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 LE BONHEUR SE PAYE D'AVANCE

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aristee
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MessageSujet: LE BONHEUR SE PAYE D'AVANCE   Dim 14 Nov - 8:44

Comme toujours, Diane me soutint dans cette période. Cependant, la veille de mon départ pour Lyon, étant arrivé chez elle un peu plus tôt, je trouvais une Diane en pleurs. J’étais bouleversé et elle ne voulait pas me dire la cause de son chagrin.
Devant mon insistance, elle finit par me dire :
- Voyez ce qui se passe avec Yves. Il est devenu normal et il s’éloigne de nous, ce qui s’explique parfaitement, puisqu’il est redevenu normal. Vous-même allez être bientôt un homme normal, j’en suis certaine. Vous avez votre indépendance grâce à votre voiture, et votre visage va reprendre vos traits de naguère. Alors, très normalement vous allez vous éloigner de moi. Je devrais me réjouir pour vous, mais je ne suis qu’une pauvre femme aveugle et égoïste. Pardonnez- moi.
Je suis loin de l’ange dont vous parliez à votre père. Très, très loin.
Ainsi, contrairement à ce que je pensais, si Yves s’échappait de notre groupe, Diane, elle, restait bien à mes côtés.
J’étais si heureux de cette constatation que je parvins, à force de plaisanteries, à ramener le sourire sur ses lèvres
Je suis monté le lendemain à Lyon, seul, au volant de mon véhicule. Mon hospitalisation devait durer une huitaine de jours.
Une semaine après l’intervention chirurgicale, mes bandages furent enlevés, et le chirurgien qui était à mes côtés, me dit :
- Vous allez pouvoir constater une énorme amélioration, mais évidemment il faudra encore un mois, pour que vous retrouviez à peu de chose près, votre visage d‘avant votre accident.
Le fait est que mon nez était revenu dans sa position normale, même s’il était assez rouge, quand à ma longue balafre, s’il existait des traces sur la tempe et sous le menton, il fallait concentrer son attention pour voir de très légères séquelles sur la joue. Bien sûr, il y avait encore des traces roses mais le médecin me dit que cette couleur elle-même, allait s’atténuer, et que je reprendrais mon teint normal. La suite prouva qu’il avait raison.
C’était encourageant, et, le chirurgien sorti de ma chambre, c’est à Diane que je téléphonais en priorité, avant d’annoncer la bonne nouvelle à mes parents.
Revenu chez moi, lors de ma première visite chez elle, Diane voulait que je la laisse, « voir avec ses mains » le changement intervenu. Je voulais que mon état soit consolidé, c'est-à-dire dans un mois, avant de la laisser « me manipuler ». Finalement, nous avons transigé, et je lui ai dit qu’elle pourrait faire connaissance avec mon nez dans huit jours.
Une semaine plus tard, elle se disait extrêmement satisfaite des résultats de mon opération.
L’autre problème auquel je me suis attaqué, était la liquidation matérielle de mon accident.
Yves avait été traduit devant le tribunal correctionnel. Bien entendu, il n’était pas question que je me porte partie civile contre lui. Dés l’accident, la compagnie d’assurances d’Yves était entrée en contact avec moi, et m’avait versée une provision, en attendant le règlement définitif.
Mon état étant considéré par les experts médicaux comme consolidé, de longues discussions s’engagèrent entre les assureurs, et l’avocat que j’avais pris pour défendre mes intérêts.
Finalement, une transaction eut lieu, et tous préjudices confondus (Incapacité Permanent partielle, préjudice esthétique,prétium doloris etc) c’est la somme de 950.000 euros qui me fut attribuée.
Une belle somme, mais que je ne voulais pas considérer comme devant me permettre de vivre sans travailler.
Certes, il m’était possible, par exemple, d’acheter plusieurs studios et d’avoir des revenus suffisants avec la rentrée des loyers, mais je ne pouvais me contenter d’être le simple gérant de mes biens immobiliers. Je voulais avoir une activité, une vraie, comme tout le monde.
« Comme tout le monde » c’est ce que je voulais être dans tous les domaines. Malheureusement, avec mes pattes folles, je n’étais pas comme tout le monde et tous les raisonnements du monde, ne pouvaient me libérer de ce sentiment d’infériorité qui ne m’avait jamais quitté depuis mon accident.
Après avoir résumé les petits faits qui ont jalonné ma vie durant les 6derniers mois, j’en viens à la nouvelle qui m’a fait reprendre aujourd’hui le cours de mon récit.
Je savais que Diane avait déposé, il y a deux mois, son manuscrit chez l’éditeur pour lequel sa sœur faisait des corrections.
Par ailleurs, je m’étais amusé à écrire une petite nouvelle d’une cinquantaine de page. Je l’avais donnée à Diane pour qu’elle me donne son avis, mais elle ne me l’avait pas rendue, et je ne la lui avais pas demandée, pensant qu’elle avait du la mettre dans un tiroir quelconque. Elle m’avait seulement dit qu’elle avait bien aimé cette nouvelle, mais sans insister, ce qui signifiait à mes yeux que son jugement était de simple politesse.
Or, elle avait déposé chez l’éditeur, sans m’en parler, ma nouvelle en même temps que son roman. Et ce matin elle a reçu une lettre de l’éditeur.
Par cette lettre, il disait qu’il aimerait lavoir, que son livre l’intéressait et qu’avec quelques modifications et corrections, il était prêt à l’éditer à compte d’éditeur.
Un PS ajouté à la lettre spécifiait que la nouvelle jointe au roman avait également retenu l’attention du comité de lecture, et que son auteur serait également reçu avec plaisir,pour envisager une éventuelle collaboration.
Lise, qui la première avait lu la lettre de l’éditeur, n’en avait pas parlé à sa sœur. Elle m’avait téléphoné en me demandant de venir rapidement chez elles, sans me dire ce dont il s’agissait, mais en précisant seulement que je ne regretterais pas mon dérangement.
Si bien que Diane et moi avons entendu ensemble la lecture à voix haute faite par Lise, de la lettre de l’éditeur.
Madame
J’ai le plaisir de vous annoncer que la lecture de votre manuscrit a retenu l’attention de notre comité de lecture.
Nous sommes persuadés qu’une collaboration pourrait s’instaurer entre nous.
Nous aimerions que vous nous téléphoniez,afin que nous prenions un rendez vous en nos bureaux.
Très heureux de pouvoir faire prochainement votre connaissance, nous vous adressons nos sentiments les meilleurs.
P.S Vous aviez joint à votre manuscrit une nouvelle écrite par l’un de vos amis. Ce texte est évidemment trop succinct pour que nous envisagions une édition, mais nous aimerions connaitre l’auteur de cette nouvelle, afin d’envisager avec lui, la possibilité d’une collaboration.
Dès la lecture de Lise, terminée, Diane s’écria :
- Mon Dieu, Pierre, comme je suis contente pour vous !!!!
Les pensées traversent notre esprit à la vitesse de la lumière et je ressentis en même temps, une grande joie, et une honte non moins intense.
Inutile d’insister sur la grande joie qui s’explique aisément. Ma petite nouvelle avait retenu l’attention d’un éditeur. Mon plaisir était d’autant plus grand, que j’ignorais que mon petit écrit avait été soumis à un professionnel.
Ma honte, pour être moins évidente, n’en était pas moins réelle. Elle venait du fait que si j’avais retenu surtout le P.S. qui me concernait exclusivement, il en avait été de même pour Diane, qui, avant de penser à la grande nouvelle qui la concernait, s’était spontanément exprimée sur celle qui me touchait personnellement.
Mon égoïsme, en regard de son altruisme exceptionnel, sa grande générosité, me couvrait de honte, et je restais un moment interdit.
- Qu’avez-vous,Pierre ? Vous m’en voulez d’avoir transmis à un éditeur, votre nouvelle,sans vous en avoir parlé au préalable ?
- Vous en vouloir, Diane ? Comment pouvez vous le penser une seconde ? Mais je pense que la plus grande nouvelle, dans cette lettre, c’est que votre roman a été accepté, alors que votre première pensée a été de vous réjouir du PS qui me concernait. Avouez que votre exceptionnelle bonté a de quoi complexer un homme normal.
- Ne soyez pas ridicule. Je suis heureuse d’avoir contribué à votre plaisir. Puisque je suis contente de moi, ce n’est pas de l’altruisme, bien au contraire.
Lise intervint alors :
- Ne vous disputez pas tout les deux pour savoir qui est meilleur que l’autre. Il y a dans la lettre que je viens de vous lire, deux bonnes nouvelles, qui nous font bien plaisir à nous trois. Alors, réjouissons-nous dans un premier temps, et très vite, il faudrait, Diane que tu téléphones à ton éditeur afin de prendre un rendez- vous pour toi, et pour Pierre.
C’est ce qui a été fait dix minutes plus tard. Je viendrai mardi prochain à 9 heures chercher Diane, et nous monterons à Lyon où nous avons rendez vous à 14 heures à la maison d’édition.
Enfin d’après midi, Yves est passé nous voir chez Diane. Assez curieusement iln’a pas semblé particulièrement heureux par la grande nouvelle. Il se contenta de nous mettre en garde.
- Faites attention. Avec ces vautours, ce sont toujours les auteurs qui sont grugés.Alors, ils font facilement des compliments au début, ce qui ne signifie pas qu’ils pensent ce qu’ils disent ou écrivent. Mais bien sûr, je serais heureux de me tromper, et que vous en tiriez quelque chose d’intéressant.
Il m’a semblé que Diane avait été très touchée, malheureuse subitement, après les paroles d’Yves, et l’idée revint, lancinante dans mon esprit : Diane aime Yves. Moi, je suis son ami, mais c’est l’autre qui l’attire.
Yves ne s’attarda pas, et après son départ, nous avons longuement discuté, Diane, Lise et moi, sur la curieuse attitude d’Yves. Sa mise en garde était-elle purement amicale, et devait-elle être considérée comme un service rendu, où y avait-il une certaine jalousie ? Nous n’avons pu parvenir à une conclusion unanime, car si Elise et moi penchions pour la deuxième hypothèse, Diane, croyait qu’Yves avait essayé de nous mettre en garde contre des espoirs qui pourraient être déçus.

( A suivre)
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MessageSujet: Re: LE BONHEUR SE PAYE D'AVANCE   Dim 14 Nov - 12:05

La jalousie est sous jascente dans ce roman... du côté des hommes..


Dernière édition par nane le Dim 14 Nov - 14:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LE BONHEUR SE PAYE D'AVANCE   Dim 14 Nov - 12:23

Oui en effet Nane, il se peut que cette jalousie brise l'amitié entre les deux hommes.

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MessageSujet: LE BONHEUR SE PAYE D'AVANCE   Lun 15 Nov - 8:28

4 NOVEMBRE

Plus de 2 mois, oui, cela fait plus de 2 mois que n’ai pas écrit. Comme j’attends toujours qu’il se passe quelque chose d’important pour le faire, c’est hier que j’aurais du sortir mon carnet, mais j’étais incapable hier soir de faire un compte rendu.
Pour retarder la relation de la journée d’hier, je vais reprendre où j’en été resté, le 30 Septembre.
Je l’ai dit, nous devions aller chez l’éditeur avec Diane. Nous y sommes allés et pour elle, tout va bien. Elle a signé un contrat d’édition et son livre devrait sortir dans deux mois. Pour moi, il s’est passé ce qu’Yves avait prédit. L’éditeur m’a fait un tas de compliments avant d’en venir « aux petites réserves », qui, mises bout à bout, devaient m’amener à la conclusion que si je changeais du tout au tout, mon style, ma syntaxe, mon approche des évènements, mes descriptions etc, il me serait sans doute possible d’être, un jour, édité. Ce qui signifiait en clair, que j’étais encore très loin d’être un écrivain.
Dès le lendemain de cette entrevue, je pris la décision de faire ce que j’avais exclu quelques mois avant. J’allais affecter les 2/3 de mon capital à l’achat de studios, et je me consacrerais à la gestion de mon patrimoine immobilier.
Première reculade,puisque j’avais exclu, il y a quelques mois, cette solution.
En effet, j’aurais aimé avoir une activité à temps complet, pour avoir l’impression de vraiment travailler. Or la gestion de 5 ou 6 studios n’allait pas me prendre beaucoup de temps.
Ma décision prise, je commençais par étudier sur internet les prix des studios dans les deux villes les plus proches, dans lesquelles des étudiants sont susceptibles de chercher à se loger. Car c’est sur ce créneau que je voulais travailler, et je voulais proposer des locations meublées.
Après cette étude préliminaire, je suis allé à plusieurs reprises à Valence, où j’ai déjà signé 2 compromis de vente, l’un pour un studio déjà meublé, l’autre pour un studio vide, pour lequel j’ai commencé les achats de meubles et matériels nécessaires.
Il y a 15 jours je suis allé à Avignon où j’ai également signé un sous seing privé, pour un studio déjà meublé.
Après avoir bien étudié la question, j’ai décidé de me limiter à l’achat de 6 studios au total, entre Valence et Avignon.
J’ai dit que cette option d’activité était une première reculade. En discutant avec des agents immobiliers, également gérants d’appartements, je suis arrivé à la conclusion, que mieux valait être sur place pour faire face à tous les petits problèmes qui peuvent se poser dans un logement, fuite d’eau, appareils en panne, petites réparations diverses.
J’ai donc pris la décision de confier la gestion de mes studios à des professionnels, l’un à Valence, l’autre à Avignon.
Deuxième reculade.
J’ai donc choisi de ne rien faire, et d’attendre chaque mois, la rentrée de mes loyers.
Terminé mon projet de lancer une affaire, avec si possible la collaboration d’Yves !
D’abord, je n’avais plus envie de travailler avec lui, et puis, je n’avais plus envie de travailler du tout. Mon moral était au plus bas, et j’étais assez lucide pour savoir que j’étais tout à la fois incapable et paresseux. En ajoutant à ces caractéristiques mon handicap, quel beau spécimen de la race humaine je présentais !!
Durant ces deux mois, mes rapports avec Yves,s’étaient un peu plus distendus. J’avais pensé, qu’enfermés tout deux dans notre petit monde des handicapés, nous étions liés à vie. Mais très rapidement,il est revenu dans le groupe majoritaire des gens normaux. Il n’y a pratiquement plus trace de ses blessures, et il a une situation qui semble lui convenir, d’autant plus qu’un proche avancement lui a été promis.
Je n’ai jamais cessé d’aller chez Diane et Élise. Cependant mes visites n’étaient plus quotidiennes,et de plus en plus espacées. Certes, j’étais toujours aussi bien reçu, et je dois même dire que la timide Élise venait assez souvent se mêler à nos conversations. C’est, elle aussi, une assez chic fille. Certes, elle n’a pas les atouts esthétiques de sa sœur, mais je la crois foncièrement bonne.
Que dire d’autre ? Rien. Il faut donc que j’en arrive à la journée d’hier.
Je suis arrivé chez Diane vers 15 heures. Normalement, ce n’est que plus tard qu’Elise venait nous rejoindre. Cette fois, les deux sœurs étaient ensemble dans le salon, et Élise (je ne m’en rendis compte que plus tard) avait les traits tirés, et n’a pas prononcé un mot durant le premier quart d’heure.
La conversation roulait sur des sujets sans grand intérêt. Je parlais de mes démarches pour acquérir des studios, ma décision de confier leur gérance à des professionnels etc. Diane, toujours aussi gentille, m’approuvait pratiquement en tout.
Profitant d’un temps mort dans notre conversation, elle me dit.
- Pierre,vous êtes, et vous serez toujours pour moi, mon grand, mon meilleur ami. Aussi, je tiens que vous soyez l’un des premiers avertis. Yves et moi, allons nous marier.
Je dois dire qu’il me fallut plusieurs secondes pour réaliser, et je ne sus que dire bêtement :
- Vous plaisantez ?
- Votre réaction me surprend Pierre. Pourquoi voulez-vous que je plaisante ? Cela vous semble vraiment impossible qu’une aveugle puisse plaire et se marier ?
- Évidemment non ! Votre charme est tel que vous attirez tous les hommes, mais je ne pensais pas qu’Yves….
- Vous ne pensiez pas quoi ? Qu’il accepterait une handicapée ?
Élise intervint alors.
- Mais non, Diane. Il est bien normal que Pierre se montre surpris. A aucun moment, ni Yves, ni toi lui avaient donné à penser que vous étiez attirés l’un vers l’autre.
- Je suis désolé, Pierre me dit Diane, mais je dois dire que les choses sont allées très vite, et que vous n’êtes pas venu beaucoup ces temps ci, absorbé que vous étiez par vos achats immobiliers. Je dois vous dire que nous avons eu, Yves et moi, une petite dispute, ou plus exactement une discussion. Chacun de nous voulait vous demander d’être notre témoin. Finalement, Yves adorable, m’a laissé la priorité : Pierre,voulez-vous être mon témoin de mariage ?
Heureusement, Lise, vint à mon secours.
- Ce problème, Diane n’est pas à régler de toute urgence. Je pense qu’il faut que Pierre assimile d’abord la nouvelle totalement inattendue, pour qu’après réflexion, il puisse prendre une décision. Car après tout, il a connu Yves avant toi, et il ne faut pas lui forcer la main et décider à sa place, de qui il sera le témoin.
Lise avait été merveilleuse de tact et d’à propos. En mon for, j’étais bien décidé à refuser d’être le témoin de l’un ou de l’autre, et Lise venait de me donner le temps pour fourbir mes arguments.
- Je crois que Lise a raison. Il n’y a aucune urgence, et je vais y réfléchir. Je reviendrai bientôt, et si vous voulez bien m’excuser, il faut que je rentre,car un agent immobilier doit me téléphoner chez moi, au sujet d’un studio que j’aimerais acquérir.
- Je vous accompagne à votre voiture, me dit Lise.
(A suivre)
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MessageSujet: Re: LE BONHEUR SE PAYE D'AVANCE   Lun 15 Nov - 12:11

Ça se précise... Chacun à fait sa cuisine dans le dos de l'autre d'où la surprise.

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MessageSujet: Re: LE BONHEUR SE PAYE D'AVANCE   Lun 15 Nov - 14:56


Pierre s'en doutait depuis le début mais ne voulait pas l'admettre vraiment...
Il se réfugiait dans ses "problèmes" immobilers... Et mantenant ?
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MessageSujet: LE BONHEUR SE PAYE D'AVANCE   Mar 16 Nov - 8:29

J’ai pris congé de Diane, manifestement surprise par mon attitude bizarre, et nous sommes sortis, Lise et moi, elle, me tenant le bras gauche ce qui lui permettait d’éviter les mouvements sinusoïdaux décrits par mon pied droit quand je marche.
Nous n’échangeâmes pas un mot durant le trajet, et lorsque, arrivé à monvéhicule, elle me demanda de lui faire faire un petit tour. Après mon acceptation, elle monta à mes côtés et me dit :
- Je crois parfaitement comprendre ce que vous ressentez, Pierre. Diane était pour vous plus qu’une amie, et vous espériez troquer ce mot pour un autre plus intime. Je puis vous assurer que Diane n’est pas coquette. Elle n’a pas vu la forme d’attachement que vous aviez pour elle, sinon, bien sûr, elle ne vous aurait pas annoncé la nouvelle aussi brusquement. Je vous demande donc de ne pas lui en vouloir.
- Merci, Lise, vous êtes non seulement bonne, mais très clairvoyante, plus que votre sœur, ce qui est normal car elle ne peut voir toutes les expressions d’un visage, qui sont pourtant plus révélatrices que les mots prononcés.
- Dans un tout autre domaine, j’aimerais, Pierre que vous me donniez le double de la nouvelle que vous aviez écrite ? Diane n’a pas voulu me la confier. Pourtant je voudrais vous dire ce qu’à titre de correctrice, j’en pense, d’une façon très objective, je vous le promets.
- Si vous y tenez, c’est d’accord. Comment êtes-vous venue à devenir correctrice ?
- J’ai fait des études de lettres, qui me permettraient d’être professeur dans le secondaire, et même de postuler à une chaire en faculté. Mais je n’ai pas voulu de l’astreinte des horaires. L’occasion s’est présentée de travailler avec une maison d’édition, et j’ai deux activités : l’une de correctrice, l’autre de « nègre » si vous me passez l’expression. Beaucoup de personnes ont vécu des moments extraordinaires, voudraient en faire un livre, mais sont incapables de l’écrire. Alors, ils me racontent leur petite histoire, et j’écris le livre.
- Dans ces conditions, pourquoi ne pas écrire vos propres livres ?
- Pour l’instant, cela ne me tente pas. Par ailleurs si j’ai quelques connaissances techniques, je n’ai pas beaucoup d’imagination, alors…… D’ailleurs, je suis satisfaite de mon travail actuel. Quand pourrez-vous me donner votre nouvelle ?
- Maintenant, si vous le voulez. Nous pouvons aller chez moi prendre un exemplaire. L’aller retour ne nous prendra pas plus d’une demi-heure.
Nous sommes venus chez moi,mes parents étaient absents, j’ai remis à Élise un exemplaire de ma nouvelle, je l’ai ramenée chez elle, et lors de mon retour, j’étais trop abattu pour relater les évènements sur mon carnet, ce que je viens de faire aujourd’hui, bien que mon moral ne soit pas très différent de celui d’hier.
J’avais parfaitement senti que Diane était attirée par Yves. Mais je n’avais pas pensé que la réciproque était vraie.
J’ai donc été pris complètement à contre pied, car penser qu’un évènement peut arriver, est une chose. Qu’elle se réalise en est une autre, et ce mariage me laissait désemparé, avec une profonde amertume au cœur.
Je vais essayer de ne plus penser à ce mariage, ni d’ailleurs à Yves ni à Diane. Je vais essayer de polariser mes pensées sur mes projets immobiliers. Je dis bien, je vais essayer.



8 NOVEMBRE

Avant-hier, Lise m’a téléphoné pour me faire part de son opinion au sujet de ma nouvelle.
- Comme toujours, me dit-elle, pour une première œuvre, il y a des retouches à faire, mais malgré la relative brièveté de votre nouvelle, il se passe beaucoup de choses, et vous êtes incontestablement doué d’une imagination féconde. Lorsque vous en aurez terminé avec vos achats immobiliers, et même avant si cela vous est possible, vous devriez écrire une autre nouvelle, et un peu plus tard, vous vous attaquerez à un roman. Je vous assure que vous en tirerez de grandes satisfactions.
- Merci pour vos conseils. Je vais y réfléchir. Je profite de l’occasion pour vous dire que ma décision est prise. Afin de ne favoriser aucun des deux mariés, je ne serai le témoin, ni de l’un, ni de l’autre.
- J’aurais juré que c’est la position que vous prendriez. Mais je ne vous le cache pas, vous aurez du mal à la faire admettre, surtout à ma sœur.
- Je me fais bien à la situation très désagréable, il faudra bien qu’elle s’y fasse aussi, lui dis-je, sur un ton, sec, que je regrettais aussitôt, car enfin je n’avais pas à me montrer rancunier auprès de la si gentille Lise qui n’y est pour rien.

(A suivre)
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MessageSujet: Re: LE BONHEUR SE PAYE D'AVANCE   Mar 16 Nov - 13:54

L'amitié se désagrège doucement, la rancœur s'installe... Je crois que Lise ressens quelque chose pour lui.

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MessageSujet: LE BONHEUR SE PAYE D'AVANCE   Mer 17 Nov - 8:37

LE 10 NOVEMBRE

Ce matin, Lise vient de me téléphoner.
Yves était venu passer le week-end chez Diane et Lise. Il avait laissé son véhicule sur le trottoir, devant la maison. En se levant ce matin, au moment de repartir, il constata que ses quatre pneus avaient été crevés. Il avait du faire venir une dépanneuse, et Lise lui a prêté son véhicule pour qu’il puisse aller normalement à son travail.
- C’est évidemment un petit incident désagréable pour Yves, mais ce n’est pas bien grave, et je me demande un peu pourquoi vous venez m’en parlez, car je ne vois pas en quoi je pourrai lui venir en aide.
- A lui, peut être pas, mais à moi si. Je lui ai prêté mon véhicule parce qu’il y avait urgence, mais de mon côté je dois rendre les corrections d’un livre, et je suis venu vous demander si vous pouviez m’accompagner chez mon éditeur.
- Il est évident, Lise que pour vous, le problème est différent. Je suis à votre disposition. Je passe vous prendre dans 20 minutes. C’est O.K ?
- D’accord, je vous attends. Merci.


CHAPITRE 9

LE 15 NOVEMBRE

Je prenais mon petit déjeuner lorsque Lise me passa un coup de fil. Je commençais à penser qu’elle était la messagère attitrée des incidents car elle m’apprit que durant la nuit, un incendie s’était déclaré dans leur villa.
Sur la façade sud de leur maison, Diane et Lise avaient une vaste verrière dont le sol était en plancher, et toute l’armature en bois verni. C’était un endroit très agréable qui avait fait dire à Yves, que c’était, de loin, la partie la plus agréable de la maison, celle qu’il préférait.
L’incendie n’était pas accidentel. C’était l’œuvre d’un pyromane qui n’avait même pas cherché à cacher son forfait, puisqu’il avait laissé sur place les 3 jerricans d’essence qui lui avaient servi à accomplir son forfait.
Je suis aussitôt allé sur place pour constater les dégâts, et surtout pour remonter le moral des deux sœurs qui se demandaient qui pouvait leur en vouloir. Yves, prévenu, arriva peu après moi, et nous avons tous essayé de comprendre à qui un individu pouvait s’en prendre,car la première fois, la victime était Yves, et la deuxième fois, il s’en était pris aux deux sœurs.
Les pompiers et les gendarmes qui étaient venus dans la nuit, n’avaient pu trouver aucun autre élément que les trois jerricans, et l’on n’était pas plus avancé. Pour changer les idées des jeunes femmes, je les ai invitées, ainsi qu’Yves, bien sûr, au restaurant, mais l’ambiance du repas resta morose, car, je le suppose, dans les 4 cerveaux, deux mots occupaient tout l’esprit : Qui ? Pourquoi ?
Je me suis chargé de la déclaration de sinistre à l’agent d’assurances qui se trouvait être un camarade d’école. Bizarre, tout cela, non ?


LE 20 NOVEMBRE

Je viens de rentrer chez moi, après un nouveau petit séjour de 48 heures à l’hôpital. Je vais avoir droit à une carte de fidélité, dans cet établissement…..
Je roulais hier matin, sur une route parfaitement dégagée et sèche, lorsque de ma droite, surgit un véhicule que je ne pus éviter.
Certes, il venait de droite, mais comme il sortait d’un chemin privé, il était entièrement responsable.
Pour moi, les conséquences ont été relativement minimes, puisque je m’en sors avec une fracture sans déplacement de l’humérus. (Il s’agit de mon bras gauche, et je peux continuer à écrire ce carnet).
Mon adversaire, lui est plus gravement atteint. Il souffre de multiples fractures aux deux jambes, de deux côtes enfoncées, et d’un traumatisme crânien.
Cependant le pronostic vital n’est pas engagé.


Après plusieurs minutes de réflexion, je viens à l’instant de prendre une décision.
J’écris ce petit journal pour moi, uniquement pour moi, mais, on ne peut être certain que personne n’aura l’occasion de le lire. C’est pourquoi, ne voulant courir aucun risque, je n’ai pas tout dit.
La décision que je viens de prendre, est de tout révéler. Pourquoi, ce changement ? Parce que j’ai décidé de faire lire ce carnet à Diane et Lise, qui prendront les décisions qu’elles voudront en connaissance de cause.
Je l’avoue donc. C’est moi qui, une nuit, suis allé près de la maison des jeunes filles, où je savais que se trouvait Yves, et j’ai crevé les pneus de sa voiture. Enfantin ? Peut être, mais cela m’a fait un tel plaisir !!
C’est moi qui quelques jours plus tard, suis allé mettre le feu à la verrière. C’est l’endroit qu’Yves préférait.
Ces deux forfaits ne m’ont pas demandé beaucoup d’efforts.
En revanche, je suis également l’auteur volontaire de mon accident, qui, lui, m’a demandé une longue préparation et une grande précision dans l’exécution, dont je suis assez fier.
Vous l’avez deviné, le conducteur adverse était Yves.
J’ai organisé l’accident au même endroit que le premier. Mais il fallait cette fois que je l’aborde sur sa partie gauche, pour pouvoir l’atteindre plus directement, le blesser plus sérieusement, et donc qu’il vienne de ma droite.
En sortant de chez lui, il devait suivre un chemin privé d’une centaine de mètres pour accéder à la route.
Par ailleurs, j’avais repéré un petit monticule en haut duquel il était possible de voir le garage d’Yves.
Deux jours de suite, je suis venu sur ce monticule pour voir sortir Yves de son garage. J’ai calculé le temps qu’il mettait pour arriver à la route. Puis, à plusieurs reprises, j’ai calculé la vitesse à laquelle je devais rouler, pour, une fois descendu du monticule, et monté rapidement dans ma voiture, je devais rouler pour arriver en même temps que lui au croisement.
Je l’ai dit, je suis assez fier de moi, car tout s’est déroulé comme je l’avais prévu avec une précision d’horlogerie. Yves débouchait juste de son chemin lorsque je suis arrivé et il n’eut pas la possibilité de m’éviter.
Voilà. J’ai tout dit.
On peut penser ce que l’on voudra de moi. Ce que je sais, c’est que je ne pouvais pas agir autrement. J’avais pensé qu’Yves, et moi, faisions partie de ce club fermé des grands handicapés. Il en est sorti. Il m’a trahi une première fois. Après cette trahison, il en a remis une louche en me prenant Diane, qui de toute évidence m’était promise. Oui, Diane, vous qui allez lire ces lignes, c’est ce que je pensais, et ce que je pense toujours.
J’ai un seul regret. C’est l’incendie de la véranda. Certes,comme je l’ai dit, c’était l’endroit préféré d’Yves, et c’était une façon de l’atteindre. Mais ce faisant, j’ai attiré des ennuis à Diane et Lise. J’aihonte de les avoir sacrifiées pour assouvir une médiocre vengeance.
Aux dernières nouvelles, Yves va se sortir de notre « accident ». Franchement, je suis incapable de dire si je m’en réjouis, ou si je le regrette.
Au fond, je pense peut être que c’est mieux comme ça. Puisqu’il est vivant, Diane aura toujours la possibilité de le choisir. Mais il sera vraiment infirme. Comme moi.
Voilà. Ici se termine mon petit carnet.Demain après midi, j’irai le déposer dans votre boite aux lettres, Diane et Lise. Je ferai en sorte que nous ne nous rencontrions pas, et je ne prendrai aucune initiative pour reprendre contact avec vous. Vous avez tous les éléments en mains. Vous êtes libres de déposer une plainte contre moi, si vous le désirez. Je ne me défendrai pas. Vous prendrez votre décision en toute indépendance. Adieu ou au revoir ? J’ai agi. A vous de juger.

( A suivre)
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MessageSujet: Re: LE BONHEUR SE PAYE D'AVANCE   Mer 17 Nov - 14:34

Et bien, l'âme humaine est bien compliquée ce personnage est jaloux maladif et en plus se monte la tête en pensant que Diane lui était promise. Sa mise en scène est terrible et n'a aucune excuse. Si j'étais Diane ou Lise je ne serais pas très gentille, car on peut dépasser sa souffrance et vouloir attenter à la vie d'autrui ne règle pas les problèmes.

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MessageSujet: Re: LE BONHEUR SE PAYE D'AVANCE   Mer 17 Nov - 14:53


Ho il a vraiment dérapé et il n'en tirera rien ! Il va se retrouver une nouvelle fois complètement isolé...

Dommage !
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MessageSujet: LE BONHEUR SE PAYE D'AVANCE   Jeu 18 Nov - 8:30

Le 4 Décembre.
Je commence un nouveau carnet. Décidément, il s’avère que j’aime bien écrire ce qui m’arrive. Sans doute une forme de narcissisme… ou de masochisme, je n’en sais rien, mais peu importe ! J’ai envie de le faire, et je le fais.

Comme je l’avais décidé, j’ai porté mon carnet dans la boite aux lettres des demoiselles Chanteur, le 21 Novembre. Cela me semble loin. Je peux l’avouer, depuis, chaque jour, j’ai espéré un coup de fil de l’une ou de l’autre. Mais, rien.
J’ai décidé subitement de quitter la maison familiale, et je me suis acheté un appartement tout meublé. Je n’ai pratiquement pas eu d’achats de meubles à faire, et comme j’ai payé comptant, j’ai pu l’occuper immédiatement, alors que l’acte définitif n’est pas encore signé. Je crois qu’une vie de vieil ours va commencer pour moi, et d’ailleurs, je ne mérite pas autre chose.
Ce problème réglé, j’ai poursuivi mes démarches pour me constituer un petit patrimoine immobilier, mais je dois l’avouer, je n’avais pas un moral d’acier, et en dehors de mon propre appartement, je n’ai pratiquement pris aucune décision d’achat. Je me sens très diminué intellectuellement, et dépourvu de caractère. Puisqu’il faut le dire, je le dis : je ne suis plus fier de moi. Je vois nettement ce que je suis en réalité : un pauvre type. Mais d’un autre côté, je ne parviens pas à regretter ce que j’ai fait, car si c’était à refaire, je sais que je recommencerais.
Mon sentiment d’amitié profonde pour Yves, s’est transformé en haine. Je ne sais pas ce qu’il devient, s’il est sorti de l’hôpital ou non. J’ai été contacté par son assureur. Je vais arrondir mon petit pécule, mais d’une façon modeste car je vais avoir une consolidation de mes blessures sans un gros taux d’ I.P.P. Je vais obtenir un pretiumdoloris, mais pas grand-chose de plus.D’ailleurs, je m’en fous ! Ce que j’ai fait, ce n’est pas pour de l’argent.
Je me rends compte que je viens de commencer un nouveau carnet, alors que je n’ai rien à dire d’important. Au fond, il ne se passera peut être plus rien dans ma vie. Je vais m’installer dans une petite vie étriquée. Je toucherai mes loyers chaque mois. Tout sera bien réglé. Je descendrai les poubelles à telle heure. Je ferai ma toilette ensuite. Puis,après m’être habillé, j’irai faire mes courses. Toujours dans les mêmes magasins, et dans le même ordre. Le samedi j’irai au cinéma, à la séance du soir. En écrivant tout cela, je suis encore plus déprimé, et j’ai envie d’acheter un revolver pour me faire sauter le caisson.
Ce carnet ne ressortira de son tiroir que s’il y a vraiment quelque chose de neuf.
Zut !!


LE 20 DÉCEMBRE

Il faut que je l’écrive.
Ce matin, il était 10 heures 30, je m’apprêtais à partir faire des courses, selon mon programme quotidien, lorsque ma sonnette d’entrée retentit.
Personne ne vient me voir, et je termine juste d’emménager. Je rêvais aussitôt que c’était Diane, ou tout au moins Lise. J’aurais pu regarder par l’œilleton pour être aussitôt fixé, mais j’ai préféré jouir encore un peu de mon espoir, avant qu’il ne soit peut- être déçu.
J’ai donc attendu que l’on sonne pour la seconde fois. J’ai encore attendu quelques secondes, puis craignant que la personne n’abandonne, je suis allé ouvrir.
C’était Yves, seul, et soutenu par des béquilles. C’était tellement inattendu que je suis resté un moment sans bouger, et sans prononcer un mot. Il avait l’air très gêné, et finit par me dire :
- Puis-je entrer, j’ai des choses à te dire.
Toujours sans dire un mot, je m’écartais de l’entrée pour qu’il puisse pénétrer chez moi.
L’un suivant l’autre, nous sommes entrés dans mon salon. D’un geste, je lui désignais un fauteuil. Il s’y installa et me dit.
- J’ai trouvé ta nouvelle adresse sur internet. Je conçois parfaitement que tu sois furieux contre moi. Tu as subi deux accidents graves, et les deux fois, c’est moi qui les ai occasionnés, et qui en suis responsable. Cette fois-ci, je suis plus touché que toi, et c’est ma seule petite consolation. Je ne lui répondais toujours pas, car je ne savais vraiment que dire. Il semblait toujours ignorer que c’était moi qui avais volontairement provoqué notre accident. Son attitude, et ses propos, me le faisaient penser, mais n’y avait-il pas une manœuvre de sa part ? Venait-il parce qu’il avait de nouveau un sentiment de culpabilité envers moi ? Ou tentait-il de me piéger ?
( A suivre)
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MessageSujet: Re: LE BONHEUR SE PAYE D'AVANCE   Jeu 18 Nov - 14:03

Ceux qui désireraient connaitre la fin de cette histoire ( et bien d'autres) pourraient se rendre sur mon blog:Ecriture-Lecture.blog4ever.com
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MessageSujet: Re: LE BONHEUR SE PAYE D'AVANCE   Jeu 18 Nov - 19:30

Aristée, j'aime bien te lire ici !
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MessageSujet: Re: LE BONHEUR SE PAYE D'AVANCE   Dim 21 Nov - 11:17

Que va lui dire Yves ? Je trouve qu'il est bien dépressif, c'est dingue ce qu'on peut faire et dire quand l'amour est déçu.

Moi aussi j'aime te lire Aristee, bonne journée pour ce dimanche un peu gris.

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MessageSujet: Re: LE BONHEUR SE PAYE D'AVANCE   Ven 26 Nov - 9:48

Nous n'avons plus de nouvelles d'Aristee, j'espère qu'il va bien...

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MessageSujet: Re: LE BONHEUR SE PAYE D'AVANCE   Mar 30 Nov - 11:55

Aristee n'est plus revenu...

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MessageSujet: Re: LE BONHEUR SE PAYE D'AVANCE   Jeu 2 Déc - 14:52

Toujours pas de nouvelle, j'espère que tout va bien.... Aristee si tu me lis.

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MessageSujet: Re: LE BONHEUR SE PAYE D'AVANCE   Sam 11 Déc - 13:58

Aristee pourquoi tu ne finis pas ton histoire, j'aimerais tant connaitre la suite.

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