Le bateau ivre



 
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 LES AMOURS MORTES

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Anne
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MessageSujet: Re: LES AMOURS MORTES   Mer 16 Mar - 21:53

Me voici pour cette page de lecture, oui oui ou vont les personnages ?

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aristee
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MessageSujet: LES AMOURS MORTES   Jeu 17 Mar - 11:22

CHAPITRE 2


J’ai repris les cours du deuxième
trimestre, à peu près certain que je n’avais plus en Jacques un concurrent
sérieux, et je me remis à bucher dur, pour faire honneur à Agnès et obtenir
assez rapidement une situation brillante, toujours pour elle, car pour moi, je
n’était finalement pas tellement ambitieux.


Nous étions un petit groupe de 5 ou 6
étudiants, qui nous retrouvions pendant les moments de loisir. Dans nos moments
de détente, nous jouions au bridge, au ping-pong, et lorsque le temps était un
peu plus clément, nous allions dans « une campagne » dans les
garrigues, qui appartenait aux parents
d’un camarade. Nous emportions des choses faciles à cuisiner, et nous
alternions promenades dans un bois tout proche, et parties de pétanque.


Dans notre petite bande se trouvait toujours
Jeanne qui, depuis qu’elle faisait partie de notre groupe, restait le plus
possible à mes côtés, et continuait à se dire amoureuse de moi. Comme elle me
le répétait un peu trop souvent, je finis par lui dire que si mon cœur n’avait
pas été pris, elle aurait eu toutes ses chances, mais que malheureusement,
j’aimais une femme d’une façon totale et définitive.


Elle me répondit qu’elle saurait attendre,
car, elle en était certaine, un jour, nous formerions un couple, elle et moi.


Je lui laissais ses illusions.


Au cours d’un week-end champêtre, Jeanne
se débrouilla pour rester seule avec moi, et me dit que son amour se
contenterait de peu.


-
Je sais que tu aimes ailleurs me dit-elle, et que je ne pourrais rien attendre
de toi dans l’avenir immédiat, mais fais de moi ta maitresse, et tu m’apporteras
dès maintenant, un peu de bonheur. Tu vois, je me contenterai de peu, car mon
amour pour toi est total.


J’avoue avoir été ému par cette
déclaration, et, je lui ai répété à
plusieurs reprises, que l’occupante de mon cœur ne pourrait jamais en être
délogée, et qu’elle ne devait pas se faire d’illusion. Après avoir apporté ces
précisions, c’est avec la conscience tranquille, que je suis devenu son amant.


J’estimais que je n’enlevais rien à Agnès,
qui certainement avait du coucher avec son Jacques, et au contraire, je
rétablissais l’équilibre sans porter atteinte à mes sentiments pour elle. Et
puis, il faut bien le dire, Jeanne semblait si heureuse avec moi, que je
trouvais dans notre liaison des motifs de satisfaction. En somme, je faisais preuve
de miséricorde, de gentillesse, de bonté. Il n’aurait pas fallu me pousser
beaucoup pour me faire dire, que je lui faisais l’amour par charité….


D’ailleurs, puisque j’écris pour tout dire,
j’avoue qu’elle faisait bien l’amour et que ces petits arrangements avec ma
conscience, n’étaient, finalement, pas désagréables du tout.


Entre le travail, les quelques
distractions avec les copains, et mes occupations sexuelles, les journées
passaient à une allure fulgurante.


Déjà les congés de Pâques s’annonçaient. Je
continuais à appeler mes parents au téléphone chaque semaine, mais je n’osais
jamais leur parler de la dame du château, toujours pour le même motif :
Mon amour pour Agnès ne devait être connu que de nous deux.


Avant de quitter Aix pour rentrer chez
moi, Jeanne me conjura de l’appeler au téléphone chaque jour.


Je lui dis qu’il n’en était pas question,
et lui interdis d’essayer de me
téléphoner chez mes parents. Elle se mit à pleurer, je lui ai rappelé que je
n’avais pris aucun engagement avec elle, et nous nous sommes séparés fâchés.
D’un côté j’en étais soulagé, mais j’avais un petit, tout petit regret (????)
de perdre une maitresse, somme toute pas désagréable.


Arrivé chez mes parents, après avoir parlé
de choses et d’autres, ma mère, qui se révélait toujours porteuse de mauvaises
nouvelles, me dit qu’il y avait un nouveau monsieur au château, et que
« La Patronne », décidement, semblait vouloir rattraper le
temps perdu.


Je commençais à détester les vacances qui
débutaient toujours par une affreuse nouvelle.


Cette fois-ci, je n’attendis pas la
mercuriale paternelle sur la reconnaissance que je devais exprimer à « La
Patronne », à laquelle je devais, etc, etc, etc…….. et dès le lendemain je
me rendis au château, essentiellement pour évaluer le danger, que représentait
ce nouvel intrus.


Comme toujours, Agnès m’accueillit avec un
éclatant sourire, et fit claquer deux gros baisers sur mes joues. Elle semblait
très heureuse….Et pas seulement de me
voir, hélas !


Le nouveau, je dois le reconnaitre était
plus présentable que le premier. Il m’aurait même été sympathique s’il ne
s’était pas trouvé aux côtés d’Agnès.


De plus, comble de malheur, il avait un
nom plus en accord avec une comtesse : Yves de La Boissière. Ils étaient
du même milieu.


Agnès entreprit son questionnement rituel
sur mes études, mes distractions d’étudiant, et je répondais le plus brièvement
possible, toujours pour qu’elle sente bien que je n’étais pas heureux de parler
devant un étranger. Je ne lui parlais évidemment pas de Jeanne, et pour une
fois, elle ne me questionna pas sur mes éventuelles conquêtes, que mon physique
avantageux, selon elle, aurait pu me procurer.


Au cours de la conversation, j’appris
qu’Yves était là depuis une semaine, et malheureusement, il n’a pas été
question de son proche départ.


Ce squatter du coeur de ma belle, était
autrement beau et intelligent que ce pauvre Jacques. Il était donc très
dangereux. Lorsqu’il s’absenta pour aller chercher sa voiture confiée au
garagiste du coin, je profitais de l’occasion pour poser nettement la question.


-
Et celui-là,
l’aimez vous ?


-
Comment veux-tu
que je te réponde, Pierre ? Il n’est là que depuis huit jours.


-
Combien de temps
va-t-il rester ?


-
Mais enfin, te
rends-tu compte que tu me fais subir un interrogatoire ? Peux-tu me dire
de quoi je suis accusée ?


-
De m’être
infidèle.


-
Il serait temps
que tu réalises que tu n’es ni mon mari, ni mon amant, et que tu ne le seras
jamais. Vis ta vie, mon petit Pierre, et laisse-moi vivre la mienne.


-
Je vous le répète, je ne suis plus le petit
Pierre


Vous oubliez une chose, Agnès, c’est
que, si, comme vous le dîtes, vous vivez votre vie, c’est grâce à moi. Avant
moi, vous n’aviez pas d’amant et vous ne songiez pas à en prendre.


-
C’est juste. Mais je t’en ai remercié, que
puis-je faire de plus ?


-
Devenir ma femme.


Elle éclata d’un rire clair et sonore
qui me fit mal. Mal, au point que je dus m’asseoir. Je venais de comprendre que
tout espoir était perdu, et que mon amour ne pourrait jamais se concrétiser. Elle était loin, vraiment très
loin de considérer notre vie commune comme simplement imaginable.


Elle se rendit compte de mon émoi, et
s’excusa d’avoir ri. Des excuses ! Cela me faisait une belle jambe !



Prenant le contre pied de ce que
je pensais réellement, afin de sauver la face, je lui dis que la vérité, un
jour, serait évidente pour elle, c'est-à-dire que nous étions faits l’un pour
l’autre. J’insistais lourdement sur ma certitude, puis, je pris congé, en lui
promettant de venir lui dire au revoir avant de repartir à Aix.
(A SUIVRE)
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Anne
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MessageSujet: Re: LES AMOURS MORTES   Jeu 17 Mar - 13:51

Il y a une barrière qui est difficile à franchir, la société dans laquelle on navigue surtout chez ce genre de personnes. Pauvre Pierrot il est en train briser ses illusions. J'attends la suite, que nous réserves-tu Aristee ?

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MessageSujet: Re: LES AMOURS MORTES   Jeu 17 Mar - 15:40


Elle semble bien l'aimer, mais sans plus... Pour elle il sera toujours le petit garçon qu'elle a vu grandir mais me tromperais-je ?
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aristee
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MessageSujet: LES AMOURS MORTES   Ven 18 Mar - 9:09

En fait, bien avant de repartir je suis
revenu au château. Le prétexte, était que j’avais trouvé des morilles, et que
je tenais à lui faire gouter ce champignon de printemps, très prisé. La vraie raison, c’était que je
voulais constater s’il y avait une évolution dans les rapports entre Yves et
Agnès.


Pendant qu’Agnès portait les morilles à
la cuisine, Yves me dit, avec un sourire un peu ironique, qu’il me trouvait « aussi »,
très sympathique. Je compris, par cette réflexion et cette attitude, qu’Agnès
avait du lui parler de moi, et il savait donc que j’étais amoureux de sa
dulcinée.


Agnès ne se serait pas confiée à n’importe
qui, aussi, son pseudo compliment me fit très mal, car cela signifiait que leur
intimité était grande. J’en voulus à Agnès d’avoir parlé de ce qui devait
rester notre secret.


Quand Agnès revint, je pris aussitôt congé, me
promettant de ne pas revenir dire au revoir au couple. Cela me rendait malade
de les voir ensemble, vivre sous le même toit, et, peut être, (j’écris
« peut être », mais j’en étais sûr) dans la même chambre.


Décidement, je prends facilement des
décisions, mais il m’arrive très souvent, trop souvent, de ne pas les respecter.


Le surlendemain des morilles, le téléphone a
sonné. Ma mère qui avait décroché me dit que c’était pour moi.


Je pensais aussitôt que c’était Jeanne qui
malgré mon interdiction avait du trouver le numéro de téléphone de mes parents
dans l’annuaire, et je me préparais à la traiter vertement.


Ce n’était pas Jeanne, mais pour la
première fois, Agnès, qui me demandait de venir dîner le soir même pour
déguster les morilles, et elle ajouta que je pouvais venir sans réticence, car,
nous ne serions que deux au diner.


Cette femme, avait le don de faire alterner en
moi le chaud et le froid. J’espérais que c’était inconscient, et d’ailleurs je
le croyais car sinon, cela aurait signifié qu’elle était méchante. Or, Agnès,
mon Agnès, ne pouvait être méchante, et, oubliant ma résolution de ne pas
revenir au château, j’acceptais aussitôt.


Sans attendre les conseils habituels de mon père, je me fis très beau, persuadé
que ces vacances de Pâques allaient donner un tour important à ma vie, peut
être même le plus important. Cette invitation inattendue, me permettait les
rêves les plus fous.


Agnès ne perdait jamais de temps à se
faire belle, elle l’était toujours, naturellement, de visage, de corps et
d’habillement.


J’ai eu droit à mon arrivée à un sourire
encore plus éclatant que d’habitude, ce que je considérais comme d’heureux
auspices, pour la conversation que nous allions avoir.


Une fois attablés, elle me dit qu’Yves
était parti, ou, pour être plus exacte, que c’était elle qui lui avait demandé
de partir. Il aurait eu des paroles malheureuses à mon égard, et elle ne les
avait pas appréciées.


Il y avait là une double raison de me réjouir.
Il était parti, et c’était elle qui l’avait banni, pour raison de lèse-Pierre.


L’entrée en matière était merveilleuse et
j’attendais la suite logique, qui ne pouvait être que : C’est toi que
j’aime Pierre, je veux vivre avec toi.


Mon attente fut déçue, car, bien qu’ayant
pris ma défense, les sentiments d’Agnès à mon égard, n’avaient pas évolué d’un
iota. Elle acceptait et même semblait gouter l’hommage de mon amour, mais
persistait à dire, que son âge avancé, ne lui permettait pas d’envisager un
avenir commun avec moi.


Vous avez bien lu. Elle a bel et bien employé
l’expression « d’âge avancé »


Je la pris rageusement par le poignet, et
l’entrainais devant la grande glace qui se trouvait dans le couloir, pour
permettre aux visiteurs, un dernier coup d’œil sur leur tenue.


Arrivés devant la glace, je lui dis :


-
Essayez au moins
une fois dans votre vie, d’être objective. Osez dire que nous n’avons pas des
physiques qui s’accordent parfaitement. Osez le dire !!


Elle
jeta un rapide coup d’œil à la glace, puis se retournant vers moi, elle me
dit :


-
Pierre, tu n’as
pas vingt ans, je vais en avoir quarante. Le double de ton âge.


-
Et alors ? Quand j’aurai quarante ans,
vous n’en aurez que soixante, il n’y
aura plus qu’un tiers de différence!


-
Et quand j’aurai
cent ans, tu en auras quatre vingt, il n’y aura plus qu’un cinquième de
différence ! Alors reviens me voir à ce moment là, et je réfléchirai, me
répondit- elle en riant.


-
Bon, laissons ces
calculs idiots de côté et revenons au présent. Regardez-nous dans la glace.
Avez-vous une ride sur votre visage ? Non. Voyez vous un seul petit défaut
à votre corps parfait, à votre taille fine, à votre souplesse, alors que moi,
je suis déjà un peu lourd, je viens de le constater. Voulez vous que je vous
dise ce que je pense ? Vous le voulez vraiment ? Hé bien, en vérité, vous
estimez que je ne suis pas assez bien pour vous. Si je ne me trompe pas, alors,
dîtes le franchement, mais arrêtez de vous abriter derrière la fausse excuse de
votre âge !


Elle me regarda avec une grande tendresse et
répondit.


-
Vois-tu, si
j’étais une jeune étudiante comme il doit y en avoir pas mal autour de toi, je
me battrais pour avoir tes faveurs. Tu es un garçon remarquable. Alors arrête
de dire des bêtises.


Ecoute ! Si dans une autre vie, nous
avons la chance de ressusciter au même moment, alors, nous ferons notre
nouvelle vie ensemble, ajouta-t-elle en riant.


-
C’est très
gentil, mais pour l’instant, c’est dans cette vie que nous sommes vous et moi.
Je vous en conjure, réfléchissez, Agnès ! Est-ce du « quand dira-ton »
que vous avez peur ?


-
Tu sais bien que non. J’ai reçu ici d’autres
hommes sans me soucier de ce que les habitants aux alentours, pouvaient en penser.


-
J’étais parmi les habitants aux alentours, et
je n’en pensais, je n’en pense toujours, que du mal.


Madame la Comtesse se mit alors en
colère.


-
En voilà assez avec tes enfantillages !! Si tu ne
peux pas murir un peu, devenir raisonnable, je préfère que tu t’en
ailles !


Je la regardais un long moment, et
comme je sentais que des larmes me montaient aux yeux, je ne voulais pas lui en
donner le spectacle. Je me suis retourné rapidement, pour sortir sans la
regarder, ni ajouter un mot.


Je ne pouvais pas entrer à la maison dans
cet état, aussi, je décidais de retourner dans la borie où nous étions venus
nous abriter, il y a bien longtemps, Agnès et moi, et où j’avais vécu des
instants merveilleux.


Personne n’y était revenu depuis notre
passage, la paille sur laquelle Agnès et moi nous nous étions étendus et
embrassés, gardait la marque de nos corps, et n’avait pas reçu d’autres visites.
Je m’y allongeais, et seul, donc sans honte, je laissais couler mes larmes.
( A suivre)
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MessageSujet: Re: LES AMOURS MORTES   Ven 18 Mar - 14:27

C'est bien une histoire d'amour morte, il n'y a pas d'espoir elle semé dans un coin de son cerveau une petite graine" si j'avais été une étudiante je me serais battu pour avoir tes faveurs.

Je me demande Aristee si ce n'est pas la que tu nous emmènes, il enterre ses illusions et découvre une jeune fille qui elle se bat pour lui plaire.

Nous avons tous connus un jour ce genre de deuil, amour platonique premiers émois et avec le recul la chute était nécessaire pour nous permettre de sortir de l'enfance et grandir.

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aristee
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MessageSujet: LES AMOURS MORTES   Sam 19 Mar - 8:28

CHAPITRE 3














Je ne suis pas retourné au château
avant mon départ pour Aix, afin d'entamer le troisième trimestre.


C’est avec plaisir que je retrouvais mes
camarades étudiants, avec lesquels je pouvais oublier quelques instants mes
déboires amoureux.


Jeanne et moi, nous nous étions quittés en
mauvais terme avant les congés de Pâques, et de fait, durant la première
quinzaine, elle ne vint pas s’intégrer à notre petite bande. C’est tout juste
si, à deux reprises, je l’aperçus au restaurant universitaire.


Je
savais qu’elle m’avait vu aussi, mais, ostensiblement, elle avait tourné la
tête de l’autre côté pour bien marquer qu’elle ne désirait pas discuter avec
moi. En fait, cela ne me touchait pas énormément, car, si ma raison pouvait me
crier qu’il n’y aurait jamais un amour abouti entre Agnès


et moi, la raison n’est pas ce qui règle
l’amour, et je continuais à sentir que personne ne pourrait prendre la place
qui lui était réservée en moi, à tout
jamais.


Au
bout de ce trimestre, il y avait l’examen de première année, et comme toujours
depuis le début de mes études, je travaillais très sérieusement. Tout bêtement,
malgré la raison qui me disait que c’était inutile, c’était encore pour Agnès
que je voulais réussir.


A la réflexion ce n’était pas si bête que
cela, car j’avais pu remarquer qu’Agnès n’était pas insensible aux têtes bien
pleines, l’exemple de ce pauvre Jacques, qui n’avait que cela à son actif,
était là pour le prouver. Alors, s’il y avait peut être une petite chance pour que
ma réussite sociale, l’amène un jour, à réviser son attitude envers moi, il ne
fallait pas que je la gâche.


Elle m’appelait souvent Petit Pierre, mais le
pourra-t-elle encore lorsque je serai un avocat renommé ? A condition de
ne pas compter le temps, j’avais encore une chance de la conquérir.


Nous étions rentrés depuis une quinzaine
de jours, lorsqu’un camarade vint frapper à la porte de ma chambre pour me
remettre une enveloppe portant un seul mot : Pierre.


La lettre qu’elle contenait, écrite par
Jeanne, était courte.


Mon Pierre



J’ai droit à ce possessif, puisque tu es en moi à tout jamais. Je sais
que tu aimes ailleurs. Tu n’as rien voulu me dire au sujet de cette femme, mais
j’ai une certitude : Jamais, tu m’entends bien, jamais, elle ne sera liée
à toi comme je le suis. Je sais que je ne suis pas parfaite, mais, de ton côté,
tu dois savoir qu’aucun effort de ma part ne serait trop difficile pour que je
devienne telle que tu me souhaiterais.




Pour l’instant, je n’ai qu’une prière à t’adresser : Ne perdons
jamais contact, toi et moi, durant toute notre vie. Je suis persuadée qu’un
jour nous vivrons ensemble et nous serons heureux.




Je ne vais pas te dire « je t’aime ». Ce serait banal et ne
signifierait pas grand-chose, tant cette expression a été galvaudée.




Tu es en moi.



Jeanne





J’avoue
que cette lettre m’a fortement remué, et ce pour la simple raison, que j’aurais
pu l’écrire moi-même à Agnès.


J’étais touché, c’est vrai, mais pour être
tout à fait franc, j’ai aussi été un peu vexé.


J’étais persuadé, jusqu’à ce jour que mon
amour pour Agnès était unique, ne pouvait être comparé à nul autre, et cette
lettre me faisait découvrir que d’autres pouvaient ressentir la même chose.
D’autres, avaient la certitude, que leur sentiment avait une puissance telle,
que le temps ne pouvait que jouer en sa faveur.


Je ne sais si je l’ai dit, mais, si je
logeais à la cité universitaire, les parents de Jeanne, assez aisés sans doute,
lui avaient loué une chambre en ville, où nous nous retrouvions au temps de
notre liaison.


Par l’intermédiaire du même camarade
qui m’avait apporté la lettre de Jeanne, je répondis le lendemain, ce petit
billet très court :


Jeanne


« Sauf contrordre de ta part, je
viendrai chez toi Dimanche au début de l’après midi. Je ne veux pas te donner
de faux espoirs, mais nous avons à parler ».



Pierre


Lorsque je suis arrivé chez elle, elle m’a
sauté dans les bras, et m’a dit : Nous parlerons après, viens !


Nous avons fait l’amour, après quoi,
allongés, nus, l’un à côté de l’autre, je me suis appliqué, en étant le moins
possible blessant, à lui dire que nous pouvions continuer à avoir des relations
sexuelles, mais que je ne pouvais pas lui donner le moindre espoir dans un
avenir commun.


-
Ce que tu ressens
pour moi, je le ressens pour une autre, tu dois donc bien me comprendre.


-
Non Pierre ;
me répondit-elle avec une certaine logique, mes sentiments sont plus puissants que les tiens, puisque tu peux
faire l’amour avec d’autres femmes, comme moi en particulier, alors que je serai
absolument incapable de coucher avec un autre homme que toi.


Elle venait de marquer un point
important et je ne pus que lui répondre d’une façon grandiloquente, un peu
ridicule, je le confesse :


-
Je te donne mon corps,
mais mon cœur appartient à une autre.


-
Si tu deviens
avocat, tu ne gagneras pas toutes tes causes me dit-elle en souriant. Tes
arguments sont spécieux.


Pendant tout le trimestre, Jeanne et
moi nous nous sommes retrouvés chez elle, deux ou trois fois par semaine. Je
travaillais dur en vu de mon examen, et chaque semaine, je passais mon coup de
fil à mes parents. Nous parlions de choses et d’autres, mais ni mon père, ni ma
mère, ni moi-même, à aucun moment, n’avons parlé de l’occupante du château.


La veille du début de mes examens, j’ai
reçu un télégramme, ou plus exactement le contenu d’un télégramme m’a été
téléphoné à la cité universitaire. Il émanait d’Agnès. Il n’y avait qu’elle
pour utiliser ce mode de correspondance désuet.


Pense à toi pour ton examen. Mais ne
suis pas inquiète. Je t’embrasse. Agnès.



C’était à peu près ce que ma mère aurait pu
m’envoyer, et loin de me faire plaisir, cela me mis en colère. Décidement,
j’étais toujours pour elle « Le petit Pierre »


Comme pour mon bac, je me sortis de mon
examen avec la mention bien. J’avais espéré la mention au dessus, mais ma
déception fut de courte durée.


Dégagé de mes préoccupations
universitaires, mes pensées se sont tout de suite tournées vers Agnès.
Allais-je la trouver seule ? D’autres hommes sont ils venus au château
depuis Pâques ?


Par ailleurs, Jeanne me suppliait de
rester en contact pendant les grandes vacances. Je ne voulais pas qu’elle vienne
interférer dans mes rapports avec Agnès, mais devant son insistance, je finis
par accepter qu’elle me téléphone les 1er et 15 de chaque mois.


Le soir de mon oral, je suis allé chez
Jeanne, avec une bouteille de champagne Elle avait également réussi à son
examen, de justesse, mais pour elle, c’était suffisant. Elle m’expliqua :


-
Pour moi, me
dit-elle, l’important était de passer en seconde année, pour que je puisse être
à tes côtés dans les amphithéâtres. Je n’ai pas d’autre ambition que d’être proche
et aimée par toi.


Je
n’ai pas répondu, Nous sommes allés faire l’amour, et je dois bien reconnaitre
que la ferveur qu’elle mettait à m’aimer n’avait pu me laisser indifférent.
Nous avons bu notre bouteille de champagne, et le lendemain, après être passé
prendre mes affaires à la cité universitaires, elle tint absolument à
m’accompagner à la gare.


Quand je me suis retrouvé dans mon
compartiment, pendant que le train roulait, toutes mes pensées se projetaient
sur ces grandes vacances durant lesquelles, je l’espérais, Agnès allait se
rendre compte que j’étais digne d’elle. En particulier, je pesais le pour et le
contre d’un problème. Devais-je ou non, parler à Agnès de ma liaison avec
Jeanne ?


D’un côté, je penchais pour le oui. Si,
elle me sentait moins attaché à elle, peut être serait-elle amenée à réfléchir,
et, jalouse, ne voudrait pas me perdre.


D’un autre côté, pour le non, il y avait le
risque qu’elle pense : Ouf ! Le voilà casé ! Je vais avoir la
paix de ce côté-là !


Ce
risque était trop effroyable et après avoir balancé, je décidais de ne pas lui
parler de Jeanne. Au moins pour le moment.


Lors de mes deux précédentes vacances, en
arrivant chez moi, ma mère m’avait appris qu’un homme se trouvait au château,
avec lequel « Madame la Patronne semblait bien s’entendre ».


Qu’allait-il en être cette fois ? Je
me dis que les deux premiers ayant été congédiés, un troisième ne serait pas
plus dangereux. Il partirait lui aussi, comme les autres, alors que moi, je serai
toujours là. Je me demandais même, si mon intérêt ne serait pas qu’elle fasse
plusieurs expériences, pour comprendre
enfin, que je suis l’homme de sa vie.




( A suivre)












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MessageSujet: Re: LES AMOURS MORTES   Sam 19 Mar - 9:23


Il se regarde un peu le nombril ce jeune homme... Apaiser ses besoins sexuels avec Jeanne, tout en pensant à Agnès... Pas joli joli mais bon...
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MessageSujet: Re: LES AMOURS MORTES   Sam 19 Mar - 12:24

Oui pas terrible et très égoïste. Puis il ne doute de rien.

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MessageSujet: LES AMOURS MORTES   Dim 20 Mar - 8:40

CHAPITRE 4







Lorsque
ma mère, peu après mon arrivée, me dit « qu’un nouvel homme était au
château » je n’en ai pas été surpris. Pas surpris, mais inquiet quand même,
et je décidais d’aller chez Agnès dés le lendemain, pour voir le nouvel élu, et
mesurer son degré de dangerosité.


Mon père et ma mère, d’une façon tout à fait
exceptionnelle, avaient acheté une bouteille de champagne, pour fêter « le
juriste qui avait encore décroché une mention ».


Ma mère me dit que la veille, Agnès avait
téléphoné pour connaitre le résultat de mon examen. Elle avait semblé très
satisfaite de ma mention.


Mes parents étaient follement heureux. C’est
donc qu’ils avaient envisagé mon échec comme possible Pour moi cela ne
m’avait pas effleuré l’esprit, puisque je travaillais pour Agnès. Seul le
niveau de la mention posait problème. J’ai été peiné et vexé qu’ils aient pu
douter de moi.


En tout cas, cet examen était la chose la plus
importante pour eux, et ils étaient certainement plus heureux que moi, puisqu’en
ce qui me concerne, ma réussite universitaire n’était qu’au deuxième rang de
mes préoccupations.


C’était maintenant que j’allais aborder
mon problème, de loin, le plus important. L’amour de ma vie.


Je
me rendis donc au château le lendemain en début d’après midi. Ma rencontre avec
Agnès, fut presque le coller- copier des deux premières visites de fin de
trimestre. Elle était dans le salon, et, cette fois, se précipita sur moi pour
m’embrasser et me féliciter. Il y avait encore un nouveau prétendant avec elle.
C’était un homme nouveau, et je rageais en pensant que c’était moi qui lui
avais donné le goût de cette succession de prétendants.


Elle me le présenta : Tanguy
d’Estienne.


Décidement elle aimait les particules.
Il faudrait que je me renseigne sur les démarches à accomplir pour en acquérir
une.


Comme chaque fois, il fallut que je raconte ma
vie estudiantine à Aix, bien que d’un trimestre sur l’autre, il ne se soit rien
passé de bien nouveau. Elle arriva comme toujours sur des questions concernant
les jeunes étudiantes. Elle voulait savoir s’il n’y en avait pas une, qui avait
retenu enfin mon attention. Cette question la préoccupait donc, je le
constatais avec plaisir.


Je lui répondis, que pour obtenir une mention « Bien »
à un examen, il fallait s’astreindre à un gros travail, qui ne laissait pas
beaucoup de temps pour d’autres activités ou préoccupations. Elle sembla se
contenter de cette réponse, qui n’en était pourtant pas vraiment une.


Le Tanguy, qui je dois le dire, ne m’était pas
très sympathique, avait suivi notre discussion sans dire un mot jusque là, mais
éprouva le besoin d’ajouter son grain de sel.


-
Personnellement,
j’ai eu des mentions Bien et Très Bien durant mes études supérieures de
philosophie, mais à mon époque, nous prenions tout de même un peu de temps pour
nos amours.


C’était cela, la vie d’étudiant. Les
choses se sont donc tellement modifiées ?


Ce type m’énervait, et pas seulement
par ses réflexions débiles. Sa présence auprès d’Agnès m’agaçait
prodigieusement.


-
Vous savez, monsieur,
nous n’avons pas fait les mêmes études. En droit les matières sont nombreuses
et abondantes. Il faut donc beaucoup travailler, pour acquérir des
connaissances Alors qu’en philo, il
suffit de savoir un peu baratiner et d’émettre des idées générales qui
ne peuvent être contestées, puisque leur réalité ne peut être établie.


-
Vos notions en philosophie sont un peu légères,
jeune homme.


Ce « jeune homme » me mit
en rage, et j’eus toutes les peines du monde pour ne pas lui flanquer la raclée
qu’il méritait. Je me contentais de lui répondre :


-
Comme les mœurs de votre temps sans
doute !


Agnès intervint en souriant.


-
Allons, allons
messieurs, cessez votre joute oratoire. Chacun dans votre genre, vous êtes des
hommes remarquables, et si vous pensiez à me faire plaisir, j’aimerais que vous
vous entendiez bien. Est-ce trop vous demander ?


« Des hommes
remarquables » Elle venait de nous remettre à égalité, et j’en étais très
heureux.


-
Mais non, chère Agnès,
lui répondit Tanguy, pour moi, ce n’est pas trop demander puisque votre jeune
protégé m’est très sympathique.


« Chère Agnès » !! Je t’en
ficherai !! et puis, il insistait ce crétin, avec son « jeune
protégé ». Je ne pouvais rendre les armes aussi facilement.


-
Ne craignez rien Agnès répondis-je, votre tout
nouveau soupirant, me semble aussi être l’un des plus sympathiques de la bande.



J’avais les nerfs en boule, et
lorsqu’Agnès reprit :


-
Vous êtes
ridicules tous les deux. On dirait un combat de coqs !


-
Vous avez raison, c’est à peu près ça, lui dis-je en me
dirigeant vers la porte, un combat de coqs, pour une poule.


Je sortis précipitamment, et je n’avais
pas fait dix pas, quand je réalisais combien j’avais été ridicule, offensant, injurieux,
et que je venais sans aucun doute de perdre toutes mes chances de conquérir la
femme que j’aime.


Je me suis demandé si je devais retourner
pour présenter des excuses immédiatement. Cependant, il aurait fallu pour cela
qu’elle soit seule. Ce n’était certainement
pas en présence de Tanguy, que j’allais m’humilier en demandant pardon, et je
suis rentré à la maison.


Cette fois, je pensais que tout était
terminé. J’avais traité de poule, ma bien- aimée, et elle ne parviendrait
certainement pas à me le pardonner. J’avais été terriblement insultant, et
c’était inadmissible de ma part.


J’essayais de me trouver des excuses, car
si elle était responsable, cela aurait pu me permettre de me détacher un peu
d’elle. Mais ma tentative était dérisoire, il était évident qu’Agnès restait accrochée dans mon
coeur, et je ne pourrais jamais m’en détacher, me libérer.


Le 14 Juillet, avec mes parents, nous
sommes allés en badauds voir le feu d’artifice. Madame la comtesse faisait
l’honneur d’y assister. Elle était seule. Pas trace de Tanguy. Il avait du terminer
sa petite vacation. A qui le tour ?


Agnès nous aperçut. Je la vis hésiter
puis elle vint vers nous, mais c’est à mon père qu’elle s’adressa.


Elle voulait savoir s’il avait prévu la
commande des abricotiers pour le prochain verger. Il lui répondit qu’il était
encore trop tôt, mais qu’il ne perdait pas de vue cette commande.


Après avoir embrassé ma mère, elle me fit un
petit signe de tête poli et s’éloigna. Cette femme avait une démarche merveilleuse,
et son corps parfait m’attirait avec une puissance plus que jamais ressentie.


Ne serait-ce en définitive qu’un


simple désir sexuel que j’éprouvais pour
elle ? Je me posais la question, mais je savais qu’il n’en était rien.
Tout, en elle, me plaisait, et je lui vouais toute mon âme.


Le 15 Juillet, Jeanne n’oublia pas l’autorisation
que je lui avais accordée de m’appeler 2 fois pas mois. Elle me parla assez peu
de ses propres vacances, en revanche, elle voulait tout savoir sur ce que je faisais,
c’est tout juste si je ne devais pas faire un rapport fidèle, concernant toutes
mes activités, heure par heure.


En
fait, je compris très vite, qu’elle voulait savoir, si, et quand, je voyais celle
que j’aimais. Je pris un malin plaisir, à ne même pas faire une allusion à celle
qui occupait toutes mes pensées.


La conversation durait depuis plus d’une heure,
lorsque je dus prendre le prétexte d’un rendez vous au tennis avec un Paul que
je venais d’inventer, pour mettre fin à notre communication.


On ne peut pas détester une personne qui vous
aime à ce point, mais il faut avouer qu’elle était un peu crampon, ma gentille et
jolie maitresse !


Une nouvelle semaine s’écoula, lorsque
je reçus un coup de fil d’Agnès. C’était la deuxième fois qu’elle me
téléphonait, et j’avoue que ma vanité en fut chatouillée, car elle me dit
qu’elle voulait me voir, et m’invitait à dîner pour le lendemain.


Je crois que je parvins à lui répondre
assez froidement, pendant notre courte conversation, sauf à la fin, où il me
fut impossible de me retenir, et je lui dis : « Je vous aime »,
ce à quoi elle répondit simplement : « Je sais », avant de
raccrocher.


J’avais voulu me montrer détaché, c’était
raté, je n’avais pas pu lui cacher mes sentiments. En revanche, par son « Je
sais » elle ne s’engageait pas personnellement sur ses sentiments.


Mais à la réflexion, je me dis que si c’était
elle et non pas moi qui avais appelé, cela devait avoir une signification,
non ? Et j’en ai été rasséréné.


Le lendemain, il faisait une chaleur
lourde, étouffante, et en passant devant la glace dans l’entrée, je vis que
j’étais très élégant, avec mes vêtements clairs, très légers, et mon allure
sportive.


C’est sans doute ce que pensa aussi Agnès
en me voyant car elle me dit : Que tu es élégant ! Dommage que tu le
sois beaucoup moins, dans les termes que tu utilises parfois.


Evidemment, je devais m’y attendre, elle
allait me parler de mon accusation de « poule ».


Je ne me trompais pas car elle reprit non
sans humour :


- Oui,
décidement, tu es très élégant, et tu as l’œil dominateur d’un bon petit coq.


-Bon,
d’accord, Agnès, je vous présente mes excuses. Mais c’est vous qui avez parlé de coq, et par association,
j’ai voulu faire un jeu de mot.


-
Une association ? Avec quoi ? Entre le coq et la poule, ou avec le
fait que plusieurs hommes sont venus ici ?


-
Je vous l’ai dit. Dans la forme, j’ai voulu faire un mot d’esprit, mais je
l’avoue, dans le fond j’exprimais ma
tristesse de voir un défilé de….concurrents.


- Ce ne sont pas des concurrents pour toi,
tu le sais bien. Je cherche un compagnon, alors que toi, tu es complètements à
part.


-
Je ne veux pas être à part ! Sauf si c’est pour être votre mari. Sinon, considérez-moi
comme les autres. Tenez ! Faites de moi votre amant, et ensuite, si vous
le désirez, vous pourrez agir comme vous l’avait fait avec les autres :
jetez moi.
( A suivre)
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MessageSujet: Re: LES AMOURS MORTES   Dim 20 Mar - 18:36

Au moins c'est dit les mots se disent j'attends l'évolution de l'histoire...

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MessageSujet: LES AMOURS MORTES   Lun 21 Mar - 8:33

-
Tu n’as donc pour moi qu’une attirance physique ?


-
Vous connaissez parfaitement la réponse à cette question, mais si notre entente
physique est excellente, peut être vos propres sentiments évolueront-ils ? C’est ma
dernière chance, ne me la refusez pas.


Le cœur battant, je la vis hésiter
longuement, puis elle prononça ces mots, auxquels je ne croyais pas vraiment.


-
Trouve un prétexte
pour tes parents qui ne doivent rien savoir, j’y tiens absolument, et viens
dîner demain soir, tu repartiras après demain.


J’ai
failli hurler mon plaisir, mais je me contentais de me lever de table et de
venir, presque chastement, l’embrasser sur les lèvres, afin qu’elle se rende
compte que ma joie n’avait pas sa source dans des perspectives sexuelles, mais
qu’elle était d’une toute autre nature.


Lorsque je suis revenu chez mes parents,
mon premier souci a été de téléphoner à Jean, l’un de mes camarades de Fac qui
habitait à Orange. J’ai eu la chance de l’avoir directement.


Je lui
dis, que théoriquement je serais chez lui demain après midi, que je
passerais, toujours théoriquement, la nuit chez lui, et reviendrai chez mes parents après- demain en
début d’après midi.


Je lui précisais qu’il y avait peu de
chance que mes parents téléphonent, mais que c’était une précaution que je
prenais, pour le cas où ils auraient besoin de me joindre.


Si, contre toute attente, ils téléphonaient,
je lui demandais de se faire passer pour
son père, et de dire que nous étions absents tous les deux.


Jean me dit que je n’avais pas de mauvais
sang à me faire, qu’il était seul chez lui en ce moment et qu’il saurait
éventuellement jouer la comédie. Puis, comme c’était un garçon pratique, il
ajouta que ce qu’il faisait, était à
charge de revanche, bien entendu.





Dès lors, je n’eus plus qu’à attendre, mais
chaque heure durait des siècles.


Comme, pour mes parents, j’étais censé
aller chez mon copain, à Orange, à trente kilomètres, à bicyclette, j’ai donc
enfourché mon vélo dès quinze heures.


Comme il me restait beaucoup de temps
avant d’aller au château, j’avais pris
la décision de passer ce temps dans « notre » borie, qui, pour moi,
était chargée d’un symbolisme puissant.


Après avoir soigneusement enlevé mes vêtements,
pour ne pas les froisser (Je me fis en riant la réflexion que ce déshabillage, n’était
qu’une répétition avant la véritable entrée en scène, du soir), je m’étendis
sur la paille, et me mis à rêver tout éveillé à ce que pourrait être notre vie
future.


Tout
d’abord, sur le plan professionnel, j’avais pris la ferme décision de devenir
avocat. Mes études de droit m’y conduisaient tout naturellement.


J’y
parviendrai aisément, mais de là à devenir un avocat célèbre, c’était une autre
paire de manches, mais comme j’étais dans le domaine du rêve, je me voyais très
bien, partir plaider aux quatre coins de la France, et même à l’étranger. J’étais
parfaitement décidé à tout faire pour atteindre ce but, et de faire honneur à Agnès.


Nous habiterons bien sûr au château, ne
serait-ce que pour ne pas dépayser Agnès, et je décidais que nous aurions un
enfant, un seul, de sexe féminin de préférence, afin qu’il ressemble le plus
possible à sa merveilleuse mère.


Bercé par ces rêves agréables, le temps
passa finalement assez rapidement. Je m’habillais avec soin, et utilisais une
petite glace que j’avais apportée pour vérifier la bonne tenue de ma coiffure.


Comme j’étais encore en avance, je
décidais de laisser ma bicyclette dans la bergerie, et partis à pied jusqu’au
château, en faisant un grand détour pour être certain de ne pas rencontrer
quelqu’un de connaissance.


Agnès m’attendais, pareille à elle-même,
élégante avec simplicité, fraiche, souriante. Elle ne semblait pas
particulièrement émue, alors que moi….


Quand elle vint vers moi, au lieu de
m’embrasser sur les joues, comme d’habitude, elle m’offrit ses lèvres, et le
feu s’alluma en moi.


-
Tu es en avance,
me dit-elle, en me prenant pas la main, nous dînerons plus tard, et elle
m’emmena vers sa chambre. Tout habillés, nous sommes tombés sur le lit,
enlacés. Nous nous embrassions, nous nous caressions et ce ne fut certainement
qu’après pas mal de temps, que nous nous sommes retrouvés nus.


Il y avait si longtemps que je rêvais
de tenir cette femme dans mes bras, que la première fois, j’ai été brutal, je le
reconnais et m’en suis excusé. Mais elle a bien voulu me dire qu’elle avait
beaucoup apprécié notre ….prestation.





Nous avons fait l’amour plusieurs fois, et
(Prenais-je mes désirs pour des réalités ?), il me semblait qu’une
connivence, une grande tendresse, de plus en plus, participait à nos ébats.


En ce qui me concerne, j’étais très
partagé. D’un côté, j’avais été follement heureux de posséder celle qui était
depuis toujours, pour moi, une déesse inaccessible. Mais déjà, je me
préoccupais de la suite. J’avais voulu être son amant, elle l’avait accepté, mais
maintenant, qu’allait-il se passer ?


Trois hypothèses, me semblaient pouvoir être envisagées.


Peut être, voudra-t-elle me rester désormais
fidèle, vivre avec moi, ce que mon amour exclusif avait toujours considéré
comme le seul dénouement acceptable.


La seconde hypothèse, moins agréable, était
qu’elle veuille seulement me garder comme amant, mais, je ne savais pas si
j’accepterais cette situation. J’en doutais.


Enfin la troisième hypothèse, carrément
exécrable celle là, était qu’Agnès estimant m’avoir donné ce que j’avais
sollicité, me demande désormais de la laisser mener sa vie sans plus la
tarabuster avec mon désir de vie commune. Je n’osais pas m’attarder sur cette dernière
éventualité.


D’ailleurs, le moment n’était pas venu
d’entamer une discussion sur mes interrogations.


Nous nous sommes endormis au petit matin,
et lorsque j’ai ouvert les yeux, il n’y avait personne à côté de moi.


Une salle de bains se trouvait à côté de
la chambre. Je suis allé prendre une longue douche, l’esprit toujours partagé
entre l’immense joie d’avoir été l’amant de cette femme merveilleuse, et la
crainte de devoir très vite redescendre de mon nirvana.


Comme elle n’était pas revenue dans la
chambre, je me suis habillé, et suis descendu dans le salon.


Elle était dans un fauteuil et semblait
réfléchir. Déjà habillée, parfumée, toujours aussi merveilleuse, elle me dit en
souriant :


-Alors, petit paresseux, c’est à cette heure
que l’on se lève ?


- Excuse-moi, mais j’ai eu une nuit chargée.


-
Non, Pierre, non !!!!


Comme je restais interdit devant la
vigueur de son apostrophe, elle ajouta ;


- Il ne faut pas que tu me tutoies. Tu
m’entends ? Il ne faut pas. Rien n’est changé entre nous. Nous avons passé
de très agréables moments, c’est vrai, mais je n’ai pas changé. Je te le
répète, rien de durable n’est possible entre nous, et ce qui s’est passé cette
nuit, il faut que tu le saches, ne se reproduira jamais. Tu entends ?
Jamais !


Boum !! En une petite phrase, j’avais la
réponse à mes trois hypothèses. C’était donc la pire pour moi qu’elle avait
prise.


J’ai alors ressenti une immense fatigue
m’envahir, qui n’était pas due uniquement à notre nuit mouvementée.
( A suivre)
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MessageSujet: Re: LES AMOURS MORTES   Lun 21 Mar - 9:10


Décidemment, cette femme est une énigme !
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MessageSujet: Re: LES AMOURS MORTES   Lun 21 Mar - 14:18

Oui elle est particulière, mais lui fait vite des châteaux en Espagne.

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MessageSujet: LES AMOURS MORTES ( FIN)   Mar 22 Mar - 8:51

J’avais
sans doute perdu définitivement la partie. Cette femme, dont j’étais imprégné
dans toutes les fibres de mon corps, me refusait et c’était pour moi la fin
déchirante d’un long rêve.


Elle me regardait avec compassion, ce qui me
fit, évidemment, plus de mal que de
bien, et me dit :


-
Je comprends
parfaitement ce que tu dois ressentir, mais tu reconnaitras plus tard que
j’avais raison. Ce que je peux te dire, c’est que j’ai connu des hommes, j’en
connaitrai peut être d’autres, je les oublierai sans doute, mais de toi je me
souviendrai toujours.


Je n’oublie pas, que c’est grâce à toi, que
je me suis rendu compte que j’étais une femme, encore capable de plaire et de ressentir le désir
pour un homme, alors que je croyais ma vie sentimentale terminée avant d’avoir
vraiment commencé. Merci mille fois Pierre, mais il faut que tu comprennes……


-
Ne vous fatiguez pas, madame !! lui
répondis-je en marquant par cette appellation une nouvelle distance. Je ne vous
importunerai plus. Merci d’avoir accédé à mon dernier désir.


Je me suis levé pour sortir, mais elle
s’est levée à son tour, et m’a rattrapé pas le bras.


-
Pas de ça entre
nous, Pierre !! Ma tendresse pour toi est sans égale. Je suis et resterai
toujours ton amie, et je te supplie de te considérer comme le mien.


Comme un enfant, je sentais que
j’allais éclater en sanglots, et pour ne pas lui donner ce spectacle, j’ai
dégagé mon bras qu’elle tenait, et suis sorti précipitamment sans dire un mot.


Je revins en courant vers la borie, et
là, allongé sur la paille, je pus me
laisser aller à mon chagrin. Mes rêves d’hier étaient bien morts.







CHAPITRE 5




Cinq
ans plus tard, j’étais associé dans un cabinet d’avocats à Avignon.


Ce n’était plus pour Agnès, mais entrainé
toute ma jeunesse au travail, j’avais continué à travailler et passé facilement
tous mes examens. J’avais eu trois ou quatre liaisons, qui n’avaient jamais
duré plus de 6 mois. La raison en était simple, j’avais toujours en moi la
présence d’Agnès.


Lorsque j’allais chez mes parents, je la
revoyais de temps en temps. A quarante cinq ans, elle était toujours aussi
belle, aussi mince, aussi élégante. Je savais par mes parents que plusieurs hommes
étaient venus la voir au château, mais aucun n’était resté très longtemps.




J’en étais arrivé à me demander, si, au
fond, elle ne recherchait pas uniquement chez les hommes, la possibilité
d’assouvir ses besoins sexuels. Elle m’avait dit qu’elle recherchait un
compagnon ou un mari, mais maintenant, j’en doutais sérieusement.


Bien sûr, je n’espérais plus rien, mais
elle était toujours en moi, ce qui m’empêchait d’entamer une relation plus
sérieuse.


Jeanne, de son côté restait en contact
avec moi. Ayant échoué à l’examen de deuxième année, elle avait abandonné ses
études, et travaillait depuis lors chez une fleuriste qui, sur le point de
prendre sa retraite, cherchait une personne susceptible de lui succéder. Jeanne
était maintenant propriétaire de ce petit magasin, à Orange, où je suis passé une
fois pour la voir.


Ponctuellement, les 1er et 15 de
chaque mois, elle me donnait un long coup de fil.Chaque fois, elle
terminait la communication par la même phrase :


-
Quand tu seras
prêt, préviens-moi. Je t’attendrai toujours.


C’était
à la fois un peu énervant, et assez flatteur.


C’est donc 5 ans après ma merveilleuse et
unique nuit avec Agnès, qu’en arrivant chez mes parents, j’appris que » La
Patronne » allait se marier.


Le lendemain je suis allé au château. Elle
m’a présenté un homme aux tempes grisonnantes, mince, sportif, et je dois le
dire assez sympathique. Je n’avais pu la conquérir mais, petite, infime
consolation, elle allait passer sa vie avec un Pierre.


Non, évidemment ce n’était pas vraiment une
consolation, mais du moins, je pouvais maintenant, selon une expression à la
mode, « faire mon deuil » .Maintenant, tout était bien fini, et je
pensais qu’enfin, j’allais être libéré de sa présence en moi.


Agnès me demanda de venir faire une
promenade avec elle.


Le mistral avait dégagé le ciel d’un bleu
limpide. Le soleil d’Avril était déjà chaud. Je ne sais si elle le faisait
exprès, mais nous allions dans la direction de la borie. Nous étions restés
silencieux. Comme je lui demandais pourquoi cette promenade, elle me dit
seulement : « Plus tard »


Nous sommes arrivés près de la bergerie.
Elle y est entrée et je l’ai suivie. Elle est allée s’asseoir sur la paille, et
de la main, tapotant une place à côté d’elle, elle me demanda de m’asseoir
aussi. Ce que je fis.


-
Vois-tu, Pierre,
c’est ici que je suis née à la vie normale. grâce à toi. Je te dois cette
naissance. Tu es un peu mon père et ma mère. C’est amusant de penser que les
âges ont été inversés à cette époque.. Je vais me marier avec un Pierre. Je
suis heureuse qu’il porte le même prénom que toi.


Je voudrais qu’en ce lieu où je
suis née, tu renaisses à ton tour. Notre page est définitivement tournée. Il
faut que tu te sentes libre, libre de commencer une nouvelle vie. Je voudrais
tant que tu rencontres une jeune femme qui t’aime comme tu le mérites, et que
tu aimeras comme tu m’as aimée.


Le jour où tu m’annonceras ton mariage,
je ressentirai un pur bonheur.


Embrassons-nous une dernière fois, puis tu
rentreras chez tes parents, et moi, j’irai rejoindre Pierre.


Nous avons échangé un long baiser. Je me
suis levé le premier, je lui ai tendu la main pour l’aider à en faire autant. Je
lui ai demandé de partir la première, ce qu’elle a fait aussitôt, sans se
retourner.


Je suis resté encore quelques minutes, à me
remémorer notre première venue dans cette borie, lorsque nous voulions nous
abriter de la pluie. Ensuite,
tristement, je suis rentré chez mes parents.


Le 30 Avril, lorsque Jeanne m’a
téléphoné, je lui ai dit :


-
Jeanne, je suis
prêt. Nous allons nous marier. Prends tes dispositions pour mettre ton magasin
en gérance. En attendant, viens passer le week-end avec moi.


Nous avons publié les bans et nous
nous sommes mariés très vite. Je voulais le faire avant Agnès, et j’y suis
parvenu.





Il y a deux ans que nous sommes mariés.


Nous
avons un fils de bientôt un an. J’ai mis quelques mois avant de tomber vraiment
amoureux de ma femme. Je reconnais qu’elle est merveilleuse, et nous sommes
heureux.





Depuis
le début de ce récit, je me suis efforcé d’être sincère dans la description de
mes sentiments, de mes états d’âme, de mes espoirs.


Je ne vais pas terminer ce livre par un
mensonge. Ce serait malhonnête.


En disant que j’étais heureux, j’ai laissé
croire, que j’étais entièrement libéré d’Agnès. Je me fais un devoir d’apporter
une dernière précision.


Si Agnès me demandait d’aller vivre avec elle,
tout en remettant à plus tard le règlement des dégâts occasionnés dans ma
petite famille, par mon attitude, je bondirais immédiatement au château. Oui,
c’est ce que je ferais. Indubitablement. Vous qui me lisez, portez sur moi le
jugement que vous trouverez approprié, mais l’amour est une force contre
laquelle la volonté ne peut rien.


D’ailleurs, contrairement à ce que je
pensais plus jeune, mon cas, sans doute rarissime, n’était pas unique. J’ai
l’intime conviction que si Jeanne s’était mariée avec un autre que moi, toute
sa vie, je serais resté l’amour de sa vie.


Oui, décidément,


Les amours mortes ont la vie dure.


FIN
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MessageSujet: Re: LES AMOURS MORTES   Mar 22 Mar - 9:54

Elles ont la vie dure les amours mortes en effet et il se fait encore des illusions, car il a idéalisé cet amour, et je suis certaine qu'il n'irait plus en courant car même si il le faisait au premier appel, il apercevrais que quand c'est fini c'est vraiment fini, le reste n'ait qu'imagination.

Mon petit commentaire hier, était faux elle n'est pas particulière, mais juste libre et c'est bien ainsi.

Merci Aristee j'ai beaucoup apprécié cette nouvelle.

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MessageSujet: Re: LES AMOURS MORTES   Mer 23 Mar - 11:53


Une fin bien triste, se marier par raison... En fait il se résigne à mener une vie normale sans y adhérer totalement...

Aristée, tu donnes vraiment vie à tes personnages, on s'y attache facilement et sans s'en rendre compte ;)

Merci pour ce partage.
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MessageSujet: Re: LES AMOURS MORTES   

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