Le bateau ivre



 
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 JE VAIS TUER MA FEMME

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Anne
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MessageSujet: Re: JE VAIS TUER MA FEMME   Dim 12 Sep - 13:22

Ce ne doit pas être facile de se réinsérer à la sortie d'une incarcération....

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MessageSujet: JE VAIS TUER MA FEMME   Lun 13 Sep - 8:26

Lorsque le monceau de problèmes à régler, qui est énorme, va me tomber dessus, je ne vais pas savoir comment m’en sortir. En premier lieu,il va falloir que je me loge. Durant mon emprisonnement j’ai travaillé un peu. Je fabriquais des espadrilles, aussi suis-je sorti avec un petit pécule. Il n’est pas énorme. Alors, à la rigueur, je pourrais aller prendre une chambre dans un petit hôtel et mes repas dans une gargote. Mais sans apport nouveau d’argent, je ne tiendrai pas longtemps. Comment trouver un job ? Dans la période actuelle, c’est difficile pour tous, je crois, mais bien plus encore pour moi, avec mon casier judiciaire chargé. Cela risque de durer des semaines,des mois.
Bien sûr pour le toit, théoriquement, je pourrais avoir une solution. Je suis marié avec Arabelle, mais elle habite dans ma maison avec le frère de ma victime. Je ne me vois pas lui dire : Monsieur, trouvez vous une autre maison, celle-ci est la mienne, je la récupère.
Il aurait beau jeu de me répondre :
« Mon pauvre Pierre, il suffirait que je demande des dommages et intérêts pour le préjudice commis par la mort de mon frère, pour que vous soyez dans l’obligation de mettre en vente votre maison, et bien sûr c’est moi qui l’achèterais.
Je ne sais trop pourquoi je ne l’ai pas fait, mais cela pourrait se faire un jour, comme ça, juste pour vous inciter à vous tenir tranquille ».
Voilà ce que pourrait me répondre Yves, aussi, il n’est pas question que je retourne chez moi.
Mon petit pécule je l’ai amassé en travaillant : Je l’ai dit, je faisais des espadrilles. J’étais l’un des plus forts, l’un des plus rapides, pour fabriquer une paire d’espadrilles.
N’y a-t-il pas là, une idée à creuser ? Évidemment je pourrai fabriquer des espadrilles dans le civil, mais où ? Dans quel local ? Sur le trottoir ? Je ne suis pas certain que les forces de l’ordre me laissent exercer ma profession sur la voie publique.
Je me vois, me baladant sur les trottoirs, avec sur le dos, un énorme paquet contenant des cordes et du tissu, comme un énorme escargot. Je viens d’en rire. C’est plutôt bon signe, non ? J’ai encore un peu le sens de l’humour.
C’est possible, mais l’important, c’est que toutes mes réflexions sur l’organisation de ma vie extérieure à la prison, amènent en moi une énorme peur.
J’en viens à me demander s’il ne serait pas préférable pour moi, dés ma sortie, d’aller occire n’importe qui (Tiens ! Yves de préférence) pour pouvoir tout aussitôt revenir dans mon cocon, dans ce qui me semble être le lieu qui m’est destiné durant le reste de ma vie : la prison.
Pendant toute mon incarcération, Arabelle est venue très exactement 4 fois. Elle qui, elle me l’avait promis dans sa lettre, devait venir me voir souvent….. Il est vrai que la conversation avec un homme enfermé 7 jours sur 7 durant des mois et des années, et qui donc n’est plus au courant de grand-chose, ne doit pas être très agréable. D’ailleurs, je ne sais même pas si j’aurais voulu la voir souvent. Chaque fois qu’elle est venue, j’étais heureux à son arrivée, mais tout aussitôt, je pensais immédiatement qu’elle allait bientôt partir et j’étais malheureux même pendant notre entrevue.
Puis, durant les jours et les semaines suivants, je pensais à elle, libre d’aller où elle le désirait, et filant le parfait amour dans ma maison, avec ce salaud d’Yves. Pourquoi ce salaud ? Parce qu’il m’a volé ma femme.
La dernière visite qu’elle m’a rendue est toute récente, elle remonte à une semaine. Je lui ai appris la date de ma libération. Elle m’a demandé si j’avais des projets pour après ce grand jour, et comme je lui ai répondu par la négative, elle m’a conseillé, tout simplement de commencer à y songer, car les jours filent vite.
Merci, merci, Arabelle !! J’ai été évidemment extrêmement touché par ce conseil précieux qui allait beaucoup m’aider, pour m’en sortir………………..
Non. Il faut que je me fasse une raison. Je suis seul, et pour m’en sortir, je ne pourrai compter que sur moi. Normalement,je devrais être heureux de recouvrer la liberté. Ce serait normal. Or j’ai une frousse terrible. Je ne suis pas normal. Mais cela, je le savais déjà.
Je crois que je ne vais pas dormir beaucoup la nuit prochaine.

( A suivre)
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MessageSujet: JE VAIS TUER MA FEMME   Lun 13 Sep - 8:29

C'est curieux, lorsque j'envoie mon message, il y a des mots qui se collent, des espaces disparaissent.Ce n'est pas très grave, je crois que le texte reste compréhensible, mais c'est assez bizarre.
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MessageSujet: Re: JE VAIS TUER MA FEMME   Lun 13 Sep - 9:36


Pour la frousse, je le comrpends, il part vers l'inconnu sans toit, sans travail et complètement seul...
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Anne
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MessageSujet: Re: JE VAIS TUER MA FEMME   Lun 13 Sep - 10:00

Le personnage se pose en victime, c'est vrai que sa femme l'a vite remplacé est qui plus est dans la maison du couple.
Il a tué de sang froid et la on se prend a avoir pitié pour lui...

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MessageSujet: JE VAIS TUER MA FEMME   Mar 14 Sep - 7:58

CHAPITRE 4


Cela fait quatre jours que je suis sorti.
Comme je le prévoyais en écrivant les dernières lignes, alors que j’étais encore en prison, ma dernière nuit a été complètement blanche. J’ai ressassé tous les problèmes qui allaient se poser, et au petit matin, quand je me suis levé, je n’avais pas le début d’un commencement d’une idée de ce que je ferai lorsque le portail de la prison se refermera derrière moi. La vacuité de mon esprit à ce moment là était totale, à la seule exception d’une vague petite idée : c’est que j’étais certainement mort, puisque ni avoir ni être, je n’avais rien,je n’étais rien.
Il y a eu toutes les formalités de levée d’écrou, accomplies machinalement durant lesquelles je suis resté dans cet état comateux, mais vers 11 heures, tout était terminé, il fallait vaguement se réveiller, et accompagné d’un gardien, je me dirigeais vers la sortie…. qui était pour moi l’entrée dans un monde hostile, totalement étranger.
Le gardien m’a serré la main en me souhaitant bonne chance. Quand je vous disais que c’est dans la prison que se trouvent mes semblables !! Je vis là, la preuve que je partais bien en exil…..
La porte franchie, je fis quelques pas sur le trottoir et m’arrêtais, indécis.
Des piétons passaient qui semblaient n’avoir aucun problème, eux. Dans la rue des automobiles circulaient à grande vitesse, et je me demandais avec effroi si je saurais traverser ces rues super dangereuses. Tout ce que je voyais me faisait sentir que j’étais un étranger propulsé dans un monde agressif.
Devant moi, le long du trottoir, une voiture stationnait. La portière avant gauche s’ouvrit, Arabelle descendit et vint vers moi, un sourire aux lèvres.
- Il y a près d’une heure que j’attendais ta libération. Mais dis-donc, je ne l’avais pas bien vu la dernière fois, la prison, ça conserve. Je me demande si je ne vais pas me faire incarcérer…. Tu n’as pas changé du tout.
- Tranquillise-toi. Bien qu’en liberté, tu n’as pas changé du tout non plus. Je n’aurais jamais espéré dans mes rêves les plus fous que tu m’attendes à ma sortie.
- Lorsque je suis venue te voir il y a une semaine, j’ignorais encore ce que je ferai. Alors ? Tu as eu largement le temps de réfléchir. Quels sont tes projets ?
- Je ne pense pas que tu puisses me comprendre. Mais je n’ai aucun projet. Je crois de plus en plus que mon avenir est de vivre en prison. Pour la société normale, je suis foutu.
Elle me prit par le bras pour m’entrainer vers son véhicule :
- C’est justement parce que tu es atypique que tu es si attachant. Je peux t’apporter une solution, à très court terme,malheureusement ! Pour 5 jours exactement.
Tu savais qu’Yves possédait une société en Afrique. C’est toujours le cas. Il a pris un Directeur qui fait tourner l’affaire sur place, et chaque mois, Yves va au Cameroun durant une semaine, pour vérifier la marche générale de sa société. Il est parti il y a deux jours,et reviendra dans 5 jours. Jusqu’à son retour, tu peux venir à la maison.

Cinq jours ! C’était pour moi une éternité durant laquelle j’aurai un toit, un couvert, et peut être plus. Qui sait ? Comme d’habitude je ne peux connaitre les pensées intimes d’Arabelle. Vais-je coucher dans la chambre d’ami, ou dans « notre » chambre ?
Je n’eus pas longtemps à me torturer l’esprit. Lorsque nous sommes arrivés dans le couloir d’entrée, Arabelle me dit : Va déposer ta valise dans notre chambre. Tu peux prendre une douche civilisée, ou un bain, à ton gré. Dans l’armoire de l’antichambre, j’ai conservé tous tes vêtements. Tu n’as pas grossi, tu vas pouvoir les mettre. Nous déjeunerons à midi, fais-toi beau. A tout à l’heure.
J’étais habitué à obéir aux ordres des gardiens. Avec Arabelle qui me disait ce que je devais faire, je n’étais pas dépaysé, et je lui en étais profondément reconnaissant.
C’est curieux comme l’esprit humain peut être versatile. En franchissant la porte de sortie de la prison, je regrettais d’être propulsé dans un monde que je ne connaissais plus ; Et maintenant, dans une maison agréable et confortable, sous une douche impeccablement propre, dans laquelle je peux rester aussi longtemps que je le désire, je trouve que tout de même, le confort et la liberté sont bien agréables.
De plus, la perspective de partager le lit d’Arabelle, est pour moi une pensée des plus euphorisantes.
Je ne veux pas penser au retour d’Yves.Carpe Diem. Je ne veux vivre que le présent, et apprécier les bons moments qu’il m’est donné de goûter.
C’est avec un immense plaisir également que j’ai retrouvé tous mes vêtements qu’Arabelle, pieusement, a conservé (Non. Pieusement est sans doute excessif, mais enfin, toujours est-il qu’elle les a soigneusement rangés dans une armoire).
Lorsque je suis descendu pour déjeuner, j’ai constaté avec surprise qu’Arabelle,élégante, avait préparée une très jolie table en mon honneur, et j’étaistellement peu habitué à ce traitement, que des larmes me vinrent aux yeux. Elledut s’en apercevoir car, avec une intelligence intuitive que je lui avais déniée durant les années précédant mon acte de justice, elle me demanda :
- Tu as du souffrir. C’était dur ?
- Je préfère que nous n’en parlions pas pour l’instant. Le présent, rien que le présent.
- Je te comprends. Je me suis souvenue des plats que tu aimais. J’espère que tu n’as pas changé de goût
- Oh, tu sais, là bas…
- Je te fais remarquer que c’est toi qui en parle !
- C’est vrai.
Je m’étais dit que je ne voulais pas parler d’Yves, mais ce fut plus fort que moi,et je ne pus m’empêcher de lui demander si elle était heureuse avec lui. Il y a décidément un jugement sur lequel je ne reviendrai jamais. C’est qu’il est impossible de prévoir ce que pense ou ce que va dire Arabelle. Elle me dit qu’Yves était un garçon assez gentil, mais plat, sans relief, sans mystère, en un mot ennuyeux. Elle me confia qu’elle avait vécu avec lui en attendant ma libération, mais nous allions devoir prendre certaines dispositions. Cependant, rien ne presse, ajouta-telle aussitôt. Profite de l’instant présent, tu as raison et tu l’as bien mérité.
Que j’aie raison, c’est certain, mais mérité, je me demande bien en quoi. Il me semblait que c’était mon emprisonnement que j’avais mérité, mais si Arabelle disait le contraire, après tout, c’est peut être elle qui avait raison.
Après la description qu’elle venait de me faire d’Yves, je ne pouvais que lui demander pourquoi elle était restée avec lui, s’il était aussi ennuyeux. Elle me répondit que la réponse à cette question était évidente : Elle n’avait aucun revenu, alors, en attendant ma sortie, ne pouvant subvenir à ses besoins,elle devait vivre avec quelqu’un. Dès lors, pourquoi chercher ailleurs, puisqu’il y avait Yves ?

(A suivre)
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MessageSujet: Re: JE VAIS TUER MA FEMME   Mar 14 Sep - 9:49


Elle est encore plus immorale que lui ! Il faut le faire ;)
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Anne
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MessageSujet: Re: JE VAIS TUER MA FEMME   Mar 14 Sep - 9:55

C'est ce que je me disais Nane, elle n'a pas froid aux yeux en tout cas. La situation à été retournée de la belle bafouée nous avons un personnage qui se révèle terrible, pire que le mari.

Ils vont bien ensemble...

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MessageSujet: JE VAIS TUER MA FEMME   Mer 15 Sep - 8:34

Je dois dire que je buvais les paroles d’Arabelle comme du petit lait. D’une part, il en ressortait qu’elle n’était pas attachée à Yves, et d’autre part, elle s’était organisée pour m’attendre, moi.Après lui avoir exprimé mon contentement pour ses gentilles explications, je dus cependant lui dire que pour l’instant, je n’avais pas plus de revenus qu’elle.
Avec ce beau sourire qui me ferait faire n’importe quoi, elle me dit :
- Je n’ai pas d’argent, tu n’as pas d’argent, mais Yves en a. Alors, comme tu le souhaitais tout à l’heure, vivons le temps présent, nous envisagerons l’avenir plus tard.
C’est vrai, je voulais vivre le temps présent, mais tout de même, une chose me chiffonnait. Qu’avait voulu dire Arabelle lorsque, constatant que nous n’avions d’argent ni l’un ni l’autre, elle a ajouté : Mais Yves en a ? Quelle idée a-t-elle derrière la tête ? Un ménage à trois ? De mon côté, il n’en est pas question ! Qu’il faudrait le supprimer ? Je dois dire qu’en reprenant contact avec la vie normale, je n’ai plus trop envie de courir le risque de retourner à la vie carcérale. Alors ? Alors, je devrais le savoir, pour l’avoir répété plusieurs fois : Il est inutile d’essayer de deviner les pensées d’Arabelle, son cerveau n’est pas fait comme le notre.
Durant mon premier jour complet de liberté,après une nuit de sensualité exacerbée, Arabelle s’est mise en tête de « me remettre à niveau ». Ce n’était pas une idée qui lui était venue subitement, non, elle avait préparé sur un petit carnet, les nouveautés qui avaient vues le jour durant mon incarcération.
Les nouveaux modèles de voiture, les évolutions politiques dans le monde, les équipes de rugby (Mon sport préféré) qui avaient obtenu les meilleurs résultats ces derniers temps, et surtout, surtout, elle a commencé à m’initier à l’informatique. Je connaissais l’existence d’internet, mais ce système ne s’était pas encore développé dans le grand public, lors de mon incarcération.
Or, Yves lui avait offert il y a quelques mois son premier ordinateur, et elle me fit fièrement la démonstration des possibilités inouïes de cet appareil magique. Je crois que cela va me plaire.
Elle avait également un téléphone portable. Bien sûr, cette invention ne bouleversait pas l’univers connu de moi, des communications, car je connaissais évidement le téléphone, et les téléphones radio des voitures, mais ce téléphone que l’on peut balader dans la poche est tout de même une invention bien pratique.
Comme je le fis remarquer à Arabelle,nous n’allions pas rester enfermés toute la journée, pour mon premier jour de liberté. Aussi sommes nous partis faire une grande promenade à pied, après quoi, nous sommes allés au restaurant. Arabelle voulait régler l’addition, mais comme il s’agissait de l’argent d’Yves, je m’y suis opposé, et c’est moi, quiai tenu à nous offrir ce dîner.


Demain, Yves va revenir. Que vais-je faire ? Ou, plus exactement qu’est-ce qu’Arabelle a prévu pour moi ?
C’est extraordinaire. Cette femme que j’ai considérée longtemps comme une idiote, est devenue mon guide. Sans doute, le fait d’avoir vécu des années en prison fait de moi, provisoirement un déphasé qui a besoin d’un tuteur, mais je crois que si l’avenir nous ménage une vie commune, elle aura toujours le pas sur moi. Elle est plus fine, plus volontaire, et je marcherai derrière elle comme un bon petit toutou. Cette idée devrait m’être pénible. Il n’en est rien.J’ai pris l’habitude que l’on décide pour moi. Par exemple, durant des années,je n’ai jamais ouvert une porte.. Arrivé devant une issue, je m’arrêtais, attendant que le gardien ouvre la porte. C’est une véritable rééducation à laquelle je vais devoir me livrer.
Pour en revenir à Yves, j’aimerais bien qu’il fiche le camp et que nous restions seuls, Arabelle et moi. Mais bien sûr, il y a cette question d’argent qui est embêtante... Mais je ne me casse pas trop la tête : Elle trouvera une solution, je lui fais confiance.

Voilà. C’est le 5ème jour de ma libération. Nous venons Arabelle et moi de passer une nuit aussi merveilleuse que les précédentes. J’avais des trésors de volupté inemployés durant des années. Je peux dire que depuis ma libération, je dépense sans compter.
C’est vers 16 heures qu’Yves doit arriver. Arabelle ne m’a encore rien dit concernant ses projets. Pourtant, j’en suis certain, elle a prévu quelque chose, et elle m’en parlera quand elle le jugera nécessaire.
Ce soir, quand je reprendrai mon cahier pourra conter ma journée, je saurai quel sort m’est réservé.


( A suivre)
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Anne
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MessageSujet: Re: JE VAIS TUER MA FEMME   Mer 15 Sep - 8:41

Elle manipule, que va t-elle lui faire faire ? Tuer Yves ?

Je suis scotché et attend la suite avec impatience...

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MessageSujet: Re: JE VAIS TUER MA FEMME   Mer 15 Sep - 9:40


Une sacrée garce oui... Elle les manipule tous les deux par le bout du nez... Mais je suis comme toi Anne, je me demande ce qui va arriver à Yves ;)
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aristee
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MessageSujet: JE VAIS TUER MA FEMME   Jeu 16 Sep - 8:52

CHAPITRE 5


Me revoilà dans mon petit « boudoir ». Depuis ma sortie de prison, je suis revenu écrire dans ma petite pièce, comme avant, et mon écriture terminée je remets mon cahier sous la latte amovible du plancher.
Peut-être est-ce pour cela que je n’ai pas beaucoup écrit en prison. Il me faut mon cadre. Là, je me sens bien, et il me semble que mes idées sont plus claires. J’ai abandonné l’idée de me faire éditer un jour, pourtant, je continue à écrire, et si l’on m’en demandait la raison, je ne saurais quoi répondre.
Je vais donc faire le récit de cette journée importante.
C’est vers 15 heures, juste après notre sieste voluptueuse, qu’Arabelle, me demanda d’enlever mes affaires de la chambre et de la salle de bain, pour aller les porter dans la chambre d’amis.
Là, tout de même, je ne pus que réagir. Savoir qu’elle allait coucher avec Yves ce soir me rendait littéralement malade. Elle me rassura en me disant que l’important dans un premier temps, était qu’Yves accepte que je reste dans la même maison que lui. Par ailleurs, elle m’assura qu’elle ne ferait pas l’amour avec lui. Elle lui dirait qu’elle n’était pas en état ces jours-ci de se donner à lui, et par ailleurs, me dit Arabelle, Yves,dans ce domaine n’avait pas beaucoup d’exigence. Il était loin d’être un affamé du sexe comme moi.
Quand même, les savoir couchés côte à côte dans le même lit, ne me plaisait pas du tout. Et puis, il faut bien le dire, je n’étais pas du tout certain qu’elle se refuserait à lui. Enfin, je ne pouvais rien proposer comme solution de remplacement, alors, il n’y a qu’à obéir et je me suis installé dans la chambre d’amis, située à l’autre bout du couloir.
Arabelle me dit qu’elle irait seule attendre Yves à l’aérodrome, pour, durant le trajet de retour, le convaincre d’accepter ma présence sous son toit.
Sous son toit est d’ailleurs une expression impropre, et qui me fait mal, car c’est moi qui suis propriétaire de la maison, mais, il est vrai, c’est lui qui a l’argent et règle tous les frais.
Après le départ d’Arabelle, et en attendant leur retour, j’étais extrêmement nerveux. Pendant des années, j’étais resté passif, et là, il allait falloir que je lutte sans doute contre un homme dont j’avais tué le frère, ce qui ne me mettait pas dans une situation forte.
Lorsqu’ils arrivèrent, Arabelle était souriante, en revanche, Yves faisait la gueule. Tout d’abord, si Arabelle et moi n’avons pas vieilli durant ces dernières années, il n’en était pas de même pour Yves. Je ne sais s’il a des ennuis professionnels, ou si c’est ma chère Arabelle qui lui fait des misères. Cette dernière hypothèse ne me surprendrait pas, et surtout me ferait un énorme plaisir.
Je vins vers eux mais m’abstint de lui tendre la main. Je savais qu’il n’accepterait pas de serrer celle de l’assassin de son frère. D’un ton rogue, il me dit :
- Votre incarcération a été bien courte. Vous voilà déjà libre, alors que mon frère est toujours mort.
Arabelle intervint.
- Je crois qu’il serait plus sage de ne plus évoquer le passé, sinon, nous n’en sortirons plus.
Puis, s’adressant à moi, elle me dit :
- J’ai parlé à Yves. Il a la grandeur d’âme d’accepter que tu restes provisoirement ici, jusqu’à ce que tu trouves une situation te permettant de voler de tes propres ailes.
- Doucement, doucement, coupa Yves. Il n’est pas question de vous installer ici ad vitamaeternam, et de vous laisser entretenir. Si sur la prière d’Arabelle, j’accepte que vous restiez provisoirement, une limite dans le temps doit être fixée.Disons que dans……. un mois, il faudra déguerpir.
Arabelle qui s’était instituée mon avocat intervint de nouveau
- Réfléchis, Yves.Il faut qu’il trouve un travail, cela demandera du temps, et une fois le travail trouvé, il ne pourra percevoir son salaire qu’un mois plus tard. Je conçois que tu veuilles fixer un délai, et tu as parfaitement raison, mais il faut qu’il soit raisonnable. Je pense qu’on pourrait le fixer à 3 mois.
- Tu me sembles bien trop gentille avec celui qui a tué celui qui était ton amant. Je serais en droit de trouver cela bien curieux.
- Qu’est-ce que tu veux dire par là ? J’ai simplement des sentiments humains, c’est tout, et je t’en prie, ne va pas chercher midi à quatorze heures. Je suis charitable, c’est tout.
- Puisque tu insistes c’est d’accord. Mais je neveux pas que cet individu m’adresse la parole.
Je n’ai pu m’empêcher de lui faire remarquer.
- Cette dernière exigence de votre part, je la prends comme un geste agréable à mon égard.
Il haussa les épaules, et monta les escaliers pour déposer sa valise dans sa chambre. Je suis persuadé qu’il voulait aussi s’assurer qu’il n’y avait aucune trace de mon passage dans SA chambre. Pour cela, je faisais entièrement confiance à Arabelle. Elle avait du y veiller.
C’est tout de même une sacrée femme. En quelques minutes, elle est parvenue à imposer à Yves ma présence sous le même toit que lui.
Maintenant j’ai trois mois devant moi.Trois mois, c’est long, et nous trouverons une solution plus pérenne.
Pour prouver ma bonne volonté, je suis sorti pour acheter un journal contenant des petites annonces et en particulier des offres d’emploi.
Je me suis installé dans le salon, pour ostensiblement consulter ces annonces devant Yves, qui, la pipe au bec discutait avec Arabelle. Ils parlaient de son affaire au Cameroun, et je pus constater qu’elle était très au courant des activités d’Yves, ce que je trouvais très désagréable.

Une période curieuse commença. Nous vivions trois sous le même toit, mais si Arabelle parlait normalement, sans aucune gêne, avec l’un ou l’autre, Yves et moi, nous n’échangions pas un mot. Ce qui était assez cocasse, surtout durant les repas.
Lorsqu’Yves avait besoin d’un morceau de pain,et que la corbeille était à côté de moi, Yves demandait :
- Je voudrais un morceau de pain, puis Arabelle me demandait
- - Peux-tu me passer la corbeille de pain ? Ce que je faisais, puis elle donnait la corbeille à Yves.
Cela faisait plus de trois semaines que nous vivions dans cette étrange communauté. J’avais répondu à diverses annonces, j’avais eu deux entretiens, mais je sentais que mon passé pesait lourdement dans le plateau négatif, et, finalement, je n’avais pas « le profil » recherché.
Arabelle et moi n’avions eu que peu d’occasion de nous retrouver seuls, et donc de parler de nos problèmes. Il est vrai qu’Yves veillait jalousement à ne pas nous laisser en tête à tête. Mais nous savions qu’il allait bientôt partir faire son voyage au Cameroun, et nous attendions patiemment.
Nous avions mal préjugé de la jalousie maladive d’Yves. Trois jours avant son départ, au cours d’un diner, il dit à Arabelle :
- Je te demande de prendre tes dispositions pour venir avec moi au Cameroun. Je me demande pourquoi, jusqu’à ce jour, je ne t’avais pas offert ce voyage, je veux réparer cet oubli. Tu verras que le Cameroun est un pays merveilleux et diversifié. Nous visiterons Douala, où se trouve mon siège social, puis nous irons voir mes succursales, à Nkongsamba et à Bafoussam, et si nous en avons le temps, nous irons dans le nord Cameroun, où tu verras une faune abondante. Je suis certain que tu seras enchantée de connaitre cette région magnifique.
Boum !!! Je n’avais pas prévu qu’il emmènerait Arabelle, ce qui je le confesse, était idiot, car il est évident qu’il n’allait pas nous laisser seuls, elle et moi.

(A suivre)
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MessageSujet: Re: JE VAIS TUER MA FEMME   Jeu 16 Sep - 9:06

Le personnage Yves n'a pas plus de moralité qu'eux, accepter de vivre dans la maison du tueur de son frère ce n'est pas géant, si vraiment il voulait s'éloigner il proposerait à Arabelle de prendre une nouvelle maison.

Les trois personnages sont très ambigus... et Arabelle et le chef d'orchestre qui dirige tout ça.

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MessageSujet: Re: JE VAIS TUER MA FEMME   Jeu 16 Sep - 9:20

Sacré ballet que ce ballet là !
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goupil
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MessageSujet: Re: JE VAIS TUER MA FEMME   Jeu 16 Sep - 16:42

Comment, très lentement, d'une manière insidueuse, le plus sordide devient ordinaire et l'imagination des esprits humains extraordinaire.

Très beau déroulement d'histoire où le suspens demeure, malgré l'avancement, total.

La suite !!!
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aristee
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MessageSujet: JE VAIS TUER MA FEMME   Ven 17 Sep - 8:09

Arabelle non plus ne semblait pas avoir prévu ce voyage, car elle resta un long moment sans répondre, interdite, ce qui prouve qu’elle n’avait pas préparé de réponse.
Puis, non sans humour elle lui répondit :
- Je conçois mon chéri, que tu ne veuilles pas me laisser ici avec …… mon mari. Je te comprends parfaitement. Mais je n’ai pas envie d’aller dans ce pays chaud. Tu sais que je ne supporte pas la chaleur. Néanmoins, comme je te l’ai dit, je te comprends parfaitement, aussi, durant ton voyage, je vais en profiter pour aller passer une semaine chez mes parents à Nice. Pierre restera ici et se débrouillera tout seul.
- - Mais, Arabelle,tu sais qu’en Afrique, il y a des chambres climatisées. Tu ne souffriras pas de la chaleur.
- Mon chéri si je vais au Cameroun pour rester enfermée 24 heures par jour dans une chambre climatisée, je ne vois pas l’intérêt de ce voyage.
Coincé,Yves réfléchit un moment, puis reprit :
- Bien. Va chez tes parents, et je te téléphonerai chaque jour.
- Merci pour la confiance que tu as en moi !! Habituellement tu ne me téléphones jamais durant tes voyages, mais si tu le désires, téléphone-moi chez mes parents.
Cet arrangement ne m’arrangeait pas. Jusqu’à ce qu’Arabelle me fasse discrètement un clin d’œil, et je sus alors qu’elle avait trouvé une solution.
Malheureusement, si Yves ne me parlait pas, il ne me quittait pas des yeux, et je n’ai pu parler, ne serait-ce que quelques secondes avec Arabelle. Heureusement comme toujours, c’est elle qui avait trouvé la solution.
Le soir, en allant me coucher, je vis sur mon oreiller une feuille de papier sur lequel elle avait écrit :
« Je vais prévenir mes parents, et tu viendras avec moi chez eux. Yves pourra me téléphoner. Brûle ce papier et jette les cendres dans les WC. Ta femme. »
Et voilà. Quand je pense, que durant des années j’ai pensé qu’elle était idiote !
Je connaissais déjà les parents d’Arabelle, bien sûr, et après ma condamnation, ils n’avaient plus voulu entendre parler de moi. Je ne sais pas comment ma merveille s’y est prise, toujours est-il que j’ai été fort bien reçu, et nous avons, Arabelle et moi, passé une semaine idyllique, sur une plage dans la journée, dans le même lit le soir.
Chaque jour, Yves téléphonait, et Arabelle lui répondait. Il devait donc être tranquille. Il avait été entendu que je rentrerai à la maison la veille du retour d’Yves, pour qu’il voie bien que j’étais resté seul, et Arabelle ne viendrait que le lendemain.
Nous pensions ainsi avoir tout prévu.
Lorsqu’Yves revint à la maison, rompant avec sa décision de ne jamais me parler, il m’apostropha :
- Vous vous croyez très finaud, mais vous l’êtes moins que moi. Je sais qu’Arabelle était chez ses parents, mais je sais également que vous n’étiez pas ici, car j’ai téléphoné plusieurs fois par jour, et il n’y avait personne. Donc vous étiez avec elle.
Désarçonné un moment, je me repris et lui répondis
- Que vous n’ayez pas confiance en moi, cela ne me gêne en rien. Mais que vous suspectiez Arabelle, bravo !! Je vous laisse le soin d’avoir honte. Quand à moi, bien que je n’aie pas de compte à vous rendre, je veux bien vous donner une information. J’ai profité de vos absences pour aller à Valence, chez un ancien camarade du Lycée.
- Prouvez-le !
- Je n’ai rien à prouver. Que vous me croyez ou pas, je m’en fous éperdument, vous pouvez le comprendre ? Je vous ai dit la vérité c’est tout !
Je vis qu’Yves ne savait plus que penser, et j’ai joui intérieurement d’être parvenu à instiller le doute en lui.
Tout aurait pu se passer sans trop de casse,si Arabelle, le lendemain, je ne sais pourquoi, dès qu’elle s’est vue agressée par Yves, a lâché le morceau :
- Hé bien oui, j’étais chez mes parents avec Pierre, là !! Je ne peux plus te supporter, je ne t’aime pas. Cette maison appartient à Pierre, alors je te conseille de déguerpir le plus tôt possible.
Si j’étais une personne normale, j’aurais eu pitié d’Yves. Il était pâle, décomposé, en quelques secondes il vieillit de 10 ans. Mais je ne suis pas accessible à la pitié pour celui qui m’avait volé ma femme.
Sans répondre à Arabelle, Yves monta dans la chambre, et nous l’entendîmes faire claquer des portes, ouvrir et fermer des tiroirs. Il faisait ses bagages.
Arabelle et moi écoutions ces préparatifs de départ, puis je lui dis :
- C’est bien beau, tout ça, mais comment allons nous vivre ? Je n’ai pratiquement pas d’argent, et toi non plus.
- Je sais, je sais. Mais nous allons trouver une solution. Il te reste un peu d’argent, moi j’en ai mis un peu de côté, et nous avons certainement de quoi tenir 3 ou 4 mois, c’est largement suffisant pour transformer notre pauvreté en aisance.
- Oui, mais comment ? As-tu une petite idée ?
- Pas encore très précise. Mais la base de notre raisonnement est très simple. Yves a de l’argent.
En l’entendant énoncer froidement cette évidence, je me demandais ce que l’esprit fécond d’Arabelle allait inventer, et cela me faisait (Et me fait encore) froid dans le dos. Envisagez-t-elle simplement de le supprimer ? Et dans l’affirmative, comment cela pourrait nous procurer l’argent d’Yves ?
Comme toujours, depuis mon long séjour en prison, je vais laisser à d’autres, en l’occurrence à Arabelle, le soin de prendre des décisions.
Lorsqu’Yves descendit de la chambre. Il avait une valise dans chaque main. Sans dire un mot, sans nous jeter un regard, il posa les deux valises près de la table du salon, sortit une enveloppe de sa poche, la posa sur la table, reprit ses valises et sortit.
Arabelle et moi nous nous sommes regardés un instant, puis elle est allée prendre l’enveloppe, pour la décacheter et la lire à haute voix.


Arabelle,
J’avais des doutes. C’est maintenant pour moi une certitude. Tu es un monstre. Ta duplicité est inhumaine. Tu n’as jamais cessé d’aimer ton salaud de mari. On a raison de dire ; « qui se ressemblent s’assemblent ». Tu t’es bien fichue de moi, et lui aussi par la même occasion.
Si je suis long à comprendre, Lorsque je finis par comprendre, je sais toujours ce que je dois faire. Nous n’en avons pas terminé, ne te réjouis pas trop tôt. Si je peux me permettre de te mettre en garde, c’est que je suis sûr de moi.
Je sais que tu as du tirer un peu d’argent sur mon compte, mais je sais aussi que cela ne vous permettra pas d’aller très loin. Il va de soi que je te retire la signature
.
YVES

Sa lecture terminée, j’ai demandé à Arabelle quelle était son début d’idée pour remédier à notre situation financière délicate, mais elle ne voulut rien me dire, car elle devait faire une vérification auparavant.
Je savais qu’il était inutile d’insister ; Elle ne me parlerait que lorsqu’elle l’aurait décidé.
Après cette pénible journée, je vais ranger mon cahier sous le parquet, et rejoindre Arabelle dans notre chambre.

( A suivre)
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MessageSujet: Re: JE VAIS TUER MA FEMME   Ven 17 Sep - 9:21

Ouah elle est horrible, froide, déterminé, brrrrrrr sordide aussi.

Je suis impatiente de savoir comment elle compte si prendre pour avec l'argent de son ex amant Yves, et lui comment va-t-il se venger ?

Cette histoire Aristee est surprenante, pleine de rebondissement nous tient tous en haleine.

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MessageSujet: Re: JE VAIS TUER MA FEMME   Ven 17 Sep - 9:34


Quel couple ! Ils sont aussi monstrueux l'un que l'autre et nuisibles en plus !
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aristee
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MessageSujet: JE VAIS TUER MA FEMME ( FIN)   Sam 18 Sep - 8:05

CHAPITRE 6

Cela fait cinq jours qu’Yves est parti, et nous avons repris notre vie à deux qui me donne entière satisfaction. On pourrait penser qu’après les débordements voluptueux de ma sortie de prison, notre fringale sensuelle serait étanchée, mais il n’en est rien, et chaque matin je me dis que la nuit dernière fut plus extraordinaire que les précédentes.
Arabelle ne me dévoilait toujours pas son projet. Elle passait beaucoup de temps dans le bureau et m’avait simplement demandé de la laisser travailler.
Ce n’est qu’aujourd’hui, en fin d’après midi,qu’elle me dit être au point, et m’exposa son plan.
Il y a deux ans, alors que j’étais en prison, Yves avait dit à Arabelle, qu’il avait le devoir de songer à l’avenir. Il voyageait beaucoup, et s’il venait à disparaitre, il voulait mettre sa maitresse à l’abri du besoin. Pour cela, il avait fait un testament, par lequel, les deux tiers des actions de son affaire d’Afrique revenaient à Arabelle, le dernier tiers allait à ses parents, qui eux-mêmes avaient une situation aisée.
J’avais été surpris, à ma sortie de prison,de constater qu’Arabelle soit très au courant des affaires d’Yves. C’est que ce dernier avait tenu à ce qu’elle soit au fait du développement de la société, pour le cas où elle serait appelée à s’en occuper.
Il est bien évident qu’à la suite des évènements qui avaient amenés l’expulsion d’Yves de ma maison, sa première démarche avait dû être, d’annuler ce testament.
Arrivée à ce stade de son récit, Arabelle me présenta deux lettres. Il s’agissait de deux lettres professionnelles, écrites à la main, absolument identiques, écrites par Yves.
- Vois-tu une différence entre ces deux lettres me demanda Arabelle.
Après avoir examiné attentivement les deux documents, d’abord à l’œil nu, puis avec une loupe, je dus reconnaitre que les deux lettres avaient été écrites de la même main.
Arabelle me dit que très jeune déjà elle s’amusait à contrefaire les écritures de ses copines, et surtout de ses professeurs ce qui lui avait permis de présenter à ses parents des bulletins très corrects, sans être trop élogieux. Car lorsque l’on veut apporter une preuve, il faut toujours savoir garder une certaine mesure pour rester crédible. Cela, elle avait été très précoce pour le comprendre.
Son plan était donc simple. Elle allait attendre deux mois, ou un peu plus, pour faire un testament au nom d’Yves, qu’elle enverrait au notaire d’Yves dont elle avait l’adresse. Ce testament annulerait celui qu’il venait certainement de faire, pour annuler le premier.
Elle avait prévu de laisser s’écouler deux bons mois entre les deux testaments pour le rendre plus crédible. D’autre part, toujours avec le souci de crédibilité, celui fabriqué par Arabelle lui serait moins favorable que le premier, et elle ne recevrait que 60% des actions au lieu des ¾.
Comme elle arrêtait là ses explications, je lui fis remarquer que devenir potentiellement l’héritière d’Yves Garat était une bonne chose, mais ne ferait pas bouillir la marmite pour cela.
Avec son merveilleux sourire, Arabelle me répondit, qu’elle faisait la partie la plus délicate, la plus artistique me dit-elle-même, et qu’il m’appartenait de transformer une héritière putative en héritière réelle. Puis elle ajouta : Le domaine que je te laisse est celui dans lequel tu as déjà fait tes preuves, mon chéri, et je te fais entièrement confiance.
Depuis qu’elle m’a dévoilé son plan, il y a environ deux heures, je ne cache pas que je suis très perturbé. J’ai accompli assez facilement mon premier crime, et j’avoue que je me sens moins d’entrain pour ce second en projet. Évidemment j’ai vieilli. Mais je crois surtout que la première fois, la rage, l’orgueil blessé était un moteur puissant qui me propulsait sans effort. Là, il s’agissait d’un simple crime crapuleux, sans aucune passion, et je me demandais si cela valait vraiment le coup de risquer un retour en prison.
Si à la veille de ma sortie, je songeais à y retourner, mon optique est toute différente aujourd’hui, et je tiens maintenant la liberté comme un bien inestimable.
Je vais rejoindre Arabelle dans notre chambre, et quelque chose me dit que la nuit prochaine sera moins embrasée que les précédentes. Cette femme est formidable, j’ai une immense admiration pour elle, mais elle est parfaitement amorale, et sacrément dangereuse.

J’avais vu juste. La dernière nuit a été beaucoup plus sage que les précédentes. Nous l’avons passée en grande partie à discuter sur les modalités de réalisation du plan d’Arabelle.
Car très vite, elle était parvenue à me convaincre que la solution qu’elle préconisait était vraiment la seule que nous puissions envisager, et qu’à condition de bien préparer notre affaire, les risques étaient pratiquement nuls.
Je trouvais qu’elle me faisait beaucoup trop confiance pour mettre au point un « assassinat propre ». Ce n’est pas parce que j’avais réussi à tuer son premier amant, d’une façon assez astucieuse, et que, normalement j’aurais du m’en tirer, (C’est en écrivant ces mots que je réalise vraiment qu’en fait c’est mon adorable Arabelle qui m’a envoyé en prison, mais décidément, non, je ne puis lui en vouloir, je ne sais vraiment pas pourquoi)
A l’occasion de cette dernière réflexion, une bien vilaine pensée me traverse l’esprit. J’espère qu’elle va le traverser, sans s‘y arrêter.
Car enfin, si l’on est très rationnel (Je préfère ne pas l’être trop en la circonstance) nous montons toute cette affaire, et si elle réussit, ce qui est plus que probable, Arabelle héritera un joli petit paquet. Et moi ? Et moi, théoriquement rien. Théoriquement, mais Arabelle m’aime, et me fera partager sa fortune comme nous aurons partagé les risques.
Je préfère ne pas trop m’attarder sur ce problème. Quoiqu’il en soit, je n’ai pas d’autres solutions pour m’assurer une vie normale. Alors allons-y.
Puisqu’il faut qu’Yves trépasse, il faut qu’il le fasse en un lieu où nous pourrons prouver que nous n’étions pas.J’avais tenté le coup la première fois en prévoyant d’avancer la montre de Claude, puis d’aller dans un bar au moment théorique du meurtre, mais sur cela non plus je ne veux pas revenir.
L’idéal serait qu’il décède en Afrique. Mais je ne vois pas comment, je pourrais le tuer la bas et revenir ici incognito. Je suis arrivé à la conclusion, que la chose doit se produire quand il arrivera en France, après sa descente d’avion à Marignane. Là, cela devient possible, je peux revenir à la maison sans être vu. Pour cela, il faut que j’aille à Marignane dans une autre voiture que la mienne, que je le tue la bas, que je me déguise pour revenir aussitôt en voiture, et avec nos téléphones portables, avec des mots codes, qu’Arabelle me dise si la voie est libre pour rentrer. Après, il faudra détruire mon déguisement, et nous n’aurons plus qu’à attendre gentiment le déroulement des évènements dans lesquels, nous ne serons partie prenante que pour toucher l’héritage..

Voilà.Cela fait trois mois et 10 jours qu’Yves a été mis à la porte de la maison.Cela fait deux semaines qu’Arabelle a envoyé le nouveau testament olographe au notaire. C’est demain soir que l’avion d’Yves en provenance de Douala atterrira à Marignane.
Nous avons tout réglé avec Arabelle.
Nous avons tout prévu au plus simple. Yves sera tué de deux ou trois balles de pistolet. Comme il fera nuit, lorsque son avion arrivera, les choses seront simplifiées.
J’arriverai ici assez tard, aussi n’est-ce qu’après demain que je viendrai raconter comment j’aurais réussi ma mission de survie (Pour moi, car le pauvre Yves….)
La prochaine fois que je viendrai écrire sur ce cahier, je serai soulagé et heureux, avec mon Arabelle.


XXXXXX


Lettre de Monsieur Blanc à Monsieur Aristée

Cher Monsieur Aristée

J’ai eu l’occasion de lire certains de vos livres, et il m’a semblé que le cahier que je vous joins pourrait vous servir pour écrire l’une de vos prochaines œuvres.
Comment ce document est-il tombé entre mes mains ?
Il faut d’abord que je fasse appel à votre mémoire. Vous vous souvenez sans doute d’une affaire qui a défrayé la chronique durant une bonne quinzaine de jours, ce qui est considérable dans notre période où un fait divers chasse l’autre. Cela se passait il y a trois ou quatre ans.
Il s’agissait d’un couple démoniaque qui après avoir envoyé à un notaire, un faux testament léguant à la femme la majorité des actions d’une société en Afrique, avait tenté de tuer le testateur présumé.
Leur coup a raté, car l’homme laissé pour mort, ne l’était pas. Ce couple a été arrêté. L’homme, un récidiviste a été condamné à la perpétuité, la femme à 15 ans de réclusion.
La maison de l’homme, un certain Pierre Barège, ayant été mise en vente, je l’ai achetée il y a deux ans. Près du portail de cette maison ce trouve une vieille construction que je veux rénover. En démolissant le plancher d’une pièce, les maçons viennent de trouver le cahier que je vous joins. Vous trouverez dans ce témoignage de première main, tous les faits qui se sont déroulés, minutieusement rapportés par l’auteur d’un crime et d’un attentat, et j’espère que vous pourrez en tirer partie.
Veuillez croire, Cher monsieur, en mes sentiments les meilleurs.

X X
X

Réponse de monsieur Aristée à monsieur Blanc

Merci cher Monsieur d’avoir pensé à moi, et de m’avoir fait parvenir le cahier tenu par Pierre Barège. Je l’ai lu avec intérêt. Vous m’aviez suggéré d’en tirer partie pour écrire un autre livre. Je ne m’en suis pas reconnu le droit.
Sous l’un de mes deux pseudonymes d’auteur, je vais le faire publier tel quel.
Je ne garderai pas les droits d’auteur, et je ne veux pas non plus que l’auteur de ces crimes abominables en bénéficie. Je demanderai donc à Pierre Barège, que j’irai voir en prison, de me désigner une œuvre caritative à laquelle seront versés tous les droits d’auteur.
Avec mes remerciements, croyez cher monsieur en mes sentiments très amicaux.



FIN
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MessageSujet: Re: JE VAIS TUER MA FEMME   Sam 18 Sep - 9:33

Excellent et très bien vu la correspondance à la fin !

Bravo Aristee !!!!

Le personnage principal était très naïf le crime aurait pu fonctionner et elle aurait pu garder l'argent et le renvoyer en prison. C'est d'ailleurs à mon avis ce qu'elle à du imaginer. Je parle d'elle comme si elle avait existé vraiment.

Es-ce vrai l'histoire du fait divers ?????

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MessageSujet: Re: JE VAIS TUER MA FEMME   Sam 18 Sep - 9:51

Anne a écrit:
Excellent et très bien vu la correspondance à la fin !


Es-ce vrai l'histoire du fait divers ?????

La seule chose exacte est le pseudo d'Aristée.
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MessageSujet: Re: JE VAIS TUER MA FEMME   Sam 18 Sep - 10:17


Ho quelle chutte ! bravo Aristée ! Je me demande si ce n'est pas l'histoire que je préfère, enfin jusqu'à la prochaine...
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MessageSujet: Re: JE VAIS TUER MA FEMME   Sam 18 Sep - 20:25

Moi aussi j'aime beaucoup cette histoire, elle m'a surprise tout au long de la trame et par sa chute... Donc juste Aristee de vrai, notre ami qui a une imagination débordante et riche.

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MessageSujet: Re: JE VAIS TUER MA FEMME   

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