Le bateau ivre



 
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 LAURE

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nane
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MessageSujet: Re: LAURE   Mer 18 Aoû - 10:23


Il serait plus sage que Louis s'en aille et essaie de refaire sa vie...
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Anne
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MessageSujet: Re: LAURE   Mer 18 Aoû - 12:40

Oui mais sera-t-il sage ? Je n'en ais pas trop l'impression, voici un personnage qui a bien changé au fil de l'histoire, sa force venait de la faiblesse de Laure, maintenant qu'elle a pris de l'assurance lui ne fait plus le poids mais il a l'air malgré tout d'aimer ça sinon il ne serait pas de retour. .

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MessageSujet: Re: LAURE   Jeu 19 Aoû - 13:56

Aristee, j'espère que tu vas bien....

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MessageSujet: Re: LAURE   Jeu 19 Aoû - 16:05

Aristée ? tu te caches ?
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aristee
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MessageSujet: changement de moquette   Jeu 19 Aoû - 17:58

Bonjour
Un changement de moquette est l'équivalent d' un déménagement ( presque).
Dans la grosse pelote de fils emmêlés de la télévision, du décodeur,du magnétoscope, de la tour, des baffles, du clavier, du moniteur, de l'imprimante, pour un béotien qui ne comprend rien à tout cela, bonjour! Si l'on ajoute en plus des meubles qui chacun m'ont paru avoir doublé de poids en 10 ans, je suis crevé.
Je vais avaler un petit truc et retrouver mon lit ( celui-là,, je l'ai) et mon livre électronique qu'il faut que je récupère.
A demain. Aristée
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MessageSujet: Re: LAURE   Jeu 19 Aoû - 20:21

Reposes toi bien, je comprend tout à fait, au lit vite c'est la meilleure façon de récupérer.

Bonne soirée Aristee et à demain.

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MessageSujet: LAURE   Ven 20 Aoû - 8:28

Avec Luc, le problème avait été tout différent. Cet homme pour merveilleux qu’il ait été, avait une grande faiblesse : Il était persuadé au fond de lui-même, qu’il portait le malheur en lui, et que ce malheur s’étendait à ses proches.

Jamais Luc n’aurait pu exercer son autorité sur Laure, parce qu’il était complexé et c’est pourquoi, avec lui, elle n’avait jamais ressenti de crainte, elle avait pu se donner à lui, sans arrière pensée, sans réserve.

De plus, lorsqu’elle l’avait revu, à son retour d’Afghanistan, il était grièvement blessé, et comme dans toutes femmes, il y a une infirmière qui sommeille, elle s’était tout de suite trouvée dans la position de dominatrice, de la consolatrice.

Il est évident, donc qu’avec Norbert, elle ne possédait pas d’autre avantage naturel que d’être sa patronne.
Il ne fallait pas abandonner cette suprématie.

En se faisant ces réflexions, Laure se sentait l’âme au confort, et s’estimait parfaitement cohérente. Elle était heureuse.

Sur le plan professionnel, les choses allaient également de mieux en mieux. Laure avait trouvé un grossiste en diététique qui lui achetait par dizaines, des cartons de 12 pots de pollen, ce qui faisait des rentrées d’argent appréciables.

Elle se rendit compte de la grande différence qu’il y avait entre l’argent qu’elle recevait chaque fin de mois quand elle était secrétaire médicale, et l’argent, plus concret, qu’elle gagnait par sa production personnelle. Elle avait augmenté le salaire de son employé, qui la remercia d’un « merci
Maitresse » humoristique, qui ne plut pas beaucoup à Laure.

Elle pensait souvent à la justesse des propos de sa tante, lorsqu’elle lui avait démontré que la malédiction dont elle se croyait atteinte, ne la concernait pas directement, et que seul, Luc avait été la victime de plusieurs coups du sort. C’est vrai que les choses allaient bien sur tous les plans

Il y avait 6 mois, qu’elle était la maitresse de Norbert, l’hiver était revenu, la neige était tombée la nuit précédente, et ils se trouvaient tout deux dans la miellerie, assis côte à côte, ils triaient du pollen sur une grande table.

Ils travaillaient silencieusement, concentrés sur leur travail, qui consistait à trier à l’aide de brucelles, les impuretés, principalement les larves d’abeilles calcifiées par des mycoses, et des larves de fausses teignes, bien vivantes, elles, qui s’entouraient de grains de pollen
pour se nourrir et risquaient en se reproduisant de rendre tout un lot impropre à la consommation.

Soudain, Norbert s’exclama :

- Ca ne peut pas durer !!

- Qu’est-ce qui ne peut pas durer ?

- Nous sommes l’un à l’autre depuis six mois, et le fait que nous nous vouvoyons, et que je ne sache pas comment vous appeler, c’est ridicule.

- Non, ce n’est pas ridicule ! S’il en était autrement, dans nos moments d’intimité, nous finirions par nous trahir devant des étrangers.

- Nous trahir ? Vous avez honte de notre relation ?

- Non. Je n’ai pas honte, mais j’entends que les domaines privés et professionnels restent bien séparés, ce qui ne serait plus le cas, si nous changions nos habitudes.

- Alors, je suis quoi ? Un étalon tout juste bon à servir madame quand elle en a besoin ? Et puis, je préfère vous le dire : Une chose me chiffonne Pourquoi votre ex mari est-il encore là ? Vous couchez dans le même lit, et j’en viens à me demander si vous ne faites pas l’amour ensemble. Pourquoi ne le flanquez-vous pas à la porte ?

- Ma tante aussi vit avec moi. Dois-je la flanquer à la porte ?

- Ce n’est pas la même chose ! Elle ne couche pas dans votre lit.

- Ecoutez-moi bien, Norbert. Je suis maitresse chez moi, et je ne tolérerai pas que l’on vienne me dire ce que je dois faire ou ne pas faire. Jamais !

- Alors, je vous le répète : je suis quoi ?

- Vous êtes mon employé, vous êtes payé régulièrement. Je suis satisfaite de votre service. Si vous n’êtes pas satisfait par votre salaire, nous pourrons en discuter. Par ailleurs, nous faisons l’amour ensemble, et je crois que l’un et l’autre, nous en sommes satisfaits.

Je suis donc très claire : La situation actuelle me convient. Si elle ne vous convient pas, comme en dehors de votre salaire, éventuellement, je
n’entends rien changer, il vous appartient de prendre une décision.

Norbert devint pâle, se leva, demanda l’autorisation d’arrêter son travail pour aujourd’hui, et s’engagea à lui faire part de ses décisions le lendemain.
Laure lui donna l’autorisation de cesser son travail pour l’instant, et précisa qu’ils se reverraient le lendemain dans la miellerie à 9 heures.

Norbert partit, visiblement furieux, et elle-même ne reprit pas son travail de tri. Pour le laisser s’éloigner sans qu’il puisse constater qu’elle s’était arrêtée de travailler, elle fit un peu de rangement, puis, retourna chez elle.

Il n’y avait aucun doute en elle. Sa position était la bonne. Il n’était pas question de tout mélanger. Elle trouvait qu’à titre de patronne, elle avait été bien, en lui proposant une augmentation, quand à leurs relations intimes, ils étaient gagnants tous les deux, mais il l’était plus qu’elle, car coucher avec sa patronne était plutôt valorisant pour lui. C’était évident à ses yeux.

Si elle était certaine d’avoir le bon droit pour elle, elle n’en était pas moins préoccupée par les conséquences que pouvait avoir l’algarade qui venait d’avoir lieu.

Elle se posa à son tour la question qu’il lui avait posé par deux fois :

Pour elle, qu’était vraiment Norbert ?

Un excellent amant, d’accord. Et puis ? L’aimait-elle ? Et à quel degré ? Etait-elle prête à le laisser partir, s’il estimait que son amour propre l’exigeait ? Elle n’y voyait pas très clair dans ce domaine, et, même si elle ne suivait pas toujours ses conseils, elle ressentit le besoin d’aller en discuter avec la
tante Ida.

Elle la trouva, comme très souvent, dans le salon, avec ses mots croisés.

En l’entendant arriver, la tante leva les yeux et avant que sa nièce ne prononce un mot, elle lui dit.

- Toi, tu as un problème et tu viens en parler à ta vieille tante

Laure essaya de débuter leur conversation par une petite plaisanterie.

- Tu n’es pas ma vieille tante, tu es ma tante au cœur et à l’esprit très jeunes, qui est un parangon de sagesse.

- Et si tu passais directement à ton problème ?

Laure lui relata la conversation qu’elle venait d’avoir avec Norbert.
Elle lui dit qu’elle avait proposé une augmentation pour son travail au rucher qui donnait en effet toutes satisfactions, mais refusait qu’ils se tutoient et qu’il l’appelle par son prénom. La tante fit remarquer qu’il y avait une contradiction dans la position de Laure.

- Tu exiges que les activités professionnelles et les relations privées soient nettement séparées. C’est bien ça ?

- Très exactement.

- Pourtant tu exiges par ailleurs que même dans vos rapports privés il ne soit pas question d’ignorer la hiérarchie de votre activité professionnelle. Même en faisant l’amour, il ne doit pas oublier que tu es la patronne ?

Devant la claire démonstration de son inconséquence, Laure resta interdite un moment pour finir par admettre le bien fondé sur le plan de la
raison, de la remarque de sa tante.
Pourtant, elle ne parvenait pas à reconnaitre qu’elle avait tort.

- J’admets que tu as raison, pourtant au fond de moi-même, je ne peux accepter que peu à peu, Norbert vienne d’abord à ma hauteur, pour plus tard peut être, avoir barre sur moi.

- En somme, tu as été marquée par ta vie de femme mariée avec Louis, et tu as peur que pareille chose ne se reproduise avec Norbert.

- Je crois que tu as raison. C’est ce que je crains. Mais alors, que dois-je faire ?

- Il y a une décision qui t’appartient et une autre qui doit être prise par Norbert.

Si ta crainte est profonde, tu n’as qu’une solution : S’il refuse de continuer comme dans les conditions actuelles, tu dois décider toi-même de
mettre fin à vos relations amoureuses.

Une fois que tu lui auras fait part de ta décision, il lui appartiendra de faire son choix entre plusieurs solutions

Il peut accepter la poursuite du modus vivendi actuel, et rester ton amant-employé

Il peut accepter de mettre fin à vos relations intimes, tout en restant ton employé.

Il peut opter pour une solution plus radicale : Donner sa démission, et partir trouver du travail ailleurs.

Est-ce que mon analyse peut te rendre service ?

- Ton analyse est marquée au sceau du bon sens et de la raison, mais je l’avoue, il n’y a qu’une solution qui pourrait me plaire : C’est ta première hypothèse, c'est-à-dire que nous ne changions rien à l’état actuel.

- Je te fais remarquer que c’est lui qui a soulevé la question. C’est donc qu’il semble exclure le statu quo. Je doute donc qu’il accepte de ne rien changer.

Le soir même, elle fit l’amour avec Louis, en ne cachant pas, cette fois, tout le plaisir qu’elle prenait. Le pauvre homme en était tout heureux, enfin, durant un court moment, car constatant le bonheur dans les yeux de son partenaire, et désirant dire quelque chose de méchant, elle lui dit :

- Ne te fais pas trop d’illusions. J’aime faire l’amour avec n’importe qui. Mais je ne t’aimerai jamais. Rien en toi ne m’intéresse, sauf ton sexe.

(A suivre)
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MessageSujet: Re: LAURE   Ven 20 Aoû - 10:21

Elle s'est transformée en vrai "garce" elle manipule...

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MessageSujet: Re: LAURE   Ven 20 Aoû - 14:37

je trouve aussi... ce n'est pas le nombril du monde enfin !
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MessageSujet: Re: LAURE   Ven 20 Aoû - 15:23

Oui, elle a pris de l'assurance mais en mal, elle domine et écrase et inverse la situation, peut-être va-t-elle se réveiller ?

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MessageSujet: LAURE   Sam 21 Aoû - 8:08

Sa méchanceté proférée, elle le regretta un peu, mais ce n’est pas la raison qui l’a tenue éveillée durant pratiquement toute la nuit. Ce qui la préoccupait au premier chef, c’est que la décision définitive en ce qui concerne ses rapports avec Norbert, dépendait de lui, uniquement de lui, et qu’après lui avoir fait part de sa propre position, elle n’aurait plus qu’à entériner sa décision à lui. Son amour propre, qui avait pris des proportions gigantesques depuis quelques années, en prenait un sacré coup.

Le lendemain, en arrivant à la miellerie, Norbert y était déjà, et au premier coup d’œil, elle sut quelle décision il avait prise. C’était la pire de toutes pour elle.

Norbert ne portait pas des vêtements d’apiculteur, mais ceux qu’il mettait quand il allait en ville.

Elle s’efforça de ne laisser rien voir de sa déception, et s’assit sur sa chaise de la veille.

- Je vous l’ai dit, le statu quo me convient parfaitement, et je n’envisage pas d’en changer, sauf sur le plan de votre salaire, éventuellement. Il semble que vous n’acceptiez plus ce statu quo. Il vous appartient donc de me faire part de vos décisions.

- Vous m’avez dit que pour vous, seules nos relations sexuelles vous intéressaient. Il n’en est pas de même pour moi. Je suis très attaché, et d’ailleurs, dès la première fois que nous nous sommes rencontrés j’ai été attiré par vous. Vous n’avez aucune idée de ce que j’ai souffert, en vous côtoyant chaque jour, alors que vous ne me considériez que comme une machine humaine, destinée à accomplir un certain travail.

Je ne serais pas un homme, je n’aurais plus d’estime pour moi-même si je continuais à vous servir d’objet sexuel. Je dirais plus. L’augmentation de
salaire que vous m’avez proposée m’a paru être offensante, car elle ressemblait à une rétribution de mes prestations sexuelles. Je ne veux pas devenir un gigolo.

Je crois m’être expliqué, et vous ne serez pas étonnée quand vous saurez que je préfère vous donner ma démission. Je ne pourrai pas vivre à vos côtés sans que nous formions un couple. Plus vite vous me libérerez, mieux ce sera. Dans notre malheur, nous avons la chance de prendre ces décisions difficiles, en plein hiver, pendant la morte saison. Vous n’avez pas besoin d’un employé pendant encore deux bons mois, cela vous laissera le temps de me trouver un remplaçant.

Après un long silence, destiné à lui laisser le temps de reprendre une voix normale, elle lui répondit :

- J’ai noté votre décision, et vous reconnais le droit de la prendre. Une seule petite chose, sur laquelle je ne suis pas d’accord. Vous avez parlé du risque pour vous de devenir un gigolo. or je ne suis pas une vieille femme par rapport à vous. je suis même un peu plus jeune si je ne me trompe Ce n’est donc pas la définition du gigolo.

- Toujours ces questions sémantiques au plus mauvais moment, lorsque nous parlons de nos avenirs. Soit. Je ne suis pas un gigolo. Je me contente de faire de la promotion canapé. Cela ne change rien au fond de l’affaire.

Ceci dit, je vous laisse le choix de la date de mon départ.

- Je suppose que vous avez des dispositions à prendre. A moins que vous n’ayez prévu le clash auparavant, et que ces dispositions soient déjà prises.

Vous partirez quand vous le désirerez à une double condition. Tout d’abord, que vous me préveniez 48 heures à l’avance, afin que je puisse aller
tirer l’argent liquide et préparer votre fiche de salaire, ensuite je vous demande de ne plus être là dans un mois au maximum, pour que je prépare
l’appartement de votre successeur.

- Bien patronne. Répondit-il en appuyant sur le dernier mot avec un triste sourire.

Dès que Norbert fut sorti, Laure éclata en sanglots. Elle attendit une bonne demi-heure afin de reprendre un visage à peu près normal et elle rentra chez elle pour raconter à sa tante, la conversation qu’elle venait d’avoir.

Lorsqu’elle eut terminé,
Ida lui dit :

- Ce garçon est un homme remarquable. Mais tu ne dois rien regretter. Il a un caractère trop affirmé pour accepter longtemps une condition inférieure. Sur le plan sentimental, il n’a aucune raison de s’effacer devant tes exigences, et votre relation n’aurait pu durer. Tôt ou tard, vous vous seriez séparés

Puisque votre séparation était inévitable, tu n’as rien à regretter, et tu n’as plus qu’à tirer un trait.

- Tirer un trait, cela se dit en deux secondes, Mais l’admettre, c’est autre chose…. J’étais….. je suis toujours très attachée à lui.

- Tu voulais rester la maitresse en tous lieux. Tu as gagné, et tu ne risques plus rien. Donc, tout est conforme à tes désirs. Applique-toi à t’habituer aux nouvelles données, et ta vie continue.

Norbert avait du avoir des difficultés pour trouver un nouvel appartement, car 10 jours se passèrent sans qu’il précise à Laure sa date de départ.
Il s’absentait les matinées pour mener ses recherches, et travaillait les après midi, soit sur les mises en pot et les préparations des expéditions dans la miellerie, soit dans la petite menuiserie, où il semblait avoir à cœur de travailler sur les quelques ruches qui, en cours de montage, n’étaient pas
encore terminées.

Enfin, il prévint de son départ pour le surlendemain. Laure prépara sa fiche de paie, y ajouta une prime exceptionnelle, et un certificat attestant que durant près de trois ans, il avait été employé dans son exploitation, et avait donné toutes satisfactions.

Louis, auquel Laure n’avait rien dit, était cependant au courant du départ de l’amant de sa femme. Il se borna à lui dire :

- Il ne faut pas que tu sois malheureuse. Cet homme avait un caractère trop entier, et tu le sais, tu ne peux supporter auprès de toi que des hommes qui te sont soumis.

Désireuse de ne pas entamer une discussion sur ce sujet, elle lui répondit froidement.

- Tu as oublié de me verser ta quote-part sur les frais de maison, ce mois-ci. Tu as intérêt à me la verser sans faute demain matin.

Et elle sortit de la pièce.

La veille au soir de son départ, Norbert étaient au rucher avec Laure, où ils passaient à la flamme des ruches mortes durant l’hiver, afin de
les stériliser.

Au moment de partir, il lui dit :

- Je pense que vous voudrez voir dans quel état j’ai laissé le logement. Dans ce cas nous pourrions nous rencontrer demain à 9 heures dans
votre appartement, et je vous rendrai également les vêtements d’apiculteur et le matériel personnel que vous m’aviez confiés.

Laure, ne tenait pas du tout à se retrouver seule avec lui dans cet appartement où ils avaient connu tant d’heures merveilleuses.

- Pour l’appartement, je vous fais confiance.
Amenez vos vêtements à la miellerie où je vous remettrai votre fiche de paie, votre salaire, et un certificat. A 9 heures, ce sera parfait.

(A suivre)
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MessageSujet: Re: LAURE   Sam 21 Aoû - 9:32


Quel gachis ! Tout ça pour une question d'amour propre pffittt !
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MessageSujet: Re: LAURE   Sam 21 Aoû - 9:37

Oui en effet je crois qu'elle ne mérite que son ex mari si présent finalement heureusement que son grand amour est mort qui sait comment leur relation aurait tournée. Elle a un caractère impossible peu humaine alors qu'elle l'ait au fond d'elle, mais bon attendons la suite Aristee nous réserve certainement encore bien des surprises.

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MessageSujet: Re: LAURE   Sam 21 Aoû - 9:56

Souvenez vous du Père de Foucault qui a mené une vie de bâtons de chaise avant de devenir celui qui est resté dans toutes les mémoires.
Attention! je ne dis pas que Laure deviendra un parangon de toutes les vertus, mais je veux seulement souligner que l'être humain est complexe, et peut subir des avatars ( au sens de métamorphoses) assez considérables, au cours de sa vie.
Je crois ( je suis mal placé pour en juger) que le personnage de Laure, restera en fin de compte assez crédible. Ce sont les lecteurs qui se feront une opinion.
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MessageSujet: Re: LAURE   Sam 21 Aoû - 12:05

Mais oui, et j'aime car ce personnage n'est pas simple, elle est humaine et ne l'ai plus dans ses rapports, sa peur de perdre ce qu'elle a acquit "liberté indépendance etc" et tellement grande qu'elle en devient odieuse et se détruit par son comportement.

Comme quoi on peut souffrir d'une situation et l'inverser et devenir bourreau juste par peur, mais je crois en l'humanité de l'homme donc comme je l'ai dit plus haut je suis certaine que tu nous réserve des retours de situations, et tu vois ainsi tu nous tiens en haleine.

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MessageSujet: LAURE   Dim 22 Aoû - 7:53

CHAPITRE 8

Laure ne dormit pas beaucoup cette nuit là, et de plus, la présence de Louis à ses côtés, lui semblait incongrue. Que faisait-il là ce crétin ? Ce n’était pas sa place ! Et elle se promit de revoir la question, lorsqu’elle se serait remise du départ de Norbert.

Elle se rendit à la miellerie à neuf heures précises. Norbert était déjà là. Il n’avait pas du très bien dormir lui non plus, il avait le teint pâle et des cernes sous les yeux, ce qui fit plaisir à Laure.

Elle avait sans doute eu, à son insu, une mimique expressive, car il lui fit remarquer:

- Vous non plus, Madame, vous n’avez pas très bonne mine.

Surprise d’avoir été percée à jour, elle lui répondit sèchement.

- J’ai eu une rage de dents cette nuit. Vous n’y êtes pour rien.

Elle lui tendit une enveloppe :

- Vous avez dans cette enveloppe, votre bulletin de paie, votre mois complet, bien que nous ne soyons que le 22, et un certificat de travail. J’ai ajouté une petite prime, car j’ai été satisfaite de votre travail.

Il prit l’enveloppe, et, sans l’ouvrir, la glissa dans sa poche.

- Je remercie madame, qui est très généreuse

Puis il ajouta, sur un autre ton :

- A partir de cet instant, je ne suis plus ton employé Laure. Je crois, que nos relations ne pouvaient durer. Certes, j’ai adoré mon travail et grâce à toi, je me suis pris de passion pour l’élevage des abeilles.

Par ailleurs, je t’ai aimée, je t’aime toujours, mais tu as voulu transposer sur nos relations sentimentales, la hiérarchie professionnelle, et cela, je ne pouvais l’admettre.

Je ne sais pas si tu t’es vraiment rendu compte, combien, ne pas pouvoir tutoyer ni appeler par son prénom sa maitresse, étaient ridicule et inadmissible. Même ta loque alcoolique d’ex mari n’est pas soumise à ce régime révérencieux.

- Il n’est pas alcoolique !

- Oh que si !! Mais tu ne vois rien, parce qu’il ne fait plus partie de ton univers. Et je vais sans doute le rejoindre très vite dans ton « no man’s land »

Afin de n’employer ni le »tu » ni le « vous », elle lui dit :

- Je pense que tout a été dit. Il faut que j’aille préparer une commande de pollen. Adieu.

Elle sortit de la miellerie, laissant Norbert stupéfait par la façon dont elle avait brutalement mis fin à leur conversation. Puis il comprit qu’elle avait sans doute voulu fuir, afin de ne pas craquer devant lui, et sortit à son tour.

En rentrant chez elle, Laure se dirigea vers sa chambre, se jeta sur son lit, et éclata en sanglots, ce qu’elle avait eu envie de faire depuis qu’elle s’était levée.

Un peu calmée, et après s’être lavée le visage, elle réfléchit un instant. Peut être avait elle fait une bêtise en se séparant de Norbert. D’ailleurs, déjà la pensée qu’elle ne le reverrait plus, lui était insupportable. Mais elle n’aurait pas pu agir autrement. Elle avait du tellement se battre pour conquérir son indépendance, qu’elle ne pouvait pas risquer de la perdre au profit de celui qui dans les faits, n’était que son employé.

Les choses étant maintenant ce qu’elles étaient, il fallait qu’elle parvienne à se persuader que la solution adoptée était la bonne.

Tournons la page, se dit-elle. Même si je voulais retourner en arrière, je ne le pourrais pas, puisque j’ignore où il est. Et puis, elle repensa à ce que lui avait dit Norbert. Louis est-il vraiment alcoolique comme il l’a prétendu ? Elle résolut d’aller voir sa tante pour lui en parler.

La tante Ida était évidemment dans le salon avec ses éternels mots croisés.

- Je suppose que cela a été dur, lui demanda-t-elle dès qu’elle aperçut Laure.

- Assez, oui. Mais la page est tournée, n’en parlons plus. En revanche, je voulais te parler de Louis. Crois-tu qu’il soit alcoolique ?

- Ta question est curieuse. Tu as bien du t’en apercevoir, non ?

- Hé bien non ! Depuis quand, boit-il ?

- Je l’ignore, mais en tous cas bien avant de revenir ici. Dès son retour, j’avais remarqué les yeux délavés et les bouffissures d’un alcoolique.

- Je n’avais rien vu.

- Tu n’avais rien vu, parce que tu ne le regardes jamais. Maintenant, si tu veux en avoir le cœur net, va faire un tour dans le garage. Près de l’étagère, il y a une pile de pneus usagés recouverte d’une planche. Lève la planche, et tu verras.

- Je ne te connaissais pas des talents de détective, ma tante, dit Laure en sortant pour aller vérifier.

Dans le garage, au lieu indiqué par Ida, elle vit en effet dans le trou central des pneus, de nombreuses bouteilles, certaines vides d’autres pleines, mais toutes de la même marque de Whisky. « C’est vrai que je ne vois rien de ce qui ne me concerne pas directement » pensa-t-elle. Après cette réflexion, elle aurait pu entamer un examen de conscience, mais elle avait assez à faire avec ses regrets d’avoir laissé partir Norbert, pour accomplir un effort supplémentaire d’introspection.

Lorsque Louis rentra le soir, elle le regarda, et se dit qu’il fallait vraiment être aveugle, pour ne pas avoir vu que cet homme était alcoolique. Cette pensée était gênante. « Suis-je donc indifférente aux autres ? Alors, je suis un monstre d’égoïsme ! » Mais elle chassa bien vite cette pensée
désagréable en se disant qu’avec les préoccupations apportées par la gestion de son entreprise, il était bien normal qu’elle ne puisse pas épier tout ce qui se passe autour d’elle.

Louis, s’était aperçu du long regard porté sur lui.

- Pourquoi me regardes-tu comme ça ?

- Parce que le fait que tu sois alcoolique se voit beaucoup trop maintenant, et que je vais te faire part de deux décisions.

Comme je ne veux pas te mettre le couteau sous la gorge, je te laisse un peu de temps. Dans un mois, il faudra que tu aies quitté les lieux. Je vais donc te supporter encore un mois, car je suis gentille, et veut te laisser le temps de te retourner. Mais ma gentillesse ne va pas jusqu’à continuer à te laisser dormir dans le même lit que moi. Donc, à partir de ce soir, et jusqu’à ton départ définitif, tu dormiras dans la chambre jaune.

- Ne fais pas ça, Laure. Pour la chambre jaune, c’est d’accord, mais laisse-moi vivre dans la même maison que toi.

- Je n’ai pas sollicité ton accord. Je t’ai fait part de ma décision, c’est tout.

- Est-ce que tu t’es posé la question de savoir pourquoi je me suis mis à boire ?

- Ce n’est pas mon problème !

- Pourtant ce problème n’existerait pas sans toi. Je t’aime, je te l’ai dit. Je sais que lorsque nous étions mariés, j’ai eu des torts, je l’ai reconnu, mais, toi, de ton côté, tu dois admettre que j’ai beaucoup changé.

- Tu as changé c’est vrai, mais tu es allé d’un extrême à l’autre. Tu étais cassant, autoritaire, imbu de toi-même, indifférent aux autres, tu es devenu une loque, veule, alcoolique de surcroit, et pour laquelle il est impossible d’avoir la moindre estime. Je ne reviendrai pas sur ma décision.

- As-tu conscience qu’en faisant la description de ce que j’étais durant notre mariage, « Cassante, autoritaire, indifférente aux autres » c’est la peinture exacte de ce que tu es devenue ?

Cette remarque était tellement vraie, que Laure ne sut que répondre :

- Fiche moi la paix avec ta psychologie à quatre sous. Ce soir, déguerpis de ma chambre.

Louis utilisa jusqu’au bout le délai qui lui avait été accordé, et ne partit qu’un mois exactement plus tard. Afin d’éviter ses prières et pleurnichements, Laure s’absenta toute la journée de son départ, et lorsqu’elle rentra le soir, sa tante lui ayant dit qu’il était parti, elle soupira d’aise.

- Ouf ! Je trouve qu’on respire mieux. Ce n’est pas ton avis ?

- Il n’a jamais gêné ma respiration… Il m’a fait pitié quand il est venu m’embrasser avant son départ, mais je crois que tu as bien fait. S’il a une chance, une toute petite chance de s’en sortir, c’est en n’étant plus là. Une fois seul, peut être reprendra-t-il un peu de sa dignité ?

- Je me fiche de ce qui peut lui arriver !

- Je sais, je sais ! En dehors de ton fils, et peut être un peu de moi, tu te fiches de tous les autres.

Après un long silence, Laure reconnut :

- C’est peut être vrai. Mais j’ai tant souffert ! Le destin ne m’a pas épargnée sur le plan sentimental. Marié à un tyran, à force de volonté, je me suis tirée de ses griffes. Puis j’ai connu un homme merveilleux, et au moment où nous allions débuter une vie heureuse, il est mort dans une catastrophe aérienne. Puis mon ex mari est revenu, et il s’était transformé en loque, enfin j’embauche un homme…… remarquable, il faut bien le dire, et nous sommes obligés de nous séparer. Je crois en fin de compte que Luc avait raison. Sur lui comme sur moi, le mauvais œil est fixé.

La tante Ida aurait pu répondre, qu’au moins en ce qui concerne Norbert, elle n’était pas étrangère au fiasco de leur amour. Mais Laure était bien trop malheureuse pour qu’on lui assène la vérité.

Laure dut se mettre activement à la recherche d’un nouvel ouvrier, susceptible de l’aider à tout le moins durant la haute saison.

Il est vrai que l’on cherche quelquefois très loin ce que l’on a à proximité. Les Barthélémy avaient à Saint Paul Trois Châteaux de lointains cousins à la mode de Bretagne, qui avaient un fils assez peu doué pour les études, mais physiquement costaud et très sérieux. Il avait 18 ans, et Laure le prit à l’essai, puis l’engagea définitivement. Certes, il n’avait pas la maturité de Norbert, mais du moins, il acceptait sans difficulté l’autorité de celle qui pour lui, n’était qu’une vieille dame qui connaissait bien les abeilles. De ce côté-là elle était parée.

La tante Ida poussait sa nièce à sortir et à voyager, car lui disait-elle :

- Tu es encore jeune ma chérie, incontestablement, mais je ne pourrai pas te de le dire indéfiniment.

Je t’ai dit et je te répète que je ne suis pas née sous une bonne étoile sur le plan sentimental. Je n’ai pas l’intention de forcer le destin, pour trouver à tout prix un mari ou un amant.
J’ai eu suffisamment d’échecs. Maintenant, c’est fini. Inutile de me dire que je suis encore jeune, d’ailleurs, ce « encore » signifie que je ne
le suis plus.

(A suivre)
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MessageSujet: Re: LAURE   Dim 22 Aoû - 10:09


Quel foutu caractère, il faudrait qu'elle se remettre un peu en cause... Ce n'est pas la tendresse et le respect des autres qui l'étouffe !
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MessageSujet: Re: LAURE   Dim 22 Aoû - 13:55

Quel personnage complexe, Louis a raison elle est devenue ce que lui était, a renversé la situation elle ne réalise pas qu'elle est la elle-même la propre arme de la destruction de sa vie sentimentale.

Il faudrait qu'elle perde tout pour peut-être ouvrir les yeux.

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MessageSujet: LAURE   Lun 23 Aoû - 8:12

Les choses en étaient restées là et durant deux trois ans. Laure eut au moins la satisfaction de constater que son affaire était prospère. Elle ne s’était pas lancée dans la production de la gelée royale, car cette seule activité, nécessite pratiquement un employé très qualifié et à temps
plein, en haute saison.

Sa réussite commerciale était telle, qu’elle avait été obligée de trier sa clientèle, en particulier sur le plan géographique, car elle avait du mal à fournir tout le miel et le pollen qui lui était demandés. Elle essayait donc de diminuer les trajets de livraison, qu’elle effectuait toujours elle-même.

Alain avait terminé ses études. Avec les capitaux qui avaient été mis de côté à cette intention, il avait acheté un petit immeuble, dans lequel il organisa un cabinet d’architectes. Il avait proposé à 3 de ses camarades de promotion de venir travailler avec lui, et ils se retrouvèrent tous les quatre dans le centre d’Avignon.

Alain se révélait être, comme sa mère, un excellent commercial, et il ne fallut que deux ans pour que le cabinet travaille à plein.

Laure était fière de son fils, et aurait pu se déclarer heureuse, si un regret lancinant ne venait presque chaque jour la visiter. Que devenait
Norbert ? Où était-il ? Que faisait-il ? Elle avait beau se répéter qu’il ne s’agissait que d’amours mortes, mais comme il était dit dans
la chanson, elles n’en finissaient pas de mourir.

Elle avait un autre petit sujet de préoccupation. Puisqu’elle était vieille, elle aurait bien aimé, en juste compensation, être grand-mère. Mais
Alain très longtemps n’avait jamais parlé de fille, n’en avait jamais amené à la maison, et lorsqu’enfin, il vint dire à sa mère qu’il vivait en couple avec
une jeune femme, ce fut pour ajouter aussitôt : il ne sera jamais question que je me marie. J’ai payé pour savoir ce que pouvait devenir un mariage. Par ailleurs, je ne veux pas d’enfant.

Sa mère s’évertua à lui dire, que l’on ne pouvait tirer d’un cas particulier des conclusions générales, et que, s’il ne voulait pas régulariser sa liaison en passant devant monsieur le maire, de nos jours, on pouvait très bien avoir des enfants sans être mariés.

Mais Alain, et en cela, il tenait également de sa mère, était têtu, il ne revint pas sur sa décision. Laure devait s’y résoudre : Elle ne serait
jamais grand-mère.

Laure venait d’avoir 48 ans. Elle était toujours passionnée par son travail au rucher. Ce jour-là avait été particulièrement agréable car sur 18
nouvelles ruches constituées avec des abeilles de vol qui devaient élever une nouvelle reine, 16 étaient une réussite complète, puisque la ponte de la nouvelle reine avait débuté.

En ce qui concerne la 17ème, il n’y avait pas encore de couvain, mais à la façon dont la reine était sortie de sa cellule, c'est-à-dire en coupant une capsule circulaire, Laure savait que la reine était sortie seule et vivante. Il y avait donc bon espoir que la reine, quoiqu’entamant sa ponte plus tardivement, serait normale. Une seule ruche était donc ratée.

Lorsqu’elle arriva dans le salon pour raconter à la tante Ida ses résultats merveilleux, elle s’entendit dire :

- Tu as reçu un coup de fil.

- Un client sans doute ? Que t’a-t-il dit ?

- Je ne crois pas que ce soit un client, mais il ne s’est pas présenté. Il m’a seulement demandé vers quelle heure il pouvait te toucher, je lui ai répondu que vers 19 heures tu serais sans doute là. Il m’a dit qu’il téléphonerait donc à 19 heures.

Laure alla prendre sa douche et quand elle sortit de sa salle de bains, il était presque 19 heures.

Le correspondant qui s’était annoncé, était en tous cas d’une rigoureuse exactitude, car il était sept heures à la pendule, lorsque la sonnerie du téléphone se fit entendre.

CHAPITRE 9

- Allo ! Madame Laure Bastet ?

- Oui.

- Ici Norbert Grange

Après un court silence, elle reprit :

- Tiens ? Norbert. Quelle surprise ! Que devenez-vous ?

- Je suis de passage dans votre région, et je voulais vous demander l’autorisation de venir vous saluer.

- Quand voulez-vous venir ?

- Dans une heure, ou quand vous voudrez jusqu’à Jeudi prochain, dans 8 jours.

- Je suppose en conséquence que vous n’êtes dans la région que pour peu de temps. Disons donc dans une heure, si vous le voulez.

- A tout à l’heure madame.

Laure fut très surprise par l’effet que lui produisit ce coup de téléphone.

Cela faisait trois ans que Norbert était parti. Son souvenir s’était peu à peu effacé de sa mémoire, et pourtant elle se rendait compte que cet oubli n’était pas enfoui bien profond, car aussitôt tout lui revint à la mémoire, comme s’il était parti la veille.

Il avait suffi d’un coup de fil, pour qu’elle se sente heureuse de le revoir, et à son bonheur, se mêlait une pincée de regret de l’avoir laissé partir, car parmi ses souvenirs, ceux passés dans son intimité dans l’appartement au dessus de la miellerie étaient les plus vivaces.

Brusquement elle ressentait dans sa chair les caresses, et les douces voluptés que Norbert avait su, comme un virtuose, faire jaillir de son corps. Pourtant, elle s’était plusieurs fois posé la question de savoir si son abstinence sexuelle lui pesait, et chaque fois, elle avait été surprise de
se répondre par la négative. Elle savait pourtant qu’elle avait un tempérament voluptueux, et en avait la preuve, car elle avait éprouvé du plaisir en faisant l’amour même avec Louis, pour lequel elle n’avait ni amour, ni tendresse, ni même d’estime.

Elle était heureuse de revoir Norbert, et en même temps, elle appréhendait cette rencontre. Elle avait été sa patronne, et sa maitresse. Quelle attitude devait-elle avoir devant lui ? Il fallait évidemment trouver un juste milieu et se demandait si elle y parviendrait. Et puis, pourquoi venait-il la
voir ? Il devait bien avoir une idée derrière la tête ? A moins qu’il ne vienne que pour étaler son éventuelle réussite. Une façon de lui dire :
« Tu vois, tu n’as pas voulu de moi, mais que tu le veuilles ou non, ma valeur est au moins égale à la tienne, ta supériorité ne se trouvait que dans
ta tête »

Mais elle pouvait faire toutes sortes de suppositions, il fallait qu’elle attende de le voir pour savoir si en venant, il avait une idée bien précise.

Elle avait prévenu la tante Ida de la visite imminente de Norbert. La vieille dame semblait être heureuse pour sa nièce de la reprise de contact de Norbert, et avec sa discrétion coutumière, déserta le salon avec ses précieux mots croisés.

Trois ans, ce n’est pas très long, aussi, quand elle alla ouvrir la porte à la suite du coup de sonnette, elle retrouva Norbert tel qu’il était quand il était parti. La seule différence était vestimentaire. Il était élégamment vêtu. Peut être aussi avait-il plus d’assurance du fait qu’il ne se trouvait pas en face d’une patronne. Il n’y avait plus de lien de subordination entre eux.

(A suivre)
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MessageSujet: Re: LAURE   Lun 23 Aoû - 9:49

J'espère qu'elle ne va pas tout détruire, je suis impatiente de lire la suite de l'histoire.

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MessageSujet: Re: LAURE   Lun 23 Aoû - 10:00


Bon cette fois ci, j'espère que c'est la bonne ! Il ne faut pas toujours laisser passer la chance quand elle se présente !
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MessageSujet: LAURE   Mar 24 Aoû - 8:24

Ils entrèrent au salon, et après s’être installés, c’est Laure, toujours en patronne, qui se devait d’entamer la conversation. Elle utilisa le vouvoiement :

- Je suis heureuse de vous revoir, Norbert. Qu’avez-vous fait durant ces…. trois ans je crois, que vous êtes parti ?

- Pas tout à fait de mon plein gré, souvenez-vous, souligna-t-il.

Mais pour répondre à votre question, je dois dire que je m’étais abonné à une revue apicole, dès mon entrée en fonction chez vous, afin de me familiariser avec ce monde nouveau pour moi. Peu avant mon départ, j’avais vu dans les petites annonces de cette revue, une offre d’embauche pour un apiculteur susceptible de s’occuper des ruchers du roi du Maroc (1). Je n’avais pas répondu bien sûr, puisque j’étais satisfait de mon travail….. à vos côtés.

J’ai retrouvé cette annonce, et y ai répondu, sans trop d’espoir, car ma carrière d’apiculteur était relativement courte.

C’est donc avec une certaine surprise que je reçus une lettre m’indiquant que j’étais convoqué à Rabat, les frais de transports m’étant avancés, et mon séjour d’une semaine assuré.

Lorsque je suis arrivé à Rabat, j’ai su que nous étions trois candidats. Je dois dire que nous avons subi un examen sérieux. Un vieil apiculteur, ancien titulaire de la charge, nous a interrogé oralement dans un premier temps, puis nous a fait accomplir diverses opérations au rucher. Je dois dire, madame, que la méthode que vous aviez mise au point pour la division des ruches a beaucoup intéressé mon examinateur, et j’ai tout lieu de penser que c’est beaucoup grâce à vous madame, que j’ai pu obtenir le poste. Je tiens à vous en remercier.

Voilà. Mon histoire, madame, est terminée, car, depuis, j’ai mené la vie d’un apiculteur, celle que vous connaissez, avec ses joies, les plus nombreuses, et ses désillusions, fort heureusement plus rares.

Et de votre côté, chez vous, madame, ai-je été remplacé ?

Laure feint de ne pas remarquer cette question à double sens, et se borna à répondre sur le plan professionnel.

- Pour le travail au rucher, répondit-elle avec un petit sourire, j’ai un jeune garçon qui me donne satisfaction. Il n’a pas la maturité qui était la votre, mais il se débrouille bien, et aime son travail. Il habite encore chez ses parents qui résident à Saint Paul Trois Châteaux, et il n’a pas eu besoin de l’appartement au dessus de la miellerie. Mais il a l’intention de se marier, et m’a demandé s’il pourrait l’occuper. J’ai accepté, évidemment. Pour moi aussi : Fin de l’histoire.

Vous voyez, il ne s’est pas passé grand-chose depuis votre départ.

- Lorsque, vous aviez commencé votre réponse par « Pour le travail au rucher », j’avais pensé que peut être envisagiez-vous de me parler ensuite d’un autre domaine ?

- Il s’agissait sans doute de ma part d’un lapsus, car il n’existe pas autre chose pour moi que mon exploitation apicole.

- Mais vous-même, n’avez parlé que de votre activité professionnelle. Peut être… Vous êtes vous marié ?

- Si je n’ai parlé que d’apiculture, c’est qu’en dehors de mon travail, il n’y avait rien qui méritait d’être mentionné.

Ce que je puis vous dire, c’est que depuis mon départ au Maroc, je ne suis jamais revenu en France, et puis, il y a quelques jours, j’ai eu……. disons le mal du pays. Il fallait absolument que je revienne. Comme je n’avais jamais pris de congé, j’ai décidé de venir passer une semaine en
France. Je suis arrivé hier soir.

- Vous n’avez pas tardé pour venir me voir. J’en suis très touchée. Merci.

- A vrai dire, je vais avoir l’audace de vous avouer un petit mensonge, un tout petit mensonge. Ce n’est pas le mal du pays qui m’a fait venir. C’est le mal… de vous.

- Cet aveu est agréable à entendre, et je pardonne volontiers ce petit mensonge.

Après un moment, elle ajouta.

- Maintenant, si vous voulez bien que nous abandonnions cet échange de phrases convenues, et de haute tenue peut être, mais qui me semblent mal adaptées à la circonstance…… Bref, si tu le désires bien sûr, accepterais-tu de passer tes vacances ici ?

Pour toute réponse, Norbert la prit dans ses bras, et ils échangèrent un long baiser.

- Tu ne peux savoir combien ce premier tutoiement est pour moi merveilleux.

Vois-tu, Laure, depuis que j’ai pris la décision de prendre ces vacances, j’ai longuement rêvé. A plusieurs reprises, j’imaginais que je venais te voir et au cours de cette discussion, tu me tutoyais, en me proposant de passer les vacances chez toi. Et puis, je revenais aux réalités et je pensais que mon rêve n’avait que peu de chance de se réaliser. Peut être étais-tu mariée, peut être ne te souvenais tu plus de moi, peut être m’en voulais-tu toujours d’avoir rompu notre modus vivendi…..

Maintenant, ça y est.
Je sais que mes craintes étaient vaines, je sais que tu m’aimes comme je t’ai toujours aimée. Il y a bougrement longtemps que je n’ai pas été aussi heureux.

C’est la main dans la main, qu‘ils allèrent voir la tante Ida, qui, en les voyant arriver resplendissants de bonheur, se déclara enchantée, et ne put s’empêcher d’y aller d’une petite larme de bonheur.

J’ai toujours pensé que vous étiez faits l’un pour l’autre. Tu n’es toujours pas vieille, ma chérie, mais au moins tu as assez vécu pour savoir que devant l’amour, l’amour propre n’est qu’une toute petite chose qui ne doit jamais triompher.
Lorsqu’elle constata que Norbert allait coucher dans la maison, et qu’il se dirigeait dans la chambre de Laure, elle était encore plus heureuse. Les
choses allaient plus vite qu’elle ne l’espérait.

On ne perd jamais la façon de faire de la bicyclette, dit-on. Il doit en être de même pour l’amour. Les corps de Norbert et de Laure, se retrouvèrent comme s’il s‘étaient quittés la veille, et ils ressentirent le même enchantement qu’ils avaient connu. De plus, si Norbert ne ressentait plus cette désagréable sensation de coucher avec la patronne, Laure de son côté, ne se sentait plus dans l’obligation de rester sur ses gardes, pour
ne pas laisser échapper une miette de sa sacro-sainte autorité.

Ils s’aimèrent librement avec une plénitude qu’ils n’avaient pas connue dans le temps.

Le lendemain matin, sans avoir eu à se consulter, dès le petit déjeuner avalé, ils allèrent tout naturellement au rucher principal. Le jeune employé était déjà là, il peignait les ruches vides, qu’il avait préalablement nettoyées.

Très librement, sans honte, ils se promenaient entre les rangées de ruches, la main dans la main, et ne s’arrêtaient que pour échanger de longs baisers.

A midi, ils se retrouvèrent tous les trois à table, avec la tante Ida. Norbert répondit à de nombreuses questions concernant le Maroc, car, si Laure n’avait pas voyagé en réalité, elle était souvent partie en pensée dans des contrées lointaines, en lisant des livres dont l’action se déroulait à l’étranger.

C’est la tante qui en fait, déclencha les prises de décision.

- Excusez-moi de radoter avec toutes mes questions. Il est certain que l’un et l’autre, vous avez certainement à discuter de vos problèmes.

Je ne veux évidemment pas m’en mêler, mais il y une chose que vous ne pourrez pas m’empêcher de dire.
Je sais depuis longtemps que vous êtes faits l’un pour l’autre, je vous l’ai dit. Alors, assez de gamineries, de raisons qui n’en sont pas ; Soyez
adultes que diable ! Et organisez vous pour vivre ensemble ici. Vous trouverez bien une solution pour que sur le plan de l’organisation
professionnelle, aucun amour propre ne soit blessé.

En fait cette exhortation arrangeait bien les deux amoureux. La tante Ida avait tracé la route à suive, et les écueils à éviter.

- Ma tante chérie dit Laure, mes espérances rejoignent les tiennes, et cette fois, je ne suis pas maitresse du jeu. Norbert possède une belle situation au Maroc, c’est à lui de prendre sa décision.

- Si je suis accepté ici, je pourrais me dégager assez facilement de mes obligations au Maroc. Mon contrat contient à ce sujet deux clauses principales. Je dois tout d’abord donner un préavis de 3 mois pour résilier mon contrat. La seconde clause concerne mon remplacement la bas. Je me suis engagé à trouver et former mon successeur. Cette disposition aurait pu être plus ennuyeuse, car trouver et former un apiculteur risquait de prendre plus de temps.

Fort heureusement, j’ai mon successeur sous la main. Je l’avais fait nommer mon adjoint. Ses connaissances sont égales aux miennes, et il a les qualités nécessaires pour prendre mes responsabilités actuelles.

- Voilà de très bonnes nouvelles mon chéri lui dit Laure, que la présence de sa tante ne gênait pas pour prononcer ces mots affectueux. Reviens chez nous, et d’une part tu n’habiteras pas dans l’appartement, mais dans la maison, et d’autre part, j’exige que nous soyons associés dans notre exploitation commune.

- Voyons, voyons….. Tu mets des conditions. Pour ne pas être en reste, je vais essayer d’en trouver une……. pour mon amour propre, tu comprends, ajouta t-il en riant.

Alors, d’accord pour l’association, mais j’exige, d’apporter une centaine de ruches peuplées.

Faisant semblant d’être en colère, Laure lui dit :

- J’exige ! J’exige! Est-ce le langage que l’on tient devant sa future compagne ?

- O.K capitula tout de suite Norbert. Je n’exige plus rien du tout. Je te prie de bien vouloir accepter dans tes ruchers, que j’y ajoute une centaine de mes ruches qui constitueront immédiatement une exploitation apicole unique, qui nous appartiendra à tous les deux. Comme ça, ça va ? demanda-t-il en souriant.

- Comme ça, en effet cela pourra marcher. Lève-toi, et viens m’embrasser. Tata, peux-tu te retourner un instant.

Ils rirent tous les trois, et c’est dans une entente parfaite que Laure et Norbert établirent le planning des prochains mois.

(A suivre)

( 1) J'avais lu cette annonce il y a pas mal d'années, et j'avais longuement hésité à répondre, avant d'abandonner l'idée de ne plus travailler en indépendant.
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MessageSujet: Re: LAURE   Mar 24 Aoû - 9:59


Bon, et bien ça me semble bien parti là, j'espère que ça va se concrétiser...
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MessageSujet: Re: LAURE   Mar 24 Aoû - 10:25

Oui c'est bien partit et de façon saine.

Aristee, qu'aurait été ta vie au Maroc ? C'est un magnifique pays mon père y a été garde forestier dans le moyen Atlas.

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MessageSujet: Re: LAURE   Mar 24 Aoû - 11:42

Anne a écrit:
Oui c'est bien partit et de façon saine.

Aristee, qu'aurait été ta vie au Maroc ? C'est un magnifique pays mon père y a été garde forestier dans le moyen Atlas.

J'ai moi-même vécu au Maroc, lorsque j'étais enfant, durant 4 ans. Il me reste de très bons souvenirs de Meknès, de Mazagan de Port Lyautey ( certaines villes portent d'autres noms évidemment). On ne sait jamais après coup si la solution choisie était la bonne, mais je ne me plains pas d'avoir fait de l'apiculture en France, et à mon compte.
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