Le bateau ivre



 
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 LES MUTANTS

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aristee
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MessageSujet: LES MUTANTS   Sam 12 Fév - 9:28

LES MUTANTS





Sa raison lui disait qu’il n’avait
aucune chance de s’en tirer. Bien sûr il était stressé, mais, estimait- il, pas autant qu’il le
devrait.


Alors de deux choses l’une :


Ou il était beaucoup plus courageux qu’il ne
le pensait


Ou il ne parvenait pas à croire que c’était
la fin..


Le fait qu’il puisse tenir ce
raisonnement ne favorisait aucune des deux hypothèses.


Il décida une fois de plus d’examiner la
situation avec le maximum d’objectivité.


Cela faisait près de 48 heures qu’il était
là, dans la pénombre. Il avait à sa disposition un espace de 1 mètre cinquante, sur près
de deux mètres au sol, et sans doute un peu plus de 2, 50 mètres en hauteur. Il
avait calculé ces dimensions en se servant de l’empan de sa main, de 22 cm.


Le sol était une dalle en ciment,
certainement très épaisse. Il avait sauté dessus à plusieurs reprises :
Pas le moindre ébranlement.


2 côtés de sa cellule, étaient constitués
par deux murs épais en pierre. Le troisième était en brique, quand au 4éme coté
il provenait sans doute, du sol du balcon qui était descendu sous les coups de
roquettes. Le plafond de sa prison était une plaque métallique, peut être un
portail qui avait été projeté en l’air et était retombé en s’encastrant dans
l’ouverture supérieure.


Pas un seul outil à sa disposition. Son
couteau de poche absolument dérisoire, et trois ou quatre morceaux de ciment,
malheureusement friables, rien à manger.


Une chance : la nuit dernière, il
avait plu abondamment, et la plaque métallique avait laissé passer suffisamment
d’eau pour qu’il étanche sa soif, lave ses deux chaussures, et les remplissent
d’eau. De ce coté là, il avait une petite réserve.


Pierre savait qu’il ne pouvait pas
attendre de secours extérieur. Le village avait été complètement abandonné, dés
le début des bombardements il y a quatre jours. Il avait voulu tenir le plus
longtemps possible pour pouvoir apporter son témoignage, et dans les minutes
qui avaient suivi sa décision de partir, il s’était retrouvé bloqué sous les
décombres.


Pour évaluer la résistance du portail
métallique en haut ; il lança le plus gros morceau de ciment qui
redescendit en ayant diminué de moitié. Le reste se répandait en poussières sur
le sol. Il lui semblait que la tôle avait bougée, et se fit la réflexion que
cela ne l’avançait pas beaucoup puisque cette tôle était hors de sa portée.





Reporter au Figaro, Pierre avait appris que
des évènements curieux, mais pas définis, se déroulaient dans le Lot et
garonne.


Par
l’autoroute surchargée vers Bordeaux, par des gens qui visiblement s’enfuyaient,
mais absolument déserte en direction de Toulouse, il était arrivé rapidement à
Agen, sans avoir à observer la limitation de vitesse. Il traversa la ville
absolument déserte. Il ne rencontra pas un être humain. Toute la population
était partie. Il prit la
Nationale 113 vers Toulouse sans rencontrer un seul véhicule,
une seule personne.


Au niveau de La Fox, la route était
complètement détruite, impraticable, comme si un énorme bombardement avait eu
lieu. Impossible de continuer. La route à gauche, menant à Puymirol,
elle,était intacte, et il l’emprunta. La route n’avait pas été touchée, mais de
part et d’autre, des champs étaient éventrés, des maisons entièrement
détruites, et Pierre s’était rendu compte que son réservoir d’essence était
pratiquement vide. Or, il n’avait pas rencontré une station d’essence en état
de marche, depuis l’autoroute.


Le petit village de Puymirol, bâti en
hauteur, avait du subir un terrible bombardement, puisqu’il n’y avait plus une
seule maison intacte. Il arrêta sa voiture rue des amours et descendit de son
véhicule pour s’approcher du bord d’anciennes fortifications d’où la vue était
magnifique.


C’est là qu’il vit, à environ 1 km un grouillement d’une
centaine d’êtres bizarres. Il revint en courant vers sa voiture, prit ses
jumelles, les régla et le spectacle qu’il vit lui sembla irréel.


Il examinait ce spectacle depuis moins
d’une minute, lorsqu’il vit venir vers lui, à une vitesse relativement modérée,
un projectile Il lui était manifestement destiné.


Pierre courut vers une maison en ruine dont
un pan de mur portait le numéro 35, et le nom de la rue : Rue des amours.
Il entra dans la maison et se réfugia dans un couloir sur la gauche.


C’est alors qu’il venait de prendre la
décision d’essayer de repartir vers le nord, vers la civilisation, que des
roquettes et des obus se mirent à tomber, et l’enfermèrent dans le réduit que
nous avons décrit.


Personne ne viendrait le secourir. En tous
cas aucun humain. Maintenant ces choses bizarres qu’il avait pu voir à la
jumelle, pouvaient, elles, venir, mais d’après les dégâts qu’ils avaient faits
partout, on ne pouvait s’attendre à une aide de leur part.


Il but un peu d’eau dans sa chaussure, et
se leva comme si une idée subite lui était venue. En fait, quelle idée pourrait
venir quand on ne possède absolument aucun outil à sa disposition


Il lui sembla entendre des plaintes, dont
il ne put trouver d’où elles venaient.





Il pensa d’abord que sous l’effet de la
diète forcée, il commençait à ressentir des troubles, comme des acouphènes. Il
se boucha les oreilles avec les deux paumes de ses mains. Les plaintes
cessèrent puis reprirent lorsqu’il se déboucha les oreilles


Quelqu’un se plaignait, gémissait, et cette
personne n’était pas très loin.


A voix relativement basses pour ne pas
risquer d’alerter les choses bizarres, il se mis à appeler : Il y a
quelqu’un ? Répondez moi S’il vous plait.


Puis il se tut.


Pendant de nombreuses secondes le silence
fut complet ce qui confirma à Pierre que ce n’était pas des acouphènes qu’il
avait dans les oreilles.


Puis une voix s’éleva, frêle, faible
émouvante.


- Je suis là. Mon pied est coincé. Venez, je
vous en supplie.
( A suivre)
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MessageSujet: Re: LES MUTANTS   Sam 12 Fév - 11:57

Génial le retour d'Aristee !!!

Avec une histoire de science fiction, je sens que je vais adorer !!!

Merci Aristee, j'espère que tu vas bien.

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aristee
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MessageSujet: LES MUTANTS   Dim 13 Fév - 8:33

Une femme était là, pas très loin de lui
sans doute, mais où ? Et d’ailleurs lui même n’avait pas la possibilité de
sortir de son trou.


Il reprit.


-Ecoutez-moi bien. Nous allons essayer de
savoir à combien nous nous trouvons l’un de l’autre, et vous allez me dire de quels éléments vous disposez à portée de votre main. A vous de parler.


- J’ai une pierre à coté de moi. Je vais taper
sur les trois cloisons que je peux atteindre. Attention je commence.


Pierre entendit nettement les trois coups,
mais était incapable de dire d’où ils venaient. Les trois coups suivants,
semblaient plus proches et moins sourds, sans pouvoir être situés non plus. Les
trois derniers au contraire venaient nettement de derrière le mur de brique, si
bien que Pierre dit aussitôt :


-
Attendez, je
crois savoir ou vous vous trouvez. C’est moi qui vais taper. Essayez de savoir
si vous êtes loin. Maintenant silence : Ecoutez.


-
Avec un bloc de ciment, Pierre frappa sur la
cloison en briques, et il entendit soudain crier.


-
Vous êtes là, vous êtes là, tout près. Je vous
entends bien, oh venez vite !!


-
Doucement, doucement. Je n’ai pas d’outil.
Qu’avez-vous auprès de vous. ?


-
Pas grand-chose, et surtout je ne peux pas me
déplacer


-
Quel objets
pouvez vous attraper ?


-
Des cailloux, une
petite barre de fer et un couverture de laine dont je me sers. J’ai très froid


-
Ah ! si j’avais votre barre de fer !
Mais attendez, avec mon couteau je vais essayer.


Le
couteau était en fin de compte plus solide, la lame plus épaisse, qu’il ne
l’avait jugé la veille et en moins d’une heure, Pierre parvint à retirer une brique, d’autres furent retirées
plus facilement et Pierre pénétra dans
la petite poche qui s’était formée lors des bombardements.


Il vit une jeune femme, les cheveux
collés sur le visage par des larmes, et qui tout à la fois geignait et criait
de bonheur.





-
Vous allez dégager mon pied, s’il vous plait, mon pied…


Son pied était coincé sous une petite dalle
de ciment. Il mit une heure pour dégager la jeune femme. Avec la tige de
métal, faisant levier, il coinçait une
pierre dessous pour que la dalle ne retombe pas, puis il recommençait
l’opération. Pierre était en sueur mais au bout d’une heure, la jeune femme
avec un cri de soulagement dégageait sa jambe.


-
Oh, merci,
Monsieur. Je m’appelle Anne Malonne


-
Pierre Traque.
Vous avez le pied dégagé, mais je ne vous cache pas que sur le plan général
notre situation n’est pas brillante.


-
Maintenant que
mon pied est dégagé et que nous sommes deux, nous nous en sortirons.


Pierre
pensa que cette jeune personne était bien optimiste, mais il ne jugea pas
opportun de lui démolir le moral


-
La question est
de savoir, s’il y a plus de possibilités de sortir de chez vous, que de chez
moi. Laissez moi regarder votre logement.


La poche dans laquelle se trouvait Anne
était plus petite que la sienne, et en dehors de la cloison en brique qui les
réunissait, tous les autres murs, sol, et plafond étaient en pierre.


Par ici, nous ne pourrons vraiment rien
faire. Venez « chez moi ». Peut être qu’à deux nous pourrions
tenter quelques chose du coté de la tôle


Anne mourait de soif et Pierre lui offrit la
fin de l’eau de la première chaussure.


-
Il va falloir
nous restreindre en eau. Nous ne savons pas combien de temps, nous allons
rester là.


Nous
allons essayer de voir s’il y a une possibilité de fuite par le haut. Vous
allez monter sur mes épaules, avec la barre fer. Vous verrez s’il y a une
possibilité de soulever la tôle. D’accord ?


-
D’accord, allons-
y.


Elle
enleva ses chaussures monta sur les épaules de Pierre qui se redressa. La tête
d’Anne venait contre la tôle, et en se servant de la barre de fer comme d’un
levier, elle parvint plus rapidement et plus facilement qu’elle ne l’avait craint à soulever la tôle, et même à la faire
glisser, de façon à dégager un passage qui serait suffisant pour qu’un corps
passe…….A condition d’accéder à cette hauteur.


-
Essayez de voir ce
qu’il y a au dessus, puis descendez pour reprendre des forces et nous allons
réfléchir


Quelques
secondes plus tard, Anne sautait des épaules de Pierre et par gestes lui fit
comprendre qu’elle devait reprendre son souffle avant de pouvoir parler.


-
Bon, voilà. Je
n’ai pas pu voir ce qu’il y avait au dessus, mais je crois que dans un premier
temps, je vais pouvoir m’accrocher au rebord, et si vous me poussez par les
pieds, je dois pouvoir monter et vous dire ce qu’il y a.


-
Dès que vous serez un peu reposée, nous
tenterons.


-
Ca va. J’ai
repris mon souffle, allons- y !





Anne n’eut pas beaucoup de difficultés
pour monter à l’étage supérieur, et elle disparut pendant que Pierre, impatient
lui demandait comment cela se présentait. Sans réponse, il commençait à se
faire sérieusement du mauvais sang, quand la tête d’Anne apparut au bord du
trou.


-
J’ai mis du temps
parce qu’il fallait que je trouve quelques chose pour que vous sortiez de là.
Je n’ai pas trouvé de corde, mais j’ai un chevron qui devrait pouvoir vous
servir. Attention, Pierre je vais le faire descendre.


.


Le chevron faisait 3 mètres de long et donc
était suffisamment long pour que Pierre, rompu aux exercices physiques, monte
facilement au premier étage. Il faisait beaucoup plus clair qu’en bas, d’où la
clarté ne pouvait venir que de l’un des bords de la tôle.


Là, ils se trouvaient sur un plancher de 8 ou 10 mètres carré, et une
fenêtre, dont tous les carreaux étaient cassés, permit aux deux jeunes gens de
voir la clarté du jour.


-
Bien dit Pierre.
Nous savons maintenant que nous pouvons sortir. Mais nous allons devoir être
prudents, puisque nous ne savons pas ce qui se passe à l’extérieur


-
Moi je sais, dit Anne.


-
Vous savez ? Qu’est ce que vous
savez. ?


-
Je sais qu’un accident est intervenu dans la
centrale atomique de Golfech. A vrai dire, je ne pense pas que ce soit vraiment
un accident. Cela a été provoqué.


J’étais
chez moi, il y a 4 ou 5 jours je ne sais plus, lorsque j’ai vu arriver mon
père. Mon père travaille à Golfech. C’est à peine si je l’ai reconnu. Il
mesurait plus de 2 mètres,
ses bras étaient devenus très courts, sa tête était toute petite et il avait du
mal à parler. Il est arrivé à me dire :


« Pars vite, le plus loin possible, nous
sommes plus de cent complètement transformés, moi j’en ai pour 3 ou 4 heures
pour être comme les autres, parce que j’étais à l’extérieur. Les autres sont
déjà fous, pars, pars vite, je peux moi-même te faire du mal, pars !!


Durant le peu de temps que je vis mon père,
sa métamorphose continuait. Il grandissait, sa tête rapetissait pendant que son
front se bombait. C’était horrible.


-
Je comprends
parfaitement ce qu’a du être votre état d’esprit. Il s’agirait donc d’un
accident survenu à la centrale de Golfech.


-
Non, je vous l’ai dit : Pas un accident.
Je suis persuadée qu’il y a une volonté mauvaise derrière tout ça.


-
Qu’est ce qui vous le fait penser ?


-
Les armes. La veille du jour, où mon père est
venu me dire de partir, alors que tout paraissait normal, mon père m’a
dit : C’est curieux, il y a une dizaine
de camions près de la centrale et j’ai pu entrevoir que dans l’un au moins, il
y avait des armes
.

D’ailleurs, Pierre,
pour provoquer tous ces dégâts, il fallait que des hommes devenus fous, aient à
leur disposition des armes puissantes.
( A suivre)
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MessageSujet: Re: LES MUTANTS   Dim 13 Fév - 12:13

Passionnant. Il y a mutation, mais du par quoi j'attends la suite, je sens que je vais beaucoup aimer.

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MessageSujet: Re: LES MUTANTS   Dim 13 Fév - 16:46

moi aussi ;)
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aristee
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MessageSujet: LES MUTANTS   Lun 14 Fév - 8:35

-
Votre raisonnement se tient. Mais quel est le
but poursuivi ? Si le déclenchement de cette affaire remonte à 4 ou 5
jours, comment expliquer que des forces armées n’aient pas déjà été envoyées
ici ?


-
Je l’ignore
évidemment. Mais vous qui n’étiez pas dans la région, pourquoi êtes vous venu ?
Que saviez vous ?


-
On savait qu’il se passait quelque chose, mais
personne ne se doutait que ce soit aussi grave. Tout se passe comme si
instantanément, aucun renseignement n’ait pu sortir de cette région. J’ai un
portable. A plusieurs reprises, au fond de mon trou, j’ai essayé d’appeler.
Rien. Tiens ! Au fait, c’est une idée, je vais aller près de la fenêtre et
encore essayer d’appeler. Ma batterie est encore bien chargée.


Pierre fit plusieurs numéros, mais
rien. Pas une seule sonnerie, et il revint vers Anne qui s’était assise,
sanglotait et tremblait de tout le corps.


En revenant près de la jeune fille il
lui dit :


-
Vous avez une
réaction, c’est tout à fait normal. Dans quelques minutes, vous verrez, tout
ira mieux. En premier lieu, il faut que je trouve de quoi manger. Vous
allez m’attendre ici. Surtout ne bougez
pas. Faites moi confiance, nous allons nous sortir de cette situation
cauchemardesque. J’en suis certain. Je reviens !!


Pierre
passa par la fenêtre qui normalement se trouvait au premier étage, mais qui du
fait de l’abondance de matériaux effondrés devant elle, ne se trouvait qu’à un
mètre en hauteur, et en marchant sur les matériaux en pente, il arriva sur
l’ancienne route sans difficulté.


Il marcha une centaine de mètres avant
d’arriver devant une maison un peu moins détruite que les autres. La porte
n’était pas fermée à clé, et si les murs et cloisons étaient fissurés, tout
semblait tenir encore debout.


Dans la cuisine il trouva une coupe avec 6
pommes. Il en croqua une immédiatement avec énormément de plaisir, en se
dirigeant vers le réfrigérateur qui, bien sûr n’était plus en état de marche,
mais contenait des bouteilles de bière, et quelques denrées encore consommables.


Rapidement, car il ne voulait pas laisser
Anne seule trop longtemps, il mit toutes les provisions qu’il pouvait, dans un
sac en plastique et revint vers elle.


Elle ne pleurait plus, était restée sur
place, et s’était endormie.


Pierre rangea quelques provisions, auprès
d’elle, ouvrit une bouteille de bière avec le décapsuleur de son couteau, but
et décida de laisser Anne dormir. « En se réveillant, elle trouvera des
provisions et aura à s’occuper » pensa-t-il. Quand à lui, il voulait aller
glaner quelques renseignements pour appréhender la situation.


Il venait de parcourir quelques mètres,
lorsqu’il entendit quelques voix. Immédiatement, il se cacha derrière un pan de
mur, et vit arriver 4 « mutants »


Il s’agissait bien d’être humains, mais ils
mesuraient environ 2 mètres
cinquante, les bras étaient réduits à une cinquantaine de centimètres, et la
tête, d’un volume également réduit avaient un front bombé.


Ils parlaient français, mais semblaient
avoir le vocabulaire d’un enfant de 4 ans. Tous les quatre étaient habillés de
la même façon, et les vêtements étaient parfaitement à leur taille, ce qui
semblait confirmer l’opinion d' Anne. Tout ce qui se passait, avait était
prévu, préparé. Il ne s’agissait pas d’un simple accident nucléaire.


Avec leurs grandes jambes, ces mutants se
déplaçaient assez rapidement et Pierre ne put entendre leur conversation que
durant quelques courtes secondes. Tous les 4 ou 5 mots, il était question d’un
certain Joseph : « Joseph a dit de rester ensemble»
« Joseph veut que l’on regarde bien »
« Joseph dit qu’il faut tuer
les petits » « Joseph va être content, j’en ai tué un »


Lorsque les mutants se furent éloignés
Pierre retourna vers Anne qui se réveilla quand il arriva.





-
Vous avez dormi
un peu, c’est bien. Maintenant mangez, vous verrez que cela ira encore mieux.
Je viens de voir des mutants. Ils sont assez curieux et ressemblent à ce que
vous m’aviez dit. Ils ont un chef, un dénommé Joseph, et je suis persuadé que
vous aviez raison. Il ne s’agit pas d’un simple accident nucléaire, mais d’un
plan préparé de longue date. Des vêtements à leur taille avaient été prévus.
Quand aux armes dont ils sont munis, je n’en avais jamais vu de pareilles.
Certes, je ne suis pas un spécialiste, mais pour en avoir vu un, tirer sur moi,
le jour de mon arrivée, j’ai tout lieu de penser qu’il s’agit d’une arme
analogue à des lances roquettes qui envoient des projectiles auto propulsés


Si les mutants sont grands, leurs
facultés intellectuelles sont atrophiées, et ils sont conditionnés pour tuer
les hommes qu’ils peuvent rencontrer et qu’ils appellent « les
petits ».


Quel but poursuit ce Joseph, et comment
pouvons nous en sortir vivants, cela je l’ignore pour l’instant, mais ayez
confiance : Nous trouverons.


-
Puisque vous êtes
venu en voiture, nous pouvons partir avec elle.


-
Malheureusement non. Tout d’abord, je n’ai
plus d’essence. Mais même si j’arrivais à en trouver (ce qui est certainement possible) une
automobile fait trop de bruit et ils nous repèreraient vite. Nous n’irions pas
loin. Vous avez vu la puissance de leurs armes, par les destructions
opérées ?


Je
crois que la meilleure solution, pour l’instant est de nous trouver une
cachette sûre, et je propose celle dans laquelle j’ai séjourné. Il suffirait de
trouver une petite échelle pour y entrer et en sortir facilement. Nous
tacherons de l’aménager avec deux matelas, des couvertures et nous
entreposerons de la nourriture. Lorsque cette base sera constituée, alors,
j’irai glaner le maximum de renseignements.


-
Pourquoi «
j’irai » ? Demanda Anne Et moi
alors ? Vous voulez que je reste dans ce trou à rat ? Non je veux
aussi chercher des renseignements. Nous aurons deux fois plus de chance d’en
rapporter, en nous y mettant à deux.


-
Nous verrons. Pour l’instant nous devons
aménager notre camp de base, et pour cela nous allons partir ensemble.


Pierre et Anne n’eurent pas à aller
loin pour trouver des matelas et des couvertures, qu’ils laissèrent tomber dans
leur trou. C’est Anne qui trouva un petit escabeau métallique ultra léger
largement suffisant pour descendre et remonter dans ce qu’ils appelèrent leur
camp de base.


Toute la population étant partie en
catastrophe en emportant le strict minimum, ils trouvèrent autant de provisions
qu’ils voulurent.


Ils avaient donc largement de quoi tenir
durant plusieurs semaines, si nécessaire.


Pierre décida de procéder à l’aménagement de
leur camp, et de partir le lendemain, avec le maximum de précautions pour
recueillir des renseignements.





Il partit le matin de bonne heure, alors
qu’Anne dormait encore. Sa paire de jumelle en bandoulière, il progressa lentement, sautant, de poste
protégé, en poste protégé des regards.


Il vit de petits groupes de mutants qui
semblaient s’amuser comme des enfants en tirant avec cette arme qui avait
surpris Pierre. La dimension de cette arme, était celle d’un pistolet
mitrailleur, mais le canon était d’un diamètre bien supérieur. Il ne tirait pas
de balles mais des roquettes autopropulsées et à charges creuses sans doute, ce
qui pouvait expliquer leur puissance de pénétration.


Il réussit à s’approcher suffisamment
d’un groupe, pour entendre leurs propos. L’un disait » Dans 10 minutes,
faut aller voir Joseph » C’est vrai, répondit un autre, et Pierre décida
de prendre des risques, pour essayer de voir enfin ce Monsieur Joseph.


Planqué dans les ruines, Pierre vit les
mutants passer devant lui. Ils se dirigeaient vers la place de Puymirol, ou
sans doute le rassemblement était prévu.


Par des petites rues intérieures il
arriva à proximité de la place et se cacha dans l’ancienne pharmacie qui très
abîmée offrait de nombreuses cachettes, avec ses pans de murs descendus


Il y avait entre 80 et 120 mutants,
bizarrement tous de la même taille, et habillés de la même façon


Un escabeau avait été installé au milieu
de la place, et un homme monta dessus pour haranguer la foule. Tous les yeux
étant tournés vers l’orateur, Pierre put s’installer derrière un murette et
regarder par-dessus sans risque de se faire repérer, car tous les regards
étaient tournés vers Joseph.


L’orateur, était le seul de l’assistance à
avoir conservé la morphologie d’un homme normal. Il parla comme s’il s’adressait à de très
jeunes enfants.


-
On s’est bien
amusé. On va encore faire joujou. Vous voulez bien ?


-
Oui, oui, oui,
crièrent les assistants, on va tuer, tuer, tuer !


-
Oui, mes amis on va tuer. Mais ici, il n’y a
plus de vivants. On va aller vers Toulouse. Tuez tous ceux que vous verrez, on
va bien s’amuser.


A
ce moment un autre homme normal que Pierre n’avait pas vu, vint près de
l’escabeau et dit à Joseph :
( A suivre)
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MessageSujet: Re: LES MUTANTS   Lun 14 Fév - 12:06

Ils veulent exterminer tout le monde, s'éparpiller de ville en ville.

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MessageSujet: Re: LES MUTANTS   Lun 14 Fév - 14:50


vivement demain !
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MessageSujet: LES MUTANTS   Mar 15 Fév - 8:56

-
Crois-tu que notre appareil de brouillage de toutes les ondes sera assez
puissant jusqu’à Toulouse. ? Il suffirait qu’un message passe pour que
toute l’armée soit jetée sur la région, et là, nous n’aurions plus le dessus.


-
Si je t’avais écouté, nous n’aurions jamais rien fait. Tu as toujours la
frousse. Mon appareil peut brouiller toutes les ondes jusqu’à 200 km à la ronde, alors, tu vois, nous avons de la marge,
Toulouse n’est qu’à 100 kilomètres.


Après cet aparté Joseph reprit :


Les 10 camions vont venir jusqu’ici. Nous
allons partir aussitôt.





Les camions arrivèrent peu après et les
mutants y montèrent en jacassant comme des enfants de l’école primaire.


Lorsque le dernier fut parti, Pierre
rejoignit en courant le camp, où Anne lui dit


-
Je m’étais donné
encore 5 minutes, après quoi, je partais à votre recherche.


-
Vous avez bien fait de ne pas bouger !


Et
il lui raconta tout ce qu’il avait vu et entendu.


-
C’est affreux,
Pierre ! Ils vont tuer, tuer encore, et nous ne pouvons rien faire !


-
Attendez !
Ce n’est pas sûr ! Certes il n’est pas question d’essayer d’envoyer un
message, puisqu’ils brouillent tout dans un rayon de 200 km d’ailleurs, je me demande
comment nous nous y prendrions)


En
revanche, puisqu’ils pensent qu’il n’y a plus un seul vivant ici et qu’ils sont
tous partis vers le sud, si nous trouvons de l’essence, nous pourrons partir
vers le nord, pour nous éloigner d’eux et aller chercher du secours..





Pierre et Anne partirent visiter toutes
les maisons, ou plus exactement tous les garages pas trop endommagés et c’est
Anne qui découvrit un jerrycan de 20 litres, ce qui était largement suffisant
pour aller jusqu’à Agen où ils trouveraient certainement des pompes à essence
abandonnées.


Ils trouvèrent en effet une station
d’essence qui avait été désertée en catastrophe, où ils firent le plein et
remplirent le jerrycan par précaution.


L‘autoroute vers Valence d’Agen était
entièrement labourée par des bombardements, en revanche, vers Bordeaux, si les
premiers kilomètres avaient été touchés, après la première sortie, il était
possible de rouler normalement, et Pierre décida de sortir à Marmande.


Arrivés à la gendarmerie, ils constatèrent
qu’il y avait une certaine effervescence, et ils purent voir immédiatement le
chef de Brigade.


Ce dernier avait recueilli quelques
témoignages de personnes qui s’étaient enfuient, mais tous pensaient qu’il
s’agissait d’un accident survenu à la centrale atomique de Golfech. Lorsqu’il
sut que c’était une attaque préparée minutieusement et que des mutants avaient
été crées dont le seul but était de tuer, il alerta immédiatement Bordeaux, et
dans les 5 minutes qui suivirent, Paris était au courant.


Le
ministère de la Défense
envoya aussitôt un avion pour que Pierre et Anne viennent faire une déposition
complète sur tout ce qu’ils avaient vu.


Les bases aériennes du sud- ouest furent
mises en état d’alerte, et des avions décollèrent immédiatement pour repérer le
convoi des 10 camions.


Le premier pilote qui les repéra au sud de
Montauban, eut le temps d’envoyer un message radio avant d’être abattu.


Des bombardiers prirent l’air très
rapidement et ordre leur fut donné de larguer leurs bombes à haute altitude
pour éviter d’être descendus avant d’avoir accompli leur mission.


Un quart d’heure après le début du
bombardement, des avions de reconnaissance purent survoler à basse altitude les
carcasses des camions. Il ne semblait pas y avoir de survivants.


Une compagnie de paras fut dropée sur la
zone, et la confirmation arriva rapidement. 108 mutants avaient trouvés la
mort, ainsi que deux hommes normaux, les chefs.





Les identités des deux chefs de cette
criminelle aventure furent assez rapidement connues. Il s’agissait de deux
ingénieurs atomistes, dont l’un, le chef suprême, avait présenté il y a
quelques années des troubles psychiatriques légers qui n’avaient pas été jugés
dangereux à l’époque.


Une abondante documentation a été trouvée à
son domicile qui est encore en cours
d’étude, mais l’on sait déjà en gros ce qui s’était passé.


Un matin, il avait rassemblé tout le
personnel présent pour leur annoncer qu’un petit accident venait de se
produire, dont les conséquences seraient nulles, à condition qu’un traitement
soit entamé immédiatement.


Il avait fait absorber à tout le personnel
un demi-verre d’un produit qu’il avait confectionné à base de glandes thyroïde
(glande de croissance responsable du nanisme et du gigantisme). Puis ils
avaient été enfermés dans un caisson que Joseph avait présenté comme étant de
décontamination, alors qu’au contraire, des doses minimes de radioactivité étaient
émises.


En quelques heures des modifications
physiques et mentales faisaient de ces hommes, des mutants, à la seule idée
fixe : Tuer, tuer.


Le père d’Anne, le premier, et sans doute
le seul, s’était rendu compte de l’entreprise criminelle et il était venu
prévenir sa fille avant qu’il ne soit trop tard.


Il est encore difficile de déterminer le
nombre de personnes qui ont été exécutées, car une grande partie de la
population était partie, et certains n’avaient pas encore signalé qu’ils
étaient sains et sauf. Mais le nombre de morts dépasse sans doute les 3000. il n’y a aucun survivant, dans la
zone, hors Puymirol, en dehors de Pierre et Anne.


Le but de Joseph, cet illuminé criminel,
était de se rendre maître de tout le sud ouest pour devenir Duc d’Aquitaine.
Projet fou, né dans un cerveau déréglé.


Le maire de Puymirol avait été prévenu par
le père d’Anne par téléphone après avoir fait fuir sa fille. Le maire procéda à
l’évacuation de la population, ce qui fit que si les dégâts matériels ont été
importants, il n’y eut pas de victime puymirolaise.


Durant une huitaine de jours, Pierre et
Anne furent les héros sollicités par les journaux, les radios, et les
télévisions.


Un immense plan de reconstruction est
étudié, pour la dizaine de villages qui ont été détruits par Joseph et sa
bande. Tout sera reconstruit avec les matériaux qui sont restés sur place, et
ces travaux devraient être terminés en deux ans. En attendant, le relogement
reste le problème n°1


Et comme l’Etat, dans cette circonstance
exceptionnelle, met vraiment des moyens exceptionnels à la disposition des
maires, tout devrait se dérouler dans les meilleures conditions.


Je sais que je vais en désoler quelques
uns, mais je me dois de ne dire que la vérité avérée. Non, Pierre et Anne ne se
marièrent pas ensemble, mais ils restèrent d’excellents amis.


Pour se changer les idées, après cette
période dramatique suivie de ces obligations médiatiques, ils sont partis une
quinzaine de jours en Grèce. Certains disent qu’à cette occasion…….mais je ne
me ferai pas l’écho de ces rumeurs. Il s’agit d’ailleurs d’un domaine qui ne
nous regarde pas. Non. !!!N’insistez pas ! . Le croustillant n’est
pas de mon domaine.





FIN
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MessageSujet: Re: LES MUTANTS   Mar 15 Fév - 12:20

Un projet fou dans un cerveau déréglé, malheureusement l'histoire en a connu. Très bien écrite ton histoire Aristee comme toujours c'est avec grand plaisir que je l'ai lu et je t'en remercie.

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MessageSujet: Re: LES MUTANTS   Mar 15 Fév - 17:22

Déjà fini, dommage ;)
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MessageSujet: Re: LES MUTANTS   

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LES MUTANTS
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