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 cahier rouge du Père Joseph - IV

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AuteurMessage
r.n.rodrigues
Bavard
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Nombre de messages : 66
Date d'inscription : 21/06/2008

MessageSujet: cahier rouge du Père Joseph - IV   Lun 21 Mar - 23:34

Aujourd'hui je me suis levé tôt, vers cinq heures du matin, Je dois aller du marché de la grande plage, en poussant une charrette bruyante chargée de poisson, en empruntant la rue de l’Etoile pour déboucher enfin à la place du poète Nauro Machado... Un temps beau ... La vue magnifique de la baie de San Marcos ,les navires au loin, le rivière du Bacanga - la mer bleue, un vent froid, des étoiles scintillantes dans le ciel clair, un morceau de lune.
Mon chien Faim se lève lui aussi, et vient s'enrouler entre mes jambes. L’ hiver passé, le toit de derrière s’est écroulé , et il ne reste que ma chambre avec deux fenêtres qui donnent sur la rue.. Mon mobilier était une table en bois et une chaise en plastique,. une vieille armoire sans portes, pleine de livres et de cahiers - Sur l’une de ses étagères étaient rangées les casseroles, les plats, et les cuillères ramassés dans les poubelles. . La cuisine se trouvait dans la grande cour. J'ai nettoyé, en écartant les décombres dans un coin. J’ai séparé les pierres du bois et j’ai façonné un escalier pour monter et descendre. Le soir j’allume une chandelle et je m’attable pour fumer un joint, écrire mes souvenirs et contempler les bateaux qui passent, le mouvement des passants de l’avenue et ses lumières .. Mon ami Faim est blotti dans le coin sur un vieux tapis. Tout est silence, la rue sans personnes et ni voitures. Les lampadaires des poteaux allumés. Je me lève et je vais au balcon, allumer une cigarette et je retourne à la table. Une gorgée de café. J'ouvre le cahier et je rebobine ma journée.
Le matin, j'ai rencontré par hasard , mon vieil ami allemand, Herr Kurt.Je l’ai aperçu devant la porte cochère du marché de la Grande de l'Avenue Magalhães de Almeida. Je me trouvais sur l’autre coté de l’avenue et je me suis mis à crier :
- Guten Morgen, Herr Kurt ! - , Faim a aussi aboyé. Le mouvement des voitures était intense. Herr Kurt m'a regardé avec surprise et il a eu un sourire , il s’est arrêté devant la boucherie, en mettant ses mains dans les poches de son pantalon . J'ai attendu que le mouvement des voitures diminue, j'ai profité d’une brèche et traversé la rue avec soin, suivi de Faim, Je me suis approché de lui, il était très content, Cela fait un bon bout de temps que nous nous sommes pas rencontrés. Nous nous serrâmes les mains et nous nous embrassions affectueusement au milieu du trottoir .
- Mein Freund, Vater Joseph ! - dit-il très heureux en posant sa main sur mon épaule - Combien de temps que nous nous sommes pas vus???, Mein Freund ? Wie gehts ?
- C’est bien, mon ami - lui dis-je aussi tout content.

- J'habite maintenant dans la ville D'Alcantara. Je vis avec une femme dit-il.
- Une femme ? - je m'épouvantais, mon ami Allemand était célibataire et vivait comme un mendiant, en dormant dans les trottoirs du Marché Central.
- D'accord, mon ami ! J'ai une femme que je connais ici même dans le marché.
Je continuais sans croire. Il était bien vêtu, la barbe faite - bien différent du vieil Allemand qui je connais dans la taverne du quartier du Portinho.
- Gehen wir trinken ein Wein ? Je l'invitais et il me regarda avec ses yeux verts. Il a passé la main dans les cheveux blonds . J'ai pensé qu'il allait refuser l'invitation. Il est resté en silence, comme hésitant.
- D'accord, allons donc - dit-il après avoir réfléchi un peu. Le chien Faim arrêta à ses pieds bien chaussés avec une belle paire de chaussures neuves qui brillaient au soleil. Faim a aboyé un peu soupçonneux avec les yeux triste comme s''il pensât : Il n'est pas mon ami. Herr Kurt basse la tête et le regarde, il fait des caresses sur la tête de Faim qui balance la queue tout content. Maintenant il reconnait sur la main et l'odeur de son ami - Vous-êtes aussi - dit-il et me regarde: - On y va, mon grand ami Père Joseph. Il commence marcher doucement. Faim allait devant. Et ainsi comme avant, nous sommes entré embrassés par le porte du Marché Central.
Après de prendre plus de trois litres de vin São Braz et moi j'ai encore bu plus des verres d'eau-de-vie. J'étais saoul, Herr Kurtz aussi, mais avant de nous séparer, nous avons encore bus au Kiosque du Monsieur Lelis et il me raconta sa histoire, comment il a connu sa femme, elle s'appelle Maria - et elle a tombée amoureuse de lui et l'a invité à demeurer ensemble chez elle dans la ville d'Alcantara. Ses yeux brillaient de joie. Je me suis senti très heureux - c'était une vraiment bonne nouvelle - la vie de mon Allemand était très mauvaise - Il vivait comme mendiant. Une fois, après avoir bus beaucoup et il était saoul, il m'a avoué qu'il avait été nazis et qu'il avait travaillé dans le camp de concentration d'Auschiwitz avec Dr. Mengele et qu'il avait beaucoup cauchemars, en regardant les hommes nus et morts, la fumée avec l'odeur de la viande humaine. Alors il pleurait beaucoup et il souffrait.
Maintenant je vais descendre pour préparer ma soupe. Faim est affamé, nous n'avons encore rien mangé. Je ne me rappelle pas comment je suis arrivé ici. Je prends une gorgée d'eau-de-vie. Je vais préparer une succulente soupe avec tous les légumes, pied de cochon salé, viande séchée (que j'ai ramassé dans les déchets du Marché) et autres choses (saucisse, lard fumé) Je jette un morceau d'os pour Faim qui jeunait couché dans le coin. Je coupe la nourriture et je mets le tout dans la casserole. Je descend l'escalier avec assez de soin en tenant avec une main la rampe et de l'autre la casserole. La-bas dans le fond du mur dans l'angle, j'allume le feu du brasier sur trois briques, où je mets la casserole dessus et laisse cuire doucement.

Minuit
Je me lève, j'ai dormi un peu après de souper avec mon ami Faim. Il dort tranquille dans le coin, j'allume une chandelle, je prends une tasse de café et je viens m'asseoir sur la chaise devant ma table. Les fenêtres sont ouvertes, une est éclairée par la lune. Tout est tranquille. J'allume ma cigarette, j'ouvre mon cahier et je voyage dans le mon passé " Bonjour, monsieur Kurt ! "
Mon ami, le vieux Joseph ! - Comment allez-vous ?
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Anne
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MessageSujet: Re: cahier rouge du Père Joseph - IV   Mar 22 Mar - 10:39

J'aime cette suite de petites histoires, elles sont fraiches et si humaine. Bravo.

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