit et son ménage dans sa chambre.

Outre ces modifications bénéfiques dans la vie de Laure, elle put se féliciter de ne plus avoir de discussion avec son mari, qui au lieu de pérorer durant les repas, ou de faire
des reproches à sa femme, ne desserrait plus les dents. Une autre transformation intervint dans leur vie commune : Au lieu de découcher une fois par semaine, Louis ne rentrait
chez lui ni les vendredis ni les mardis.

Six mois de « guerre froide » s’écoulèrent durant lesquels Laure prit des cours pas correspondance, et eut la chance de trouver assez rapidement un poste de secrétaire dans un cabinet médical.

Après un mois de stage, elle fut titularisée, et c’est alors que, certaine désormais de pouvoir assurer la vie matérielle de sa petite famille, elle prit contact avec un avocat pour
introduire une action en divorce.

Elle ne parla pas de cette démarche à son mari, puisque depuis qu’ils faisaient chambre à part, ils n’avaient pratiquement pas échangé un mot.

C’est donc par l’avocat, que Louis apprit, à son bureau, la demande de divorce formulée par sa femme.

Il arriva en fureur à la maison en traitant sa femme de tous les noms, mais Laure n’était plus l’être effacé, obéissant et craintif qu’elle avait été durant près de dix ans. Elle était devenue matériellement indépendante, et bien décidée à faire respecter cette nouvelle acquisition.

Elle lui fit remarquer que sa surprise était déplacée, car, d’une part, elle ne lui avait pas caché son intention de divorcer, et que d’autre part il y avait des mois que leur couple n’existait plus. Il était donc bien préférable d’entériner leur rupture, ce qui d’ailleurs devrait le combler d’aise, puisque cela lui permettrait, s’il le désirait, d’officialiser la liaison qu’il entretenait dans la clandestinité.

Louis était nettement dépassé par la métamorphose de sa femme, et rompant la discussion par la fuite, il alla s’enfermer dans sa chambre.

Laure avait eu la main heureuse en choisissant son avocat, car, avec une célérité exceptionnelle, sept mois plus tard, le divorce était prononcé, la garde d’Alain était confiée à la
mère, et le père, qui croyait s’être mis à l’abri avec le contrat de séparation de biens, était condamné à verser une pension alimentaire pour son fils.

Par ailleurs, Louis avait le droit de prendre le petit Alain durant la moitié des vacances.

Le lendemain du prononcé du jugement de divorce, Louis descendit de sa chambre une valise à la main. Il passa devant Laure qui se trouvait dans le salon, sans prononcer un mot, déposa une enveloppe, et sortit.

Lorsqu’elle fut sûre qu’il s’était suffisamment éloigné, elle vint prendre l’enveloppe, la décacheta et lut.

Laure.

Peut être ai-je des torts. Je n’en sais rien, car depuis des semaines, je n’ai plus l’esprit très clair. Ce que je sais, c’est que je t’aime toujours, et c’est la raison pour laquelle je
ne veux plus te voir, cela me ferait trop mal.


Le tribunal m’a accordé la possibilité d’avoir Alain, durant une partie des vacances. Je ne suis pas encore organisé, et je ne pourrai certainement pas le prendre pour les
vacances de Pâques, mais j’espère pouvoir l’avoir ensuite régulièrement dans mon nouveau domicile, où il aura en permanence, sa chambre à lui, j’y tiens absolument.


Je te demande de ne jamais lui parler en mal de son père. Explique-lui, que nous avions des goûts différents et que nous nous sommes séparés, mais que son papa l’aime et
l’aimera toujours.


Pour ce que tu feras dans ce sens, je te dis : Merci.

LOUIS

En lisant cette lettre, d’une tonalité tellement différente des paroles qu’il prononçait habituellement, Laure ne put retenir quelques larmes. Cette attitude presque humble faisait apparaitre un nouvel homme, ce qui l’amenait à penser qu’elle l’avait peut être mal jugé. Puisqu’il se posait la question de savoir s’il avait des torts, elle ne pouvait pas
éviter de se poser la même question pour elle-même. Comment rester objective quand on est directement concernée ?

Elle appela Ida et lui tendit la lettre.

Sa lecture terminée, Ida éclata de rire.

- Ne crois pas un mot de ce qu’il te dit, en reconnaissant ses torts éventuels. C’est une manœuvre pour te culpabiliser. Ne te laisse pas prendre à cette grossière
manœuvre.

Par ailleurs, en ce qui concerne son désir de prendre Alain durant une partie des vacances, certes, le tribunal lui donne cette possibilité, mais le petit ne voudra jamais aller chez
son père qui le terrorise.

Je ne peux pourtant pas aller contre les dispositions du jugement !
Je ferai la leçon à Alain. La première fois, je lui dirai qu’il ne faut pas
qu’il ait peur de son père qui l’aime profondément, et nous verrons bien à son retour. Ce sera à Louis de se faire aimer de son fils. S’il a vraiment changé, ce sera facile pour lui, sinon, je demanderai conseil à l’avocat pour mettre fin à ce droit de visite, dans l’intérêt de l’enfant.


(A suivre)
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MessageSujet: Re: LAURE   Ven 23 Juil - 10:40

Voila les choses se mettent en place, Laure découvre l'indépendance et se débarrasse de son vilain mari.

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MessageSujet: Re: LAURE   Sam 24 Juil - 8:17

CHAPITRE III

Deux mois s’écoulèrent. Laure était satisfaite de son travail. La maison semblait être débarrassée des mauvaises ondes apportées par Louis, et les trois occupants se mirent à parler à voix normale. Louis n’avait donné aucune nouvelle. Entre la pension de la tante et le salaire de Laure, la maisonnée pouvait vivre sinon dans l’aisance, du moins
dans des conditions correctes.

Lorsqu’elle était enfant, Laure, aimait aller dans une ferme à une centaine de mètres de la maison de ses parents. Les Brugier, qui n’avaient pas d’enfants, étaient heureux de voir la petite fille, curieuse par nature, qui aimait tout
comprendre des travaux de la ferme, et adorait y participer dans la mesure où ses forces le lui permettaient.

Certes, depuis son mariage, elle n’allait plus travailler à la ferme, mais elle n’avait jamais cessé de s’y rendre pour acheter des œufs, des poulets et des lapins.

Depuis le début de la période durant laquelle l’atmosphère chez elle avait été irrespirable, puisque les repas se déroulaient sans qu’un seul mot ne soit prononcé, Laure allait presque chaque jour chez les Brugier, même si elle n’avait rien à acheter. Elle était certaine de trouver un accueil chaleureux, qui lui permettait de tenir le coup. Certes, il y avait toujours à la maison la tante Ida, qui s’efforçait de détendre sa nièce, mais tout se passait comme si c’était la maison elle-même qui était imprégnée de l’ambiance créée par Louis.

Le petit Alain ressentait instinctivement ce malaise qui semblait avoir sa source dans les murs mêmes, et, instinctivement on ne parlait jamais très haut comme s’ils y
avaient des oreilles dont il fallait se méfier. C’est pourquoi, en sortant de l’école, soit Ida soit Laure l’emmenait à l’extérieur pour se promener, en particulier dans un grand bois, agréable, où l’atmosphère sereine permettait de
parler normalement.

Au début Juin, un samedi, jour où Laure ne travaillait pas, elle décida d’aller chez les Brugier. Dans la cour, elle vit qu’outre les propriétaires, un homme discutait avec eux. Une chaise avait été sortie pour lui, et il était assis, une paire de béquilles à côté de lui.

Ne voulant pas les déranger, elle dit qu’elle repasserait le lendemain, mais madame Brugier lui dit ;

- Mais non, Laure, tu peux venir !

Et désignant l’homme assis, elle ajouta.

- Tu peux venir, tu connais ce jeune homme : Souviens toi, c’est Luc, mon neveu qui venait quelquefois et avec lequel vous avez fait les vendanges chez nous.

Laure se souvint tout de suite de Luc, un jeune garçon, turbulent, qui aimait faire des blagues, et qui durant les vendanges tenait la fonction de porteur des paniers que Laure et les autres, les coupeurs, remplissaient de grappes.

Laure s’approcha et ne reconnut pas le pauvre Luc qui était
dans un bien triste état.

Comme elle l’avait constaté dés le début, il devait utiliser des béquilles pour se déplacer et portait un plâtre sur toute la jambe droite, alors qu’une longue balafre assez disgracieuse, partait de la tempe, et traversait sa joue droite jusqu’au menton.

De plus, il y avait dans ses yeux une tristesse qui serra le cœur de la jeune femme. Cet homme avait du souffrir et souffrait manifestement encore.

En voyant Laure, il s’efforça de poser un sourire sur ses lèvres, mais cet effort était pathétique.

- Bonjour Laure. Moi, je te reconnais facilement, bien que tu sois devenue plus belle encore.
Malheureusement, si je n’étais pas chez ma tante et mon oncle, tu n’aurais pas pu me reconnaitre.

- Détrompe-toi. Je vois bien que tu as eu des problèmes, mais la couleur et la coupe particulière de tes cheveux, me
permettront toujours de te reconnaitre.

- Hum ! Tant que j’aurai des cheveux, peut être, mais ils commencent déjà à tomber….. C’est d’ailleurs pourquoi je suis venu, avant d’être complètement méconnaissable ajouta-t-il avec humour.

Malgré sa tentative pour paraitre gai, ses yeux ne riaient pas, et il était probable que cet homme avait vécu des périodes difficiles.

- Laure, demanda madame Brugier, pourrais-tu tenir compagnie à Luc. Nous n’en avons pour une heure au maximum. Mon mari qui est un homme fort et courageux, a un rendez vous chez notre dentiste, mais il faut que je l’accompagne, sinon, il ne pourra pas entrer dans le cabinet pour se faire soigner.

- Ne te fais pas de mauvais sang ma tante, dit Luc, je peux très bien rester seul durant une heure. Tu ne vas pas
immobiliser Laure pour en faire une garde malade.

- Ne dis pas de bêtise, Luc, j’ai du temps devant moi, et j’aurai plaisir à faire revivre le bon vieux temps avec toi.

- En tous cas, si tu restes, il vaudra mieux, en effet, parler du bon vieux temps, parce que la période plus récente n’était pas très folichonne.

- Confidence pour confidence, la mienne non plus n’a pas été spécialement heureuse.

- Bon, reprit madame Brugier, vous en avez pour un moment pour vous raconter vos malheurs. Allons, Marc, viens, nous
allons de notre côté passer un agréable moment chez le dentiste.

- Si tu te fiches de moi, je n’irais pas !
Oui…… Enfin, j’ai tellement mal que je vais y aller quand même, mais c’est toi qui prends le volant. J’ai trop mal pour conduire..

Lorsque les jeunes gens se trouvèrent seuls, Laure alla dans la cuisine chercher une autre chaise, et vint s’asseoir en face de Luc qui lui dit :

- Plutôt que de parler du bon temps que nous évoquerons plus tard, peut être, parlons plutôt de ce que nous sommes devenus depuis… voyons, cela doit faire 12 ans que nous ne
nous sommes pas vus. 12 ans, déjà !! Tu commences Laure ?

- Si tu veux, mais ce sera vite dit. Ces quelques années ont été presqu’en totalité désagréables, mais il n’y a rien d’extraordinaire à raconter..

Après avoir passé mon bac, j’ai arrêté mes études, et très jeune, je me suis mariée. J’ai en enfant adorable, Alain qui a 7 ans.

Peu après mon mariage, j’ai perdu mes parents dans une catastrophe aérienne.

Mon mari, très vite, s’est révélé être un affreux macho, que j’ai subi sans réagir durant 10 ans. Ma tante Ida, que tu as du rencontrer dans le temps, une ou deux fois, m’a aidée à réagir, ce qui a amené mon mari à être encore plus désagréable. J’ai honte de le dire, il m’a giflé à deux reprises.

Toujours aidée par ma tante, j’ai tenu bon. Comme matériellement j’étais entièrement dépendante de mon mari, j’ai pris des cours de secrétariat par correspondance, puis je suis entrée comme secrétaire médicale, chez un
généraliste.

Mon indépendance financière assurée, j’ai introduit une action en divorce et j’ai obtenu gain de cause il y a peu. Je t’avais prévenu, rien d’extraordinaire, une vie triste et banale.

C’est maintenant à toi de me parler de ta vie. Qu’as-tu fait depuis 12 ans ?
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MessageSujet: Re: LAURE   Sam 24 Juil - 8:39


Tiens tiens... Y aurait il un amour naissant à venir ?
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MessageSujet: Re: LAURE   Sam 24 Juil - 10:37

L'entrée en scène d'un nouveau personnage ouvre de nouvelles perspectives, une histoire d'amour ????

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MessageSujet: Re: LAURE   Sam 24 Juil - 10:38

Aristee je serais absente deux semaines je pars demain matin très tôt en vacances, je pourrais peut-être me connecter d'où je serais d'un petit portable, si j'y arrive je serais la pour te lire...

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MessageSujet: LAURE   Dim 25 Juil - 8:05

Luc avait écouté avec attention le récit de Laure, et lorsqu’elle eut fini, il posa sa main sur la sienne la serra fortement, en lui disant, qu’un évènement peut être banal, et néanmoins faire souffrir atrocement.

- Regarde mon oncle en ce moment, ajouta-t-il en ébauchant un sourire. Il souffre des dents, c’est banal, et pourtant il souffre énormément. Il est vrai que si sa douleur est exquise (au sens médical) elle ne dure pas très longtemps, alors qu’il t’a fallut endurer ton mari durant 10 ans, avec, depuis 7 ans je suppose, la constante préoccupation de protéger ton fils des écarts de son père.

- Tu devines bien les choses Luc. On dit les hommes moins subtils que les femmes, mais le fait d’avoir toi-même semble-t-il beaucoup souffert, te fait ressentir la misère des autres. Si tu le veux bien, dis-moi maintenant ce que fut ta vie depuis que nous ne nous sommes plus vus.

Le jeune homme sembla hésiter un peu avant de répondre au désir de Laure. Pourtant, c’était lui qui avait proposé de parler de leurs malheurs, mais, sans doute redoutait-il de revivre les moments les plus difficiles de sa vie en les relatant.

Il expliqua qu’après avoir passé son bac, il avait soif d’aventures, et décida de préparer le concours d’entrée à Saint Cyr.

Il intégra l’Ecole de Coëtquidan, dont il sortit dans un rang
correct, sans plus. Lors d’une permission à Paris, il connut une jeune fille, Thérèse avec laquelle il eut une courte liaison. Il était au Liban dans les troupes onusiennes, lorsqu’il apprit que cette jeune fille était enceinte.

Persuadé qu’il faisait une bêtise, car enfin il n’avait connu Thérèse que très peu de temps, et n’avait jamais pensé à en faire sa femme, il estima cependant qu’il était de son devoir d’assumer ses responsabilités. Il lui écrivit à plusieurs reprises son intention de se marier avec elle, dès son retour en France, et bien entendu, de reconnaitre son enfant.

La grossesse de la jeune femme fut difficile, le bébé était un garçon et lorsqu’elle accoucha, Luc, qui était encore au Liban, apprit que la mère était morte en couche et que le bébé n’avait pas survécu.

Un sentiment de culpabilité naquit aussitôt en lui, qui fut encore renforcé quelques jours plus tard.

Il reçut en effet une lettre de la sœur de Thérèse l’accusant d’être la cause de son décès. Les lettres qu’il avait envoyées, et qu’elle avait en sa possession, prouvaient sa
paternité. Dans sa lettre, la soeur précisait que des dommages et intérêts lui seraient demandés prochainement.

Un mois plus tard, il reçut en effet une lettre d’un avocat, lui demandant de passer à son cabinet à sa prochaine permission, dont il demandait à Luc de préciser la date.

Son séjour au Liban touchait précisément à sa fin, et
un mois plus tard, Luc prenait un rendez vous chez l’avocat. Il était assez inquiet car il n’avait aucune connaissance juridique, et il se demandait quelle position il devait prendre dans cette affaire assez spéciale.

Lorsqu’il arriva au cabinet, il constata dans la salle d’attente, qu’une jeune fille était là, et elle entra dans le bureau de l’avocat en même temps que lui.

Il s’agissait de Louise, la sœur de Thérèse, celle qui lui avait écrit au Liban.

L’avocat sortit les lettres de Luc qui s’engageait à se marier avec Thérèse et à reconnaitre l’enfant qui allait naitre. Il demanda à Luc s’il reconnaissait les faits. Il ne put faire autrement que d’acquiescer.

L’avocat lui fit part alors des exigences de la famille de Thérèse, ou, plus exactement, Luc le comprit tout de suite,
les exigences de sa soeur Louise, qui semblait bien avoir pris une position en pointe pour obtenir une indemnisation.

Un choix, absolument inattendu, était offert à Luc, tellement farfelu, qu’il le laissa un instant sans réaction,
complètement déstabilisé.

L’avocat lui proposa l’alternative suivante :

Soit, Il versait 100.000 euros de dommages et intérêts pour préjudice moral, subi par la famille, à la suite du décès de Thérèse,

Soit…… Luc s’engageait à épouser Louise.

Luc fit répéter l’alternative qui lui était proposée, surtout pour gagner du temps, car il avait bien entendu cette proposition des plus curieuses, même s’il ne la comprenait pas..

Il répondit que, s’il ne niait pas avoir eu une liaison avec Thérèse, et qu’il s’était engagé à se marier avec elle et à reconnaitre l’enfant, il ne pouvait être tenu pour responsable du double décès. Il n’avait pas violé
Thérèse, ne pouvait rien se reprocher, et avait agi, quand il avait eu connaissance de la grossesse de Thérèse avec un sens des responsabilités, que d’autres auraient pu ne pas avoir, en s’engageant à se marier et reconnaitre l’enfant.

En conséquence, il refusait formellement de verser une indemnité quelconque à la famille de Thérèse.

Par ailleurs, la demande de Louise de l’épouser, était tellement ridicule qu’il n’avait même pas à répondre.

C’est alors Louise qui prit la parole.

- Je conçois parfaitement que pour un jeune officier, la somme de 100.000 euros soit assez importante, et grèverait votre solde durant de nombreuses années. Je crois donc
que vous avez tout intérêt à envisager la seconde solution. Regardez-moi. me trouvez-vous jolie ?

- Certes, physiquement, vous êtes en effet très jolie. Cependant sans vous connaitre, je sais déjà qu’il n’en est pas de même sur le plan de la moralité. Vous voulez
profiter de la mort de votre sœur pour en tirer un bénéfice matériel. C’est odieux. Quand à votre demande de vous
marier avec moi, que vous ne connaissez pas, puisque nous nous voyons aujourd’hui pour la première fois, elle est tout simplement, excusez-moi d’avoir à vous le dire, la marque d’un esprit dérangé.

Luc s’était déjà levé pour sortir du bureau, et couper court à cette entrevue ridicule, lorsque l’avocat d’une voix sèche lui dit de se rasseoir, et de réfléchir un peu avant de rompre
les pourparlers. Il lui fit ressortir, que quoiqu’il en soit, il ne pouvait échapper à ses responsabilités. En tout état de cause, il faudrait qu’il répare le préjudice causé, et qu’il avait tout intérêt à poursuivre les discussions pour trouver un accord le moins mauvais pour lui.

Luc dut se rasseoir, et s’adressant à Louise, il lui demanda pourquoi, étant une jeune femme physiquement attirante,
elle voulait se marier avec lui.

(A suivre)
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MessageSujet: Re: LAURE   Dim 25 Juil - 9:02

Alors là, ou veux tu nous amener Aristee, nous allons de surprise en surprise...
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MessageSujet: LAURE   Lun 26 Juil - 8:36

Elle lui répondit que s’il ne la connaissait pas, elle le connaissait et avait toujours été attirée par lui.

Sa sœur Thérèse lui a fait lire toutes les lettres que Luc lui avait envoyées, et elle avait vu 5 photos de lui, que Thérèse possédait.

Puis elle ajouta :

- Par esprit de conciliation, je vous donne un mois pour vous prononcer. Je suggère, afin que vous me connaissiez mieux, que durant ce délai, nous nous voyons le plus possible. Vous êtes en permission, je crois.
Passons là ensemble, voulez-vous ?

Luc, qui ne parvenait pas à comprendre les vraies motivations de Louise, voulut prendre un petit délai de réflexion et proposa de la rencontrer le lendemain après midi dans un café de la gare Saint Lazare.

Durant ces 24 heures, Luc retourna le problème dans tous les sens, mais ne parvint pas à comprendre l’attitude de Louise. Il était persuadé que l’affirmation qu’elle était tombée amoureuse de lui à distance, ne tenait pas, mais alors, quelle était la vraie raison ? A cette question, il ne put envisager aucune réponse, même hypothétique.

(A suivre)
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MessageSujet: Re: LAURE   Lun 26 Juil - 10:03


Ha les femmes ! ;)
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MessageSujet: Re: LAURE   Mar 27 Juil - 8:38

Luc en était arrivé là de son récit lorsque son oncle et sa tante revinrent de chez le dentiste. L’oncle était tout heureux de ne plus souffrir, car il était encore sous l’effet de la piqure anesthésiante qu’il avait reçue et entreprit de raconter en détail, toutes les misères que le dentiste lui avait fait subir.

Heureusement sa tante lui coupa la parole.

- Ecoute, tu n’es pas le premier auquel on arrache une dent. En revanche, tu vois bien que ces jeunes gens qui ne se sont pas vus depuis longtemps, ont besoin de discuter.

Laure reprit la balle au bond :

- Il est vrai que je suis curieuse de savoir ce que Luc a pu faire depuis que nous ne nous sommes plus vus. Je te propose, Luc, si tu le veux bien, de venir diner à la maison maintenant, et lorsque le petit sera couché, tu pourras continuer ton récit.

Luc accepta cette invitation, et se leva pour aller jusqu’à la voiture de Laure qui était à une vingtaine de mètre.
Elle constata que le jeune homme était sérieusement blessé, il avait beaucoup de difficultés pour marcher, même avec des béquilles, sa jambe droite était entièrement plâtrée, et un large bandage qu’elle n’avait pas encore vu,
enserrait sa poitrine. Elle lui demanda simplement :

- Depuis quand ?

- Cela fait un mois et demi environ. J’ai ramené ça de l’Afghanistan. Je te raconterai.

- Et l’histoire que tu étais en train de me raconter remonte à quand ?

- Il y a environ 18 mois.

- Merci. Ma question avait pour but de bien comprendre ton histoire, dans l’ordre chronologique.

Luc eut beaucoup de difficultés pour simplement monter dans la voiture, et ses grimaces prouvaient assez, combien il souffrait à chaque mouvement.

CHAPITRE 4

En arrivant chez elle, Laure présenta à Luc, la Tante
Ida, et le petit Alain.

Après être allé sur commande « dire bonjour au monsieur », l’enfant se mit devant Luc et ne le quitta plus des yeux. Etait-ce le plâtre qui l’impressionnait ou tout autre chose, toujours est-il qu’il était positivement subjugué par Luc.

Durant le repas, la conversation roula sur des sujets anodins, car tacitement, Luc et Laure avaient décidé de ne poursuivre le récit de Luc que lorsqu’ils seraient en tête à tête.

Il fut difficile de persuader l’enfant qu’il fallait aller se coucher. Il voulait rester avec « Le grand monsieur ». C’est Luc qui parvint à se faire obéir en lui disant qu’ils se reverraient le lendemain, et que s’il était un petit garçon
bien obéissant,, cela lui ferait , à lui, Luc, très plaisir.

Devant cette promesse et cet argument, Alain accepta de se laisser emmener par la tante Ida, laquelle dit au revoir à Luc, marquant par là, qu’elle allait les laisser tranquillement
tous les deux.

Quand ils se retrouvèrent seuls, Luc demanda :

- J’en étais où ?

- Tu devais rencontrer Louise à Saint Lazare.

- Exact. J’étais installé à une table depuis 10 minutes, lorsque je vis arriver Louise, très belle, très élégante, et souriante.

Sans perdre de temps, car je ne voulais pas que notre conversation s’éternise, je demandais :

- Quel est la raison, la vraie raison, pour laquelle vous voulez vous marier avec moi ?

- Je vous ai donné la raison, la seule raison, il n’y en a pas d’autre. Je suis tombée amoureuse de vous. Je peux même ajouter une précision : J’ai été très jalouse de ma sœur qui allait se marier avec vous, et qui de plus, allait avoir un enfant de vous.

- Cela, c’est le prétexte que vous avez trouvé.
Mais j’insiste, quelle est la vraie raison. Car voyez vous, d’une part, je ne peux croire que vous soyez tombée amoureuse d’un homme que vous n’avez jamais vu, mais d’autre part, et surtout, vous m’avez proposé de régler le problème d’une autre façon, en vous versant de
l’argent. Admettez que cela ne cadre pas avec les profonds sentiments que vous prétendez ressentir à mon égard.

Elle resta interdite un bon moment, cherchant sans doute une autre raison plus crédible à offrir. Elle n’en trouva sans doute pas, car elle avoua :

- D’accord. Il y a une autre raison. Mais je vous le jure, il est vrai que j’étais jalouse de ma sœur.

- Provisoirement je vous en donne acte.
Maintenant, quelle est la vraie raison…. additionnelle si vous le voulez.

- Soit. Nous étions trois enfants. Thérèse et moi, ainsi que notre frère Jacques.

Jacques est un garçon très intelligent, mais débile léger dans certains domaines. En particulier, il a une conception très rigoriste de la famille. Il ne supporte pas la moindre atteinte à l’un des membres de notre famille.

Lorsqu’il apprit la mort de sa sœur et de celui qui aurait du être son neveu, il entra dans une rage folle.
J’avoue qu’il m’a fait très peur, avec un regard démentiel. Il hurlait qu’il vengerait sa sœur et qu’il tuerait son suborneur.

Je vous l’ai dit, en dehors de ses crises de folie, c’est un garçon intelligent, et je sais parfaitement qu’il est capable de vous retrouver et de vous tuer.

Pour éviter cet acte insensé, il y avait une première solution. C’était, puisque la famille était intouchable, que vous fassiez partie de notre famille en m’épousant. J’en avais parlé à Jacques qui m’avait répondu très clairement que si vous fassiez partie de la famille, vous deviendriez sacré à ses yeux, et qu’il vous protégerait au besoin..

- Si je comprends bien lui ai-je répondu sur un ton ironique, c’est pour me sauver la vie que vous vouliez vous marier avec moi. Je vous en suis infiniment reconnaissant.
Quelle abnégation ! Quel courage !

- Ne vous fichez pas de moi me dit elle. Je ne me sacrifie pas, car je vous l’ai dit, et c’est vrai, que j’étais attirée par vous.

- Cessons cette comédie voulez vous ? A défaut d’un mari, vous auriez volontiers accepté 100.000 euros, alors, votre
abnégation avait des limites…. courtes.

- Inutile d’ironiser avant de m’avoir entièrement entendue.

Je vous ai dit que notre mariage aurait été une première solution. C’est donc qu’il en a une autre.

(A suivre)
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MessageSujet: Re: LAURE   Mar 27 Juil - 14:12

Et toc ! ça s'arrête juste au bon moment ! Tu manies bien l'art de nous laisser sur notre faim...
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aristee
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MessageSujet: LAURE   Mer 28 Juil - 8:22

En cas de refus de votre part de vous marier avec moi, il fallait que je vous protège, mais surtout, je ne vous le cache pas, que je protège mon frère contre lui-même. Je le connais bien. Je sais qu’il est parfaitement capable de
vous retrouver et de vous tuer. Je sais aussi qu’après avoir commis son meurtre, il aurait des comptes à rendre à la justice, qu’il serait certainement emprisonné, or, mon frère est claustrophobe au plus haut point. Il ne résisterait pas à un enfermement. Il fallait que je fasse quelque chose pour
vous et pour lui.

Je me suis donc renseignée et j’ai eu la chance de rencontrer un médecin qui se faisait fort, moyennant
« une honnête rétribution », selon sa formule qui aurait été comique dans d’autres circonstances, de bâtir un dossier qui permettrait de faire entrer Jacques dans une maison spécialisée, à la pointe des méthodes modernes, dans laquelle Jacques serait à la fois soigné et mis dans l’impossibilité de commettre le crime qu’il projetait. C’est pour cela que j’avais besoin d’argent.

Devant cette explication, tu penses bien Laure, que mes doutes étaient levés. J’ai eu aussitôt la certitude que Louise, cette fois-ci me disait la vérité, et en m’excusant pour les doutes que j’avais entretenus à son sujet, je
la remerciais pour les efforts qu’elle faisait pour éviter des conséquences fâcheuses pour son frère et pour moi.

Mais je devais répondre aux deux propositions qui m’étaient faites.

M’engager à me marier avec une inconnue, je l’avais déjà fait une fois, et le moins que l’on puisse dire c’est que cela n’avait pas évité un drame. Je n’avais pas envie de recommencer avec Louise, qui bien qu’étant moins noire que je ne le pensais au début, restait tout de même pour moi une inconnue. Et puis, j’avais trop l’impression d’être
une marionnette ballotée par les évènements, incapable de prendre moi-même mes décisions.

Par ailleurs, je ne disposais pas d’économies suffisantes pour aider à réaliser le plan qu’avait conçu Louise pour son frère.

Je lui exposais les choses simplement comme je viens de te les raconter, et nous nous séparés en nous promettant de nous tenir au courant si elle ou moi, avions des nouvelles sur les intentions de Jacques.

Il faut croire que lorsque Louise m’avait dit que son frère était intelligent et débrouillard, elle n’avait pas tort, car lors de notre entrevue à Saint Lazare, il avait suivi sa sœur pour me repérer, puis, après notre séparation, il m’avait suivi et avait eu aussitôt connaissance de l’adresse à laquelle j’étais descendu.

Il était évident qu’avec sa conception sacrée de la famille, et surtout, les conséquences qu’il en tirait Jacques n’avait pas l’électricité à tous les étages..... En revanche, dans d’autres domaines, il était parfaitement capable de réflexions sensées

L’appartement de mon camarade de promotion, chez lequel j’étais descendu, était situé en plein Paris, et il était pratique pour moi d’avoir ce pied à terre assuré.

Le lendemain matin, alors que je sortais de l’appartement je vis un individu, arriver en courant vers moi. Il était armé d’un long couteau de cuisine, et je sus immédiatement qu’il s’agissait de Jacques. Arrivé près de moi, il tenta de m’enfoncer son couteau de bas en haut, dans les intestins, et sans l’entrainement au close-combat que je possédais, je ne m’en serais pas tiré.
Des deux poignets croisés, je parvins à arrêter son poignet au dessus du couteau, je parvins à le désarmer et à saisir le couteau. Emporté par son élan, il me renversa…. et tomba sur le couteau que j’avais en main.

Il mourut quelques minutes plus tard, peu avant l’arrivée d’une ambulance.

Tu devines dans quel état je me trouvais. Je fus mis en examen puis incarcéré en attendant la fin de l’instruction et mon éventuel renvoi devant, soit le Tribunal correctionnel
soit les Assises.

Ce fut le tribunal correctionnel, car il fut admis que j’étais en partie en état de légitime défense.

Louise vint me voir une fois durant mon emprisonnement préventif. Elle me dit que j’avais le mauvais œil, que j’attirais le malheur sur toute sa famille, que j’avais tué sa sœur, son neveu, et maintenant son frère. En conséquence, elle ne viendrait plus me voir, et éviterait désormais tout
contact avec moi. Je ne pouvais lui en vouloir : Il était vrai que directement ou indirectement, j’avais provoqué la mort de 3 membres de sa famille.

En fait nous nous sommes revus durant le procès. Elle est venue témoigner contre moi, soutenant qu’avec l’entrainement que j’avais, j’avais su désarmer son frère, et que si je l’avais voulu, j’aurais épargné son frère. Elle estimait donc que je l’avais tué sciemment.

Il est certain que son témoignage a du peser lourd dans la sentence.
Alors que j’étais incontestablement en état de légitime défense, j’ai été condamné à 5 ans d’emprisonnement, dont 18 mois fermes. J’étais anéanti. J’ai refusé de faire appel comme me le conseillait mon avocat.

Bien entendu, la hiérarchie militaire n’aime pas trop les hommes dont le casier judiciaire n’est plus vierge, et, comme je m’y attendais, j’ai été rayé des cadres (J’étais alors capitaine)

A ma sortie de prison,, n’ayant aucune autre formation que celle de faire la guerre, je me suis engagé dans la Légion Etrangère . Il y a 8 mois que je suis entré dans ce corps légendaire. J’ai été nommé, assez rapidement, sergent chef, et je commandais une section lorsque j’ai été envoyé en Afghanistan il y a 3 mois.

Mais il faut croire que Louise avait parfaitement raison. Je porte la guigne en moi. Les blessures dont tu me vois atteint, n’ont même pas été reçues en combattant. Ce fut à la suite d’un manque d’attention de ma part.

Face à ma section je faisais un cours sur les grenades défensives (Beaucoup plus dangereuses que les grenades offensives). L’un de mes soldats, qui s’était emparé d’une grenade à mon insu, s’était amusé à la dégoupiller. Ce
geste n’est pas grave, aussi longtemps que l’on garde la cuiller contre la grenade, mais ce crétin à laissé tomber la grenade, et la cuiller, libérée, a provoqué la mise à feu. J’ai vu aussitôt cette bêtise. Je me suis précipité pour ramasser la grenade, j’ai tourné le dos à mes hommes pour ne pas les
mettre en danger, et j’ai voulu lancer la grenade dans un espace découvert. Je n’en ai pas eu vraiment le temps, car la cuiller étant libérée, on ne peut plus empêcher l’explosion, et l’on ne dispose que de quelques secondes. La grenade éclata peu après avoir quitté ma main, et j’ai reçu quelques morceaux d’acier dans la jambe gauche, dans le
poumon droit, et au visage. Ma seule petite consolation est qu’aucun de mes hommes n’a été blessé.

J’ai été rapatrié, bien sûr, et hospitalisé durant plusieurs semaines. Actuellement, les autorités médicales ne
peuvent pas encore se prononcer sur les séquelles qui vont subsister. J’avais été radié des cadres une première fois. C’est une mesure que je ne risque pas cette fois-ci, mais, en revanche, j’ignore si je serai déclaré apte à poursuivre ma carrière. Je risque une deuxième fois de perdre ma situation.

Voila, Laure, ma triste histoire. Incontestablement je porte le malheur en moi.

Je ne te cache pas que je suis très heureux de te revoir, mais il serait sage que tu ne te trouves jamais trop près de moi, il pourrait t’arriver des choses désagréables.

- L’histoire que tu viens de me raconter, Luc est très triste, mais un esprit rationnel comme le tien devrait comprendre que dans tes tribulations, ce n’est pas le mauvais œil
qui est en cause, mais tout simplement, tout bêtement le hasard.

(A suivre)
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MessageSujet: Re: LAURE   Mer 28 Juil - 9:57


Il est courageux en tout cas...
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MessageSujet: Re: LAURE   Mer 28 Juil - 19:24

Dur dur ces mésaventures ! J'arrangerais la mise en page à mon retour sur mon ordi car la avec le tout petit clavier du mini portable pas évident du tout.

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LAURE
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