Le bateau ivre



 
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 ALERTE A GOLFECH

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aristee
Sacrée Pipelette
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MessageSujet: ALERTE A GOLFECH   Mar 28 Juin - 8:37

Luc, n’avait parlé à personne de ses
découvertes, pris entre deux craintes : Soit d’être pris pour un farfelu,(
comme je l’avais fait moi-même) soit de déclencher une panique. Il s’était
décidé à en parler à Jacques, car ils se connaissaient depuis longtemps, par le
canal d’internet, et surtout, Luc savait que Jacques était également un
scientifique, bien placé pour comprendre le sérieux de ses découvertes.


J’étais la troisième personne au courant,
et après avoir vu, tous les documents recueillis par Luc, nous nous somme réunis
chez Jacques vers 10 heures du soir, pour discuter et prendre des décisions.


Luc, est un homme un peu plus âgé que nous,
très élégant, un peu compassé, et ne donne pas l’idée d’un aimable charlatan.
Il expliqua pour moi le fonctionnement de ses appareils, et je dois avouer que
je n’y ai pas compris grand-chose. Heureusement, j’ai une confiance absolue
dans l’intelligence et les connaissances scientifiques de mon ami Jacques, qui,
lui, ne nourrit aucun scepticisme sur les observations de Luc.


Ce que j’ai bien compris, c’est que nous
n’avons que 3 semaines avant l’apocalypse. Que devons- nous faire ?



Nous sommes tombés d’accord pour ne pas ébruiter inconsidérément
l’affaire. Il fallait contacter des personnes compétentes, et en limiter le
nombre, pour que la nouvelle ne se répande pas trop vite. Mais où trouver ces
personnalités ?


Jacques, nous fit une proposition. Il avait
gardé contact, avec l’un de ses professeurs à polytechnique. D’une part, il
comprendrait rapidement le sérieux des découvertes de Luc, et d’autre part, ce
professeur a un frère, qui est Directeur dans un ministère, et pourrait nous
aiguiller vers les personnes les plus compétentes.


Nous avons donné notre accord, et
malgré l’heure tardive, il était 23 heures, Jacques téléphona à son professeur,
à Paris.


Il tomba sur un correspondant réveillé dans
son premier sommeil, et apparemment atrabilaire. Il se calma un peu quand il
sut que c’était Jacques qui l’appelait, et au bout de 3 minutes, c’était un
homme parfaitement réveillé, et passionné, qui posait des questions à Luc.



Mon ami Jacques possède un petit avion sur l’aéroport d’Agen, et avant
de nous séparer, il fut décidé que nous monterions à Paris avec cet appareil, demain
matin à 10 heures. Je vais me coucher et essayer de dormir un peu. Cette envie
d’écrire qui m’a pris brusquement, était-elle le résultat du travail de mon
subconscient qui m’avait fait prévoir des évènements exceptionnels, qu’il
fallait consigner par écrit, à chaud ? Je l’ignore, mais, en toutes
hypothèses, c’était là un problème secondaire.





Le 4 juillet à 23 heures.





Dure et longue journée. En fin de matinée,
nous étions chez le Professeur Maurier, qui a posé plusieurs questions aux deux
scientifiques. Je me demandais ce que je faisais là, car leur discussion
passait très au dessus de mes maigres connaissances en la matière.


C’est, avec chacun un sandwich à la main,
que nous nous sommes retrouvés vers 14 heures 30 dans le bureau du frère du
professeur. Il s’agissait d’un homme remarquable. En un quart d’heure, il avait
parfaitement compris le problème, et vu que la situation était suffisamment
dramatique pour entrer en contact, directement, avec le Président de la
République. A 16 heures, nous étions à l’Elysée. Le premier ministre et 5 hauts
scientifiques spécialisés, assistaient à la réunion. Un atomiste, un
spécialiste du percement des tunnels, un biologiste, un zoologue, et un
cryptozoologue. Cette journée riche en connaissances nouvelles pour moi,
m’apprit que ce cryptozoologue s’occupait d’espèces animales non connues (comme
le yéti par exemple).


Le Président est un homme de décision et
vers 17 heures 30, nous étions tous dans l’avion présidentiel (à l’exception du
Premier ministre qui restait à Paris, pour « tenir la baraque ». A
20 heures, nous étions à Valence d’Agen, devant les appareils de Luc.


A 22 heures, nous nous sommes séparés, après
que le Président nous ait demandé de venir le lendemain à 9 heures, à la
Préfecture d’Agen.


Je suis sur les genoux. Drôles de
vacances ! Je rêvais de détente. Je suis servi ! Malgré d’effroyables
préoccupations, je crois que je vais vite m’endormir.








CHAPITRE 2





5 Juillet 15 heures






Je viens de faire la sieste, et je me sens vaseux. Il s’est passé tant
de choses durant ces trois derniers jours.


Sur la nature de ces drôles de bestioles
qui vivent à 7 ou 8 kilomètres sous terre, nous n’avons pas obtenu de nouveaux
renseignements. Ce qui est parfaitement établi, en revanche, c’est que si nous
ne faisons rien, et que le tunnel vers la surface continue à être creusé, la
centrale de Golfech va être transpercée et explosera, avec des conséquences
difficiles à imaginer avec précision, mais en tout cas assez effroyables.


Pour simplifier leur appellation dans nos
conversations, le Professeur avait décidé de donner un nom à ces curieuses
créatures. Les E.E. (pour Etres Etranges).


Tous, nous sommes surpris par la précision
avec laquelle ce tunnel est percé. Si l’on extrapole le travail déjà effectué,
c’est le cœur même de la centrale qui sera atteint. Il est bien difficile de
faire appel au hasard pour expliquer ce fait. Ces bêtes inconnues, semblent
bien vouloir viser la centrale en son point le plus vulnérable. La volonté de nuire
à l’espèce humaine, non seulement ne peut être écartée, mais elle est probable.
Cette pensée est effroyable, car nous ne savons rien de ces créatures, et à
quel système de destruction elles seraient, elles mêmes, sensibles.



Cependant, l’inaction ne pouvait être envisagée, et une décision devait
être prise. Est-ce la bonne ? Seul, l’avenir nous l’apprendra…….Mais
malheureusement, il sera peut être trop
tard !


Pour interrompre le processus en cours,
et essayer de détruire ces E.E, il a été décidé de creuser un puits vertical, à
200 mètres de la centrale. Lorsque ce puits, de 2 mètres de diamètre, atteindra
la profondeur de 150 mètres, un tunnel horizontal sera percé, pour passer juste
au dessus de celui crée par les animaux. Un troisième tronçon de puits,
vertical celui là, sera alors creusé,
pour aller à la rencontre de celui des E.E., jusqu’à 800 mètres de la surface. Des citernes
d’acide nitrique seront déversées dans ce puits, de telle façon, que lorsque le
tunnel des bêtes lui-même parviendra à 800 mètres, un flot d’acide leur tombera
dessus, et l’on espère que toutes les bêtes seront détruites, ou, qu’à tout le
moins, leur travail de sape, sera grandement retardé. Nous pourrions avoir
alors, quelques précisions sur la nature de ces êtres, et mettre en place, si
nécessaire, une autre stratégie pour nous en protéger.



Ces dispositions ont été approuvées par tous, sauf par le
Cryptozoologue, qui estime qu’en cas de réussite totale, il n’y aura aucune
possibilité d’examiner et d’étudier ces curieuses créatures.



C’est le Président de la République qui prit la décision définitive. Les
travaux devaient commencer immédiatement, et le spécialiste du percement de
tunnel, a estimé que les travaux pourraient être terminés dans 15 jours, soit 4
ou 5 jours seulement avant que le tunnel des bêtes n’arrive lui-même à la côte
moins 800 Mètres. La marge était très faible et il fallait espérer, qu’aucun
contre- temps ne vienne retarder nos travaux.



Le Président, a particulièrement insisté, pour que la situation actuelle
ne soit pas révélée au public, et il a demandé à tous les participants à la
réunion, un engagement formel de ne parler à personne, même aux personnes les
plus proches, du risque que nous encourrons, afin d’éviter une panique
générale.


Cependant, en concomitance avec les travaux
de forage, toutes les précautions seront prises, et un exercice de grande
envergure devra se dérouler d’ici 15 jours, et qui consistera en une évacuation
de toute la population dans un rayon de 20 kilomètres autour de la centrale.
Parallèlement à la mise au point de cet exercice, il sera étudié un plan
concernant la mobilisation des moyens de transport nécessaires pour une évacuation totale de la population dans
un rayon de 50 kilomètres, et si possible plus.


Le tunnelier commencera son travail dès
demain matin. Le matériel sera amené sur place durant la nuit prochaine.



Après de nouveaux calculs, je viens d’apprendre par Jacques, qu’afin de
ne pas être pris par le temps, il a été décidé que le premier puits vertical ne
serait creusé que jusqu’à 120 mètres au lieu de 150. Par ailleurs, le diamètre
serait ramené de 2 mètres à 1 mètre 40.


Le public, et les ouvriers travaillant à la
centrale, pourraient trouver curieux ces travaux entrepris si près de l’usine
atomique, aussi, la consigne a été donnée : ces travaux, ne concernaient
la centrale qu’indirectement. Il s’agissait d’une précaution supplémentaire, et
de trouver une réserve d’eau suffisante, qui pourrait être utilisée en cas de
sécheresse exceptionnelle.



Je vis seul, et c’est heureux, car, pour ceux qui sont dans le secret,
il doit être extrêmement difficile de cacher à leurs proches, que nous courrons
un danger terrifiant.





Le 6 Juillet, midi





A 8 heures trente, j’étais à
Golfech, en compagnie de Jacques. Mon ami était très pâle. Il n’avait pas dormi
de la nuit, durant laquelle il avait réfléchi à un plan de secours, dans le cas
où, celui qui était en vigueur ne donnerait pas les effets escomptés.



Il pensait, que s’attaquer à des
êtres dont on ne connait absolument rien, nous exposait à de cruelles
désillusions. Il estimait que même si l’on arrivait à retarder l’échéance, en
détruisant un grand nombre de ces animaux, il en resterait et il faudrait
prévoir d’autres moyens de destruction. Pour qu’ils soient efficaces, il serait
indispensable de capturer quelques spécimens pour les étudier. Luc avait dit,
que dans le sous sol de la France, il y avait plusieurs « bulles »
peuplées. Trois déjà à sa connaissance. Il faudrait sans tarder, creuser un
puits, dans une autre communauté, pour l’instant pacifique, et procéder à un
étude de ces E.E..



Luc, auquel Jacques avait fait part de ces réflexions, était parfaitement
d’accord avec mon ami. Il avait repéré une autre colonie à 8500 mètres
sous terre, dans le nord du Vaucluse, à proximité de Valréas. L’avis du
Président de la République va être sollicité dans l’après midi, au sujet de ce
deuxième forage de puits.


J’ai quitté le chantier à 11 heures 15,
où la foreuse était déjà parvenue à 30 mètres de profondeur. Les ouvriers
faisaient les 3X8, afin que les travaux
se poursuivent 24 heures sur 24.





Le 5 Juillet, 20 heures.






Je suis retourné sur le chantier en fin d’après midi. Il y a un fait
nouveau qui nous prouve que le E.E., ces êtres étranges, sont incontestablement
capables de réagir, quand ils décèlent une anomalie.
( A suivre)
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Anne
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MessageSujet: Re: ALERTE A GOLFECH   Mar 28 Juin - 13:51

Ils sont intelligents, y aura t-il contact ?

Bonne journée Aristee, j'imagine qu'il fait très chaud dans le Gers aussi.

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aristee
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MessageSujet: Re: ALERTE A GOLFECH   Mar 28 Juin - 14:33

Anne a écrit:
Ils sont intelligents, y aura t-il contact ?

Bonne journée Aristee, j'imagine qu'il fait très chaud dans le Gers aussi.

Ils sont intelligents. C'est déjà certain. Y aura-t-il des contacts? Ce n'est pas certain, mais probable.
Je vois de ma fenêtre les cheminées de Golfech, dans le Tarn et Garonne.. Le Gers n'est pas très loin, mais trop paresseux pour inventer, j'habite, comme je l'indique dans ce bouquin dans le Lot et Garonne, à Puymirol plus précisément.
En ce qui concerne la chaleur, notre région est pratiquement chaque jour dans le peloton de tête.
Petit souvenir personnel. J'étais à Karthoum, et je m'étais rendu à pied inspecter notre agence. La chaleur était intense.Notre agent m'a gentiment appris un adage soudanais.
" Par ces temps là, il n'y a que les Anglais et les chiens fous pour circuler à pieds"
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MessageSujet: ALERTE A GOLFECH   Mer 29 Juin - 8:54

Alertés sans doute par le bruit de nos
foreuses, ils ont interrompu leurs travaux, et sont, pour la plupart,
redescendus à la cote moins 5000 mètres, alors qu’ils étaient parvenus à moins
3000 mètres.



C’est évidemment Luc qui a constaté cet évènement, et il serait opportun
de dire quelques mots sur les images qu’il reçoit sur son appareil.



Luc, capte des formes en deux dimensions (il envisage par la suite, d’obtenir
des images en 3 D, en disposant deux de ses appareils sous un angle à
déterminer). Les formes reçues sont en noir et blanc, puisqu’elles évoluent
dans une complète obscurité. Si c’était l’œil humain qui se trouvait dans ces
poches habitées, il ne verrait rien du tout.



J’avais dit que ces E.E. ressemblaient à des grosses amibes, en ce sens,
qu’ils sont dotés de prolongements à formes changeantes, des pseudopodes, qui
leur permettent de se déplacer. Mais il existe au moins une différence (et sans
doute, beaucoup d’autres que nous ne connaissons pas encore) c’est qu’une
partie, que Luc a appelé la tête, ne se déforme jamais, et doit être d’une
solidité exceptionnelle, puisque elle sert, en grande partie, à creuser, terre
et roches.


Luc a effectué de nombreux agrandissements
des images reçues, sans pouvoir obtenir de renseignements complémentaires. De
combien de sens disposent ces bêtes ? Certainement pas de la vue,
puisqu’ils vivent dans l’obscurité. Mais peut être possèdent-elles une sorte de
radar, car même dans les endroits où les E.E. grouillent, ils ne se heurtent jamais
entre eux. Peut être possèdent-ils l’ouïe, puisqu’ils se sont arrêtés en
entendant nos foreuses, mais là encore, ce n’est pas certain, car ils peuvent
simplement avoir perçu d’autres vibrations que celles captées par des oreilles.


Il y a une heure, le Président de la
République a donné le feu vert à Luc, pour qu’un autre puits soit foré dans le
nord du Vaucluse afin de tenter de capturer vivants, des E.E. Après demain
matin, ce second puits sera attaqué.


D’après les calculs effectués plusieurs
fois, notre puits de Golfech n’est pas en retard, et puisque les E.E ont
interrompu leur travail, il a été décidé que nous en ferions autant, pour voir
quelle nouvelle décision ils vont prendre.



Je dois dire que cette période est extrêmement stressante pour ceux qui
sont au courant de la situation réelle. Combattre un ennemi (on peut qualifier
d’ennemis, les E .E. qui ont l’évidente intention de se diriger vers le
cœur de la centrale atomique) dont on ne connait pas les moyens d’action,
laisse trop de place aux hypothèses, pour que nous conservions notre sérénité.
Ils savent que nous les avons détectés. Comment vont-ils réagir ?



Luc, qui, en fait, sur le plan technique, est le maitre d’œuvre, a
décidé, que si dans 24 heures, les E.E. n’ont pas repris leur travail, nous,
nous reprendrons le nôtre, d’une part, pour prendre un peu d’avance sur eux, et
d’autre part, pour vérifier quelle est des trois hypothèses, celle qui est la
bonne. Soit nos ennemis ont décidé d’abandonner leur projet, ou ils reprennent leurs travaux comme auparavant en
direction de la Centrale, ou, dernière possibilité, ils ont adopté une autre
tactique.





LE 6 JUILLET, 14 heures





A 10 heures, ce matin, nous avons
repris nos travaux. Normalement, le puits vertical sera terminé ce soir, nous
seront à moins 120 mètres, et la nuit prochaine, le tunnel horizontal sera
attaqué.



Lorsque j’ai quitté le chantier, il était 11 heures et demie, et les
E.E. n’ont toujours pas bougé. Ils sont stationnés dans la zone de 5000 mètres
au dessous du sol, dans une immense grotte, et une grande effervescence règne
parmi eux.


S’ils persistent à rester inactifs, nous
pourrons, sans attendre la fin du puits de Valréas,


commencer à penser à la méthode à
employer, pour capturer quelques spécimens. Là, encore, le problème n’est pas
simple. Nous ignorons quelles sont leurs possibilités, en dehors du fait qu’ils
ont un pouvoir de pénétration redoutable à travers terre et rochers.



La première solution qui vient à l’esprit, est de descendre un immense filet
sur un groupe d’E.E., de le refermer par le bas, puis de le remonter
rapidement. Bien entendu, ce filet devra être métallique, mais malgré cela, on
ignore s’ils auront ou non, la
possibilité, soit de couper le filet, soit de réduire le diamètre de leur
corps, jusqu’à passer à travers les mailles.



Le personnel normal de la centrale nucléaire, commence à se poser des
questions, sur les travaux effectués tout à côté de leur lieu de travail. S’il
ne s’agissait que de creuser un puits pour trouver de l’eau, pourquoi des
appareils bizarres étaient-ils descendus dans le trou ? Et d’autre part,
certains disaient, que le premier ministre avait été aperçu très tard, un soir,
et qu’il était descendu dans le puits. Ce qui était bien curieux, s’il ne
s’agissait que de rechercher de l’eau.



Le silence aurait été la pire des choses, car toutes les hypothèses
pourraient naitre à la suite de ces travaux mystérieux.



Il fut donc décidé, de faire une communication. On préciserait d’abord,
que les techniques de creusement étaient nouvelles, et que le premier ministre,
avait voulu en voir le déroulement. Par ailleurs, on expliquera par communiqué
tous les deux jours à quel niveau on était parvenu, la nature des roches
traversées, et l’on fournira d’autres précisions techniques, pour bien
démontrer, qu’il n’y avait rien de caché. Comme il était impossible de dire
combien l’opération allait durer, les communiqués mentionneraient des travaux
plus lents que ce qu’ils étaient en réalité. Aujourd’hui, le communiqué
précisait que l’on avait atteint les moins 48 mètres, alors, que la partie
verticale de 120 mètres était terminée, et que déjà, 50 mètres de la partie
horizontale était creusés et étayés.



Je ne pourrai pas aller à Golfech cette après midi, car nous avons une
réunion à l’Elysée, pour faire le point de la situation et envisager diverses
hypothèses, selon les réactions prévisibles des E.E.



On ne peut prévoir que des réactions issues de cerveaux humains. Mais que
vont faire ces étranges êtres inconnus ?









CHAPITRE 3




LE 7 JUILLET, 20 HEURES





La réunion à
l’Elysée, m’a semblé avoir été inutile. La seule décision importante, a été
qu’en tout état de cause, nous ne tenterions pas de capturer des E.E. qui se
trouvent dans la poche de Golfech. Ces individus ont incontestablement des
intentions inamicales envers nous. Mieux valait tenter d’en capturer dans la
poche de Valréas, puisque cette colonie semblait plus calme. Il a été décidé en
conséquence d’activer le creusement du puits de 8500 mètres, tout en
réfléchissant sur les moyens à utiliser pour capturer quelques spécimens, de la
manière la plus pacifique possible.


Nous sommes
revenus ce matin à Agen, puis à Golfech, où nous avons appris que les E.E.
Toujours massés à la cote moins 5.000 mètres ne bougeaient pas. Avaient- ils
abandonné leur projet ?


Luc Arène, qui
habite dans le village de Golfech nous a invité, Jacques et moi, à déjeuner
chez lui.


Nous avons fait la
connaissance de son épouse, Françoise, jeune femme d’un abord très sympathique,
qui semble bien, avoir fait, elle aussi, des études scientifiques très poussées.


Je dois le dire, je
n’ai pas beaucoup apprécié ce repas. Sa qualité n’était pas en cause, Françoise
est certainement une bonne cuisinière, mais durant le diner, Jacques, Luc, et
Françoise eurent une discussion très pointue, et, malgré mes efforts, au début
du moins, je ne pouvais pas suivre. Lorsque je me suis rendu compte, que mes
connaissances étaient vraiment trop nettement insuffisantes, pour mettre mon
grain de sel dans la discussion, j’ai passé mon temps à regarder l’agencement
de la salle à manger dans laquelle nous nous trouvions, et comme l’ameublement
était très banal, je n’en ai tiré aucun intérêt artistique.


Pris dans leur
conversation, personne ne s’est rendu compte, que je restais dans mon coin, et
en sortant de table, j’étais d’assez mauvaise humeur. J’ai prétexté un rendez
vous à 14 heures 30 à Agen, pour m’éclipser rapidement.


Ce mensonge
m’interdisait de retourner sur le chantier de Golfech, où sont allés Luc et
Jacques, pendant que je rentrais à la maison.


Pour la première
fois depuis le début des évènements, j’ai pu, dans la solitude, réfléchir à la
menace qui pesait sur notre région.


Si le fait de se
savoir découverts, pouvaient amener les E.E. a abandonner leur projet de venir
en surface, sous la centrale, tout irait bien, mais si les travaux reprenaient,
alors il serait sage, que j’envisage de partir de la région, et j’ai commencé à
faire une liste des objets les plus importants à emporter.


Je suis, au moment
où j’écris, toujours vexé par la situation dans laquelle je me suis trouvé
durant le déjeuner, réduit au rôle de l’idiot du village, et je me suis bien
promis, de ne jamais plus accepter d’aller prendre un repas chez les Arène.


Au tout début de mes
vacances, je m’étais donné deux buts. Me reposer au maximum, et renouer avec
deux ou trois jeunes femmes de la région, bien jolis souvenirs d’un passé pas
tellement lointain ……


Je dois reconnaitre
que durant les 6 premiers jours, je n’ai pas eu la possibilité de réaliser mes
désirs. Deux voyages à Paris, des heures passées à Golfech, et ce curieux
besoin d’écrire, que je ne m’explique toujours pas, ne m’ont laissé le temps, ni
de me reposer, ni de prendre contact avec une seule de mes anciennes éphémères
compagnes.


Théoriquement,
j’aurais le loisir de téléphoner ce soir à l’une de ces amies. Ce qui me
retient, ce n’est pas tellement la fatigue, que la crainte de ne pouvoir
conserver le secret sur ces étranges bêtes, qui nous veulent du mal. Je vais me
coucher, et j’irai demain à Golfech, pour voir s’il y a une évolution.
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MessageSujet: ALERTE A GOLFECH   Jeu 30 Juin - 10:17

LE 8 JUILLET, à 19 HEURES





J’ai retrouvé Jacques et Luc ce matin à Golfech. Lorsque je
suis arrivé vers 9 heures, il n’y avait rien de changé. Les E.E. étaient
toujours rassemblés vers la cote de moins 5000 mètres. Mais une heure plus
tard, Luc a constaté sur ses appareils, que des masses d’E.E. remontaient dans
le puits. Ils arrivèrent vers 11 heures à moins 3000 mètres, où ils avaient
interrompu leurs travaux, et se remirent à creuser, mais, cette fois-ci, au
lieu de poursuivre verticalement, ils obliquèrent selon un angle que Luc évalua
à 15 degrés.


L’extrapolation de
cette nouvelle direction, faisait que l’arrivée à la surface du sol, se
produirait nettement en dehors des fondations de la centrale, et que dans ces
conditions, les risques atomiques seraient évités.


Pourquoi ces
modifications apportées par les E.E.?


Est-ce par hasard,
finalement, que le puits qu’ils creusaient devait aboutir sous la
centrale ? Ou, avaient-ils opérés une simple manœuvre de diversion, tout
en maintenant leur objectif d’aboutir sous l’usine atomique.


Dans la
méconnaissance totale du psychisme de ces bestioles, il n’était pas possible de
répondre à cette question. Luc décida de prendre le maximum de précautions. Il
ordonna de poursuivre la partie horizontale au delà des 250 mètres, qui avaient
été prévus, pour dépasser les fondations de la Centrale.


Ensuite, au lieu de creuser verticalement,
pour aller à leur rencontre, il fut décidé de percer plusieurs autres tunnels
horizontaux sous la centrale, pour constituer une sorte de toile
d’araignée qui nous permettrait de
répondre à l’attaque des E.E. où que se trouverait l’arrivée de leur tunnel.


Je suis revenu
chez moi pour déjeuner, et j’étais à table, lorsque Jacques me téléphona pour
me dire, que les E.E, avaient encore modifié la direction de leur forage, qui,
de nouveau, se dirigeait vers la centrale.


Il semble donc
bien, que leur intention ne soit pas seulement de venir en surface, mais bien d’atteindre
un endroit précis, et particulièrement sensible de la centrale nucléaire de
Golfech.


Cette certitude
étant à peu près acquise, Luc avait pris la décision de prévenir le Président
de la République. S’il y avait des E.E., qui nourrissaient dans notre région
des intentions belliqueuses, pourquoi n’en serait-il pas de même ailleurs. Le
Président prit sur le champ une décision. Il demanda à Luc, en priorité, de
faire la tournée de toutes les centrales atomiques de France, avec ses
appareils, pour vérifier, si d’autres sites étaient menacés par des groupements
de E.E..


Durant l’absence
de Luc à Golfech, c’est Jacques qui devait prendre la direction des opérations.
Il me précisa qu’il allait faire appel à Françoise Arène, pour le seconder, puisque après
Luc, c’est elle qui connaissait le mieux le problème.





LE 9 JUILLET, 20 HEURES





J’ai retrouvé Jacques
ce matin à Golfech. Il était accompagné de Françoise, et ils discutaient tout
deux avec animation. Comme ils utilisaient des mots que je ne comprenais pas,
je me disposais à les laisser lorsque Françoise me demanda de ne pas trop
m’éloigner, car elle avait à me parler.


Un peu surpris par
cette demande, et pour m’occuper, je me suis dirigé vers l’appareillage qui
permet de voir l’activité des E.E. On voyait très nettement qu’ils avaient en
effet changé deux fois de direction. Quand à nos propres travaux, le premier
tunnel horizontal qui débordait largement les limites de la centrale était
terminé, et un autre, parallèle, était amorcé. Je sais que le but est, de créer
plusieurs tunnels parallèles, et de les relier entre eux, afin que l’on puisse
se déplacer facilement pour se trouver toujours à l’endroit où les E .E.
vont arriver à la cote de moins 120 mètres. L’inconvénient par rapport au premier
plan qui avait été établi, c’est qu’il sera sans doute difficile de déverser de
l’acide à temps. En effet, les E.E. avaient prouvé qu’ils pouvaient changer de
direction très rapidement, et une déviation de quelques mètres, pouvait nous
empêcher de déverser l’acide à l’endroit précis, où ils allaient sortir.


Je réfléchissais à
ces problèmes, lorsque Françoise vint me rejoindre. Elle me dit que Luc, revenu
ce matin, venait de repartir. Il avait
été appelé par le Président de la République, et Jacques l’emmenait à Paris, dans
son avion.


Comme, après cette
information d’une importance secondaire, elle se taisait, je me demandais
pourquoi elle m’avait demandé de l’attendre, et devant son silence, je lui
posais carrément la question. Après une courte hésitation, elle me
répondit :

-
Je voudrais m’excuser pour notre attitude durant le
déjeuner pris chez moi. me dit-elle. Nous nous sommes laissés emportés par
l’aspect scientifique de notre problème, et nous avons du vous donner
l’impression désagréable que vous étiez mis en dehors de notre discussion. Pour
cette impolitesse, je tiens à vous demander de m’excuser.


Je vous demande d’accepter de
venir avaler un repas, vite fait à la maison, et je vous promets de ne pas
aborder les problèmes des E.E. Puis-je compter sur vous ?



J’étais un peu éberlué par cette invitation, et me demandais quelle en
était la raison. Pour la première fois, je regardais Françoise comme une femme,
et non une scientifique mariée à Luc. Je constatais que, sans être très jolie,
elle avait un corps sculptural, un sourire gracieux et des yeux brillants
d’intelligence. Mais tout aussitôt je me fis la réflexion qu’elle était mariée
avec un homme remarquable, qui avait tout pour la rendre heureuse. Je ne savais
toujours pas, quelle était la vraie raison de cette invitation.


J’eus la preuve que Françoise était
non seulement intelligente, mais intuitive, et ce, dès mon arrivée chez elle,
avant de passer à table.

-
Vous êtes très surpris, Pierre. Vous vous posez des
questions. Vous vous demandez ce que cette femme, mariée à un homme remarquable,
peut bien avoir à vous dire. Certainement, elle ne veut pas parler des
problèmes posés par les E.E. puisqu’elle s’était engagée à ne pas en parler.
Certainement pas, non plus, de questions sentimentales puisqu’elle est mariée à
un homme de premier plan. Alors ?


Alors ? Comme je suis très
directe, je vais vous le dire sans détour.


Contrairement à ce que vous pensez, ma vie
n’est pas très agréable. Je suis mariée avec un ordinateur. Luc est un homme
remarquable sur le plan professionnel, mais il ne possède aucune chaleur
humaine, et je suis persuadée que les seuls sentiments qu’il peut éprouver,
sont liés à ses recherches.



Lorsque je vous ai vu, la première fois, j’ai eu l’impression d’être en
présence d’un homme authentique, capable de ressentir des sentiments, d’avoir
une vie intérieure, avec lequel il doit être possible de parler d’un tas de
choses, en dehors des problèmes scientifiques. C’est pourquoi, je vous offre
mon amitié, si vous voulez bien l’accepter.





Je dois dire que je ne savais plus où
j’en étais. Cette invitation en l’absence de son mari, m’avait déjà semblée
bizarre, et cette proposition d’amitié était inattendue. L’amitié ne se décrète
pas. Pour elle, je suis un inconnu, et en tout cas, pour moi, c’est une femme,
parmi les autres, mariée avec un homme pour lequel j’ai une grande admiration,
mais une femme dont je ne connais aucun trait de caractère. Comment, dans ces
conditions, m’engager à être son ami ?


Pendant que je me faisais ces réflexions,
elle me regardait, surprise sans doute par mon silence, qui, à la longue,
devenait une impolitesse. Je répondis donc, en choisissant d’être parfaitement
honnête avec elle.

-
On dit que les femmes sont beaucoup plus intuitives que
les hommes, et c’est sans doute vrai. A défaut d’être intuitif, je suis, du
moins je le crois, assez franc. Moi aussi, donc, je serai direct. Je ne vous
connais pas, Françoise. En dehors du fait que vous êtes mariée à Luc, je ne
sais rien de vous. Je pense que vous serez d’accord avec moi, pour estimer que
l’amitié ne se décrète pas. Il n’est pas impossible que des liens d’amitié
s’instaurent entre nous, lorsque nous nous connaitrons mieux, je n’y suis
évidement nullement hostile, mais il est un peu tôt pour le savoir. Au fond de
vous-même, n’est-ce pas votre avis ?

-
Bien sûr, vous
avez raison. Je passe mon temps avec vous, à m’excuser, mais je reconnais que
j’ai tendance à prendre mes désirs pour des réalités, et j’ai tellement besoin
d’avoir un ami. Mais, c’est le temps seul, qui pourra en décider.


Cependant, je le maintiens, j’ai
l’intuition que nous aurons des relations amicales.

-
Je suis un peu surpris qu’une scientifique, avant tout
rationnelle, puisse se fier à des intuitions, qui par définitions ne peuvent
être démontrées.

-
Sur ce point,
je pense que vous faites une erreur. L’intuition n’est pas une idée farfelue
qui jaillit d’un caprice quelconque. L’intuition est le résultat d’un travail
effectué par notre cerveau, à partir d’éléments réels, mais qui sont situés
dans notre subconscient. Nous ne connaissons pas le point de départ, mais il
n’est pas ridicule de penser que l’intuition est le résultat d’un raisonnement
logique. L’intuition ne serait donc pas irrationnelle.





Certes, je ne connais toujours pas
Françoise, mais une chose est certaine, c’est qu’elle est une cérébrale, et
contrairement à son intuition, je doute, moi, de la naissance d’une solide
amitié entre nous, pour une raison très simple, c’est qu’à mon avis, la véritable
amitié entre deux êtres de sexe différents est très rare.


Pendant le repas, nous n’avons plus parlé du
problème de nos relations futures, et contrairement à ce qui avait été décidé,
c’est sur les E.E. et les risques qu’ils nous font courir que se déroula le
reste de notre conversation.



En sortant de chez Françoise,
j’ai téléphoné à Jacques pour savoir si des décisions avaient été prises à
L’Elysée. Il me dit qu’en effet le Président voulait que l’on pousse les
travaux pour le creusement du puits à Valréas, car les occupants de cette poche
semblent plus pacifiques que ceux de Golfech. Or il est primordial de capturer
quelques spécimens pour les connaitre et adopter une stratégie appropriée,
contre ceux qui semblent animés de mauvaises intentions à notre égard.


Pour
le Président, et Luc était d’accord avec lui, les E.E. de Golfech connaissent
nos travaux comme nous connaissons les leurs, et sachant que nous sommes sur
nos gardes, ils y regarderont à deux fois, avant de lancer l’assaut final. Ils
pensent tout deux que nous allons vivre une sorte de guerre de tranchée, durant
laquelle, des deux côtés, les adversaires vont s’épier. Si nous ne les
connaissons pas, il est probable qu’ils ne nous connaissent pas non plus, et
lorsque nous aurons capturé quelques spécimens, nous serons en position de
force.


De Paris, Luc (auquel un budget illimité était
accordé) devait se rendre immédiatement dans la région de Valréas pour activer
l’avancement des travaux, et mettre sur pied la meilleure méthode pour capturer
quelques E.E. C’est Jacques qui prenait le commandement des opérations sur
Golfech.


Pour
ma part, je trouvais que ces décisions étaient rationnelles, mais je ne croyais
pas beaucoup à cette histoire de guerre des tranchées. Nous raisonnons avec nos
esprits humains, et la rationalité ne fait peut-être pas partie du monde des
E.E. Par ailleurs, il n’est nullement évident que les E.E de la poche sous la
région de Valréas, soient identiques à ceux qui se trouvent sous Golfech. Il
est même probable qu’ils soient différents, puisqu’ils sont absolument séparés,
peut être depuis des millénaires. D’ailleurs, les uns semblent agressifs, et
les autres ne le paraissent pas. Ils ne sont pas identiques.


Cependant, sous le bénéfice de ces réserves,
ils ne seraient pas mauvais en effet d’examiner d’un peu plus près, ces drôles
de bêtes qui ont une ressemblance au moins morphologique entre elles, si l’on
se fie aux constatations de Luc.





Moi,
qui voulais passer de paisibles vacances, me voilà devenu historiographe, et de
plus, d’un évènement qui s’annonce gravissime. Je me demande,
puisque j’ai la chance d’être un des rares initiés, si je ne devrais pas en
profiter pour ficher le camp en vitesse, afin de me mettre à l’abri d’une
éventuelle explosion nucléaire. Mais, non. Je ne le ferai pas. Je préfère ne pas
trop me poser la question pour savoir la raison de cette décision. Cependant,
il me semble bien, qu’il serait insoutenable pour moi, de passer pour un capon
aux yeux de Françoise. Je sais bien, c’est idiot, puisque je ne la connais
presque pas, Et puis, Zut ! Pourquoi continuer ce bavardage qui ne mènera
à rien. Je vais me coucher.











LE 10 JUILLET, 14 HEURES





Jacques est passé me prendre ce
matin à 8 heures et demie.



Durant la nuit, les E.E ont changé de tactique. Ils se sont divisés en 3
groupes, et creusent dans des directions différentes, mais toutes, autour de la
Centrale de Golfech. C’est une certitude, ces êtres sont doués d’intelligence.
Ils pourront nous attaquer sous des angles différents. En revanche, leur
vitesse de progression à beaucoup diminué, et ce n’est pas dû uniquement au
fait de leur division par trois des effectifs affectés à chaque tunnel. Jacques
pense qu’ils ont entrepris d’autres travaux parallèles. Lesquels ? Nous ne
voyons rien sur les images que nous recevons. Il est extrêmement difficile, de
devoir se défendre contre des êtres, dont il est impossible d’imaginer les
modes de penser



Françoise est passée en coup de vent. En arrivant et en partant, elle est
venue embrasser Jacques (Qu’elle ne connait pas plus que moi !) puis est
venue m’embrasser. Je ne fais pas preuve de suffisance en pensant cela, mais je
crois qu’elle a embrassé Jacques, pour pouvoir m’embrasser ensuite, sans que
cela paraisse trop déplacé.



Ce qui me fait être aussi
immodeste ? C’est qu’en m’embrassant elle m’a serré très fort l’épaule.
Mais, bon. Inutile de s’attarder sur ce point. C’est tellement marginal par
rapport aux dangers courus par des centaines de milliers de personnes.





LE 10 JUILLET, 20 HEURES





J’ai passé l’après midi à faire
des croquis d’un dispositif destiné à capturer des E.E. D’après les calculs de
Luc, ces êtres, en configuration normale, mesurent aux alentours de 80
centimètres.



Je suis parti de l’idée, qui a permis de créer un appareil pour capturer
des essaims d’abeilles.



C’est une sorte d’épuisette, dont on peut refermer rapidement la partie
la plus large, simplement avec des cordons.



Bien entendu, compte tenu de la force de perforation des ces E.E., les
mailles devront être constituées d’un métal solide (Peut être du tungstène) et
les cordons doivent être des filins métalliques. Par ailleurs, pour recueillir
des essaims, la partie la plus évasée est dirigée vers le haut, alors que pour
attraper des E.E, il faudra qu’elle soit vers le bas. Mais du fait que
l’épuisette sera métallique et donc rigide, cela ne présentera pas de
difficulté.



J’ai prévu une épuisette de 3 mètres de hauteur, avec un cercle
métallique sur la partie la plus évasée, dont le diamètre fera 1 mètre 20. Pour
la fermeture, elle sera assurée par une autre épuisette cylindrique celle là,
et fixée sur le cercle métallique. Un câble entrelacé dans les mailles du fond,
permettra, par simple tirage de fermer entièrement le piège.



J’ai bien conscience que cet appareil est des plus rudimentaires, ce qui, à mon avis, ne met pas
en cause son efficacité.


J’ai envoyé par mail à Luc, schémas et
explications écrites. J’ai ainsi l’impression de participer aux efforts effectués
pour sauver la région.



Au moment où j’allais interrompre le compte rendu de la journée, j’ai
reçu un bref coup de fil de Françoise qui m’a appris que les E.E. avaient
interrompu les travaux dans les trois tunnels. Etait-ce le début de la guerre
des tranchées, prévue par le Président et par Luc ? Trop tôt pour le dire.
Françoise n’a rien dit de plus, et n’a pas abordé d’autres sujets. Tant
mieux !!



Mais pourquoi a-t-elle voulu me tenir au courant de cette
évolution ? Je ne fais pas partie du brain- trust qui s’occupe des E.E.
Par ailleurs, elle ne m’a parlé, brièvement d’ailleurs, que de ce problème. La
communication n’a pas duré plus de deux minutes. La seule raison de ce coup de
fil, à laquelle je pense, d’une façon immodeste, encore une fois, je le
reconnais, c’est qu’elle voulait entendre ma voix. A vrai dire, je n’y crois
pas vraiment, mais il faut bien trouver une explication. Alors, quoi ? Peu
importe. Ce n’est ni le lieu ni le temps,
de laisser gambader la folle du logis. La situation est trop périlleuse.
( A suivre)

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Anne
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MessageSujet: Re: ALERTE A GOLFECH   Jeu 30 Juin - 12:29

aristee a écrit:
Anne a écrit:
Ils sont intelligents, y aura t-il contact ?

Bonne journée Aristee, j'imagine qu'il fait très chaud dans le Gers aussi.

Ils sont intelligents. C'est déjà certain. Y aura-t-il des contacts? Ce n'est pas certain, mais probable.
Je vois de ma fenêtre les cheminées de Golfech, dans le Tarn et Garonne.. Le Gers n'est pas très loin, mais trop paresseux pour inventer, j'habite, comme je l'indique dans ce bouquin dans le Lot et Garonne, à Puymirol plus précisément.
En ce qui concerne la chaleur, notre région est pratiquement chaque jour dans le peloton de tête.
Petit souvenir personnel. J'étais à Karthoum, et je m'étais rendu à pied inspecter notre agence. La chaleur était intense.Notre agent m'a gentiment appris un adage soudanais.
" Par ces temps là, il n'y a que les Anglais et les chiens fous pour circuler à pieds"

Je suis allé chercher quelques infos sur cette centrale... comment vis-tu personnellement un tel voisinage ?

Je connaissais cet adage il est appliqué un peu dans tous les pays chaud... et c'est assez vrai.

Un idylle dans l'air, peut-être une guerre des tranchées ? Je n'ai pas pu lire hier j'ai fais du rattrapage. Quelques soucis de santé m'éloigne de l'ordinateur j'y passe que très rapidement.

As-tu gardé quelques ruches ?

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MessageSujet: ALERTE A GOLFECH   Ven 1 Juil - 7:38

CHAPITRE 4














LE 11 JUILLET 19 HEURES





Ce matin, il n’y
avait rien de neuf du côté des E.E. . Pour l’instant, ils ne travaillent
plus, ou plus exactement, ils ne creusent plus, car peut-être font-ils autre
chose. Contrairement à la première fois, ils ne sont pas redescendus. Ils sont
restés sur place, comme si cette arrêt n’était que temporaire. Quand à nous,
nos travaux se poursuivent, et le quadrillage de souterrains sous la centrale,
est très avancé. Dans deux ou trois jours, nos forages seront terminés, et il
faudra penser sérieusement à nos moyens d’attaque pour empêcher ces bêtes de
venir faire sauter la centrale.


J’ai reçu tout à
l’heure un mail de Luc. Il accuse réception de mes plans et explications
concernant mon « piège à E.E. » Sans juger que mon idée est farfelue,
il se contente de me dire gentiment, que toutes les propositions méritent
d’être étudiées. De son côté, il travaille sur un tout autre système. Il s’agit
d’un gros appareil qui pourrait aspirer plusieurs E.E, puis, au moment où il se
refermerait par le bas, un grillage métallique, serait déroulé pour empêcher les bêtes de monter vers nous. L’appareil
devait être remonté avec les E.E. prisonniers. Ce n’est que si elles
parvenaient à franchir le grillage, que des tonnes d’acide, seraient déversées. Il est inutile de tuer, s’il est
possible de faire autrement..


Luc, estimait que
cette technique, permettant de capturer quelques spécimens de nos attaquants, pour
les étudier immédiatement, retarderait
sans doute une autre attaque sous la centrale. Il espérait même décourager
complètement ces E.E. s’ils reconnaissaient notre supériorité.


Je pense,
honnêtement, que son idée est meilleure que la mienne, et qu’en définitive, je
ne suis pas à même de participer aux plans de guerre contre nos ennemis. Mon
rôle doit se cantonner, à celui d’historiographe de cette période dramatique.
Je ne suis pas loin de penser que mon brusque besoin d’écrire, et les
évènements de la Centrale sont intimement liés. Il doit y avoir un déterminisme
dans tout cela. Une interférence rationnelle, obligatoire, de séries causales
qui nous paraissent indépendantes, nullement liées l’une à l’autre, parce
qu’elles se trouvent dans notre subconscient.


Il est une chose qui
me surprend. Il y a tout de même, par la force des choses, un nombre assez
important de personnes au courant des vraies raisons des forages effectués,
tant à Golfech que dans la région de Valréas. Or, il n’y a pas eu, un seul
article dans les journaux. C’est heureux, très heureux, mais surprenant.


Je venais juste
d’écrire ces derniers mots, pour exprimer ma surprise de constater qu’aucun
journaliste ne s’était fait l’écho du problème des E.T., lorsque j’ai reçu un
coup de fil de mon ami Jacques.


Un évènement aussi considérable qu’une attaque
d’une centrale atomique, continue à passer inaperçu, alors que mon petit, tout
petit problème qui ne concerne que Françoise et moi, est déjà connu, tout au
moins de Jacques. Il avait un petit air ironique pour me dire.

-
Bonjour mon cher Don Juan. Tu es toujours le bourreau
des cœurs de ces dames ?


Et comme je tentais bêtement de
faire celui qui ne comprenait pas, il reprit :

-
Ne te fatigue cher gentleman, bravo pour ta discrétion,
mais c’est elle même qui m’en a parlé. Je sais bien que tu n’y es pour rien. Tu
plais naturellement aux femmes. Je te l’avoue, je ne vois pas ce qu’elles te
trouvent, mais pour comprendre les femmes……Bon. Je voulais seulement te
rappeler qu’elle est mariée à Luc, or, dans la situation dramatique que nous
traversons, s’il y a une personne qu’il ne faut à aucun prix déstabiliser,
c’est bien Luc. Alors, attention mon petit Pierre. Pas de bêtise !


Puis, Jacques en est venu à la
vraie raison de son coup de fil. Luc, qui pense déjà à l’après victoire, lui a
demandé de s’associer avec lui, pour développer et commercialiser ses
recherches sur les rayons I.T ( intra-terrestres). Jacques est tenté de
répondre par l’affirmative, car le problème le passionne, et l’étude des
sous-sols doit avoir des applications pratiques multiples et importantes. Mais
il ne peut prendre sa décision, sans s’être assuré auparavant de la pérennité
de sa société actuelle d’informatique. Il m’a demandé de prendre la gérance de
sa société. J’ai des connaissances assez approfondies dans ce domaine, mais il
est évident que des stages me seraient nécessaires. Bref, sur le plan
technique, il n’y a pas d’obstacle sérieux. Par ailleurs, cette solution, me
permettrait de rester chez moi, à Puymirol. Or, je suis très tenté d’abandonner
mes longs voyages, fatigants à la longue. Voilà les motifs avouables qui
expliquent mon intérêt pour la proposition de Luc. Et ensuite (sans que ce
« ensuite » signifie que cette raison vienne en dernier lieu)
avouons-le, elle me permettrait de rester à proximité de Golfech où habitent
Luc….. et Françoise.



Sans réfléchir plus avant,
j’ai donné mon accord de principe. Nous étudierons les conditions plus tard.
Cependant, je ne serai libre que dans trois mois, c’est le préavis que je dois
à ma société.


Ce sera pour moi un virage à 180 degrés. Je
vais changer à la fois, d’activité, et de genre de vie. Je vais devenir
sédentaire.



En écrivant ces mots, je me rends compte, que tout cela est prématuré.
J’en étais arrivé à faire abstraction de la lourde menace qui pèse sur nous.
Décidement, je raisonne faux. Pourquoi ? Je préfère ne pas trop chercher
la réponse à cette question.





LE 13 JUILLET 20 heures.






Je n’ai pas pu écrire hier. J’avais trop à faire. Rentré à plus de
minuit, je suis reparti ce matin à 6 heures. Je suis rentré faire une courte
sieste, vers 13 heures, et je reviens à l’instant de Golfech. Certes je
préférerais aller me coucher, car je suis sur les genoux, mais je commence à
prendre au sérieux mon rôle d’historiographe. Un impérieux sens du devoir, me
pousse à retracer fidèlement les évènements, qui se produisent ici.


Hier, dans l’après midi, nous nous
trouvions Jacques et moi, dans un des tunnels situé à moins 120 mètres sous la
centrale. Nous étions assis sur un rocher qui avait été dégagé pour servir de
banc, et nous parlions bien sûr, de ces drôles de bêtes qui occupent totalement
nos pensées depuis une dizaine de jours. Le tunnel était éclairé par des
ampoules électriques tous les 20 mètres, et nous étions assis sous l’une
d’elle. Le premier, je vis, à 5 ou 6 mètres de moi, que la terre faisait comme
un tourbillon. J’attirais l’attention de Jacques sur ce phénomène, et quelques
secondes plus tard, sous nos yeux ahuris, apparut l’un de ces E.E..



Je renonce à décrire ce que je ressentis. C’était un mélange de
sentiments trop divers et souvent contradictoires. Tout à la fois, surprise,
peur, joie, orgueil, désir de fuite, envie de m’approcher de la créature. En
fait, ce cocktail n’a que peu d’importance, mes sentiments n’ayant aucun impact
sur la situation, et je vais m’en tenir aux faits.



« La chose » entièrement sortie de terre, en moins de 10
secondes, se tint debout devant nous, sans bouger. Elle mesurait à peu près 1
mètre de hauteur et 50 cm de large. Le haut était une boule dont le sommet
faisait penser à un crâne chauve. Le reste du corps était une masse compacte,
d’où sortaient 6 pseudopodes. A ce moment là, deux servaient de jambes et deux
de chaque côté, étaient parfaitement immobiles, dirigées vers le bas.
L’ensemble de la bête, à l’exception de « la tête », était toujours
en mouvement, se gonflait, se dégonflait sans arrêt, comme s’il s’agissait
d’une respiration. Jacques, le premier, reprit ses esprits. En lui, la
curiosité était la plus forte. Il se leva et s’approcha de la bête, qui projeta
ses quatre pseudopodes vers l’avant, soit pour se protéger lui même, soit en
signe d’accueil. Allez savoir !!



Je m’approchais à mon tour, et je constatais que contrairement à ce que
j’avais pensé de prime abord, la boule n’était pas une sphère lisse et
uniforme.


Très curieusement, il y avait de chaque
côté de « la tête » des dessins en léger relief, qui représentaient
la forme d’oreilles humaines. A l’emplacement des yeux, deux fentes très
étroites, qui ne bougeaient pas, Un nez était également dessiné en relief un
peu plus accentué, et un simple trait, pouvait représenter une bouche. Tout se
passait comme si cet animal possédait une tête humaine dont les organes des
sens avaient tous été atrophiés.



Pourtant, manifestement, cet
être, qui n’avait pas d’yeux opérationnels, nous voyait, car il était tourné
vers nous et son geste prouvait qu’il avait perçu le déplacement de Jacques.


Je remarquais également, et cela me
servira plus tard, que sur ce que l’on pouvait appeler le front, il y avait un
cercle rouge.





Mon ami, qui voulait sans doute savoir si la
chose émettait des sons, se mit à parler.


-Bonjour et bienvenue chez les terriens.
Avez-vous un langage ?


Comme si la question avait été
comprise, nous avons entendu des sons d’une modulation très douce, et qui se
rapprochait plus d’un langage humain, que d’un cri de bête. Néanmoins, il était
complètement incompréhensible pour nous, et rien dans le visage n’avait bougé.
C’est comme si les sons sortaient du corps, comme les ventriloques. Jacques
continua à s’approcher lentement, toucha légèrement un pseudopode, et me
dit :

-
C’est une peau qui semble très épaisse. Elle est tiède.
Cette bête a un métabolisme. Pourtant, je ne vois pas ce qui pourrait servir de
bouche. Sans doute se nourrit-elle par osmose ? Mais de quoi ? Elle
respire, mais j’ai l’impression qu’elle aspire et expire l’air par tout son
corps. En tout cas, elle semble bien s’accommoder de notre air qu’à mon avis, elle
n’a pourtant pas, à plus de 7000 mètres sous terre.


De plus ajouta mon ami, au bout des
tentacules je crois apercevoir, sur chacun, 5 doigts atrophiés, formant une main miniature.


A mon tour, je lui fis observer
les dessins en relief sur le visage, et il me répondit :


- Pas de doute, ce sont des
humanoïdes dont certaines caractéristiques ont été atrophiées avec le temps.






Mon ami dut s’interrompre, car à
son tour, avec les 4 tentacules qui ne servaient pas de jambe, la bête lui
parcourait la tête, le corps et les membres. Jacques se laissa faire et me dit
un peu plus tard que les gestes étaient doux, et sans aucune animosité.



Je me décidais à mon tour à parler :

-
Nous avons un problème, Jacques, et un seul pour
l’instant : comment communiquer avec cette bête ? Nous avons tant de
choses à lui demander. Par exemple, pourquoi n’est elle pas avec les autres, à
moins 2000 mètres ? Pourquoi est-elle venue ? Quels sont leurs
projets ? Et mille autres questions sur leur vie, leur procréation, leurs
occupations, etc….


Comme si elle avait compris mon
interrogation, la bête se mit à racler la paroi verticale pour en faire une
surface parfaitement plane. Pour ce faire il utilisa ses six tentacules, ainsi
que sa tête qui semblait être d’une dureté exceptionnelle. Il travailla très
vite et en deux minutes, il avait réalisé comme un tableau de deux mètres de
haut sur 1 mètres 50 de large, et ayant saisi un caillou aux arêtes vives entre
ses petits doigts, il se mit à tracer des signes sur le mur.


Je ne comprenais absolument pas ce que
ces « hiéroglyphes » pouvaient signifier, et ne faisais aucun effort
pour y parvenir, sachant par avance que ma tentative serait vouée à l’échec. En
revanche, Jacques était très intéressé, et lorsque l’E.E. en eut terminé, il se
plaça devant le « tableau » et l’examina attentivement. Quelques
minutes après, d’une voix enrouée par l’émotion, il me dit :

-
C’est fantastique. Les signes sont différents des
nôtres, mais il vient d’écrire une formule mathématique de haut niveau. C’est
une certitude.

-
Si tu ne te
trompes pas, c’est assez intéressant, mais cela ne nous fait pas avancer d’un
millimètre. Nous ne pouvons pas discuter avec lui.

-
Pas d’accord
avec toi. Nous venons d’apprendre d’une façon irréfutable, que ces bêtes qui
nous semblent peu évoluées, ont une intelligence au moins égale à la notre. Si
tu trouves que cette découverte est sans intérêt, que te faut-il ?

-
Tu n’as pas
tort, mais cela ne nous permet pas de correspondre avec lui. Or, nous aimerions
savoir ce que sont leurs projets, s’ils nous veulent du mal, et pourquoi, celui
là, est venu seul vers nous.

-
Nous savons déjà qu’il est intelligent. En premier
lieu, je vais lui prouver que nous le sommes aussi.


Jacques essayait, assez
maladroitement d’effacer les signes tracés par la bête, qui, le poussant
légèrement, et sans brutalité, de côté, mis en route toutes les parties de son
corps pour effacer lui-même « le tableau » le rendre lisse et apte à
recevoir d’autres inscriptions.



A tout hasard, Jacques secoua la tête de haut en bas pour le remercier,
en espérant que ce signe ne serait pas compris de travers. Puis à son tour, il
traça la première équation de Fick (selon les dires de Jacques) que comprit
parfaitement la bête, puisque après avoir nettoyé le tableau, elle écrivit une
autre équation mathématique.



Il est évident qu’ils étaient entre scientifiques. Mais je ne comprenais
rien à tout cela, et je me demandais si tous les E.E. étaient du même niveau
que celui qui était avec nous, où s’il faisait partie d’une élite, comme
Jacques chez nous, alors que ses congénères étaient de braves petites bêtes
comme moi. Je me posais cette question à haute voix, quand Jacques, traça une
parenthèse autour de la formule du E.E. et pointa du doigt la direction vers
laquelle se trouvait ses compagnons. C’était une façon de demander s’ils
étaient tous capables d’écrire ces équations. Sans hésiter, notre
compagnon, se désignant fit un signe
vers le haut, puis pointant deux tentacules vers ses semblables, il les dirigea
une deuxième fois vers le bas. On ne pouvait être plus clair. Il faisait partie
d’une élite, et les autres étaient d’un niveau intellectuel bien inférieur.


C’est alors qu’intervint une scène dont
j’étais totalement exclu. L’un après l’autre, Jacques et l’E.E écrivait sur
« le tableau » des formules auxquelles je ne comprenais rien. Ils
partirent des plus simples, la circonférence, la surface du cercle, le volume
de la sphère, pour aller vers les plus compliquées. C’est la bête, qui se
chargeait, entre deux formules, de restaurer le mur pour que chaque fois, les
signes soient parfaitement visibles.


On sentait parfaitement que, vivant en
permanence dans la terre, « la chose » maitrisait entièrement ce
matériau.



Parfaitement exclu de ces échanges, je pris mon parti de cette situation,
en m’asseyant sur le banc pour attendre que les grosses têtes aient fini leurs
assauts de connaissances.



Cela dura plus d’une heure, puis, après avoir effacé une dernière fois
les inscriptions sur la paroi, la bête vint vers moi, allongea un pseudopode
qui me toucha au bras, se retourna vers Jacques pour en faire autant, puis se
dirigea vers le trou dont il était sorti, et disparut aussitôt.

-
Conversation intéressante, demandais-je à mon ami, avec
une nuance ironique ?

-
Plus que tu ne le crois. Cet être est remarquable sous
ses dehors frustes et peu sophistiqués. Nous nous sommes donnés rendez- vous demain à 15 heures ici même, en
nous servant du système solaire qu’ils connaissent, bien que vivant à 7000 mètres
sous terre, c'est-à-dire « hors le temps ». C’est incompréhensible
pour moi. Du moins pour l’instant.


Il est important, que nous soyons seuls à ce rendez-vous, tous les trois,
aussi je te demande instamment de ne parler à personne de ce que nous avons vu.

-
Mais enfin, comment avez-vous pu vous donner un rendez
vous aussi précis ?

-
Il n’y avait pas
de difficulté. 24 heures c’est exactement un tour de la terre sur elle-même.
Or, la cosmographie n’a pas de secret pour lui. J’avoue, là encore, ne pas
comprendre par quel mystère, ils connaissent le ciel.

-
C’est bien, mais qu’as-tu appris d’autre, qui pourrait
nous intéresser sur leurs intentions ?

-
Dans ce domaine,
nous n’avons pas beaucoup avancé. Mais j’ai cru comprendre qu’il se
désolidarisait personnellement de ses congénères, lesquels seraient animés
d’une certaine animosité à notre égard. Bien sûr, nos relations sont encore
rudimentaires, mais j’ai la certitude, que nous arriverons un jour à nous
comprendre correctement.

-
Je suis un peu surpris par le fait que ces « choses »
si différentes de nous, sur le plan morphologique, paraissent en fin de compte,
assez proches de nous sur les plans de l’intelligence, des sentiments, et
portent les stigmates de nos organes des sens. Ils pratiquent les
mathématiques, ils peuvent être en désaccord sur l’attitude à adopter vis-à-vis
de nous, ils savent s’exprimer en traçant des signes. Il faut avouer que tout
cela est troublant, et je serais curieux de savoir d’où ils peuvent bien venir.

-
Nous avons la chance d’avoir la visite d’un spécimen,
sans avoir eu à le capturer. Il est donc entièrement libre, ne semble pas apeuré du tout, et je
suis persuadé qu’il a autant le désir de nous connaitre, que la réciproque.
J’ai donc bon espoir. Pour répondre à ton interrogation, je suis d’accord pour
penser, qu’ils sont bien plus proches de nous que les bêtes évoluées que nous
connaissons sur terre. C’est vrai que, s’il n’y avait cette différence
morphologique, on pourrait penser que ce sont des hommes qui ont évolué
différemment.


En tout cas, je ne reproduirai pas l’erreur de
ne pas noter les signes qu’il inscrit, avant de les effacer. Désormais, je
prendrai, un carnet, et ne le laisserai effacer ses signes, qu’après les avoir
recopiés. J’espère parvenir, par analogie, à reconstituer le sens de chacun de
ces signes. Comme nous, ils semblent avoir un alphabet, et il faut que je
parvienne à trouver la concordance avec nos propres lettres.
( A suivre)

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MessageSujet: Re: ALERTE A GOLFECH   Ven 1 Juil - 15:23

Étrange le fait de les nommer les bêtes alors que l'histoire nous raconte la rencontre entre deux espèces "humaine". Intelligence avancé etc...

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MessageSujet: ALERTE A GOLFECH   Sam 2 Juil - 8:24

CHAPITRE 5





LE 14 JUILLET 19
HEURES





Il n’était pas
question de se reposer, le jour de la fête nationale. Il fallait continuer à
observer attentivement les activités des E.E., et nous avions rendez-vous dans
l’après midi avec notre nouvel ami.


Dans la matinée, il ne s’est rien passé. Les
bêtes ( nous avons l'habitude d'appeler "bêtes", les êtres qui ne sont pas des hommes, alors que les hommes sont eux mêmes des animaux, donc des bêtes) restaient regroupées dans les 3 tunnels, mais ne travaillaient pas, ou
plus exactement, ne creusaient pas. Jacques avait longuement appelé Luc, car la
consigne de silence ne pouvait s’étendre à celui qui était le chef de
l’opération. Lorsqu’il apprit que nous étions en contact avec l’un d’eux, il
aurait voulu se joindre à nous, mais un accident était survenu dans la journée
sur le chantier de Valréas.


Le creusement dans
cette région s’effectuait aisément et rapidement, car ils étaient arrivés dans
une couche de sable. En revanche, les travaux d’étayages étaient plus
complexes, il y eut un effondrement, au cours duquel quatre ouvriers furent
blessés, assez légèrement fort heureusement.


Luc, demanda à
Jacques, d’obtenir un nouveau rendez vous le lendemain, avec l’E.E. afin qu’il
puisse y assister.


A ce moment là,
nous ne savions même pas, si la bête viendrait à 15 heures comme elle s’y était
engagée.


Si l’exactitude
est bien la politesse des rois, les E.E mériteraient de détrôner le lion, pour
devenir le roi des animaux. Notre nouvel ami était là, pile à l’heure convenue.


Comme la veille,
je m’assis sur le petit banc, et me contentais d’observer les attitudes de la
bête. A vrai dire, en dehors des tentacules très mobiles, le reste du corps
malgré mon examen attentif, restait immobile. L’emplacement des yeux ne servait
pas à voir, la fente qui représentait la bouche ne s’ouvrait jamais. Dans la
boule, qui représentait le visage, rien ne bougeait.


Lorsque le E.E.
repartit, alors que nous remontions à la surface, Jacques me dit :

-
Nous progressons lentement. J’ai recopié tous les
signes qu’il avait tracés sur la paroi, et j’ai beaucoup de travail sur la
planche. J’ai pris rendez vous pour demain à la même heure, mais je te
demanderai d’accompagner Luc, car moi, je veux essayer de mettre au clair, la signification de leurs
signes. N’oublie pas de demander à Luc de recopier aussi, tous les signes avant qu’ils ne soient effacés.


J’ai une petite idée sur leur
origine, mais je n’ai aucune preuve, et je préfère attendre, avant d’en parler.
Malgré mon insistance, il ne voulut pas me dévoiler son idée.

-
Comprends-moi me dit-il, il ne faut pas que nous ayons
des idées préconçues. Si je te disais, ce à quoi je pense, ton propre jugement
serait faussé, car tu aurais tendance à prendre mon hypothèse comme une base de
départ de ton opinion. Ce serait antiscientifique.


Je n’ai pas insisté, et suis
rentré chez moi.





LE 20 JUILLET 22 HEURES





Six jours viennent de passer,
durant lesquels je n’ai pas écrit. J’avais acquis, par la force des choses, des
connaissances assez importantes dans la technique des creusements et étayages
des puits. Luc après sa première entrevue avec notre E.E., m’avait demandé de
le remplacer à la tête de l’équipe de Valréas. Je suis parti en catastrophe et
j’avais oublié d’emporter ce cahier. Je suis rentré dans l’après midi, et je me
suis rendu aussitôt à Golfech, pour voir où nous en était la situation.


Pendant mon absence, il ne s’est
pratiquement rien produit sur le plan des travaux. Seul fait important, les
E.E., au lieu de rester sur leurs trois chantiers de creusement à moins 2000
mètres, sont tous redescendus à la cote de moins 5000, qui semble être devenu
leur camp de base. Ont- ils renoncé à l’attaque de la Centrale ?
Impossible de le savoir. Depuis 5 jours, « notre » E .E., n’est
plus revenu, et là encore nous n’en connaissons pas la raison. Après ses
« discussions » avec Jacques, puis avec Luc, est-il parvenu à
convaincre ses congénères d’abandonner leur projet ? Nous l’espérons, mais,
en fait nous l’ignorons totalement.


Ce matin, en quittant Valréas, j’ai
constaté que notre chantier en était arrivé à près de moins 5000 mètres. Avec
nos appareils, nous n’avons pu apercevoir la moindre modification dans
l’attitude des E.E. de cette région. Ils ne semblent pas avoir connaissance de
nos travaux. J’espère, que lorsque nous arriverons à leur proximité, l’un des
leurs, comme à Golfech viendra à notre rencontre, car je dois dire que
l’appareil mis au point par Luc, pour en capturer quelques uns, ne m’inspire
pas grande confiance. Nous verrons bien.



En fin d’après midi, tout à l’heure, Françoise est venue sur le
chantier, pour nous inviter Jacques et
moi, à venir dîner chez elle. Luc a appuyé cette invitation, car nous n’avions
pas eu le temps de beaucoup parler ensemble, et il voulait que je lui donne des
détails sur les travaux de Valréas.


Cette invitation n’avait rien
d’exceptionnel, pourtant, en la faisant, c’est moi que Françoise regardait avec
insistance. J’en étais gêné. Non pas vis-à-vis de Luc qui est toujours perdu
dans ses pensées, mais vis-à-vis de Jacques, qui connait l’inclination de
Françoise à mon égard.


Je
me propose, dans un tête- à- tête avec elle, de lui répéter ce que Jacques
m’avait conseillé avec raison. Nous n’avons pas le droit de déstabiliser Luc,
aussi longtemps que le problème des E.E. ne sera pas réglé. Pour ma part, je
tente de ne pas trop réfléchir à mes sentiments, tout en sachant parfaitement,
que je ressens de mon côté une attirance pour elle.


Si je suis appelé à être l’historiographe
de ces évènements, il faudra que je supprime tous les passages traitant des
sentiments personnels.


Je
suis sur les genoux. Je vais me coucher.





LE 21 JUILLET 19 HEURES 30





Notre ami E.E. est revenu aujourd’hui. Il est
arrivé à 15 heures exactement, alors que Jacques et moi nous attendions, à tout
hasard à l’endroit habituel.


Jacques, était parvenu à identifier la
signification d’une bonne vingtaine de signes. C’était encore insuffisant pour
communiquer facilement, mais avec des dessins à l’appui, ils commençaient à
bien se comprendre.


La conversation d’aujourd’hui a été très
importante, car nous sommes à peu près certains, maintenant, de savoir
l’origine des E.E. Si nous ne nous trompons pas, ils sont venus en fusée. Notre
ami avait dessiné une boule ronde qui représentait la terre, puis, une fusée
très analogue à celles que nous utilisons de nos jours. Sur un second dessin, la
fusée avait pénétré les premières couches terrestres, et un troisième dessin,
représentait des hommes, à notre image, sortir de la fusée.


Luc et Jacques étaient d’accord pour
interpréter ces dessins de la façon suivante.


A une période indéterminée, mais
certainement très ancienne, des hommes, sur terre étaient parvenus à un stade
de développement supérieur au notre actuellement. Des fusées leur permettaient
de voyager dans l’espace, peut être même, en dehors de notre galaxie.


Du fait d’un phénomène les mettant en
danger, encore inconnu par nous, beaucoup d’humains de l’époque, ont du quitter
la terre. Beaucoup plus tard, certains d’entre eux sont revenus voir ce qu’il
était advenu de la terre, mais par suite d’une modification de la pesanteur,
les fusées extrêmement solides, pénétrèrent profondément dans la terre. Comment
ces hommes purent-ils survivre et se développer sous terre ? Nous
l’ignorons. En revanche, il est probable que les hommes qui n’avaient pas
connus l’exode, étaient les moins évolués, et qu’ils avaient du repartir de
zéro, pour en arriver au stade où nous en sommes actuellement.

( A suivre)

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MessageSujet: ALERTE A GOLFECH   Dim 3 Juil - 8:53

DEUXIEME
PARTIE



CHAPITRE 1


LE 3 AOUT 11 HEURES





Hé oui ! Je n’avais plus
écrit depuis le 21 Juillet. Mais vous allez facilement en comprendre la raison.
Je ne pense pas me tromper en disant que je viens de vivre les journées les
plus extraordinaires de ma vie. Lorsque je suis rentré, hier soir, j’étais
absolument incapable d’écrire quoique ce soit. J’ai pris une très, très, longue
douche, puis je suis allé me jeter sur mon lit, où j’ai passé une nuit de 11
heures. Mon sommeil, a été peuplé de cauchemars affreux, dont je ne me souviens,
que par quelques bribes fugitives, mais lorsque je me suis réveillé ce matin,
j’étais groggy, comme dans un autre
monde, et il m’a fallu une autre douche de près d’une demi- heure pour
récupérer un peu de ma lucidité.


Je vais commencer à relater les évènements
que je viens de vivre, et après un rapide repas et une bonne sieste, je
reprendrai mon récit dans l’après midi.






Je commence donc le compte rendu de mon aventure qui sort de
l’ordinaire.






Le 22 Juillet, vers 9 heures, je suis retourné à Golfech, pour voir où
en était la situation. Il était vrai que depuis la découverte de l’existence de
ces E.E., presque toutes mes pensées étaient tournées vers eux.



Luc et Jacques, n’étaient pas sur le chantier, et je suis descendu seul,
dans le puits vertical d’abord, puis le réseau de galeries souterraines.
J’avais pris l’habitude de venir dans l’une d’elles en particulier, car il y
avait à l’entrée, les appareils pointés sur l’agglomération des E.E., que l’on
pouvait balayer pour voir s’il y avait des changements, de nouveaux
déplacements des E.E..



Ce matin-là, il n’y avait rien de changé. Ils étaient toujours à la cote
moins 5000, et je commençais à penser qu’ils avaient abandonné toute idée de s’attaquer
à la centrale de Golfech.


Vingt mètres après les appareils, se trouvait
le trou par lequel notre ami E.E. arrivait et repartait. Ce n’était pas l’heure
à laquelle il nous rendait visite, et je résolu d’aller m’asseoir sur le rocher
aménagé en banc, situé 10 mètres après le trou. Après tout, il pouvait avoir
changé ses heures de visite, et j’aurais été, je l’avoue, très heureux de
l’avoir pour moi tout seul, car lorsque je me trouvais avec Luc ou Jacques, ce
sont eux qui se trouvaient en première ligne, et je ne jouais qu’un rôle de
figurant.


Je ne pus atteindre le banc, car en passant
devant le trou, je sentis soudain que mes deux chevilles étaient saisies avec
force, et que j’étais entrainé dans le trou.



J’ai eu une frousse inouïe. Je l’avoue d’autant plus facilement, que je
défie quiconque de rester calme, dans ma situation.



Très vite, mes chevilles furent libérées alors qu’en même temps, deux
tentacules s’enroulaient sous mes bras, et que la descente commençait. Cette
descente n’était pas vertigineuse, et je crois que l’E.E qui m’enserrait avait
pour mission, précisément de ralentir ma chute.


Cette relative lenteur me permit de ne pas
aller me fracasser à je ne sais combien de milliers de mètres de profondeur,
mais insensible sur le moment, à cet avantage, le temps me parut être d’une
longueur extrême. Je crois d’ailleurs que durant ces longs moments, mon corps
et mon esprit étaient déconnectés, et que ce dernier était resté là-haut.


Je me trouvais dans le noir le plus absolu,
et ce dont je me souviens surtout, c’est que mon garde du corps, se gonflait et
se dégonflait à un rythme constant. Jacques avait parlé de respiration, c’était
sans doute cela.



Cet hallucinant voyage se termina enfin sur une plateforme, où se
trouvaient quelques dizaines d’E.E. Lorsque mes pieds arrivèrent sur le sol,
mon accompagnateur me libéra de ses tentacules, et je me trouvais absolument
libre de mes mouvements.


Mes pensées, étant polarisées sur le
moment présent, ce n’est qu’un peu plus tard que je réalisais ce fait
inattendu : je respirais d’une façon normale, comme à ciel ouvert. Cette
remarque s’accompagna d’une constatation bien rassurante: Ma vie, dans
l’immédiat, n’était pas en danger.


Nous étions dans la pénombre,( j’en
expliquerai la raison plus tard) les E.E. autour de moi, me regardaient et en
tout cas leurs faces étaient tournées vers moi, mais je ne décelais aucune
attitude agressive, et la gentillesse avec laquelle ils avaient veillé à
amortir ma descente, confirmait cette idée de pacifisme.


Je ne pouvais pas savoir si notre ami qui
était monté jusqu’à nous, se trouvait parmi eux, car ils se ressemblaient tous.
Je ne pouvais, moi-même, déceler que des différences de tailles. La plupart
mesuraient de 80 cm à un mètre de haut, et il y en avait de beaucoup plus
petits, des enfants certainement.



Je restais un moment sans bouger, attendant une éventuelle initiative de
leur part, puis, comme ils restaient immobiles, je me mis à marcher, et ils me
suivirent, sans se rapprocher de moi, et ils n’avaient aucun geste belliqueux.


Je savais que cela ne servait à rien, mais
pour essayer d’atténuer la peur qui me tenaillait, je me mis à parler.
Aussitôt, ils en firent de même, et je fus entouré d’un vacarme épouvantable,
chacun voulant sans doute émettre une opinion, dans un langage, dont je ne
comprenais pas un traitre mot.



L’un d’entre eux, leva très haut deux tentacules étirées, et aussitôt le
silence se fit. Moi-même, je fis silence. Je venais de constater qu’il y avait
une hiérarchie chez eux, et une preuve supplémentaire me fut donnée, quand le
chef se mit à parler à ses congénères, dans un silence général.



Son harangue terminée, il vint vers moi. Il était manifestement intrigué
par mes vêtements. Il les tâtait, les soulevait légèrement. Je crois que son
problème était de savoir s’ils faisaient partie de « la bête » que
j’étais pour lui.


Pour l’aider, j’enlevais ma veste, et la
laissais tomber par terre. Il la ramassa, la regarda sous toutes les coutures,
puis la laissant tomber à son tour, il recommença son étude sur ma chemise.


Estimant que l’étude ne devait pas être
unilatérale, j’écartais ses tentacules, et me mis à mon tour à parcourir son
corps de mes mains. Il se laissa faire. Comme l’avait dit Jacques, la peau
semblait épaisse, et pourtant relativement douce. Ces E.E étaient-ils
chatouilleux ? Le corps dégageait une chaleur qui était sans doute assez
proche de la notre. Il me laissa relativement faire, et lorsque j’eus terminé,
j’enlevais ma chemise, pour faire preuve d’un esprit de collaboration, et qu’il
puisse avoir un accès direct à ma peau. Avec ses « mini-mains » au
bout des tentacules, il dut faire les mêmes constatations que moi, en ce qui
concerne nos températures respectives similaires. Puis, il se recula et s’adressa
à la bande autour de lui, qui l’écouta je dirais, presque religieusement.



Je commençais à reprendre mon équilibre, bien que mon avenir soit
toujours aussi incertain. Certes, ils ne me voulaient aucun mal dans
l’immédiat, mais j’étais pour eux, un spécimen unique, je me demandais s’ils
finiraient par me laisser remonter parmi les miens et dans l’affirmative,
quand ?


Le chef après avoir cessé de parler, revint
vers moi, et recommença son manège avec mon pantalon, pour essayer de l’enlever.
Il n’aurait pas été gênant pour moi, d’être nu devant ces bêtes inconnues, mais
la pudeur doit être un élément profondément ancré en nous, car je me dégageais
vivement, et il dut en conclure, que le pantalon, lui, devait faire partie de
la bête, et que me l’enlever me ferait mal. C’est en tout cas ce que je pensais
qu’il pensait…..sans aucune certitude. Toujours est-il qu’il n’insista pas.


S’adressant visiblement à moi, et à moi seul,
il prononça quelques sons, sans doute pour m’inciter à en faire de même. Ne
sachant vraiment que dire, je récitais « La mort du loup » de Vigny.
Il m’écouta attentivement, et ne comprenant visiblement rien à ce que je
disais, il m’interrompit avant que je n’en arrive à « gémir, pleurer prier
est également lâche » en ramassant ma chemise avec un tentacule, et la
désignant avec un autre tentacule, il me demanda, c’était évident, comment
j’appelais cette chose. Je dis chemise. Il essaya de répéter ce mot. Dix fois,
je redis « chemise » et il fini par le répéter à peu près
convenablement. Puis il fit la même chose pour la veste. J’avais vu qu’il avait
été intrigué par mes cheveux, puisque eux-mêmes, les E.E. n’avaient pas de
poils, aussi de moi-même, je saisis une de mes mèches et prononçais


« Cheveux » Au bout de quatre ou
cinq fois, il parvint à le prononcer. Les E.E. sont doués en langues étrangères,
j’avais acquis une nouvelle information.


Poursuivant son étude sur moi, en prenant
mes vêtements, il se dirigea vers une
paroi qui avait été aplanie pour servir de tableau et me faisant voir ma veste,
d’un tentacule, et me tendant un morceau de calcaire de l’autre, il me fit voir
le tableau, voulant manifestement, que j’écrive le mot veste. Ce que je fis. Il
désigna ensuite ma chemise, puis mes cheveux, et je continuais à faire ce qu’il
demandait.



Il resta longtemps devant ces trois mots, et finit par souligner les
« e » qui en effet revenaient le plus souvent. Se baissant, il
ramassa un peu de terre, la laissa couler sur le sol et me désigna le tableau.
J’écrivis « terre » et là encore, il souligna les « e ». Il
est certain que son étude progressait à pas de géant. J’en étais très heureux
pour lui, mais en ce qui me concerne, j’aurais aimé pouvoir
« parler » de choses plus matérielles, comme manger par exemple, car
je commençais à avoir faim. Que mangeaient-ils ces bestiaux ?


En
effet, je n’ai pas encore eu le temps de le faire, mais il faut que je décrive
le milieu dans lequel je me trouvais. Ce sera vite fait. Nous étions dans une
sorte de caverne au sol plat, mais, du fait du faible éclairage, dont on ne voyait ni la hauteur de plafond, ni
les dimensions. Cependant, contrairement à ce que pensait Luc, ce n’était pas
l’obscurité totale, car il avait, de place en place, sur la paroi à côté de
laquelle nous nous trouvions des points luminescents verts, qui pourraient bien
être du phosphore. La clarté était loin de valoir notre électricité, mais elle
me permettait de voir, qu’en dehors des E.E., il n’y avait rien du tout
dans cette sorte de grotte. Pas un meuble, pas un outil, pas la moindre
construction.


Désirant avoir confirmation de cette
constatation, je me mis à marcher le long de la paroi. Ils me laissèrent faire,
se contentant de m’accompagner, et je parcourus plusieurs centaine de mètres,
sans voir autre chose que la paroi et le sol.


Je finis par m’arrêter, et ne sachant
comment m’exprimer, j’essayais de le faire par gestes, en employant ceux que
nous utilisons, nous autres terriens. Réunissant les doigts d’une main, je fis
semblant d’enfourner quelque chose dans ma bouche ouverte. Comme lors de mon
arrivée, un brouhaha s’éleva, chacun sans doute voulant essayer d’interpréter
mon geste. De nouveau, d’un simple geste, en levant très haut un tentacule, le
Chef obtint le silence. Il semblait réfléchir profondément. Non pas, qu’une
ride se soit dessinée sur son front, je l’ai déjà dit, les E.E. n’effectuaient
aucune mimique du moins, décelable par moi. Mais il observait une immobilité
absolue qui me faisait penser qu’il réfléchissait.



Il était évident qu’il ne comprenait rien. Comme le font nos enfants à
l’école, qui demandent la parole, un E.E. leva un tentacule. J’observais le
chef qui ne bougea pas d’un millimètre, pourtant, « l’élève » se mis
à parler, il m’a paru alors qu’indépendamment du langage, ils avaient une autre
façon de communiquer, et qui n’était pas des gestes, car le chef avait
certainement donné son accord pour lui donner la parole.



La suggestion de « l’élève », dut être jugée intéressante, car
le chef se mit à marcher vers la paroi, et y appuya tout son dos. Puis un,
deux, trois, dix autres de ses compagnons, en firent autant. Ils étaient là, en
rang d’oignon, adossés à la paroi sans bouger, et je me demandais ce qu’ils
voulaient bien me dire.





Au bout d’un temps, que je ne saurais
évaluer, ils se détachèrent de la paroi, et le chef vint vers moi, et,
réunissant les petits doigts au bout d’un tentacule, il les porta au niveau du
trait qui semble remplacer notre bouche. Il avait refait mon geste et
m’indiquait qu’il venait de manger.


Je m’approchais de la paroi, et constatais
que les endroits où les E.E. s’étaient adossés formaient un léger creux, de la
forme de leurs dos.



C’est donc par osmose, qu’ils absorbaient un peu de terre, où sans
doute, des principes nutritifs contenus dans cette terre. Si je rapprochais ce
fait de l’absence de tous petits tas faisant penser à des excréments, j’en
conclus, au moins provisoirement, qu’ils assimilaient la totalité de leurs
« aliments ».






Je ne sais depuis combien de temps j’étais là, mais, malgré la situation
hors du commun dans laquelle je me trouvais, je commençais à tomber de sommeil.
Instinctivement, revenant sur mes pas, je me dirigeais vers le trou par lequel
j’étais arrivé. Ils me laissèrent marcher librement, se contentant de
m’accompagner. Lorsque j’arrivais près du trou vers le haut, je constatais
qu’il se trouvait à environ trois mètres du sol, et que je ne pouvais
l’atteindre. Pourquoi ne pas leur demander de m’aider ? Cela ne me coutait
rien, et par geste me désignant et désignant le trou, je tentais de leur faire
comprendre que j’aimerais remonter. Ils ne purent ou ne voulurent pas me
comprendre, et restèrent immobiles.


J’avais un couteau dans ma poche. Je le
sortis l’ouvris, et commençais à tailler dans la paroi, des marches pour monter
vers le trou. Deux E.E. vinrent vers moi, et sans se soucier du couteau que je
tenais, ils me prirent par les bras, chacun avec deux tentacules, et me
trainèrent à une vingtaine de mètres.



C’était très éloquent. J’étais leur prisonnier, et ils n’entendaient pas
me laisser m’échapper.



C’est à ce moment là que je réalisais, combien ma situation était
dramatique. J’étais condamné à rester, certainement jusqu’à ma mort, dans cette
caverne sous terre, en compagnie de ces bêtes que je ne connaissais pas.
Certes, jusqu’alors, elles n’avaient pas eu une attitude hostile à mon égard,
mais il n’était pas question de me libérer. Et puis, sortant un moment de ma situation
personnelle, je me remémorais, que ces gentilles bêtes, projetaient, semble-t-il,
de se diriger vers une centrale atomique. Ils voulaient donc du mal à la gent
humaine, mais se rendaient-ils compte qu’en faisant sauter la Centrale, ils se
condamnaient eux-mêmes ?


J’étais loin, très loin, de les comprendre.



Mes cogitations, pour graves qu’elles étaient, étaient insuffisantes
pour me tenir éveillé, aussi, décidant de ne plus m’occuper de mes geôliers, je
me couchais sur le sol, et m’endormis presque aussitôt.
( A suivre)
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MessageSujet: ALERTE A GOLFECH   Lun 4 Juil - 9:11


CHAPITRE 2





Lorsque je me suis réveillé, j’ai eu
l’impression d’avoir été roué de coups. Je ne sais combien de temps j’avais
dormi, mais j’avais des douleurs dans tout le corps, j’étais courbattu. Il est
vrai que le sol était particulièrement dur. De plus, la faim, me donnait des
crampes d’estomac, j’avais affreusement soif, et réalisant ma situation, j’ai
eu la sensation à ce moment là que j’allais rapidement devenir fou. Avant de me
lever, je vis, autour de moi, que tous les E.E. étaient dans une position que
je ne leur avais jamais vu prendre. Ils étaient tous immobiles, et à six
pattes. Ils me faisaient penser à de gros cafards, et j’ai eu l’impression
qu’ils dormaient. Après tout, isolés du sol par leurs tentacules, ils n’avaient
pas une position désagréable, et je regrettais de ne pouvoir dormir moi-même à
quatre pattes.



Avec difficultés je me mis debout, et pour dégourdir mes muscles
endoloris, je décidais de marcher un peu. Je me mis à avancer, en prenant garde
de ne pas réveiller l’un d’eux, et me dirigeais vers le trou, pensant que le
moment était peut-être propice pour tailler des marches, et prendre congé de
« mes amis ».



C’était sans compter sur l’esprit d’organisation des E.E. Aux abords du
trou, trois d’entre eux, parfaitement réveillés, se tenant sur deux tentacules,
protégeaient la seule issue qui m’était possible.



Renonçant à toute évasion, je me mis à faire un footing à l’écart du
groupe endormi, et peu à peu mes courbatures disparurent. Il ne me restait
qu’une faim terrible, la soif, et mes crampes d’estomac. A part cela, tout
allait bien, madame la Marquise !!



J’étais revenu vers le trou, et tout le groupe était endormi, lorsque
j’eus la première merveilleuse surprise depuis bien longtemps.



Une voix, que je reconnus être celle de Jacques disait.


« Pierre, nous te voyons,
grâce à ta taille supérieure. Si tu aperçois notre micro, prends- le en main,
pousse le bouton vert et réponds-nous ».


Deux secondes plus tard, j’avais en main,
une petite boite noire, qui pendait au bout d’un cable, lequel descendait par
le trou. Je poussais immédiatement le bouton vert et dis à peu près ceci.


« Je suis prisonnier des
E.E. Je ne suis pas maltraité, mais ils ne veulent pas me libérer, et surtout,
j’ai une faim de loup, et je crève de soif»


Jacques me répondit :


« Courage mon Pierrot. Nous
allons étudier ton problème et en priorité t’envoyer de quoi manger et boire »


En me voyant et m’entendant communiquer
avec l’extérieur, les trois sentinelles étaient allées réveiller les autres, et
en particulier le chef qui vint vers moi, et me prit, sans violence, mais
fermement, l’émetteur que j’avais en main. Il l’examina sur toutes les
coutures, puis appuya sur le bouton rouge.


On entendit la voix de Jacques
répéter :


« Pierre, Pierre es-tu toujours
là ? »



J’eus le temps de crier : « Ils m’ont pris l’appareil »,
mais il ne dut rien entendre, car le bouton était toujours sur le rouge,
c'est-à-dire » réception »



Le chef continua à regarder la petite boite noire, poussa le bouton
vert, proféra quelques sons, et repoussa le bouton rouge, puis laissant
l’appareil au bout de son fil, il me prit par le bras et m’obligea à m’éloigner
du trou. Il ne s’agissait pas de hasard, je suis persuadé que le chef E.E.,
avait compris le fonctionnement de l’appareil.


Ma situation ne s’était pas beaucoup
améliorée, pourtant, le fait d’avoir eu
un contact avec mon ami Jacques, me fit un bien fou. Des terriens savaient
maintenant où je me trouvais, et ils vont faire l’impossible pour me tirer de
là, c’était pour moi, une certitude.


Craignant sans doute que les E.E. ne
l’arrache, Jacques, très vite, avait
remonté le micro, et je savais que je ne pouvais compter sur un autre contact
avant quelque temps. Il fallait qu’ils mettent au point, un moyen pour me faire
parvenir de la nourriture. Je m’éloignais donc du trou avec le chef, sans trop
de regret.



Une nouvelle douleur vint s’ajouter aux précédentes. Bien que n’ayant
pas mangé depuis longtemps, je ressentais un douloureux mal au ventre,
provenant de la nécessité de satisfaire un besoin naturel. Me dénuder
partiellement devant ces bêtes, n’aurait pas du me gêner, or, ce n’était pas le
cas. Pourtant, je devais passer outre à
ma pudeur. Après m’être éloigné le plus possible, je sortis mon couteau pour
creuser un trou dans le sol, à proximité de la paroi. C’est, je crois, lorsque
je défis ma ceinture et que je laissais tomber mon pantalon, qu’ils furent le
plus étonnés. En effet, j’avais moi-même enlevé ma veste et ma chemise, mais
j’avais refusé d’enlever mon pantalon. Ils avaient du en conclure, que ce
vêtement, faisait partie de mon corps, et ils me voyaient maintenant m’en
débarrasser partiellement. Mon besoin satisfait, et n’ayant évidemment pas de
papier à ma disposition, je me servis, comme je l’avais vu faire en Afrique, de
pierres rondes. Enfin, je rebouchais soigneusement le trou.



Je ne pensais à rien, mais instinctivement je revins vers le trou par
lequel j’étais arrivé. Dans mon subconscient, un raisonnement logique devait se
faire : « Je suis arrivé par ce trou, c’est par là que je repartirai »,
En tout cas, c’est par là, que des secours pourraient me parvenir.


Mais je fus arrêté à mi-chemin par le
chef. Je dois dire comment je reconnaissais le chef. Il avait la même
morphologie que ses congénères, et il n’était, ni plus grand, ni plus petit.
Mais j’avais remarqué que sur ce que j’appelais son crâne, il y avait deux
raies parallèles, légèrement plus claires que le reste du corps, et il était le
seul à posséder cette caractéristique.


Depuis mon arrivée dans cette grotte, je
m’étais demandé plusieurs fois, où était celui d’entre eux qui était venu nous
voir là haut. Etait-il parmi les autres ? En tout cas, ce n’était pas le
chef, car, j’en étais certain, il
n’avait pas les deux barres blanches sur le crâne. Je crois me souvenir qu’il
avait, à l’endroit que l’on pourrait appeler son front, un cercle de couleur rouge.
Je n’avais vu aucun autre portant cette marque, il est vrai que l’éclairage
était assez sommaire. Il semblerait qu’il y ait entre les E.E., une hiérarchie
marquée par une marque discrète


Visiblement, le chef voulait continuer ses
expériences pour pouvoir communiquer avec moi.



Ces bêtes, c’était certain, avaient une mémoire étonnante, car, me
menant devant le tableau sur lequel j’avais écrit, et qui avait été
complètement effacé, il écrivit, de nouveau, à son tour ; VESTE CHEMISE, CHEVEUX, TERRE.



Puis, il écrivit les lettres séparées E
V R, et me tendit le morceau de
calcaire pour que je poursuive. Il avait à mon avis, saisi que les mots étaient
formés de lettres, diversement combinées, et il voulait connaitre toutes les
lettres qui nous étaient nécessaires pour nous exprimer.



Pour lui donner satisfaction, je commençais par effacer les lettres
qu’il venait de tracer, et j’écrivis dans l’ordre, tout notre alphabet.
A,B,C,D… et je prononçais chaque lettre en l’écrivant. Il fallut que je
prononce plusieurs fois chaque lettre dont tous les assistants essayaient de
reproduire les sons.


Je l’ai dit à plusieurs reprises, ces bêtes
étaient inexpressives. Pourtant, j’avais la certitude qu’elles s’amusaient
comme des folles, et je ne parvenais pas à savoir, d’où venait cette sensation.


Il y a une question, la plus importante, que
j’aurais bien voulu leur poser. Pourquoi, voulaient-ils remonter à la surface
de la terre, et précisément à l’un des endroits les plus dangereux, dans une
usine atomique ? Mais comment m’exprimer ? Personnellement, je
croyais plus aux gestes qu’aux mots écrits. Aussi ai-je essayé la gestuelle.



Me désignant, je fis un signe vers le haut. Puis pointant mon doigt sur
le chef, je fis signe vers le bas. Après quelques secondes, je dessinais sur le
tableau la terre ronde, et dans la terre un petit cercle, que je montrais
d’abord, pour désigner le chef ensuite, afin qu’il comprenne que c’était de lui
qu’il s’agissait. Puis, par deux traits parallèles, sensés désigner un tunnel
montant vers la surface de la terre, je dessinais, dans ce tunnel, des petits ronds qui montaient, montaient,
comme les E.E. le faisaient depuis quelques jours. Pour bien montrer ce que je
désirais, désignant ces ronds qui montaient, je fis signe vers le bas,
exprimant mon vœu de les voir retourner d’où ils venaient. Pour accompagner mon
geste, je fis sur le tableau, une flèche qui partant des petits cercles se
dirigeait vers le bas.



Comme chaque fois qu’il réfléchissait (on voyait par là que je
commençais à le connaitre un peu) le
chef se planta devant le tableau et resta immobile un long moment. Enfin, me
prenant le morceau de calcaire que je tenais, il fit, sur la surface de la
terre, un petit carré, et comme je l’avais fait, il me désigna en pointant un
tentacule sur moi. Puis, traçant à partir du carré un puits, il dessina à
l’intérieur des petits carrés qui descendaient, descendaient.



Je comprenais clairement ce qu’il voulait dire, mais ne saisissait pas
pourquoi il le disait.


Je lui avais demandé, pourquoi ils voulaient
monter à la surface de la terre, et il me répondait que c’était nous qui
voulions descendre dans leur monde.






Si je ne me trompais pas, lorsque je lui demandais pourquoi il voulait
nous attaquer, il répondait, que c’était nous qui voulions les attaquer et
qu’ils ne voulaient, eux, que se
défendre en nous attaquant. Aurions nous, dans la région, creusé un puits
profond, qui leur avait fait penser à une attaque de notre part? Je
l’ignorais totalement, mais je retenais de « cet entretien » que
chacun se croyait, à tort, être attaqué. Sauf erreur d’interprétation, notre
lutte aurait donc pour origine un quiproquo.



J’étais en train d’écrire le mot terre, et de désigner les lettres de
l’alphabet qui le composaient, lorsqu’il me sembla entendre la voix de Jacques.
Laissant immédiatement tous mes élèves, je me précipitais vers le trou, et je
vis pendre un panier, à l’anse duquel était enroulé le fil du micro. Je
poussais le bouton vert, et comme je craignais que les E.E. ne m’obligent à interrompre la conversation je
dis rapidement.


« Peux-tu m’envoyer un
matelas gonflable, du papier hygiénique, du papier pour écrire avec un stylo et
le plus d’eau possible »



Il eut le temps de me répondre :


« OK Pierre, nous faisons
le nécessaire. Courage, nous nous occupons de toi.»
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MessageSujet: Re: ALERTE A GOLFECH   Lun 4 Juil - 15:23

Une situation pas simple, j'espère qu'elle s'arrangera pour le personnage. J'aime bien les "bêtes" elles m'ont l'air pas si bête que ça.

Merci Aristee, je n'ai pas pu venir ce week-end mais j'ai eu plaisir de rattraper la lecture de cette aventure.

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MessageSujet: ALERTE A GOLFECH   Mar 5 Juil - 7:35

Les E.E. arrivaient près de moi, et le chef, comme la dernière fois, me
prit le micro des mains, l’examina longuement, appuya sur le bouton vert, et
émis des sons inintelligible. Mais il ne le cassa pas, et se contenta de lâcher
le micro. De mon côté, j’avais enlevé ma veste et ma chemise, et m’en servis pour
y entasser les provisions qui m’étaient envoyées. Avant d’en avoir
terminé, je débouchais une bouteille d’eau et la vidais avec une immense
satisfaction. Puis je pris une banane et la dévorais, tout en me disant qu’il
fallait que je n’exagère pas, car j’avais entendu dire, qu’après une longue
diète, il ne fallait pas trop manger.



Je pris mes deux précieux ballots, et m’éloignais rapidement, avec
toujours la crainte que mes geôliers, ne me volent mon indispensable
nourriture.


Je m’arrêtais à une cinquantaine de mètres
du trou, et après avoir déposé mes fardeaux le long de la paroi, je sortis mon
couteau pour creuser horizontalement une sorte de caverne. Je voulais avoir un
espace à moi, une sorte de logement, où je pourrais ranger mes richesses, et
dormir tranquillement.


Le mélange de roches et de terre était dur,
et mon travail n’avançait pas vite. Toute la petite troupe m’avait suivi, et le
chef articula quelques sons. Aussitôt, deux E.E. vinrent vers moi, m’écartèrent
très gentiment, et se mirent à creuser à
ma place. Puisque j’avais de la main d’œuvre, très efficace, volontaire et
gratuite, j’en profitais pour diriger les travaux, et me faire construire une
confortable grotte. Je me servais de gestes pour diriger les travaux, et
lorsque je leur fis signe de s’arrêter, j’avais un logement, ma fois assez
agréable.



La grotte faisait 3 mètres de profondeur, deux de large, et deux de haut.
Au fond, à partir de cinquante centimètres du sol, j’avais fait creuser la
terre, de 80 centimètres jusqu’au plafond, pour avoir une banquette de 80
centimètres de large, sur laquelle je projetais de mettre mon matelas pneumatique…..lorsque
je le recevrai. De chaque coté, je leur
fis faire des étagères en creusant tous les cinquante centimètres un
renfoncement de 30 centimètres de profondeur.



Ces travaux, longs à décrire, s’effectuèrent à une rapidité
déconcertante. Creuser dans la terre et les rochers, était vraiment leur seule
occupation, mais ils y excellaient.


Ce n’est qu’à ce moment que je décidais
de dénombrer mes richesses envoyées par Jacques.



Il y avait cinq bouteilles d’eau d’un litre et demi, un litre de vin,
des fruits (Bananes, oranges, pommes) deux saucissons, plusieurs fromages, et
trois sachets de pain au lait.



Je rangeais mes trésors sur mes étagères, et j’en avais presque terminé,
lorsque je vis qu’il y avait deux lettres. Je reconnus l’écriture de Jacques
sur l’une d’elles. Il me disait simplement, qu’ils étaient nombreux à se
mobiliser pour me porter secours. Il ne me donnait aucune précision, sur la
façon dont ils allaient s’y prendre, mais me demandait de garder confiance, il avait
la certitude de me tirer de mon mauvais pas.


La seconde lettre était d’une écriture
inconnue. Je courus à la signature. C’était Françoise qui m’écrivait :


« Pierre, Je pense à vous à chaque instant. J’ai l’intime
conviction que vous serez rapidement avec nous. Imaginez que vous me prenez
dans vos bras, comme je pense souvent y être, et comme cela me donne confiance,
peut-être en sera-t-il de même pour vous ? C’est en tout cas ce que
j’espère ardemment. Courage, et à bientôt.



Françoise


Ce mot, ne m’a pas fait l’effet escompté
par la gentille Françoise, car je dois l’avouer, mes préoccupations premières,
étaient loin, très loin, des problèmes sentimentaux. Je me trouvais à des
milliers de mètres sous terre,( normalement à 5000 mètres, puisque c’est à ce
niveau que je les avais vus avant d’être capturé) tenu prisonnier par des bêtes,
dont je ne connaissais finalement pas grand-chose, sinon qu’elles ne voulaient
pas que je rejoigne les miens.



Pourtant, objectivement, ma situation s’était considérablement
améliorée. Tout d’abord, j’avais la certitude que les E.E. ne nourrissaient
aucune agressivité à mon égard. Bien au contraire, ils étaient venus me donner
un coup de main pour construire ma caverne. J’avais de quoi boire, de quoi
manger, et mes amis, qui savaient très exactement où je me trouvais, se mobilisaient
pour venir me libérer.



Seul petit point noir. J’avais un très désagréable souvenir de ma
dernière nuit, passée sur un sol d’une dureté exceptionnelle, et je savais que
la prochaine serait tout aussi douloureuse. Je résolus, en attendant mon
matelas pneumatique, d’ameublir un coin du sol dans ma grotte, en creusant avec
mon couteau. Le résultat ne fut pas très encourageant, mais j’espérais au
moins, que ma troisième nuit chez les E.E. pourrait être plus confortable.


J’eus beaucoup de mal à restreindre mon
alimentation et ma boisson. Après tout, je n’étais pas certain d’être
réapprovisionné chaque jour, et surtout, il suffirait que mes gardiens décident
de me priver de ma nourriture, pour que faim et soif reviennent me torturer.


Occupé à organiser mon confort
personnel, je n’avais plus fait attention à ce que faisaient les E.E. Je sortis
de ma caverne, et je vis qu’ils étaient tous rassemblés autour de leur chef, et
qu’ils jacassaient sans fin. Je devinais être le sujet de leur conversation.



J’ai dit qu’ils étaient tous réunis autour de leur chef. Ce n’était pas
tout à fait exact. Deux d’entre eux, venant de je ne sais où, entrèrent dans ma
caverne. Chacun, dans les quatre tentacules qui ne servent pas à la marche,
portait des morceaux de phosphore.


Où avaient-ils trouvé ces
minéraux ? Je ne suis pas très calé dans ce domaine, mais, il me semble
que d’une part, les gisements de phosphore sont très rares, et qu’ils sont,
sauf erreur de ma part, d’origine animale. Si cela s’avère exact, dois-je en
conclure qu’à proximité de l’endroit où nous nous trouvons, il y a eu jadis des
oiseaux producteurs de guano, ou des chauve- souris ? Cela reviendrait à
conclure qu’il y a des milliers d’années, notre niveau se trouvait à la surface
de la terre, et en plein air. Cela expliquerait aussi, que nous ayons dans
notre bulle, de l’air en abondance.


Sans s’adresser à moi, exécutant sans
doute des ordres reçus, les deux E.E. installèrent de nombreux morceaux de
phosphore, et ma caverne, était beaucoup plus illuminée que la grande grotte
des E.E.


Voulant les récompenser, et ne sachant
comment le faire, je tendis à chacun une banane. Comme chaque fois qu’ils
réfléchissaient profondément, ils prirent le fruit, et restèrent immobiles, un
très long moment. Puis avoir échangé un grognement, ils me les rendirent, et
allèrent se coucher sur le tas de terre provenant de ma grotte, et qui était
entreposé près de mon entrée. Ils restèrent un moment sur le dos, et je compris
qu’ils se nourrissaient, et me signifiaient qu’ils n’avaient nul besoin de mes
nourritures bizarres.


Le chef vint vers nous, et après
s’être couché lui-même sur le tas de terre pour se nourrir, il s’approcha de
moi, et me désignant le phosphore, il me mit en main un morceau de calcaire. En
quelques secondes, il avait aplani la paroi pour en faire un tableau, et je pus
écrire.


Phosphore. Il regarda le mot,
puis, écrivant sans aucune erreur notre alphabet, il souligna les lettres
utilisées. Il prononça alors péacheospéachore. Je le repris en lui disant
Phosphore, puis, comme explication, j’écrivis


Ph = f. et j’écrivis fosfore.


Manifestement, il n’arrivait pas à
comprendre, et très franchement, je commençais à en avoir assez de jouer au
professeur de français, car j’avais parfaitement conscience, que cela ne
faisait pas beaucoup avancer la connaissance que nous avions l’un de l’autre.


Je savais, que Jacques avait besoin de
temps pour préparer son prochain envoi, ou pour mettre au point la tactique qui
devait me tirer de là. Aussi, ayant du temps devant moi, je décidais de partir
en exploration dans cette grotte qui semblait immense, mais dont je ne
connaissais pas les limites. Je parcourus environ 2 kilomètres, suivis par des
E.E. Durant ce trajet les parois contenaient toujours des morceaux de
phosphore, mais toujours de plus en plus espacés, ce qui fit qu’il arriva un
moment où je me suis retrouvé dans le noir le plus absolu. Depuis plusieurs
centaines de mètres, les E.E., avaient cessé de me suivre, ce qui prouvait
qu’ils avaient besoin, de lumière pour se déplacer. Comme il en était de même
pour moi, je revins vers ma grotte, me promettant de reprendre prochainement mon
exploration, en emportant, cette fois, un morceau de phosphore comme lampe de
poche.


A proximité de l’entrée de ma grotte, les
E.E. étaient rassemblés, reposant sur leurs six tentacules, ils dormaient, et
je sentis que moi aussi j’avais sommeil. Il semblait donc que nous ayons le
même cycle biologique, et je me couchais sur ma couche inconfortable,
constituée par la terre retournée.


Lorsque je me réveillais, comme la dernière
fois, j’étais perclus de douleurs, et je dus faire de longs étirements pour
redevenir à peu près opérationnel. Je voulus repartir en expédition, mais
c’était sans compter sur le chef des E.E. qui entendait, lui, poursuivre ses
efforts pour établir une communication entre nous. Il persistait à penser, que
c’est par les signes tracés sur la paroi que nous y parviendrions le plus
facilement, aussi m’amena-t-il vers
« le tableau ».


Il refit le geste que j’avais effectué
lorsque j’avais tenté de leur faire comprendre, que je voulais manger, puis, il
me mit un morceau de calcaire dans la main pour que j’écrive.



J’écrivis donc « manger », en répétant plusieurs fois ce mot.
J’avais vraiment l’impression que, l’important pour lui, était d’apprendre à
écrire et à parler notre langue, alors que pour moi, ainsi que je l’ai
déjà dit, il serait plus simple et plus rapide de communiquer avec des gestes
et des dessins.



Mais, c’était lui le chef, et j’étais à sa merci. Il entra dans ma
grotte, et rapportant tour à tour, un exemplaire des mes richesses
alimentaires, il fallut que j’écrive : banane, eau, fromage, pomme etc. je
ne voyais vraiment pas en quoi, la connaissance du mot banane pouvait servir à
nous comprendre, et ce d’autant plus, qu’il n’avait jamais vu de banane, ni de
fromage. Mais, bon, nous n’avons certainement pas la même structure
mentale !!


C’est en me faisant cette dernière
réflexion, que je ne me sentis pas l’obligation d’être poli. Ils ne savent
certainement pas en quoi cela consiste, aussi, les abandonnant, j’entrais dans
ma grotte pour détacher un gros morceau de phosphore, et je partis en
expédition le long de la paroi. Lorsque cette dernière ne fut plus éclairée, je
parvins, avec difficulté je dois le dire, à continuer grâce à ma petite «
lampe de poche ».


Il m’est impossible de préciser la distance
parcourue, ou le temps écoulé depuis que je marchais, quand il me sembla voir
une lueur au loin.


La caverne en effet fut de plus en plus (faiblement
il est vrai) éclairée par des pierres phosphorescentes, identiques à celles de
ma grotte, et j’aperçus bientôt un petit groupe de E.E., rassemblés en rond.



Lorsque je parvins à leur proximité, l’un d’eux, qui se trouvait au
centre, voulut se diriger vers moi, mais tous les autres l’en empêchèrent. En
arrivant plus près, je constatais que celui qui avait voulu venir vers moi,
avait sur le front, un cercle rouge identique à celui que portait notre
visiteur, là haut. Les autres n’ayant pas ce signe distinctif, j’en conclus que
c’était bien le même, et qu’il était prisonnier des autres. Avait-il été puni,
pour être venu prendre contact avec nous ?



Il est évident que l’on ne pouvait enfermer un prisonnier dans une cage
en terre, puisqu’il avait la possibilité de creuser terre et pierre. Seuls,
d’autres E.E., pouvaient, en formant un cercle autour de lui, l’empêcher de
s’enfuir.



Lorsque je fus tout près du petit groupe, ils se mirent à jacasser tous
en même temps, jusqu’à ce que mon ami l’explorateur, leva un tentacule très haut,
ce qui eut pour effet, que tous les autres arrêtèrent de jacasser. Quoique prisonnier,
mon ami avait toujours des pouvoirs sur ses congénères. Il parla un moment,
puis, ses gardes s’écartant, il sortit du cercle et me fit signe de le suivre,
ce que je fis avec empressement.


Depuis ma grotte, j’avais suivi la paroi
qui était absolument rectiligne, et pendant une distance que j’évalue à un
kilomètre environ,, nous avons poursuivi la même direction. Soudain, mon guide
abandonna ce tracé rectiligne, pour tourner à gauche de 90 degrés. Aussitôt,
nous avons vu le bon du tunnel qui se signalait par une profusion d’éclairage
au phosphore.



Ce que je vis alors, était le tableau le plus joli, et le plus
instructif, rencontré dans ma vie.


Nous étions dans une impasse de 50 mètres
de long et de 20 mètres de large. Toutes les parois, à gauche à droite et au
fond étaient couvertes de dessins aux couleurs scintillantes. Chaque dessin
représentait une explication de l’histoire des lieux et des E.E.


La première image, sur la paroi de gauche,
représentait une grosse boule bleue (la terre manifestement) autour de laquelle
gravitaient ; à une certaine distance, un petit satellite à divers moments
de sa course.


Le volume du satellite était environ 10
fois inférieur à celui de la terre


La seconde image était à peu près
identique, sauf que le satellite suivait une trajectoire beaucoup plus proche
de la terre, et que sur les deux astres, on voyait nettement des arbres, et des
individus qui ressemblaient à des hommes.



La troisième image représentait une sorte de balance. Sur un plateau,
une boule bleue, sur l’autre, une boule rouge, beaucoup plus lourde, puisque le
plateau était en bas.


Le dessin suivant représentait la même
balance, parfaitement équilibrée cette fois. sur un plateau se trouvait la
boule rouge de même dimension, que sur le dessin précédant, et sur l’autre, une
énorme boule bleue, d’un volume 10 fois supérieure. La signification de ces
dessins était évidente la densité du satellite était à peut près 10 fois celle
de la terre.



Un autre dessin, à la suite, représentait le satellite rouge,
profondément enfoncé dans la terre, après avoir creusé un grand puits, dont il
occupait le fond.


La dernière peinture sur cette paroi,
représentait la même image, avec le haut du puits, à la surface de la terre,
bouché, laissant un grand vide, une poche, entre l’ancien satellite et
l’obturation qui n’est pas expliquée ( sans doute était-elle due à des
glissements de terrain, des déplacements de plaques tectoniques, ou d’autres
phénomènes inconnus de moi).


Sur cette paroi gauche toute l’histoire de
ces poches était écrite.


La paroi de fond contenait également des
dessins de couleurs éclatantes. Cela représentait à peu près les stades
précédents, mais avec des détails plus fouillés. A gauche On revoyait la terre
bleue et son satellite rouge qui s’approchait d’elle. Très nettement des hommes
comparables à nous, s’affairaient pour construire plusieurs engins qui avaient
la forme de nos fusées.



Sur la seconde image, le satellite était encore plus près de la terre,
et des fusées partaient de la terre, et l’on en voyait déjà parvenues très haut
dans le cosmos. Des hommes, à notre image, avaient prévu la chute d’un
satellite sur terre, et avaient préférer quitter ce lieu qui allait devenir
inhospitalier.



Le troisième tableau représentait le satellite entrant dans la terre, et
la disparition de toute vie humaine, sur une grande partie du globe terrestre.
L’artiste cependant avait représenté de l’autre côté des impacts, à la surface
de la terre, quelques hommes qui semblaient avoir survécus, et dont nous
serions alors les descendants.


J’étais suffoqué par la beauté et par la
simple mais limpide évocation des évènements, qui s’étaient passés il y a des
millénaires. Jusque là, tout était clair, et il ne restait plus qu’à examiner
le panneau de droite.


Le premier tableau, était beaucoup plus
grand que les autres, ce qui avait permis à l’artiste de soigner encore plus
les détails. Il avait représenté des
fusées, à l’intérieur de la terre, fusées d’où sortaient des individus, qui
morphologiquement étaient intermédiaires entre les hommes actuels et les E.E.


Curieusement, les jambes et les bras
étaient remplacés par des tentacules multifonctions, par contre, on voyait
nettement des oreilles, plus plates, moins décollées que celles des humains, et
un vestige de la bouche et des yeux. Il est certain, que, des êtres humains au
départ, avaient subi leurs premières transformations, de beaucoup, les plus
importantes, quelque part dans le cosmos. En fait, depuis leur retour sur
terre, ou plus exactement sous terre, les transformations avaient été mineures.
Les oreilles, les yeux, les nez et la bouche, s’étaient encore atrophiés, mais,
en dehors de cela, ainsi que je l’ai dit, c’est bien dans le cosmos que les
métamorphoses principales s’étaient produites.


Cette bande dessinée, réalisée il y a je
ne sais combien de temps, des millénaires sans doute, semblait pourtant avoir
été peinte tout récemment. Les couleurs étaient soit éclatantes, soit pastelles.
Mais je me posais la question : D’où venaient ces couleurs dans cet
univers beige et marron, sans aucun végétal ? Je n’avais aucun élément
pour répondre à cette interrogation.


Certes,
j’avais appris beaucoup de choses, en un laps de temps très court, mais il
restait encore beaucoup de points obscurs.
( A suivre)
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MessageSujet: Re: ALERTE A GOLFECH   Mar 5 Juil - 11:46

Les échanges s'enrichissent il ouvre le livre de leur histoire...

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MessageSujet: ALERTE A GOLFECH   Mer 6 Juil - 8:53

CHAPITRE 3




Après avoir effectué trois fois
le tour des tableaux dans l’ordre chronologique, pour bien m’en imprégner, je pris la décision de revenir au camp, où mon
ami Jacques ne devrait pas tarder à se manifester.



J’étais tellement excité par les découvertes que je venais de faire, que
je ne sentais pas la fatigue, et c’est d’un bon pas que je revins au camp de
mon ami E.E. qui aussitôt se reconstitua prisonnier en se mettant au milieu de
ses congénères.


Je pris une autre pierre au magnésium, et
je m’enfonçais dans le tunnel d’un noir d’encre.


Je n’avais pas, je l’ai dit, la notion du
temps, mais je dois ajouter que la fin du trajet de retour m’avait semblé
interminable. J’étais maintenant épuisé et je tombais de sommeil.


Il y a une chose que je n’avais pas
signalée, et qui était une anomalie de plus. Je possède une montre, donnant
l’heure et la date, que je n’enlève, que pour prendre ma douche, et le soir en
me couchant. Il ne m’était jamais arrivé, absolument jamais, de ne pas la
porter dans la journée. Or, le jour où je me suis fais capturer, j’avais oublié
de la remettre. C'est-à-dire, que durant la période durant laquelle j’en aurais
eu le plus besoin, j’en étais privé.


Je ne parviens pas à considérer cela
comme un hasard. Je crois de plus en plus, qu’il y a un déterminisme qui règle
tous nos actes. Le hasard n’existe pas. Tous nos faits ont une cause, même si
nous ne la connaissons pas.



Toujours est-il, que pour mesurer le temps, je n’avais qu’un
élément : les périodes de sommeil et de veille. J’ai dormi deux fois, et
je devais vivre ma troisième journée chez mes geôliers.



Tout en marchant, ces pensées roulaient dans ma tête. Arrivé auprès de
ma caverne, je ne m’arrêtais même pas, car j’étais impatient de me rendre près
du trou pour voir s’il y avait des nouvelles de Jacques.



Un grand panier était par terre, mais aucune trace d’un micro. Je pensais, que, ne pouvant
me joindre, et pour ne pas se faire voler le micro, mon ami avait du le retirer
rapidement. Mais le principal était là.



Il semble que les E.E. ne soient pas voleurs, car le panier était plein
à ras bord, et il était évident qu’il n'avait pas été fouillé.


Avec une joie immense, je vis qu’un
matelas pneumatique faisait partie de la cargaison, et je m’empressais
d’emporter mon panier dans ma caverne. J’étais toujours escorté par des E.E.,
mais ils s’arrêtèrent à l’entrée de « ma maison ».


Il
y avait en eux, tout de même, une forme de civilité.


Outre ce que j’avais demandé (Matelas
pneumatique, papier hygiénique, rame de papier et stylos) il y avait une
nourriture abondante et un petit réchaud à alcool garni, qui allait me
permettre de manger chaud.



Il y avait également un mot de Jacques, ainsi qu’une autre lettre.


Jacques me disait de garder bon moral.
La technique pour ma délivrance avait été arrêtée, et en cours de construction.
Pour mon ami, je le sentais, seule comptait ma délivrance, en revanche, Luc,
soucieux avant tout de résoudre le mystère, me faisait demander par Jacques de
bien noter tout ce que je voyais, même si cela me semblait sans importance.







S’il savait que grâce aux peintures rupestres, je savais presque tout de
l’histoire des E.E. !!! Je me promis de retourner très vite recopier les
dessins racontant l’odyssée des hommes.


Ma fatigue était si grande, mon envie de
dormir si impérieuse, que, sans même lire la deuxième lettre qui devait être de
Françoise, j’utilisais mes dernières forces à gonfler mon matelas pneumatique,
avec la pompe qui était jointe, et c’est avec un soupir de bien être que, pour
la première fois depuis ma capture, je
m’allongeais sur quelque chose de confortable. Je ne mis pas plus de 10
secondes pour m’endormir.



C’est en bien meilleure forme que je me suis réveillé. Un bon couchage,
une alimentation suffisante, une température agréable, une sensation de
sécurité, puisque les E.E., visiblement, ne me voulaient pas de mal personnellement, ma
foi, je pouvais me laisser aller à apprécier la découverte d’un monde nouveau.


Je décidais de repartir vers les peintures
murales, avec du papier et un stylo pour pouvoir les recopier. Les E.E., comme
la dernière fois, me suivirent jusqu’au moment où il n’y eut plus de phosphore
sur la paroi. Je continuais dans la quasi obscurité (mon morceau de phosphore
n’éclairait qu’à un mètre devant moi) et arrivais dans la seconde partie
éclairée où se trouvait, dans un second groupe, mon ami E.E , prisonnier de ses
semblables. Lorsqu’il me vit, il voulut venir vers moi. Ses gardiens l’en
empêchèrent, mais comme la première fois, il « discuta » un moment,
et non seulement on le laissa sortir du cercle, mais les geôliers le suivirent
presque obséquieusement. Il était certain que mon ami au cercle rouge sur le front,
disposait d’un ascendant important sur ses « matons »


Nous sommes partis en procession vers les
peintures rupestres, et arrivés sur place, je voulus reproduire tous les
dessins. Je dois l’avouer, je ne suis pas très doué pour le dessin, et cela se
voyait sans doute, même par un E.E., puisque, j’eus l’heureuse surprise de voir,
mon ami au cercle rouge, me prendre une
feuille de papier, un stylo (qu’il examina longuement), et se mettre à dessiner
à une vitesse surprenante, et une précision à laquelle, c’est évident, je ne serais jamais parvenu.


Ces êtres sont vraiment extraordinaires.
Ils possèdent une intelligence, des dons dont ils ne se servent pas. Pourtant,
il n’y a rien, absolument rien dans ces grottes qui ait pu être construit par
eux. Pourquoi ? Oui, pourquoi ces êtres intelligents et doués ne
fabriquaient-ils rien ?


En réfléchissant à ce problème, je me dis
que, nous, les hommes, avons deux besoins de base.



Nous devons nous protéger contre les intempéries et nous nourrir.



Or, les E.E n’ont pas besoin de
construire de maison pour se mettre à l’abri des intempéries, Il n’y a sous
terre, ni pluie, ni neige, ni vent, ni soleil ardent, et comme la température
est constante et agréable, ils n’ont pas besoin de vêtements, ni même de poils
sur leurs corps. Par ailleurs ils n’ont aucun besoin de cultiver des plantes,
ni d’élever des animaux pour se nourrir, puisque la terre contient les éléments
nutritifs dont ils ont besoin. Enfin, la terre étant en quantité illimitée, ils
n’avaient pas besoin d’argent pour l’acheter, et ils n’avaient pas à travailler
pour se procurer de l’argent.


J’en suis arrivé à la conclusion, que
je me trouvais pratiquement au paradis terrestre.


Mais ces êtres intelligents, et qui ne font
rien, ont-ils une utilité ?


Nous, les hommes, sommes dans l’obligation
de faire de la recherche fondamentale,
pour, dans un deuxième temps, faire de la recherche appliquée, indispensable à
notre survie. Il n’en est pas de même pour les E.E.


En somme, la recherche fondamentale n’est
pour nous qu’un moyen, alors qu’elle est un but pour les E.E. qui n’ont nul
besoin de réalisations industrielles pour leur mode de vie. Les E.E.
développent leur esprit pour lui même


Et j’en arrivais à la question qui depuis des
millénaires se pose aux hommes. Pourquoi sommes- nous là, les habitants de la
terre ? Servons- nous à quelque chose, ou à quelqu’un ?


Il me revint en mémoire un livre écrit par
un homonyme, Pierre Chocquet, qui avait écrit : APRES LE DERNIER JOUR.
Selon cet auteur, il existe un Esprit Suprême qui construit l’Univers, et tire
sa puissance spirituelle, de tous ces esprits humains, qui après leur cycle
terrestre sont envoyés sur des structure stellaires, dans lesquelles, ils
continuent à progresser pour mieux servir le Maitre. Si je me souviens bien, dans
ce livre, un ancien collaborateur de L’Esprit Suprême était entré en
dissidence, et s’opposait à tous ses plans d’expansion. Mais ceci n’est qu’un
détail. Je me demande maintenant si les E.E. ne font pas partie de cette cohorte
d’Esprits destinés à aider l’Esprit Suprême à accomplir sa grande œuvre.


Mon ami l’E.E. au cercle rouge ayant
terminé ses dessins, me les remit. Ensuite, me désignant d’un tentacule, puis,
se désignant lui-même, il sembla me
demander de lui apprendre à communiquer. Il se dirigea d’ailleurs vers un
morceau de paroi vierge de tout dessin, l’aplanit pour en faire un tableau, et
me remit en main un morceau de calcaire.


Pas facile de communiquer quand on ne
possède aucune base pédagogique. J’eus alors l’idée de commencer par désigner
les individus, puisque c’est ce qu’il semblait me demander.



Après réflexion, je me mis à
écrire sur le mur : Je, Tu, Il, Nous, Vous, Ils, et tout en prononçant ces
mots à haute voix, je désignais par geste ce qu’ils signifiaient. Je pointais
un doigt sur moi, sur lui, vers les autres etc… Il répéta plusieurs fois, et parvint assez vite à
une prononciation correcte.



Il fit des progrès stupéfiants,
et je décidais de continuer.


Après les sujets, je décidais ensuite de lui
apprendre des verbes, mais pour ne pas compliquer les choses, je n’utilisais
que les infinitifs.


Le premier verbe que je voulus lui
apprendre, était celui qui me tenait le plus à cœur. Je désirais remonter, et
je voulus lui apprendre le verbe : monter.


Pour cela, je dessinais un grand rond, représentant la terre, et deux
barres verticales et parallèles comme un
puits, aboutissant à la surface de la terre. Puis en indiquant par geste que
c’était moi, je fis un petit cercle au fond du puits, et des cercles successifs
qui montaient vers la surface.. Je prononçais alors » Je monter. Après un
moment de réflexion, j’eus la surprise de m’entendre dire : Nous monter ,
en nous désignant tous les deux. Je crus tout d’abord, qu’il restait dans le
cadre de l’exercice, et je lui dis : Tu monter, (en le désignant) il
montait (en désignant l’un de ses compagnons). Mais il répéta plusieurs
fois : Nous monter. Il avait dépassé le stade de l’exercice, et commençait
vraiment à communiquer, en me faisant part de son désir. Il voulait monter avec
moi à la surface de la terre.



Non, je ne pouvais pas faire une erreur d’interprétation. Il voulait
remonter avec moi, à la surface de la terre. Il était probable que cet individu
était en complet désaccord avec ses semblables, et qu’il désirait à tout le
moins, partir en exploration chez les humains.


Il m’est difficile de décrire le plaisir
que cette nouvelle me procura. Avec un allié de cette trempe, qui semblait
avoir autorité sur beaucoup de ses semblables, notre évasion devenait possible.



Ces animaux aux formes primitives, qui n’avaient pas créé, même un
outil, possédaient une vaste intelligence, supérieure à la notre, j’en étais
persuadé.


Nous sommes revenus à son camp où se
trouvaient ses geôliers. Avant de nous séparer, il posa un tentacule sur mon
épaule et sa petite main la serra avec une telle force que je faillis hurler de
douleur. Ces E.E. ont une poigne redoutable.


Son geste accompli, qui signifiait une
sorte de contrat entre lui et moi, il se dirigea vers ses semblables, et se
plaça au milieu d’eux, redevenant leur prisonnier obéissant.


Le trajet de retour à mon propre camp
de base, ne me parut pas long, car mes neurones tournaient à plein régime pour
essayer d’imaginer comment nous allions nous enfuir.



Je pensais, qu’il avait la force nécessaire pour me porter en remontant
le puits, mais tout de même, 5 kilomètres me semblaient bien longs. En
définitive, j’étais tributaire de lui. C’est lui qui était dans son élément,
connaissait ses propres possibilités, et celles que les autres pouvaient
utiliser pour tenter de faire échec à notre évasion.



Arrivé devant ma grotte, comme la dernière fois, je ne m’y arrêtais pas,
et partis directement vers le trou, pour voir s’il y avait un envoi de Jacques
qui m’y attendait. Il n’y avait rien et je revins vers ma grotte, pour me
restaurer, et me reposer sur mon merveilleux matelas pneumatique.


Je venais de m’allonger, afin de récupérer
un peu, lorsque que je vis, au fond du panier, la deuxième lettre que je
n’avais pas eu le temps de lire. Ainsi que je l’avais deviné, elle émanait de
Françoise.


Pierre


Je passe beaucoup de temps
devant mon appareil, et j’ai la possibilité, grâce à votre taille supérieure,
de vous voir très souvent. Certes, les images ne sont pas très bonnes, mais je
suis certaine que c’est vous. Surtout, ne perdez pas courage. Nous travaillons
pour vous sauver, et nous y parviendrons bientôt. Il est évident que le temps doit
vous sembler long. Plus d’une semaine déjà que vous avez été kidnappé, et vivre
entouré de ces bêtes inexpressives, doit
être déprimant. Mais je vous en conjure, gardez le moral. Vous êtes aimé et
vous serez prochainement parmi nous. Je vous embrasse très affectueusement.



FRANCOISE






Je relus cette lettre une deuxième fois. Elle me parlait de huit jours,
or je n’ai passé que trois nuits ici.


Je mis un moment à me remémorer des
articles de journaux, faisant état d’expériences faites, hors le temps. Peu concerné par ce
problème, je ne m’étais pas attardé sur ces articles, ce que je regrette
aujourd’hui. Cependant, je croyais bien me souvenir qu’une conclusion en avait
été tirée : Sur terre, nous suivons le rythme solaire, soit un cycle de 24
heures, privé de notre guide, le soleil, le rythme naturel des hommes était du
double. Les expérimentateurs, qui précisément avaient été emmenés sous terre,
étaient sans aucun contact avec l’extérieur. Ils dormaient 18 à 20 heures, et
veillaient 28 à 30 heures. Cependant il fallait un certain temps pour qu’ils
passent progressivement d’un rythme à l’autre. Il semblerait que le phénomène
se soit reproduit avec moi, mais sans progressivité. Si tel était le cas, il
serait normal que Françoise me parle de 8 jours, alors que je savais n’avoir
dormi qu’à trois reprises et vécu quatre périodes de veille.



En revanche, elle faisait
une erreur en pensant que j’étais en compagnie de bêtes inexpressives, alors
que les dites bêtes semblent bien, en fait, nous être supérieures sur le plan
spirituel. En tout cas, elles étaient au moins à notre niveau, même si elles
n’avaient pas eu la nécessité d’inventer des automobiles, des avions ni des
buildings. Pour vivre normalement, elles n’avaient aucun besoin de tout cela.
( A suivre)
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Anne
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MessageSujet: Re: ALERTE A GOLFECH   Mer 6 Juil - 12:07

Le personnage change, il devient plus sympathique, il enthousiasme, pour lui de ces bêtes il pense maintenant ces êtres, leur intelligence il ouvre son esprit et son cœur et je suis trouve cela vraiment interessant cette évolution.

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MessageSujet: Re: ALERTE A GOLFECH   Mer 6 Juil - 12:09

Génial ça marche avec la fonction partager j'ai mis ton texte sur facebook Aristee, je t'ai fais de la pub. bea

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MessageSujet: ALERTE A GOLFECH   Jeu 7 Juil - 8:07

CHAPITRE 4




Après m’être
détendu un long moment, comme je n’avais pas encore sommeil, je décidais
d’aller faire un tour, pour essayer de recueillir quelques nouvelles
informations sur la vie des E.E.


Ce qui était
extraordinaire dans ma situation, c’était que j’étais prisonnier, mais
absolument libre, de venir et d’aller selon mes désirs. En somme, ils ne
voulaient pas que je reparte, mais en dehors de cela, je pouvais faire ce qui
me plaisait.


A chacun de mes
déplacements, cependant, j’étais toujours accompagné par quelques uns d’entre
eux, non pour me surveiller, mais par simple curiosité. C’est en tout cas
l’impression que j’avais.


Je venais de
sortir de ma grotte, et je m’attendais à voir venir à moi quelques badauds,
mais cette fois-ci, je constatais qu’ils étaient tous groupés, à une trentaine
de mètres de moi, sans doute pour regarder un spectacle.


Je résolus
d’inverser les rôles, et puisqu’ils ne venaient pas à moi, c’est moi qui irais
vers le groupe.


Et c’est ainsi que
j’assistais à une naissance.


Je n’avais pas eu
le temps jusqu’alors à réfléchir à la reproduction de mes amis. Cependant, je savais
qu’ils n’avaient pas de sexe apparent.


Ma haute taille
me permit de voir ce qui se passait au centre d’un cercle formé par des
dizaines de E.E. Tout d’abord, je constatais qu’ils étaient naturellement
disciplinés. Le cercle intérieur faisait environ cinq mètres de diamètre, sans
qu’un service d’ordre ne soit nécessaire.


Tout au centre,
se trouvait un E.E. Lors de mon arrivée, la naissance commençait. La partie
supérieure ronde, que j’appelais la tête, se divisait en deux. Presque immédiatement,
les deux hémisphères se transformèrent chacune, en deux boules, portants sur les
parties coupées, les dessins d’une oreille, d’un œil et d’une bouche.
C'est-à-dire, qu’aussitôt après avoir été coupée en deux, il y avait deux têtes
identiques, bien que d’une dimension de moitié.


La scission du
corps se poursuivait, et le même phénomène se reproduisait, c'est-à-dire que
sur les parties coupées poussaient trois tentacules. A la fin du processus, il
y avait deux petits E .E de petite taille, environ 40 à 50 centimètres de
haut.


Je ne suis pas très
calé en la matière, mais je crois que je venais d’assister à un phénomène de
reproduction asexuée par fission binaire, où une sorte de parthénogénèse.


C’était tout de
même curieux. La première fois que nous avions vu ces E.E., Luc avait dit
qu’ils ressemblaient à des amibes, or le mode de reproduction est un peu
analogue à celui des amibes. En revanche, les amibes représentent une forme
primaire de vie alors que les E.E. possèdent, intellectuellement, une forme
plus avancée que celle des hommes. Je pensais que si je parvenais à remonter
sur terre, l’ami Luc allait avoir du pain sur la planche, pour comprendre tout,
sur ces êtres bizarres.


J’étais impatient
de recevoir des nouvelles de là haut, aussi, pour ne pas risquer de les
manquer, je me rendis à proximité du trou, et m’assis en attendant l’arrivée
d’un nouveau panier.


Je n’eus pas
beaucoup à attendre. Avec un immense plaisir, j’entendis la voix de
Jacques :


« Pierre, es-tu là ? Pousse le bouton vert et
réponds moi »


Il n’eut pas besoin
de répéter son appel. Quelques secondes plus tard, j’avais l’appareil émetteur-
récepteur en main, et je répondais :


« Je suis là. Quand venez- vous me
chercher ? »


Ayant lâché le
bouton vert, je l’entendis me répondre :


« Lis ma lettre, et bon courage. J’arrête car j’ai
toujours peur qu’ils ne viennent t’arracher l’appareil »


En fait, ses
craintes n’étaient pas fondées. Du moment que je restais avec eux, les E.E. ne
me cherchaient pas d’ennui, mais Jacques ne pouvait le savoir.


Je pris mon panier
et couru dans ma grotte pour inventorier son contenu, et surtout lire la lettre
qui devait me donner des précisions, sur mon évasion.


Je la reproduis
ici :


« Mon cher
Pierre,



Courage, tu arrives au bout de ton calvaire.
Tout d’abord, j’ignore si ta montre indique les jours, et comme dans la
négative, tu ne dois plus savoir où tu en es, je t’en envoie une, qui sera
indispensable pour que nous coordonnions nos actions.



Si tu la consultes, tu verras que nous
sommes le 1er aout. Le 2 aout à 15 heures, il faudra que tu te
trouves, si possible seul, à proximité de ton trou d’arrivée. Une petite
nacelle sera descendue. Lorsqu’elle arrivera à
20 mètres de toi, encore invisible de tous, tu entendras un Bip. Cela
signifiera qu’il faudra que tu te prépares à sauter dans la nacelle qui
arrivera 10 secondes après le Bip.



Je suis pressé de te donner une bonne
accolade.



Jacques. »


C’était la plus
merveilleuse nouvelle de ma vie. On allait me remonter de 5000 mètres sous la
surface du sol, et j’allais, dès demain retrouver mon monde à moi.


Un petit problème
se posait. J’avais pratiquement promis à mon ami, l’E.E. au cercle rouge, de
l’emmener avec moi. J’ignorais si la nacelle avait été prévue pour moi seul, où
si je pourrais prendre mon ami en surcharge.


Puis, je réfléchis
au fait que ces animaux, malgré leur force redoutable, sont en fait assez
légers, et je résolus de le prendre avec moi. Pour cela, il fallait que je le
mette au courant de nos projets, en retournant le voir.


Je m’accordais une
petite heure de repos, que je pouvais désormais calculer grâce à ma montre.


En allant le
rejoindre un peu plus tard, à travers le tunnel sombre, je me sentais en pleine
forme, et heureux.


Arrivé dans la
partie qu’il occupait, je le vis, toujours prisonnier, obéissant, au milieu de
ses semblables. Comme d’habitude, il ne put me rejoindre tout de suite, et il fallut
qu’il parlemente pour finir par imposer sa volonté, et se trouver libre des ses
mouvements.


J’ai commencé par
lui faire comprendre que lui et moi, allions monter à la surface, ce qu’il
comprit très vite, puis il fallut que je lui donne la notion du temps. Pour
cela, heureusement j’avais une montre, et ce fut beaucoup plus facile que je ne
le craignais. D’ailleurs, avec Jacques, ils avaient déjà abordé cette notion du
temps. Je lui remis la montre qu’il examina très longuement. Il y avait 3
aiguilles, une trotteuse, la petite et la grande aiguille. En 5 minutes, tout
seul, sans que je dise un mot, il avait compris les rapports qu’il y avait
entre elles, les secondes, les minutes, les heures.


Pour qu’il sache
bien quand nous devrions être prêts pour monter, j’entrepris de lui apprendre
le calcul.


Me servant d’un
morceau de calcaire, j’écrivis 10 lignes comprenant 10 barres chacune, et je
lui appris le nom de tous les chiffres. Grâce à son intelligence, sa mémoire
prodigieuse et ses dons pour les langues, il comprit très vite le principe du
système décimal. Ce fut un jeu pour moi, de lui faire comprendre que nous
devions partir le lendemain à 15 heures.


Cette information
enregistrée, il resta un long moment parfaitement immobile, ce qui signifiait
qu’il réfléchissait profondément. Je respectais ses cogitations, puis, il me
transmit ses conclusions.


Il me fit
comprendre que tous les E.E. devraient descendre à leur niveau normal,
c'est-à-dire à moins 7500 mètres, avant que nous ne montions, lui et moi, à la
surface de la terre.


Il est certain que
ce serait préférable pour nous, d’être seuls au moment du départ, mais je me
demandais comment il allait s’y prendre pour les faire descendre tous, alors
qu’il était leur prisonnier. Je décidais de lui faire confiance. Je le connaissais
déjà assez, pour savoir qu’il ne m’avait jamais dit d’absurdité.


Il se dirigea vers
ses gardiens, qui aussitôt l’entourèrent. Il se laissa encerclé, et lorsqu’il
fut au milieu d’eux, il commença à parler et curieusement étendit un tentacule
très haut, comme s’il voulait signifier qu’il était le plus fort. Il y eut
durant un moment un brouhaha de conversation, puis le cercle qui l’entourait se
rompit, il sortit, et tous se mirent à le suivre, comme s’il était devenu le
chef.


Nous avons traversé
le tunnel sombre, et lorsque l’E.E chef qui portait sur le crâne deux barres
blanches nous vit, il s’immobilisa, sans doute plongé à son tour, dans de
profondes réflexions. Comment un prisonnier pouvait-il venir, suivi par ses
geôliers qui paraissaient être devenus ses partisans.


Mon ami aussi,
s’était immobilisé. Ils étaient à une dizaine de mètres l’un de l’autre. Le
silence était complet, aucun des E.E. présents ne faisait le moindre geste. Je
me demandais si une bagarre allait éclater. Je les connaissais encore mal.


Malgré leurs
forces herculéennes, aucun litige ne se réglait par la force, entre eux. «
Bandes blanches » commença à parler, mon ami lui répondit, ils se
rapprochèrent l’un de l’autre, et étendirent le plus haut possible l’un de leurs
tentacules. C’est celui de mon ami le cercle rouge, qui était le plus long. Dès
lors, le problème était réglé. Cercle Rouge était devenu le chef. Il donna des
instructions et revint vers moi. Il me prit le poignet sur lequel se trouvait
ma montre, et m’indiqua sur le cadran que dans une heure, tous les E.E., sauf
lui évidemment, commenceraient leur descente vers le niveau 7500 mètres. Nous
étions certains de ne pas être dérangés pour remonter à la surface.


C’est précisément
à ce moment là, que je fus certain de revoir prochainement mes amis. Nous
serons seuls au niveau 5000, et dans ces conditions, rien ne pourrait nous
empêcher mon ami « cercle rouge « et moi, de remonter à la surface.


Mon séjour,
extrêmement pénible à certains moments, m’avait permis de faire une ample
moisson de connaissances sur les E.E.


Ce sont des êtres
d’une intelligence supérieure à la notre, qui n’ont développé aucune
technologie, tout simplement parce qu’ils n’en avaient nul besoin, ils étaient
pacifiques, ne se battaient jamais entre eux, et réglaient leurs litiges par
des joutes oratoires, et des démonstrations de longueur de tentacule, ce qui ne
devaient être en fait, qu’une simple preuve de puissance de la volonté. Le chef
devait être celui qui avait la plus grande force de caractère.


Cependant, je
n’avais pas résolu le problème de base, qui se posait pour nous, les humains.
Ces êtres sont pacifiques et intelligents. C’était une certitude. Mais alors
pourquoi, voulaient-ils venir à la surface de la terre, précisément à l’endroit
le plus dangereux, au centre d’une usine atomique. C’était faire preuve à la
fois d’agressivité, de méchanceté et de bêtise, puisqu’ils voulaient tuer des
êtres humains en quantité, et se sacrifier eux-mêmes. Ca ne collait pas.


J’avais quelques
heures devant moi, avant notre remontée, et
je mis un point d’honneur à comprendre cette apparente contradiction,
avant de rejoindre mon monde..


J’attendis que tous
les E.E. suivant les ordres de mon ami, aient évacué notre caverne, pour tenter
d’y voir plus clair.


Amenant
« cercle rouge » devant un tableau mural, je commençais par dessiner
un cercle représentant notre terre. Puis j’ajoutais à sa surface un carré, qui
était l’usine atomique. Je traçais ensuite le puits creusé par les E.E, exactement
en direction de Golfech, puis, les modifications provisoires de trajectoires,
qui en définitives, essayaient également de rejoindre l’usine atomique.


M’aidant du dessin,
des gestes et de la voix, je lui fis comprendre que le point vers lequel ils se
dirigeaient était dangereux. Je traçais partant du carré, des lignes représentants des explosions, je hurlais pour
imiter des déflagrations, en faisant avec mes bras des signes d’expansion.
Enfin, je me laissais tomber sur le sol, en restant inerte, pour qu’il
comprenne que tout cela était mortel.


Je dus répéter
deux fois, mes gestes et mimiques, avant qu’il ne pose un tentacule sur mon
épaule, pour me dire qu’il était inutile de continuer. Il avait sans doute
besoin de réfléchir, et comme toujours dans ces cas-là, il resta un long moment
parfaitement immobile. Je respectais ses réflexions, et il finit par effacer ce
que j’avais inscrit sur le tableau et à l’aide d’un morceau de calcaire, il fit
lui-même un dessin.


Un cercle
représentant la terre, et, très au dessus de la surface, une fusée qui
arrivait, puis la même fusée tombant en un endroit précis. Me faisant voir ma
montre et faisant de très nombreux ronds avec sa petite main, en sens inverse
des aiguilles il me fit comprendre que beaucoup
de temps s’était écoulé. Puis, après
avoir effacé la fusée, il dessina à l’endroit même où elle prit contact avec le
terre, le même petit carré que j’avais dessiné pour représenter l’usine
atomique.


Peu après, je
compris que le hasard était à la base de nos problèmes.


Les E.E. voulaient
partir en excursion à la surface de la terre. Ils n’avaient aucune animosité
contre nous, mais avaient décidé de sortir, à l’endroit même où la fusée de
leur ancêtres étaient arrivée. Il se trouve que tout à fait par hasard, la
centrale atomique de Golfech avait été construite, des milliers d’années plus
tard, à cet endroit précis.


Mon ami, avait
bien compris, que les hommes, en creusant pour venir à leur rencontre,
voulaient les empêcher de monter, et c’est pour tenter de s’expliquer, qu’il
avait voulu lui-même venir nous voir. Il n’avait pas eu le temps de se faire
comprendre, et pendant qu’il était avec nous, un autre E.E avait pris le
pouvoir, et décidé de capturer un humain. J’avais été celui-là.


Certes, nous
avions encore beaucoup à apprendre l’un de l’autre, mais nous commencions à
communiquer et à nous connaitre. Nous étions tellement différents sur le plan
morphologique, que je n’aurais jamais cru pouvoir me rapprocher de lui, sur le plan du raisonnement, et même, je crois,
celui des sentiments. Le fait de vouloir
sortir de terre à l’endroit même où leurs ancêtres étaient entrés, prouvaient,
à l’évidence une certaine sensibilité.





Nous avions
encore une quinzaine d’heures devant nous, avant le rendez vous donné par Jacques.
Sans nous être concertés, Cercle Rouge et moi, sommes allés nous restaurer,
lui, par osmose, en s’adossant à la paroi, et moi, dans ma grotte avec les
provisions reçues de là haut.


Après quoi, il se mit
sur ses six tentacules pour dormir, et moi, je m’allongeais sur mon matelas,
après avoir mis le réveil de ma montre pour 14 heures. Il ne s’agissait pas de
manquer le rendez vous.


Tout se passa le
plus simplement du monde. A l’heure dite, nous étions mon ami et moi sous le
trou. Nous entendîmes parfaitement le Bip, et 10 secondes après la nacelle
arriva, dans laquelle nous avons sauté. Immédiatement elle se mit à monter, et
j’entendis la voix de Jacques, par le micro attaché au bord de la nacelle.


« Voilà, vieux frère, tu es sauvé.
J’espère que tu nous amènes pas mal de renseignements sur ces vilaines bêtes
qui veulent faire sauter notre usine atomique. A toi »


J’appuyais sur le
bouton vert, et lui répondis.


« Merci Jacques pour tout ce que toi et les autres
avaient fait pour moi. Tout d’abord, je ne suis pas seul. L’E.E. qui était venu
nous voir est avec moi. Il est venu volontairement, bien sûr. Ils n’ont aucune
intention belliqueuse à notre égard. Ce ne sont pas de vilaines bêtes, mais, en
quelque sorte, nos lointains ancêtres, plus intelligents que nous, et
certainement plus sages également. Je vais arrêter car il m’est difficile de
tenir le micro et de maintenir mon équilibre. La nacelle bouge beaucoup. A
toi. »


« O.K Pierre. Je te fiche la paix pour le moment. Ne
te casse pas la figure, ce serait trop bête. A tout à l’heure. Terminé. »

( A suivre)
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MessageSujet: Re: ALERTE A GOLFECH   Jeu 7 Juil - 12:46

Quelle évolution en lui ! Que sera la suite de ses aventures et quel accueil pour son ami ?

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MessageSujet: ALERTE A GOLFECH   Ven 8 Juil - 8:11

La montée fut très inconfortable, mais ma joie de revoir la
surface de la terre, mes amis, et mon cadre habituel, réduisait à peu de chose,
ce petit inconvénient.


Vingt cinq
minutes plus tard, la nacelle s’immobilisait, et je vis mes amis qui
m’attendaient. Jacques, Luc, et Françoise me serrèrent tour à tour dans leurs
bras, pendant que « Cercle Rouge » immobile attendait patiemment. Je
lui présentais mes amis, et comme il nous avait vu le faire, en allongeant ses
tentacules, il enserra chacun d’eux avec une force qui les surprit tous.


J’étais impatient
de revoir la lumière naturelle, le ciel, des arbres, je venais vraiment d’un
autre monde, uniquement minéral. En jetant un coup d’œil sur Cercle rouge, pour
voir ses réactions, je fus surpris par son attitude. Il ne se préoccupait ni de
Jacques, ni de Luc, ni de moi-même, en revanche, il était planté devant
Françoise, et semblé subjugué par elle. Avec l’acuité de perception que j’avais
déjà décelée en lui, il s’était aperçu qu’il y avait, entre elle et nous, des
différences morphologiques, ce qui excitait sa curiosité.


Pour remonter les 120 derniers mètres,
il y avait un appareil que je ne pouvais appeler un ascenseur, mais plutôt un
monte charge, c’était une simple plateforme, qui pouvait transporter 6 ou 7
personnes. Nous sommes donc tous montés ensemble, Cercle Rouge restant toujours
à mes côtés.


Lorsque nous
sommes arrivés en surface, je remarquais que mon ami tremblait, gémissait, et à
peine notre élévateur arrêté, criait ; Je descendre ! je
descendre ! je descendre !.


Je compris que les
rayons solaires devaient bruler sa peau, et faire souffrir toutes ses
terminaisons sensorielles. Rapidement, j’enlevais ma veste pour le recouvrir et
atténuer ses douleurs, puis, après avoir demandé à Jacques, Luc et Françoise de
rester en haut, j’appuyais sur le bouton pour redescendre.


Je l’avais déjà
remarqué, il y a dans toutes femmes une infirmière qui sommeille, aussi
Françoise sauta-t-elle sur le monte charge pour nous accompagner dans notre
descente. Peut être, une raison l’avait-elle poussée à me suivre, mais je
préférais ne penser qu’à sa vocation d’infirmière. D’ailleurs elle s’occupa
effectivement de mon E.E., en enlevant ma veste qui avait servi un moment à le
protéger des rayons solaires, mais finissait par le gêner énormément. Il
n’avait pas l’habitude de sentir un vêtement sur sa peau.. Lorsque nous sommes
arrivés en bas, c'est-à-dire au niveau 120, « Cercle rouge »
était redevenu à peu près normal, et à cette occasion me démontra qu’il n’était
pas dépourvu d’humour. « Je, pas monter, elle (il désignait Françoise)
descendre je ( il se désigna) »


Il avait renoncé de venir à la surface de la
terre, en revanche, il aurait aimé que
Françoise reste avec lui. Pour un être asexué, c’était assez bizarre, mais je
suis convaincu, qu’il avait voulu faire une plaisanterie, après avoir décelé certains
liens entre Françoise et moi.


Nous sommes
restés une dizaine de minutes ensemble, et lorsque cercle rouge se sentit
entièrement rétabli, il me dit.


« Je descends,
tu et elle, montent. ». Puis prenant mon poignet où se trouvait ma montre,
il fit d’un doigt quatre tours du cadran pour s’arrêter sur 3 heures, il
ajouta, en accompagnant ses mots des signes appropriés. « Tu et Je »
et il fit voir l’endroit où nous nous trouvions. Il venait de me donner rendez
vous pour dans quarante huit heures, et sans un autre mot, sans un autre geste,
il se dirigea vers le trou par lequel nous étions montés sur la nacelle de
Pierre. Il négligea ce moyen de locomotion et descendit à une vitesse
stupéfiante, en s’aidant de ses six tentacules.


Françoise se jeta
dans mes bras et me dit : J’ai eu si peur de vous perdre. Je dénouais avec
difficulté ses bras autour de mon cou, et je profitais de l’occasion pour lui
répéter ce que Jacques m’avait dit avec beaucoup de bon sens.

-
Ecoutez, Françoise, cette affaire des E.E , n’est
pas terminée. Je vous apprendrai, tout ce que j’ai appris sur eux, mais, si
nous n’avons rien à craindre de « Cercle Rouge » lui même, il ne
restera pas forcément le chef. Dans ces conditions, nous sommes toujours en
état d’alerte, et il est indispensable, pour nous tous, que celui qui est notre
chef, votre mari, ne soit pas déstabilisé. En conséquence, nous n’avons pas le
droit de faire quelque chose qui risquerait de le détourner de ses responsabilités. Je sais pouvoir
compter sur vous, pour conserver entre nous, des rapports purement amicaux, au
moins jusqu’à ce que cette mystérieuse et dangereuse affaire soit réglée.


Elle me regarda longuement dans les
yeux, puis me répondit :

-
Soit. Vous vous y prenez avec beaucoup de tact, mais vous venez de me faire
comprendre que vous ne m’aimez pas.

-
Je n’ai pas dit
cela. N’essayez pas d’interpréter mes propos, vous risqueriez de faire des erreurs.
Je parle au premier degré. J’ai dit, et je répète, que dans les circonstances
actuelles, nous devons occulter tout ce qui ne concerne pas nos rapports de
force avec les E.E. Maintenant,
remontons rejoindre les autres qui doivent s’impatienter.


Nous sommes remontés, sur le monte
charge. Jacques et Luc nous attendaient là haut, et je leur dis ;

-
Je sais que vous voudriez tout savoir sur ce que j’ai
pu apprendre, mais, ce sera assez long. Or, pour l’instant, j’ai une envie,
envie à laquelle rien ne pourrait me faire renoncer. C’est de prendre une
douche, longue, longue, longue. Laissez- moi jusqu’à après demain matin, et
vous saurez tout ce que j’ai appris. Je vais écrire pour vous, un long rapport.





Nous sommes toujours le 3 aout, j’ai
écrit non stop, et il est 20 heures. Je vais manger quelque chose, puis, retourner me coucher. Demain je raconterai
mon aventure à mes amis, qui ont eu la gentillesse de respecter mon besoin de
repos, et de me laisser écrire tranquillement mon aventure, pendant qu’elle est
encore fraiche dans mon esprit.



Je vais me jeter sur mon lit moelleux.





CHAPITRE 5





LE 4 AOUT 14 HEURES






Quelques mots seulement. Je n’ai pas beaucoup de temps. Je vais devoir
aller à Golfech, pour le rendez vous donné par mon ami le « Cercle
Rouge ».


Ce matin, j’ai fait un copier-coller de
tout ce que j’ai écrit, depuis le début de mes vacances. Puis, j’ai supprimé
tous les passages dans lesquelles je faisais allusions à mes problèmes
relationnels avec Françoise. J’ai tiré plusieurs copies de ce texte édulcoré,
pour les distribuer à mes amis. Un
exemplaire, sera évidemment envoyé au Président de la République.


Ce que j’avais dit à Françoise, je le
pensais vraiment. Cette affaire n’est peut être pas entièrement terminée.


J’ai pu constater, que pour être
pacifiques, les coups d’Etat se pratiquent aussi chez les E.E., et si «
Cercle Rouge » perdait la direction de ce peuple, il me serait difficile
aujourd’hui de prévoir ce qui pourrait survenir.


Je pars à mon rendez vous. A plus tard.





LE 4 AOUT 20 HEURES





Fidèle à sa promesse, mon ami «
Cercle Rouge » était au rendez vous. Nous commençons à vraiment bien
communiquer. Certes, les gestes demeurent la partie la plus importante de nos
discussions, mais peu importe, nous parvenons à nous comprendre.


Il m’a apporté une nouvelle qui pourrait
nous réserver de nouveaux ennuis.



Sur les injonctions de mon ami, tous les E.E. sont redescendus au niveau
moins 7500. Ce serait parfait, si cette manœuvre s’était avérée définitive.
Malheureusement, l’ancien chef, la double barrette blanche, profitant de
l’absence du vrai chef, tente de nouveau, de reprendre la main, et d’entrainer
toute sa troupe à une nouvelle attaque, pour remonter vers Golfech.


Lorsque j’étais arrivé sur les lieux du
rendez, j’avais commencé par regarder les appareils, et je n’avais pas constaté
de modification. Les E.E. étaient toujours massés à moins 7500. Aussi, n’ai-je
pas voulu croire tout de suite, ce que disait « Cercle rouge ». Après
une heure de discussion, je me suis dirigé une nouvelle fois, vers les
appareils, et, en regardant attentivement, j’ai constaté qu’en effet, un
nouveau tunnel vertical était en construction, et se dirigeait vers Golfech.



Je le fis voir à mon ami, qui ne tarda pas à comprendre ce qui se
passait. Prenant mon poignet, il fit, avec une main, 6 fois le tour de ma
montre, puis désigna le chiffre 3. Il venait de me donner rendez-vous dans
trois jours, à 15 heures, et s’éclipsa de nouveau.



Je n’avais pas revu mes amis Jacques, Luc et Françoise, depuis ma
libération. Certes, ils se montraient discrets, mais je comprenais
parfaitement, qu’ils devaient être impatients de connaitre tous les éléments
que je possédais.


J’ai téléphoné à Jacques et Luc, et nous
nous sommes donnés rendez vous chez ce dernier, à 17 heures.


Dès mon arrivée, j’ai donné à chacun un exemplaire
de mon carnet de note. Nous étions tous les quatre installés dans des
fauteuils. Mes trois amis, lisaient mon rapport, un silence impressionnant
régnait dans la pièce, seulement troublé par les pages qu’ils tournaient, quand
à moi, je somnolais (Je me suis même peut être endormi quelques minutes) car je
n’avais évidemment pas récupéré de mes fatigues physiques et surtout nerveuses
de ces derniers jours.



C’est Luc qui termina le premier sa lecture, et il me dit :

-
Votre intervention, un peu forcée il est vrai, a permis
de retarder un peu l’affrontement avec les E.E., mais j’ai l’intime conviction
que nous ne sommes pas au bout de nos peines. Si notre ami parvient à conserver
son pouvoir, nous pourrons bénéficier d’un sursis supplémentaire, mais cela ne
durera pas. J’ai bien peur que le projet de sortir à la surface terrestre à
l’endroit où leurs ancêtres sont revenus sur terre, ne soit jamais abandonné.
Notre seul espoir est que celui que vous appelez « Cercle Rouge »
parvienne à leur faire comprendre, que leur organisme actuel ne leur
permettrait pas de survivre au rayonnement solaire.


Jacques qui venait de terminer aussi
sa lecture donna son opinion. Il avait l’impression que ces E.E. étaient
beaucoup trop intelligents, pour ne pas tenir compte de l’expérience de
« Cercle Rouge ». Certes, ils avaient repris le creusement d’une
galerie pour revenir sur terre, mais ils l’ont fait à un moment où notre ami
était encore avec nous. Il n’avait pas encore fait part aux siens, des brûlures
occasionnées par le soleil, sur tout son corps.


Françoise avait pris un peu de retard,
dans la lecture de mon rapport. Lorsqu’elle eut terminé, elle donna son propre
avis.

-
Je crois qu’il y a une erreur que nous ne devons pas
commettre. Certes, Pierre a pu constater qu’il y a des analogies entre eux et
nous, mais gardons-nous de les juger avec notre tournure d’esprit humaine. Leur
arrivée sur terre date de centaines de milliers d’années, or, le souvenir s’est
perpétué, et s’ils veulent venir à la surface de la terre, ils le feront peut être, quitte, pour
une fois, à inventer des protections pour le faire. N’oublions pas que ces
êtres sont intelligents. Ils n’avaient besoin de rien, et n’ont donc rien créé,
mais ils sont bien capables en s’inspirant de nos vêtements de trouver une
parade aux dangers qu’ils pourraient courir sur terre. Je suis donc d’accord
avec Luc. Nous devons rester sur nos gardes. Ceci dit, celui de nous qui est le
plus à même de donner un avis autorisé, est bien sûr Pierre. Dites nous ce que
vous en pensez !

-
Désormais,
puisque vous avez tous pris connaissance de mon long rapport, vous en savez
autant que moi. Je commence à bien communiquer avec « Cercle Rouge ».
C’est un véritable chef. Mais il n’en est pas moins certain, qu’en son
absence, d’autres peuvent contrevenir à ses ordres. Non, cette affaire n’est
pas terminée. Il faut que les E.E. admettent une fois pour toutes, que leur
domaine est sous terre, et qu’ils ont intérêt à y rester.


Pour l’instant, nous ne pouvons
rien faire, sinon surveiller l’avancement de leurs travaux. Une chose me semble
curieuse. Pourquoi ont-ils entamé un autre tunnel, au lieu de remonter par celui
qui avait déjà été creusé ? Le point de départ est différent.
Pourquoi ? J’ai rendez-vous avec mon ami, dans 3 jours. Il viendra. J’ai
confiance en lui. Nous n’avons qu’à attendre.





Après cette conversation, je suis revenu à
Puymirol, alors que Jacques, qui travaillait activement à l’amélioration des
appareils avec Luc, était resté chez lui. Françoise avait insisté pour
m’accompagner jusqu’au portail du jardin. Je me doutais de ce qu’elle allait me
dire, et j’ai tout fait pour l’en empêcher. En vain. Au moment où nous nous
sommes quittés, elle me dit :

-
Ce problème des E.E. est à la fois passionnant et
inquiétant. Mais pour moi, cela passe au second plan. Je vous aime.

Je ne me souviens plus
exactement ce que je lui ai répondu, car j’étais très gêné, mais c’était
quelque chose dans le genre de « Il est trop tôt pour parler de
cela » et j’ai pris congé rapidement après lui avoir déposé un baiser sur
le front.
( A suivre)

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MessageSujet: ALERTE A GOLFECH ( FIN)   Sam 9 Juil - 8:55

LE 6 AOUT 20 Heures.






C’est demain que je dois revoir « Cercle Rouge ». Rien de
neuf du côté des E.E.. Ils poursuivent leur nouveau creusement mais à une allure
infiniment inférieure à celle de leurs premiers travaux.



J’ai revu Jacques cet après midi. Il m’a longuement parlé des recherches,
qu’il effectue déjà avec Luc. Il m’a expliqué les nombreuses applications
pratiques des nouveaux rayons I.T., en me donnant quelques exemples.



En archéologie, la question se pose souvent de savoir ce qu’il y a
derrière un mur datant des pharaons. Pour avoir une réponse, il faut
impérativement percer ce mur, ce qui occasionne des dommages à des vestiges qu’il
faudrait conserver intacts. Grâce aux I.T, il sera possible de savoir
rapidement s’il y a des vides, et dans l’affirmative, la forme des objets qui
peuvent s’y trouver. Les pyramides et le Sphinx pourraient ne plus avoir de
secret, sans que l’on porte atteinte à ces monuments.



Dans un autre ordre d’idée, les I.T. auront un immense intérêt pour les
spéléologues. Au lieu de se lancer à l’aventure, avec tous les risques que cela
comporte, ils pourront savoir ce qui les attend, les dimensions des passages,
l’existence éventuelle d’un élément liquide etc.


Je n’avais jamais vu mon ami aussi
emballé, et c’est vrai que ses recherches devaient être exaltantes.


Puis la conversation est venue tout
naturellement sur Françoise. Avant de relater la suite de cette conversation,
je vais parler de ce qu’étaient mes propres sentiments au sujet de l’épouse de
Luc, avant cette discussion.


Pour être franc, je ne savais pas trop ce
qu’ils étaient réellement. Il est vrai que Françoise est une belle femme. Il
est vrai qu’elle est très intelligente et sans doute assez cultivée, de plus,
elle est très attirée par ma modeste (Pourquoi modeste ? Cela se
dit ? Bon.) par ma modeste personne. Mais, de mon côté, sincèrement, si je
serais heureux de l’avoir comme maitresse, pendant quelques jours, car elle a
un corps sculptural, je ne pourrais envisager d’en faire une compagne pour la
vie. Elle a quelque chose de bizarre et que je ne pouvais définir. Sa façon de
se jeter sur moi, dès le début, alors que nous ne nous connaissions pratiquement
pas, m’avait indisposé. Pour tout dire, je crois que c’est une cérébrale pas
très bien équilibrée et sujette à des foucades. Mais je n’avais aucune
certitude.


Ce que je viens d’écrire, était, je le
répète, mon sentiment avant ma discussion avec Jacques.


Mon ami, donc, me fit part de son propre
sentiment.

-
Je sais que tu es attiré par Françoise, et que de son
côté elle a laissé entendre (Elle l’a même dit) qu’elle t’appréciait beaucoup.
C’est certainement une femme de grande qualité. Mais je tiens à te le dire
franchement, il n’y a sans doute que Luc, pour pouvoir la supporter. Luc est
toujours perdu dans ses recherches, et ne la voit pratiquement pas. Elle ne le
gêne pas.


Pourtant, je crois de mon devoir de
te le révéler, je crains qu’elle ne soit caractérielle, instable. Il est
certain qu’elle est très versatile, et tu vas en juger, puisque après t’avoir
dit combien elle était attirée par toi, elle m’a servi le même refrain.


« Avec Luc, j’ai l’impression de
vivre avec un ordinateur. Je suis seule, et m’étais résignée à cette situation,
mais depuis que j’ai fait votre connaissance, je sais, Jacques, que vous êtes
celui qui m’était destiné ».


Je ne t’en dirai pas plus, mais ces
quelques phrases doivent te permettre de te faire une opinion sur elle.






Je crois malheureusement que mon ami a raison. Il faut absolument que je
ne lui laisse aucun espoir, si elle tente de nouveau ses manoeuvres d’approche.
Même en faire une simple maitresse, serait une énorme erreur, indépendamment
des considérations morales vis-à-vis de Luc.


Affaire classée. Ou, pour être plus
juste : Affaire à classer rapidement.





LE 7 AOUT à 16 HEURES 30





Encore une journée mémorable.


J’avais donc rendez-vous avec
« Cercle Rouge » à 15 heures. J’avais prévenu mes amis Luc et
Jacques, qu’il était préférable que je m’y rende seul. J’étais en effet
persuadé qu’il était plus en confiance, plus à l’aise avec moi, et qu’il se
livrerait plus facilement, que si nous étions plusieurs. Mes amis avaient
partagé mon avis.


A 14 heures 45 je me trouvais donc à la
côte moins 120, auprès des appareils de Luc, et je balayais les côtes moins
5000 et moins 7500.


Le gros des E.E. se trouvait à moins 7500
et travaillait au creusement du nouveau puits. Mais certains étaient remontés à
la côte moins 5000, et semblaient simplement y rester, sans entamer de nouveaux
travaux. Y aurait-il eu une sécession chez les E.E. ? Il ne serait pas
impossible que « Cercle Rouge » et « Rayures Blanches » en
aient décidé ainsi.


Je décidais alors d’aller m’asseoir sur le
banc, à côté du trou d’arrivée de mon ami. Ma surprise fut grande de constater,
que le banc était occupé par Françoise.

-
Que faites-vous là ? Nous avions décidé avec Luc
et Jacques que je viendrais seul à cette entrevue.

-
Vous l’avez dit
vous-même, je ne faisais pas partie de cet accord.

-
Est-ce par curiosité que vous êtes là ?

-
Nous le verrons bien.


C’est à ce moment là que Cercle
Rouge sortit de son trou. Il s’apprêtait à venir vers moi, lorsqu’il
aperçut Françoise. Il s’immobilisa aussitôt, preuve qu’il réfléchissait. Elle
vint vers lui, posa une main sur sa tête, et j’eus la surprise de constater,
que mon ami tremblait de tout son corps, ce qui ne lui était jamais arrivé
devant moi.



Se désignant d’abord, les désignant tout les deux ensuite, elle fit
signe enfin qu’elle voulait descendre avec lui.



Cercle Rouge continuait à trembler et je demandais à
Françoise :

-
Pourquoi voulez-vous descendre avec lui ? Vous
n’en apprendrez pas plus que moi. Songez que je suis resté longtemps parmi eux.


C’est alors que je remarquais le
gros sac que Françoise portait dans le dos. Il ne s’agissait pas d’une foucade,
mais d’un acte murement réfléchi et préparé.


Cercle Rouge prononça ces 3
mots :

-
Je descendre il.


En dehors du fait qu’il ne voyait
pas la différence entre un homme et une femme,( je ne lui avais d’ailleurs pas
appris « elle ) ce qui était normal, puisqu’il était lui-même
asexué, il avait parfaitement compris ce que voulait Françoise, et avait
clairement fait connaitre son accord.


Je tentais un moment de dissuader
Françoise, mais je n’eus pas le temps de m’exprimer longuement, car très
vite, Cercle Rouge , avec facilité et rapidité, prit Françoise dans
ses bras et disparut dans le trou.



J’ai du rester de nombreuses secondes sans bouger, complètement ahuri
par la scène qui venait de se dérouler.


Je fus tiré de ma stupéfaction, par la
voix de Françoise. Elle avait du demander à Cercle Rouge de
s’arrêter, car sa voix, bien que lointaine, ne semblait pas s’éloigner.

-
Pierre, me dit elle, descendez la nacelle demain à la
même heure, je vous écrirai pour vous dire
ce qui m’est nécessaire. Ne vous faites pas de mauvais sang pour moi.


J’ai bien tenté de crier
plusieurs fois : Remontez !! Remontez !! Mais je n’obtins aucune
réponse.


Dès ma sortie du puits, je me précipitais
chez Luc. Jacques était avec lui, et je leur racontais ce qui venait de se
passer. Je m’attendais à des exclamations de stupéfaction. Curieusement, ni
l’un ni l’autre, ne montrèrent une intense surprise. Luc dit seulement, avec
une certaine admiration dans la voix :

-
C’est une vraie scientifique.


Jacques me parut plus dubitatif,
mais ne dit rien.



Je viens de rentrer chez moi. Je me creuse la tête pour essayer de
comprendre les motivations de Françoise. Je n’arrive pas à me persuader que
l’amour de la science, soit vraiment le moteur de son action.





CHAPITRE 6




LE
12 JANVIER 19 HEURES








Plus de 5 mois viennent de passer.


Pourquoi n’ai-je plus écrit, depuis si
longtemps ? Pour une raison très simple : je n’en ai plus envie. Mon
besoin irrépressible d’écrire, était
venu brusquement, inopinément, et il est reparti de la même façon, après le
départ de Françoise chez les E.E.


Ce n’est plus par plaisir, mais par devoir,
que je vais relater la suite de cette curieuse aventure. Je considère, qu’ayant
été en quelque sorte son historiographe, j’avais le devoir impérieux de
préciser comment elle s’est terminée. Terminée, c’est peut être beaucoup dire,
car les E.E. existent toujours et il est impossible de savoir si un jour, ils
ne tenteront pas de venir nous chercher des noises.


En relisant mes notes, je vois que c’est
le 7 aout que Françoise est partie vivre sous terre. Le lendemain, comme elle
me l’avait demandé, nous avons descendu la nacelle, avec un micro attaché au
rebord.


Nous étions tout les trois, attendant la
lettre qu’elle devait avoir écrite, et espérant qu’au micro, elle nous
donnerait quelques explications sur les motivations de son acte.


Elle se trouvait bien à la réception de la
nacelle, puisque nous l’entendîmes dans le micro branché sur
« réception » :

-
Vous pouvez remonter.


Luc, qui avait l’appareil en
main, tenta de lui poser quelques questions, mais elle avait du repartir immédiatement,
car nous n’avons reçu aucune réponse.



Deuxième désillusion, le papier que nous avons remonté, ne contenait que
la commande de quelques objets et la nourriture nécessaire, avec simplement à
la fin : Prochain rendez vous dans trois jours à 15 heures.


Les jours se succédèrent sans élément
nouveau.



En regardant nos appareils, nous constations qu’il y avait toujours deux
groupes séparés. A la côte moins 7500, le gros de la troupe des E.E. et à la
côte moins 5000 mètres, une trentaine d’individus avec Françoise que nous
repérions assez facilement grâce à sa taille supérieure.


Comme je connaissais les lieux, j’ai pu
constater que Françoise accompagnée de quelques gardes du corps, étaient allée à
plusieurs reprises dans le cul de sac où se trouvent les dessins représentant
l’histoire des E.E. Son séjour sous terre, avait donc au moins en partie, c’est
vrai, des raisons scientifiques, mais je persistais à penser que ce n’était pas
la seule.



Tous les trois jours, la nacelle était descendue avec, dans un panier,
la commande de Françoise. En retour elle faisait remonter sa nouvelle commande,
sans y ajouter un seul mot personnel.


Au tout début, nous allions tout les trois
pour assister à cet échange, mais au bout d’une quinzaine de jours, Luc, seul,
s’est chargé d’approvisionner sa femme.



Il devenait de plus en plus taciturne. Il continuait à travailler avec
Jacques, mais ne se montrait pas plus prolixe avec lui, qu’avec moi. Jamais, il
ne lui parla de Françoise. Il y a 6 jours, alors que nous prenions l’apéritif,
Luc, Jacques et moi, dans un bar de Valence
d’Agen, nous parlions de choses insignifiantes, lorsque Luc, brusquement, nous
dit sans élever la voix.

-
Ca suffit !! Après tout, je suis son mari, elle me
doit des comptes. C’est décidé, demain, avec ses provisions, je vais lui
envoyer un mot, avec un ultimatum. Si elle ne nous explique pas la vraie raison,
pour laquelle elle est partie chez les E.E., je vais la menacer de cesser mes
envois alimentaires. Il faudra bien qu’elle finisse par parler. Elle ne pourra
pas se contenter de manger de la terre, même par la bouche. Mes amis, mes seuls
amis, que pensez-vous de ma décision ?


C’est Jacques qui lui répondit.

-
Enfin !!! Pierre et moi, admirions ta patience. Il
y a longtemps que tu aurais du lui mettre le marché en main. Demain, nous
t’accompagnerons. Tu lui feras parvenir ta lettre, dans laquelle tu pourrais
lui dire que nous laisserons la nacelle en bas avec son micro, durant 30 minutes,
et qu’elle pourra donc prendre contact avec nous, après quelques minutes de
réflexion.


Luc trouva, que poser un ultimatum
était une chose, mais que lui demander une réponse dans la demi-heure qui
suivait était trop exigeant.


Je lui répondis que nous approuvions le
principe de l’ultimatum, mais que sur le plan du délai, il pourrait, en effet, lui laisser une journée pour réfléchir, mais
pas plus.


Le lendemain, nous étions ensemble, pour
l’expédition des aliments et de la lettre. Au micro, Luc dit à Françoise qu’il
voulait absolument lui parler, puis mettant l’appareil sur réception, il
attendit une réponse. En vain.


Il ne nous restait plus qu’à espérer
qu’après avoir lu la lettre, elle serait plus accommodante dans vingt quatre
heures.



Le lendemain, nous étions tout les trois sur les lieux, et nous avons
descendu la nacelle vide, avec uniquement le micro.


Luc a appelé plusieurs fois Françoise.
Elle n’est jamais venue pour répondre. Pourtant, sur nos appareils, nous constations
qu’elle était à proximité, et elle avait forcément entendu l’appel de son mari.


Quatre jours de suite, nous sommes revenus
à la même heure, estimant que lorsqu’elle serait au bout de ses provisions
alimentaires, il faudrait bien qu’elle se manifeste.


Le cinquième jour, elle n’avait toujours
pas répondu, mais lorsque la nacelle est revenue près de nous, nous avons eu la
surprise d’en voir sortir Françoise, accompagnée de Cercle Rouge.


Elle dit simplement :

-
J’ai vécu une merveilleuse histoire d’amour.



Nous n’avons pas eu le temps de revenir de notre surprise après cette
déclaration inattendue, que nous étions de nouveau pris à contre pied.



Cercle Rouge se mit à parler. Il s’exprimait dans un Français
correct, mais de plus, son don d’imitation était tel qu’il avait exactement la
voix de Françoise.

-
Elle m’a raconté ce que l’on appelle amour chez vous.
Vous êtes, sur terre, deux catégories : Les hommes et les femmes, et vous
mélangez vos corps. Nous sommes, nous, tous identiques, et ce sont uniquement
des sentiments qui nous unissent. Il est vrai que je suis très attiré par
Françoise, mais je ne la comprends pas très bien, et je sais que rien n’est
possible entre nous. Il est préférable qu’elle revienne parmi les siens.


Vous savez que nous voulions revenir
sur terre, à l’endroit même où nos ancêtres y ont pénétré en revenant du
cosmos. Je suis parvenu à persuader les miens que nous avons subis des
évolutions qui nous interdissent de vivre à l’air libre, sous les rayons de
l’étoile Soleil. Vous pouvez être tranquilles, nous ne reviendrons pas. En
retour, je vous le demande, ne venez pas troubler notre tranquillité. Adieu.



Négligeant la nacelle, il sauta dans le trou et disparu rapidement.


Françoise était méconnaissable. Elle ne
s’était sans doute pas peignée depuis son départ, et ses cheveux étaient tous
emmêlés. Ses toilettes, s’il y en avait eu, avaient du être rapides et
espacées. Elle était sale. Ses yeux, exorbités, roulaient curieusement dans
leurs globes. Nous savions tous, qu’elle n’était plus dans un état normal. Elle
était devenue folle.



Elle nous raconta que le premier jour, Mamour (C’est ainsi qu’elle
appelait Cercle Rouge), couchait à six pattes au pied de son lit, dans ma
caverne, puis qu’il était venu sur son lit. Elle parla de sa peau douce et
chaude, et de la profondeur de ses sentiments. Son récit était parsemé de sons incompréhensibles,
sans doute des expressions du langage
des E.E.


Le soir même, (hier), elle a été internée
dans un hôpital psychiatrique.



Françoise elle-même, et nous également, pensions que Luc vivait dans son
monde, pour la science uniquement, et
qu’il en était arrivé à ne plus faire attention à sa femme.



Nous étions dans l’erreur. Luc est devenu une loque, et Jacques et moi,
sommes très inquiets pour lui. Il ne fait plus rien, et reste prostré sur un
fauteuil, durant toute la journée. Ne va-t-il pas rejoindre sa femme, dans le
monde des malades mentaux ? Il est encore trop tôt pour se prononcer.
Espérons qu’il va de nouveau s’immerger dans son activité de chercheur, et
oublier réellement Françoise.


Le Président de la République a été avisé
par Jacques, du fait que le problème des
E.E. était réglé, du moins à moyen terme.


Ainsi se terminent à la fois, cette bien curieuse
histoire, et (Fait de moindre importance) mon unique tentative de devenir
écrivain.











FIN

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Anne
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MessageSujet: Re: ALERTE A GOLFECH   Lun 11 Juil - 13:04

J'ai beaucoup à rattraper, je passe rapidement et reviens lire tranquillement à l'heure du café. Je me languis de savoir ce qui s'est passé.

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MessageSujet: Re: ALERTE A GOLFECH   Dim 17 Juil - 10:48

J'adore la chute, je fais mon rattrapage aujourd'hui.

Très bonne histoire bravo et merci Aristee pour ce partage.

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MessageSujet: Re: ALERTE A GOLFECH   

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