Le bateau ivre



 
PortailCalendrierAccueilFAQRechercherS'enregistrerMembresConnexion

Partagez | 
 

 L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Andy PANAME
Sacrée Pipelette
Sacrée Pipelette
avatar

Masculin
Coq
Nombre de messages : 1797
Date de naissance : 24/11/1945
Age : 71
Localisation : Menton
Loisirs : réunion avec famille et amis.
Date d'inscription : 05/03/2009

28092011
MessageL'itinéraire de Riri le p'tit parigot!

Coucou, salut à toutes et à tous!...
Arrivé à 65 ans passé, je me demande si la mémoire est restée.
Et pour m'en apercevoir, j'entreprend d'écrire tout ce dont je me souviens depuis ma naissance.
Après un brouillon, puis un recopiage pendant lequel je m'aperçoit que je dois ajouter des choses que j'avais oublié, aujourd'hui je commence à taper mes écrits, avant que monsieur Aloïs ne vienne me rendre visite.
Dans ces écrits il y a; mes joies, mes peines, des périodes d'écoles à l'âge adulte, en passant par mes vacances, mes bêtises d'ado, mes petits boulots, des anecdotes tristes ou joyeuses sur ma famille, mes amis ou moi-même.
Enfin, c'est ma vie que je relate de ma naissance à ma retraite. aujourd'hui, j'ai déjà écris 16 ou 17 ans de ma vie, il me reste (je viens de m'en rendre compte) près de 50 ans à écrire. Peut-être que cela ne vous intéressera pas, mais si vous le lisiez, (ce qui me ferait plaisir),et que vous ayez envie de faire un commentaire ou une critique, ( bonne ou mauvaise), je vous demanderez d'ouvrir un topic réservé à cela, afin que je puisse tout écrire à la suite sans que le récit ne soit coupé.
Merci d'avance pour votre attention et votre compréhension.
Amitiés sincères!

_________________
Amitié sincère, Invité !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

 Sujets similaires

-
» [SOFT] METROIDE : Calculer votre itinéraire du métro Parisien [Gratuit/Payant]
» Tomtom : Itinéraire en passant par plusieurs points [résolu]
» Itinéraire Céleste - Valérie Vives.
» itinéraire bis (suite)
» itinéraire gare du Nord-Disneyland !
Partager cet article sur : Excite BookmarksDiggRedditDel.icio.usGoogleLiveSlashdotNetscapeTechnoratiStumbleUponNewsvineFurlYahooSmarking

L'itinéraire de Riri le p'tit parigot! :: Commentaires

CHAPITRE 1

Début de vie et petite enfance

......Cela débute par une nuit de novembre de 1945, quelques mois après la fin de la guerre.
......Riri est né dans une chambre d'une clinique se trouvant tout en haut de la rue Lafayette à Paris. C'était la clinique du docteur Pescarolo, (l'oncle du célèbre coureur automobile), il est né dans une chambre du 3ème étage de cette clinique.
......Il se souvient très bien de l'endroit, derrière le porche d'entrée, donnant sur la rue, il y avait un grand hall avec, au bout à gauche, la loge de la concierge et à droite l'entrée de la clinique. Pas d'ascenseur, à l'époque, mais un grand escalier menant aux bureaux au 1er étage, puis aux salles de travail et aux chambres.
......Oui, je sais! Vous allez dire, "mais qu'est-ce qu'il raconte, le Riri ? Il y est né, il y est resté quelques heures ou quelques jours, et il se souvient de cet endroit comme si il y avait vécu des années!".
...... C'est vrai, si beaucoup de gens connaissent leurs lieux de naissance, très peu ont en mémoire autant de détails, surtout si c'est une clinique privée.
......Vous pensez que Riri se la joue "super-mémoire", pourtant ce qu'il raconte est vrai, ...mais il a un truc! Continuons la visite;
......Au bout du hall, juste après la loge, une cour sombre, et dans cette cour, l'entrée d'un immeuble d'habitations. Au 1er étage de cet immeuble, demeurait et travaillait, à un petit établi devant sa fenêtre, un maître-bottier. Celui-ci, tous les jours, façonnait à la main des chaussures et surtout des bottes, à partir du cuir brut qu'il achetait..
......Vous allez dire encore "ça y est, il continue, quelle mémoire pour un gosse qui n'est resté que quelques jours à cette adresse après y être né".
......Non, bien sur, Riri n'a pas cette mémoire aussi phénoménale, s'il s'en souvient, c'est simplement que le maître-bottier en question était son grand-père maternel qu'il a continué à aller voir à cette adresse, jusqu'à son décès, pendant une trentaine d'années après sa naissance. C'est la raison pour laquelle il se souvient très bien de cet endroit.
......Riri a beaucoup de tristesse en parlant de son grand-père car c'était un sacré bonhomme. Il se souvient qu'il aimait rester assis près de lui, à le regarder travailler, il adorait les odeurs particulières du cuir brut, de la colle et de la poix chaude.
......Les chaussures qu'il faisait, sur mesure, étaient pour des particuliers aisés, quant aux bottes il en faisait souvent pour les officiers du "Cadre Noir" de Saumur et aussi pour certains particuliers, ainsi il se souvient que son grand-père fabriquait les bottes d'équitation de Paul Meurisse, ente autres.
......Une petite anecdote à son sujet, qui a été racontée à Riri, par sa mère et confirmée par la suite par son grand père.
......Bien avant la naissance de Riri, son grand-père avait dans sa clientèle une actrice française connue, Riri ne se souvint plus du nom, mais c'était peut-être Yvonne Printemps ou Madeleine Robinson, cette actrice, donc, lui faisait faire ses chaussure, mais envers l'artisan, elle était hautaine, capricieuse et surtout mauvaise payeuse. Un jour, elle lui a demandé de lui faire des chaussures de ville, unique, comme personne ne pourrait en avoir, le cordonnier lui a répondu qu'il allait faire ça en lui demandant de revenir dans 1 mois. un mois plus tard elle est revenu et il lui a tendu, en lui affirmant qu'elle serait la seul à en porter, une magnifique paire d'escarpins avec des talons mi-hauts....................devant. Il a perdu la cliente mais a retrouvé la tranquillité.
......Les parents de Riri se sont marié en 1936. Au bout de 4 ou 5 ans, n'ayant toujours pas procréé, la mère de Riri a consulté un médecin qui lui a assuré qu'elle n'aurait jamais d'enfant. Puis la guerre est venue, le père de Riri a été fait prisonnier et ce n'est que 9 ans après leur mariage que sa mère a eut 4 gosses en 5 ans. (Beau rattrapage!.. elle aurait bien aimé revoir ce toubib.) Riri est né en novembre 1945 suivi de sa soeur Lucette en septembre 1947, puis sa soeur Catherine en décembre 1949 et enfin son frère Pierre en février 1951.
......Tout aurais été dans le meilleur des mondes, si les enfants avaient eu une santé florissante, mais, hélas, il a fallu qu'ils soient issus d'un père asthmatique et d'une mère eczémateuse, c'est dire s'il sont tombé dedans dés la naissance, Riri et ses 2 soeurs ayant de l'asthme et pierrot faisant de l’eczéma, si bien que les premières années de leur vie, leur maman les a passées de médecin en hôpitaux, elle ramenait l'un d'eux de l'hôpital pour aussitôt emmener l'autre chez le toubib et vice-versa.
......Le plus éprouvant pour leur mère a été à la fin de 1949. Elle était entrée à l'hôpital pour accoucher de Catherine, (à l'époque, l'hospitalisation n'était pas comme aujourd'hui que de quelques jours, mais pouvait durer 1 ou 2 semaines), pendant ce temps Lucette a fait une forte poussée d'asthme, elle était âgée de 16 mois environ. Leur père, ouvrier boulanger travaillant la nuit, les enfants étaient hébergés chez leurs grands-parents, (justement à l'adresse où Riri est né 4 ans auparavant). Malgré la venue du médecin, appelé par les grands-parents, Lucette est décédée d'une bronchite capillaire dans la nuit de Noël 1949, alors que Catherine venait de naître 4 jours avant. Leur mère se demandait, pourquoi, alors qu'elle venait d'accoucher, son mari et ses parents avaient un air sérieux quand ils venaient la voir à l'hôpital, jusqu'au 7 janvier 1950, jour où elle a appris la mort de sa fille. Les médecins avaient refusé de lui dire, pour ne pas que cela fasse un problème sur le lait, d'après ce que Riri a comprit par la suite.
......Plus tard, et pour les mêmes raisons, la famille a failli perdre Cetherine, celle-ci est restée longtemps sous une tente à oxygène et elle a eut 3 fois l’extrême onction.
Je ne savais pas que tu étais un ex parisien..

Riri c'est toi ? ta sœur Catherine morte en bas âge ? Triste période...

Ton histoire sent bon l'odeur du cuir et de la colle, j'aime ces odeurs d'une autre époque. Maintenant les chaussures sont bien souvent ne plastique made in chine.
Bisous Anne.
Oui, Riri c'est moi, mais j'ai préféré écrire à la 3ème personne.
Tu verra que par la suite, Riri devient Henri, puis Andy.
C'est ma soeur Lucette qui est morte à 16 mois, Catherine, elle, a eut 3 fois l’extrême-onction entre 0 et 2 ans mais aujourd'hui elle se porte comme un charme.
Et effectivement je suis parisien de Paris, où je suis né et où j'ai été à l'école, travaillé et me suis marié . J'ai quitté Paris à 46 ans il y a 20 ans pour m'installer à Menton.
Bisous à toi et à demain.
Bisous, douce soirée, la vie n'est pas facile, et tu vois tu l'as bien rempli.
la suite... sourire... Nous avons 60 ans à couvrir....
Un sacré bout de chemin.
entre parigos... née intra muros, dans le 12eme !

bon en Ardèche, c'est bien aussi...
CHAPITRE 2

La rue, l'école .


......A cette époque la famille de Riri habitait dans le 10ème arrondissement de Paris, au 3ème étage d'un vieil immeuble dans une petite rue nommée la "Cité Riverain", coincée entre la rue du Château d'eau et les Grands Boulevards, (entre la Porte St-Denis et la Porte St-Martin). Ils n'étaient ni riches, ni pauvres et malgré les passages à l'hosto ou chez le toubib, les enfant y ont vécu une enfance heureuse.
......Il voyaient très peu leur père, celui-ci partait travailler vers minuit / 1heure du matin pour ne rentrer que vers midi, après déjeuner, il se couchait, se relevait pour dîner et enfin se recouchait jusqu'à minuit pour repartir travailler.
......Chez eux il n'y avait, bien sur, pas de télé, ils n'avaient qu'un gros poste de "TSF", (vous vous souvenez de ce poste énorme avec "l'oeil magique" vert et le cadre, avec une photo ou une image, qui servait d'antenne). A cette période, ce poste restait muet, (deuil oblige), jusqu'au jour où, étant près de la fenêtre, Riri a failli tomber, car, en entendant la musique de l'émission "Les beaux jeudis" venant d'une radio voisine, il a voulu l'écouter et il s'est penché un peu trop à la fenêtre, sa mère est arrivé juste à temps pour le retenir, et c'est de ce jour que ses parents ont décidé de rallumer le poste.
......"Les beaux jeudis"...Vous en souvenez vous, ceux de cette génération? Riri, lui, s'en souvient parfaitement. C'était une émission, diffusée les jeudis après-midi sur "Radio-Luxembourg", présentée par "La chicorée Leroux" et animée par "Jaboune" (Jean Nohain). Il se souvient qu'il y avait des jeux, des chanteurs et aussi les clowns "Bidibi et Banban", mais ce dont il se souvient le plus, c'est d'avoir participé à l'émission, il devait avoir 5 ou 6 ans.
......L'émission était enregistrée sur la scène de " l'ABC", (théâtre à l'époque, cinéma aujourd'hui), sur les Grands Boulevards,. Un jeudi, la maman de Riri, l'y a emmené, il y a vu ses clowns préférés, les "Frères Jacques" et aussi une chanteuse qui a chanté "Gondolier", peut-être Dalida, mais c'est pas sur!... A l'entrée du théâtre, on donnait un numéro à tous les enfants. Au cours du spectacle, quelques numéros étaient tiré au sort et les enfants possédant ces numéros montaient sur scène pour participer aux jeux avec Jean Nohain. Un enfant, se trouvant à coté de Riri et de sa mère, ayant été appelé n'a pas voulu y aller, sa mère a donné le numéro à la mère de Riri et c'est lui qui y est allé. Il se souvient avoir fait un jeu concernant les cris d'animaux où a un moment il a répondu "MIAOU" quand Jaboune lui demandait le cri du chien, (à sa décharge, souvenez vous du débit d'élocution de Jean nohain). Quelques temps après, Riri à reçu chez lui un colis contenant un paquet de chaque produit "Leroux", des crayons de couleur, des albums à colorier, le tout estampillé "Chicorée Leroux". Cela a été un des premiers moments heureux de sa vie de petit garçon, dont il se rappelle.

......La Cité Riverain, où ils habitaient, était une petite rue tranquille, où passait très peu de voiture, car semi-impasse, en effet car elle commencait par un tunnel sous lequel très peu de voitures pouvaient passer, presqu'une rue de province avec son bistrot, son épicier-crémier-confiseur "Mr Paul", son marchand de couleurs, (on dit droguiste, aujourd'hui), une fabrique de prises de courant, un atelier de menuiserie et un de textile.
......L'hiver chacun restait chez soi, mais dés que les beaux jours arrivaient, la rue était pleine d'enfants qui jouaient aux billes, à chat, à la marelle, etc..etc. Il arrivait que, quand il faisait chaud, le soir après le repas et qu'il faisait encore jour, beaucoup de gens des immeubles ainsi que les concierges, se retrouvaient dans la rue avec leurs pliants, tabourets ou chaises pour papoter en surveillant les enfants qui jouaient dans la rue.
......Riri a été heureux dans sa Cité Riverain, il y a connu tous les petits métiers, aujourd'hui disparus, il y a vu le vitrier avec ses carreaux sur le dos et son cri reconnaissable, les chanteurs des rues à qui il envoyait une pièce enveloppée dans un bout de journal, une ou deux fois par an, s'installait, devant la menuiserie, une cardeuse de matelas, dans la rue du Château d'eau, près du marchand de vin il y avait le raccommodeur de porcelaine ou le rempailleur de chaises, près du marché couvert, en fin de semaine il pouvait voir d'autres chanteurs et musiciens qui vendaient des petits livrets contenant la partition et les paroles des chansons que tout le monde reprenait avec eux.

......Mais le dimanche, l'été, il y avait quelque chose qui était attendu par tous les habitants de quartier et surtout par les enfants; En face du marché il y avait la caserne de pompiers, qui avait sa propre fanfare, et tous les dimanches, en fin de matinée, cette fanfare sortait et faisait le tour du quartier, en musique, suivie par tous les enfants et quand elle rentrait à la caserne, chacun rentrait chez soi pour déjeuner.
...... Entre la caserne de pompiers et la mairie, l'école maternelle où Riri a fait ses premières classes vers 4 ou 5 ans.
Il se souvient, qu'un jour, ayant fait une bêtise, à la sortie de l'école, son père, lui a fait traverser la rue et l'a conduit au commissariat de police qui se trouvait derrière la mairie du 10ème, où il connaissait un agent et a demandé qu'on enferme Riri dans la cage, endroit où il est resté, en pleurs 5 ou 10 minutes, Riri ne sais pas si c'était pour lui faire peur, mais en tout cas, ça a marché. (aujourd'hui, Riri trouve que ce genre de punition était d'une profonde débilité).

......Cette époque, pour Riri, est la fin de la petite enfance, en effet, il entre à la grande école. D'abord, rue des Vinaigriers et de cette période, il ne se souvient que de 2 choses; d'une part, de l'institutrice, madame Debarle, gentille mais sévère et d'autre part, étant relativement bavard et constamment debout, il se retrouvait souvent puni, et régulièrement la punition était effectuée à la cantine, debout, face au mur au pain sec et à l'eau. Ce genre de punition n'ayant pas plu aux parents de Riri, ils l'ont retiré de cette école pour l'inscrire rue du Terrage, près de la gare de l'Est, dans une école privée, dont les enseignants étaient laïcs bien que l'école soit dirigée par les bons pères. A partir de cette école , Riri n'a plus, souvent, été puni. Cela va paraître bizarre, mais il a vraiment aimé aller à l'école et jusqu'a la fin, il a toujours été régilier dans son classement, à savoir, à peu de choses près, que le 1er mois il était classé 2ème ou 3ème et il redescendait de mois en mois jusqu'à être, en fin d'année, avant-dernier ou au mieux antépénultième, il n'a jamais été 1er et jamais dernier, et cela, régulièrement, du CP au certificat d'études. Cet état de faits n'était pas dû à l'ignorance, mais à la paresse, en effet, si Riri aimait aller à l'école, il n'a jamais aimé y travailler.
CHAPITRE 3

Les vacances avec les parents.

......La famille de Riri n'était ni riche ni pauvre, les parents n'avaient, pour élever leurs enfants, que le salaire du père et les allocations familiales. Souvent, dans les périodes pendant lesquelles les enfants étaient malades, la mère de Riri attendait dans la rue le "payeur des allocs" pour aller faire des courses mais les enfants n'ont jamais manqué de quoi que ce soit. Ils allaient en vacances dans la Nièvre, le père, originaire de cette région y possédait une petite maison de famille. L'endroit se nommait, (et se nomme encore), Villefargeau. Ce n'était pas un village, mais un hameau, 2 fermes et quelques maisons. La maison voisine de celle de la famille de Riri, était à une des tantes du père que tout le monde appelait "la Rate", Riri n'en connut la raison que bien des années plus tard; en fait, son nom de famille était Rat, mais personne ne sait quel était son prénom. Chez elle, il n'y avait ni eau, ni électricité, elle se levait avec le jour et se couchait avec la nuit, (comme les poules). L'eau courante n’existait pas non plus dans les autres maisons, il y avait, dans la cour devant chez eux, un puits où tout le monde venait tirer de l'eau, à part les fermes qui avaient chacune leur propre puits.
......Quelques maisons étaient vides à l'année, à part certaines qui étaient louées ou achetées par des parisiens qui venaient pour les vacances ou une fois à la retraite. Riri se souvient de 2 de ces personnes; monsieur Paul, menuisier de son état et Prosper, retraité.
......Une des fermes était à des cousins proches du père de Riri, l'autre étant aussi à des cousins mais plus éloignés, ceux-ci avaient un fils, René, mais qui était surnommé "Néné", (par contre, Riri ne sait pas si on le nommait ainsi parce qu'il s'appelait René ou si c'est parce qu'il nasillait).
......Pendant les vacances, Néné et Riri étaient toujours ensemble et c'est même grâce à Néné que Riri a eut la 1ère grande peur de sa vie, en effet, les parents de René leur avaient demandé d'aller ouvrir le poulailler et comme à cet âge tout est prétexte pour faire la course, les 2 gamins sont parti en courant pour voir qui ouvrirait le poulailler en premier, Riri a gagné la course, mais dans son enthousiasme il s'est trompé de porte et à la place de poules , ce sont 2 énormes truies qui sont sorties en vitesse de leur enclos, voyant cela, Riri aurait pu gagner une autre course, car il a couru vers la ferme beaucoup plus vite qu'au départ.
......Quand Riri ne laissait pas sortir des monstres de leurs antres, il jouait avec Néné dans les "hanses" près du "crau". (là, une traduction s'impose; "Hanses" est le nom régional désignant un pré, de même que le "Crau" est celui donné à un étang naturel) . S'ils ne faisaient pas de courses, de cache-cache, de construction de cabanes dans les hanses, Riri et Néné allaient au crau pour une pêche aux têtards .
......L'étang, chez Riri, était appelé "le petit crau" et, un peu, hors du hameau se trouvait le "grand crau", qui était un très grand étang sur un terrain arboré, où l'été, le dimanche, les gens du hameau ou des hameaux voisins allaient souvent pique-niquer, jouer aux cartes ou aux dominos ou encore attraper les grenouilles qui y pullulaient. Riri allait aussi, très souvent avec son ami, cueillir des mûres qu'ils rapportaient par seaux à la mère de Riri qui en faisait d'excellentes confitures.
......Pour en revenir à un de ces dimanches au grand crau, Riri et ses parents y sont allé avec monsieur Paul, le menuisier en vacances. Quelques temps et pendant quelques jours, Mr. Paul restait enfermé dans son atelier, d'où se faisaient entendre des bruits de scie et de marteau. Le jour en question, Mr. Paul à sorti de son atelier une petite barque et a emmené toute la famille au grand crau pour la mettre à l'eau. Riri et Néné sot parti sur la barque avec Mr. Paul et ses rames....Heureusement qu'ils n'ont pas été trop loin du bord, ils ont pu revenir à terre à temps, car la baque prenait l'eau. Cela a été la première et dernière expérience de marin pour Riri.
......Villefargeau était donc un petit hameau sans église, sans mairie, sans école, le village le plus proche, Saint-Loup, était à environ 2 ou 3 km qui étaient fait à pieds car il n'y avait pas de car ou de bus à l'époque. Lorsque, par malheur, il y avait un décès à Villefargeau, le cimetière se trouvant à Saint-Loup, le cercueil quittait le hameau dans un corbillard tiré par un cheval, suivi par le cortège, à pieds, pour les 2 ou 3 km, et dans le hameau, au passage du corbillard, tout le monde rentrait chez lui et le regardait passer à travers les rideaux, apparemment, à l'époque, il y avait comme une superstition.
......La famille de Riri allait à Villefargeau, non seulement, pour les vacances d'été mais aussi pour celles d'hiver. Riri se souvient que c'est là-bas, qu'une nuit, le Père Noël lui a apporté son premier (et dernier) mécano. C'est là aussi, mais en été, qu'il a eu son premier vélo, ( avec les 2 petites roues derrière).
......Riri se souvient avoir été à Villefargeau, avec ses parents, 2 ou 3 années de suite et qu'ils ont cessé d'y aller quand Riri a eut 5 ou 6 ans.
CHAPITRE 4

Les vacances en famille, sans les parents.

......Probablement que les parents de Riri étaient plus gênés financièrement, il ne sait pas, toujours est-il qu'il n'est plus allé en vacances avec eux. Mais, il partait quand même, ses parents l'envoyaient en vacances chez son oncle Pierre et sa tante Roberte, qui était la soeur de son père, c'était toujours dans la Nièvre, dans un hameau qui s'appelait Mocques, à une trentaine de kilomètres de Villefargeau.
......A 6 ans, Riri prenait le train tout seul, sa mère l'emmenait le matin à la gare de Lyon, avec une petite valise contenant ses affaires et un sac dans lequel il y avait en général; un sandwuch au jambon, deux oeufs durs, un fruit et une gourde de limonade. Elle trouvait un compartiment dans lequel il y avait des gens qui allaient à Cosne- sur-Loire, et elle l'installait en demandant aux gens de bien vouloir faire attention à Riri et surtout de lui dire quand ils arrivaient et de le faire descendre. A la gare de Cosne, il était attendu par Mr. Millet, un ami de son père qui était cafetier-taxi, et il l'emmenait chez son oncle, au "château".
......( Ça y est, vous allez dire; " comment ça, au château ? Il n'est pas pauvre, il n'est pas riche, mais il va en vacances chez son once dans un château....Là il en fait un peu trop!!.." )
......C'est vrai, Riri va au château, mais son oncle n'est pas châtelain, bien sur, d'ailleurs, il ne sait pas si il aurait aimé. Non, la vérité est tout autre, en fait, son oncle était un paysan, (Riri prononce ce mot de "paysan" avec fierté), il était fermier et même le plus gros fermier de la région, cela n'est pas de la vantardise, mais à l'époque quand les autres fermiers avaient 8 ou 10 vaches à l'étable, ( ce qui était déjà beau), chez son oncle il y en avait une trentaine plus le taureau à qui les autres fermiers amenaient leurs vaches à faire saillir. L'oncle de Riri possédait la seul batteuse de la région, (les moissonneuses- batteuses n'existaient pas encore par chez eux), elle fonctionnait grâce à une grosse courroie qui était entraînée par un tracteur qui ne servait qu'à ça. De plus il avait des vignes, faisait un peu de vin pour la ferme, mais surtout, il était "vinaigrier". Puis pour couronner le tout, (mais ce n'est pas ce qui plaisait le plus à Riri), il était chasseur et président de chasse.

......Pour en revenir au fait d'habiter un "château", c'est en partie vrai. En fait, la ferme, par elle-même, était une dépendance du château qui la jouxtait, et si celui-ci faisait de l'effet quand on passait devant, à l’intérieur c'était une vraie ruine avec les plafonds et les planchers écroulés et il était interdit d'y entrer car c'était dangereux. Mais on appelait quand même l'endroit; "le Château".

......Riri a passé là, les plus belles vacances de son enfance, ce sont des périodes de sa vie qu'il n'oubliera jamais. Pendant ces vacances, à la ferme outre l'oncle et la tante de Riri, il y avait ses 2 cousins, Bernard et Daniel qui avaient environ 18 et 19 ans, il y avait Hugo dit "Gogo", qui était le grand-oncle de Riri car il était le frère de la "Rate" de Villefargeau, il y avait 2 jeunes filles qui aidaient à la ferme et qui venaient de l'orphelinat de Cosne, (Riri croit se souvenir, qu'en général, elles restaient jusqu'à leurs majorités.), il y avait, aussi, Bébert, le vacher, (Riri n'a jamais su si il se nommait; Gilbert, Robert ou Albert) et , enfin, il y avait "Riri".
......Le dimanche, à table, il y avait souvent le "curé rouge", (ce surnom lui venant aussi bien de ses opinions politiques pures et dures, que de la couleur "cardinalesque" de son visage, due, sinon à un abus de vin de messe, au moins aux petits verres de cassis, vin ou gnôle qu'il ne manquait pas d'accepter chez chacune de ses ouailles).
Le curé venait à leur table après la messe, en revanche, Riri est incapable de dire si cette famille était catholique ou même croyante, car il n'a pas le souvenir d'avoir été une seule fois à la messe avec eux, ni d'avoir vu quelqu'un y aller.

......En plus des animaux de la ferme, il y avait 3 chiens, d'abord le chien vacher qui, quand il n'était pas aux champs , restait en liberté dans la ferme jusqu'au soir quand on fermait l'étable où il y dormait, ensuite, dans l'écurie, il y avait les 2 chiens de chasse de mon oncle qui y restaient toute la journée, à la chaîne, jusqu'à la nuit, lorsque tous les animaux étaient rentrés, à ce moment là, ils étaient détachés et étaient libres, ils servaient en même temps de chiens de garde.

......Outre ses activités ludiques à la ferme, Riri avait des petits copains avec qui il passait une bonne partie de ses journées à jouer, c'étaient les enfants des fermes ou maisons des alentours ou des enfants de gens de Paris ou autre qui avaient une maison de vacances. Mais pendant ces vacances il y a eut 2 périodes que Riri a énormément apprécié, celles-ci étaient; la période du "battage" et l'ouverture de la chasse.
......Concernant le battage, l'oncle de Riri possédant la seule batteuse de la région, c'est donc chez lui, à la ferme, qu'après la moisson, tous les autres fermiers apportaient leurs gerbes de blé pour le battre. Tandis que les hommes travaillaient à la batteuse, qui envoyant les gerbes, qui coupant les liens, d'autres, encore, récupérant les grains de blé dans les sacs et les montant sur le dos, par l'échelle, au grenier, les femmes avec la tante de Riri s'affairaient à préparer les repas. Croyez-vous que Riri regardait tout cela d'un oeil curieux ? Que nenni! Il avit un rôle à jouer, il allait d'homme en homme, au sol ou sur la batteuse, pour distribuer, à qui le souhaitait, de l'eau, du cidre ou encore du café. A midi, le tracteur s'arrêtait et klaksonnait l'heure du repas. Il devait y avoir de 30 à 40 personnes à table et les repas ordinaires se transformaient, pendant quelques jours, en festins. Riri adorait ces moments là, ainsi que la fête quand arrivaient les dernières charrettes de gerbes de blé pour le battage, ces charrettes étant ornées de bouquets bleu, blanc, rouge de bleuets, marguerites et coquelicots.

......Puis Riri avait aimé, aussi le repas, avec presque autant de convives, qui avait lieu le jour de l'ouverture de la chasse, bien que sa joie ait été gâchée par l'étalage, dans la cour, du gibier tué le matin. A ce sujet, une petite anecdote culinaire; la région était particulièrement giboyeuse et surtout des faisans. La façon dont ils étaient préparé a toujours étonné Riri, son oncle accrochait les faisans morts, par les pattes, dans l'écurie où ils restaient pendus jusqu'à ce que le "faisandage" les fasses tomber tout seul, les pattes restant accrochées et ce n'est qu'à ce moment là que la tante de Riri les prenait pour les préparer. Riri aime toujours le gibier "faisandé".
......Tout ayant une fin, la chasse annonçait, hélas, la fin des vacances et la rentrée des classes. Donc: le taxi Millet, le train et retour à Paris.
CHAPITRE 5

A Paris entre 2 périodes de vacances.

......Pendant que Riri était à la campagne, ses parents avaient déménagé. Il n'en connait pas la véritable raison, mais il est fort probable que la vie, avec un seul salaire, était devenu plus difficile pour eux.
......La maman de Riri a prit une loge de concierge, en face du Bois de Vincennes; entre la Porte Dorée et la Porte de Charenton, au 37 boulevard Poniatowski dans le 12ème arrondissement. Riri ne sait plus combien d'appartement il y avait, mais il se souvient que cet immeuble, faisant partie de la SAGI, société immobilière qui a construit tout autour de la "petite ceinture", (boulevard extérieur allant de porte en porte) des immeubles de briques rouges, possédait 3 grandes cours ayant le nom de squares auxquels était donné le nom d'une région de France, ainsi, chez Riri, il y avait; le square de la Vendée, le square du Massif central et le square du Sancerrois. Dans les 1ère et 2ème cours il y avait 2 entrées d'immeuble et une entrée dans la 3ème. A l'entrée, à gauche, la loge de concierge composée d'une petite pièce avec une kitchenette, cette pièce servait aussi bien de loge que de salle à manger, et derrière celle-ci une petite chambre où dormaient les parents de Riri. Les enfants dormaient dans une toute petite chambre, face à la loge, donnant sur la 1ère cour où Riri se souvient avoir eu du mal à dormir, car de l'autre coté de cette cour, passait une voie ferrée où le jour, et surtout la nuit, passaient des trains de marchandises, de 25 ou 30 wagons, dans un bruit d'enfer.

......Tous les jours, ou plutôt toutes les nuits, la mère de Riri se levait, vers 4 ou 5 heures du matin, pour sortir les poubelles de l'immeuble, (entre 10 et 15), c'était ces anciennes grosses poubelles en métal qu'il y avait à l'époque dans les rues de Paris et dont les couvercles réveillaient tout le quartier, lorsque les éboueurs (on disait "boueux" à l'époque), les jetaient à terre pour vider les poubelles..
......Petite anecdote; Un matin, la mère de Riri se lève comme d'habitude pour sortir les poubelles, dehors il pleuvait à seaux, et elle voit un clochard fouillant les boites, cherchant probablement quelques choses à manger, il était trempé et grelottait de froid, la mère de Riri, voyant qu'il était jeun, après lui avoi donné un imperméable de son mari, lui a offert un café, des tartines et lui a proposé une billet si il l'aidait à sortir les poubelles, ce qu'il a fait. Au moment où il allait repartir, elle lui a redonné un autre billet en lui demandant si il voulait revenir le lendemain pour l'aider, il a promis et est parti, laissant la concierge persuadée de ne jamais le revoir. Le lendemain matin, ce fut une surprise pour la mère de Riri, lorsqu'elle a constaté, en arrivant dans la cour, qu'il n'y avait plus une seule boite à ordures à sortir, le type avait tenu sa promesse, était revenu et avait sorti, seul, les poubelles et il est venu à sa propre iniliative le faire tous les jours. Il se nommait Robert Dobrovolny et devait avoir environ 25 ans.
......Dans la cour, derrière la loge, il y avait un local servant de débarras. Comme c'était l'hiver, les parents de Riri, ont installé un sommier et un matelas de récupération pour que Robert puisse dormir au chaud. Les dimensions du local n'était pas celles du sommier, celui-ci était bien coincé mais la tête du lit était entre 50 et 60 centimètres plus haut que le pied. Dans le local, il y avait la lumière et une petite imposte donnant du jour et de l'air, et comme il se trouvait au dessus du fournil de la boulangerie voisine, il ne faisait pas froid à l'intérieur.
......Robert sortait les poubelles le matin et les parents de Riri le nourrissait et lui donnait un peu d'argent, et la journée il partait à la recherche d'un travail. Il est donc resté quelques temps, jusqu'à ce qu'il trouve un emploi rémunéré chez les "Compagnons d'Emmaüs, où il faisait le gardiennage et où, (mais ça, Riri n'a jamais très bien compris pourquoi!), il cassait à la masse les cuisinières et les poêles en fonte récupérés par les compagnons. puis grâce aux compagnons, il a trouvé de quoi se loger et il est parti, mais il venait souvent revoir la famille qui l'avait aidé.

......Riri allait à l'école rue de Charenton, (scolarité normale, en début d'année toujours dans les 5 premiers, mais jamais premier et en fin d'année toujours dans les 5 derniers, mais jamais dernier.). Les jeudis et dimanches Riri les passait à la "Camilliènne", salle de patronage où il était en tant que "Coeur Vaillant", ils faisaient des sorties au bois de Vincennes, ils jouaient ou regardaient des films entre les heures de prière. Le jeudi matin, il allait au catéchisme. c'était une vie normale pour un gosse normal sans plus de souvenir de cette époque.

......C'est à cette période que les parents de Riri ont appris par une lettre, de la Nièvre, que l'oncle Pierre venait d'acheter une voiture, (c'était la première voiture à mettre ses roues dans toute la famille de Riri.). C'était une C4 Citroën d'occasion et l'once disait qu'aux prochaines vacances, Riri n'aurait pas affaire au "Taxi Millet", car ce serait lui qui serait à la gare de Cosne avec sa voiture. De ce jour, Riri n'a jamais attendu les vacances avec autant d'impatience.

......En dehors de l'école, du patronnage et du catéchisme, certains dimanches, la maman de Riri emmenait les enfants se promener au bois ou au zoo de Vincennes. Riri a particulièrement en mémoire, l'hiver 1954 qui a été si rigoureux. Le lac du bois de Vincennes était tellement gelé que beaucoup de parisiens faisaient du patin à glace ou s'amusaient à glisser sans patin, sans aucun risque que la glace ne se casse. Riri, ses frère et soeur et leur mère allaient sur le lac avec une vieille chaise dont ils se servaient comme d'une luge, (et, ils n'étaient pas les seuls à faire de même,), cela suffisait pour que les enfants s'amusent et rentrent fatigués. ainsi les jours s’égrenaient lentement; (trop lentement, au goût de Riri.).

......Décembre arrive avec Noël. Chez Riri, Noël est une fête qu'ils font entre eux, au contraire du jour de l'an qui réunissait toute la famille pour le repas, ainsi avec Riri, ses frère et soeur et ses parents, autour de la table il y avait, les grands-parents, les oncles, les tantes, les cousins et quelques fois 1 ou 2 invités, ami ou voisin seul.

......Arrêtons le récit un court instant pour faire un "flash-back" sur le repas du jour de l'an de 1951, Riri venait d'avoir 5 ans; A la fin du repas, comme tout le monde commençait à partir, Riri est tombé sans connaissance, impossible pour sa mère de le réveiller ou de le ranimer, son père est vite parti à la police et est revenu avec un agent et un médecin qui, après avoir ausculter Riri et lui avoir fait une piqûre, a répondu à sa mère qui lui demandait ce que son fils avait et si c’était grave, "ne vous inquiétez pas, il va dormir et demain ça ira mieux, il est simplement "ivre-mort""
En fait, pendant que tout le monde s'en allait, Riri avait fait le tour de la table et vidé tous les fonds de verres des adultes, que ce soit du vin ou du rhum. Le 1er janvier 1951 fut le jour de la 1ère cuite de Riri. (serait-il possible que si aujourd'hui encore, Riri n'aime pas le rhum, cela vienne de cette aventure ??).
......Fin de l'aparté.Reprenons le cours normal du récit.!

CHAPITRE 6

Retour au chateau.


......Donc, la vie continue jusqu'à la fin des classes et, enfin, les grandes vacances et le départ de Riri pour le "château".
......A la gare de Lyon, même rituel; Les gens du compartiment pour surveiller, la petite valise,et le sac de toile avec le sandwich, les oeufs durs, le fruit et la limonade. La seule différence était en gare de Cosne eur Loire, ce n'était pas Mr Millet et son taxi qui attendaient Riri, mais bien son oncle Pierre avec sa C4, imaginez la joie et la fierté de Riri de monter dans cette voiture.
......L'oncle ne conduisait guère la voiture que pour Riri, car pour lui, le travail continuait à la ferme, aussi pour faire plaisir à son neveu, de temps à autres, il l'emmenait avec lui qua,d il allait voir sa mère, la grand-tante de Riri, qui demeurait à 100 ou 200 mètres et où Riri allait tous les jours, à pieds, en 5 ou 10 minutes pour lui porter son pain et ses journaux. La voiture à donc surtout servi à aller chercher Riri au début des vacances et à le ramener à la gare de Cosne à la fin. Ce jour de départ, Riri était loin de penser que ce serait la dernière fois qu'il montait dedans, (mais nous y reviendrons!)
......Comme cela a déjà été dit, Riri portait le pain et les journaux à sa grand-tante. En effet, à Mocques, il n'y avait pas de commerçant, les bouchers, charcutiers, fromagers ou boulangers passaient 1 ou 2 fois par semaine, en camionnettes, dans les villages ou les hameaux. Bien sur, Riri ne se souvient pas quels étaient les jours de passage de ces commerçants, mais il se rappelle que le boulanger venait au moins tous les jeudis. C'était le boulanger qui livrait; le pain, bien sur, quelques viennoiseries ou autres gâteau qui lui avait été commandés et en plus il apportait quelques objets ou outils que les gens du village avaient commandé à Cosne, et il venait, aussi, avec les magazines hebdomadaires, (les quotidiens étant livrés par le facteur.). Tous les jeudis, Riri courrait sur la route, dés qu'il entendait le klaxon du boulanger, car il apportait des magazines féminins pour sa tante, "Rustica" pour son oncle, pour sa grand-tante le "Pèlerin" et, surtout, pour lui; le "Journal de Mickey". A chaque passage du boulanger à la ferme, la tante achetait plusieurs gros pain de 4 livres.
A l'époque, le pain n'était pas vendu comme dans les boulangeries aujourd'hui, en effet, il était vendu au poids, si bien, qu'en plus des pains de 4 livres il y avait la "pesée", (morceau de pain qui arrondissait le poids), de plus le pain était payé "à la baguette", c'est à dire que le boulanger et le client avaient en leurs possession chacun la même baguette de bois et, à chaque achat, le commerçant disposait les2 baguettes l'une à coté de l'autre, et faisait des crans dessus, à l'aide d'un couteau, ainsi, au moment de payer, (généralement en fin de mois), le nombre de crans sue les baguettes était comparé et le client payait ce qu'il devait. Le bout de pain de la "pesée", servait à Riri quand il allait chez sa grand-tante lui porter son pain et son Pèlerin, car elle avait un chien dont Riri avait très peur, en effet, dés qu'il arrivait vers la maison, le chien venait vers lui, courant et aboyant, tout crocs dehors, et Riri avait peur d'être mordu alors qu'en fait le chien n'en avait qu'après lepain, donc quand il le voyait arriver, Riri lui donnait ce qu'il restait de la pesée et était tranquille.

......Dans les campagnes, à l'époque, il n'y avait pas de WC dans les habitations, ceux-ci se trouvaient dans une cabane en bois au fond de la cour ou du jardin, il n'y avait pas non plus de papier hygiénique, le papier journal faisait l'affaire. (Bon ! direz vous, d'accord ! mais est-ce un détail si important, pour qu'il en parle ici ?) Non, bien sur ! Cela n'est pas important mais c'est pour faire comprendre ce qui suit.

......A 7 ou 8 ans, Riri croyait encore que les fleurs poussaient uniquement dans les champs, même celles vendues dans les boutiques de fleuriste à Paris.
......Un jour, alors que Riri allait à la "cabane", il avait prit un magazine, c'était un catalogue de fleurs, et c'est après l'avoir feuilleté qu'il a comprit qu'il y avait des gens dont la profession était de faire pousser des fleurs. Et c'est ce jour là qu'il a décidé de faire ce métier. (Et, il l'a fait, mais on y reviendra plus tard.)

......Outre cet aparté, les vacances se sont déroulé comme les autre, douces et heureuses, et, hélas, comme d'habitude, elle se sont terminées et il y a eut le retour en voiture, jusqu'à Cosne, le train puis Paris.
VOTRE ATTENTION, S.V.P. !...

Riri revient !!!!!

Après un (grand) temps d'arrêt,
voici la suite !!.
CHAPITRE SEPT.

Nouvelle adresse à Paris.


......Retour à Paris. Le père de Riri l'attend à la gare de Lyon avec un cousin éloigné, celui- ci avait un triporteur à moteur et c'est dans la caisse de ce véhicule que Riri a traversé Paris pour rentrer chez lui.
......Ses parents avaient encore déménagé, sa mère avait pris une loge de concierge dans le 8ème arrondissement. Nouvelle année, nouveau logement, nouvelle école, nouveaux copains.

......Riri garde un excellent souvenir de cette période dans le 8ème arrondissement de Paris. Sa mère tenait une loge de concierge rue de la Néva, petite rue se trouvant perpendiculairement entre la rue du Faubourg Saint Honoré et le boulevard de Courcelles et parallèle à la rue Daru où se trouve l'église russe. Il allait à l'école rue Paul Baudry à 2 pas des Champs-Elysées, il y allait à pieds et mettait 15 ou 20 minutes pour y aller ou en revenir, ne prenant le bus que quand il pleuvait ou qu'il était en retard. Quelques fois, le soir, il mettait un peu plus de temps pour rentrer, car sur la route il lui arrivait de s'arrêter pour admirer et rêver un moment devant la vitrine de "L'ourson bleu", un grand magasin de jouets près de la place Saint Philippe du Roule, et cela surtout à l'époque de Noël.
......L'été, si Riri avait sur lui une pièce de 50 anciens-anciens francs, (cette grosse pièce jaune avec le coq.), la samedi, il passait devant la fenêtre de la loge, il y jetait son cartable et filait tout droit à l'Arc de Triomphe où, pour ce prix, il montait à pieds au 1er étage, à mi-hauteur, pour voir l'exposition permanente des reproductions des armées Napoléoniennes, (au moment où il écrit, Riri est toujours un fan de l'Empire), puis si il avait encore un peu de temps, il montait tout en haut de l'Arc pour admirer les 12 avenues qui partent en étoile à partir du monument, d'où l'ancien nom de "Place de l'étoile", devenue"Place du Général de Gaulle". Si, par bonheur, il avait un peu plus de "50 frs" et avec l'autorisation de sa mère, il prenais le métro et allait passer quelques temps au "jardin d'acclimatation", grand parc attractif dans le bois de Boulogne où il y avait, outre une partie zoologique, un théâtre de guignol, un terrain avec, toboggans, balançoires, tapes-culs et autre agrès de sport, puis il y avait des baraques foraines avec des jeux d'adresse à "10frs" la partie, des manèges, un circuit circulaire de voitures à moteur à essence à 10frs les 2 ou 3 tours, il y avait la "rivière enchantée", c'était une rivière artificielle en circuit fermé et dont le courant était activé par une roue à aubes, et sur laquelle il y avait des barques qui faisait, doucement, le circuit entre les arbres et les fleurs, enfin, il y avait un circuit de voitures à pédales, avec panneaux de signalisation, feux tricolores et passages piétons, où les enfantsqu'ils étaient apprenaient le code de la route, sous la houlette d'un véritable agent de police, envoyé par la Préfecture de police de Paris, qui donnait aux enfants, ayant réussi le parcours, un brevet de bon conducteur ayant la forme d'un permis de conduire et sur lequel ils pouvaient coller leur photo. Puis, à l'heure prévue, Riri rentrait avec quelques gadgets gagnés dans les baraques, cerf-volants en papier crépon, yoyo, sifflets en plastique ou des confiseries.

......Le dimanche, Riri allait à la messe, puis après le repas , sa mère lui donnait de l'argent et il emmenait sa soeur et son frère au cinéma quand il y avait un film comique, sinon il y allait seul. Il se souvient particulièrement qu'un jour, inquiète de ne pas le voir rentrer vers 19 heures, sa mère est allé le chercher au cinéma où il était entré pour la 1ère séance de 12h30, et quand elle est arrivé avec l'ouvreuse, il commençait à regarder pour la 4ème fois le film "Quo Vadis", ce film lui plaisait tellement qu'il n'arrivait pas à partir. Riri était rarement puni, mais là, inutile de préciser qu'il n'a pas eu droit à la séance de cinéma hebdomadaire le dimanche suivant, mais bon! Riri pense qu'il l'avait bien mérité..

......Tous les lundis, Riri et ses petits camarades du quartier attendaient le camion rouge de livraison "Coca-cola". Oh non! Ce n'était pas pour boire cette boisson, mais parceque le chauffeur leur donnait des entrées gratuites pour le "Théâtre de l'Etoile" avanue de Wagram, où tous les jeudis , de 13h à 16h, il y avait du spectacle sur scène, musiciens, chanteurs, magiciens, clowns, etc... Le spectacle était présenté par Alain Saint-Ogan (le créateur de la bande déssinée "Zig et Puce et Alfred"). Ils passaient des jeudis après-midi formidables, ils applaudissaient les pitreries
des clowns ou les chanteurs, ils essayaient de répondre aux jeux de questions, (à l'époque, cela ne s'appelait pas encore "QUIZZ"), Riri se souvient d'y avoir vu Francis Lemarque, Mick Michele, Yvette Giraud, mais son meilleur souvenir de ces jeudis est le jour où il est monté sur scène avec le grand Sydney Bechett. Celui-ci était accompagné, en plus de son orchestre, de quelques enfants noirs avec les choeurs, voyant qu'il y avaient, dans la salle, quelques enfants noirs, Sydney Bechett leur a demandé de venir sur scène avec lui, l'un de ces enfants était le copain de Riri et il a refusé d'y aller si Riri n'allait pas avec lui, et c'est ainsi, qu'un jour, Riri a été le seul enfant blanc parmi les choeurs du grand clarinettiste de jazz. Après le spectacle, à 16h, Riri et ses copains restaient dans le foyer du théâtre où ils attendaient, car à 16h30 et jusqu'à 18h30, il y avait un autre spectacle, mais payant. C'était avec les mêmes artistes, sauf les clowns et plus élaboré, car, pour une clientèle majoritairement adulte. Donc ils attendaient et si il restait des places ils avaient le droit de voir le spectacle. En sortant du théâtre, il fallait à Riri environ 1/4 d'heure pour rentrer, ce qui lui laissait le temps de réviser ses leçons, dîner et aller se coucher, Riri adorait les jeudis après-midi.

......La loge de concierge était très petite, seulement une salle avec une alcôve pour le lit des parents de Riri, et une toute petite cuisine où il était compliqué à tenir à 2 de front. Pour les enfants, il y avait une chambre au 6ème. La concierge avait à sa disposition 3 chambres de bonnes au 6 ème étage de l'immeuble, et si l'une d'elles était réservée aux enfants, les parents de Riri sous-louaient les 2 autres, cela mettait bu "beurre dans les épinards".

......Après la rentrée, aux environs de Noël, il y avait à la "Salle Pleyel", une grande distribution de jouets gratuits pour les enfants de Paris, organisée par la "Ville de paris". Salle Pleyel il y avait plusieurs étages et chacun d'eux était réservé aux jouets pour âges différents. Le jour de cette distribution, il y avait, dés l'entrée du bâtiment, une file, de parents et d'enfants, qui faisait plusieurs centaines de mètres. Riri se souvient que, partant de l'entrée, la file d'attente prenait une partie du faubourg Saint Honoré puis tournait dans la rue Daru, retournait encore sur quelques mètres boulevard de Courcelles pour retourner une dernière fois dans la rue de la Néva, en suivant cette file il fallait des heures pour arriver à son tour à l'étage correspondant à son âge et bénéficier d'un jouet ou d'un jeu qu'il fallait choisir parmi des centaines posés sur des tréteaux. Mais c'était sans connaître les enfants du quartier, en effet, Riri et ses amis connaissaient si bien la salle Pleyel, qu'il leur était facile de pénétrer plusieurs fois à des étages différents, prendre quelques choses qu'ils allaient déposer dans la loge en courant avant de retourner, aussi vite, rechercher d'autres trésors. Le plus compliqué n'étant pas d'entrer en resquillant, mais de ne pas se faire reconnaître par les distributeurs.

......Toujours à l'époque de Noël, un goûter était organisé par l'association "Américan Légion", dont le siège se trouvait avenue des Champs Elysées. (c'est ce comité américain qui a offert à paris la réplique de la statue de la Liberté, qui se trouve Pont de Grenelle dans le 15ème arrondissement de Paris.) C'était un goûter animé avec film et clowns puis distribution de jouets et de confiseries. Ce goûter était organisé, par les américains, pour quelques bons élèves de chaque école du quartier et cette année là, ainsi que l'année suivante, Riri y a été invité. Imaginez sa fierté et celle de ses parents.
CHAPITRE HUIT.

Dernières vacances au château.

......Puis Noël est arrivé, la famille de Riri l'a fêté en petit comité, dans la mini-loge avec un mini-sapin et des mini-jouets, suivi du jour de l'an qui, cette fois, s'est déroulé chez les grands-parents car c'était plus grand avec, comme d'habitude, toute la famille.

......Enfin l'été arrive, et c'est l'année de la 1ère communion de Riri.
......Riri a fais sa communion à l'église "Saint Philippe du Roule", cet immense édifice était plein de communiantes en merveilleuses robes blanches pleines de dentelles et de communiants en costumes et brassards. Il devait y avoir près d'une centaine de communiants et parmi eux, tant pour les filles que pour les garçons, il n'y en avait qu'une dizaine qui portait l'aube, il est fort probable que cette année là fut la dernière où les communiants portaient le costume. Grâce à cette communion, Riri venait de mettre, pour la 1ère fois, un pantalon long.

......Bien sur, même ce jour là, il a fallu que Riri se fasse remarquer; Où qu'il aille Riri n'a jamais été en retard, (c'est un principe qu'il a toujours aujourd'hui.), il est donc arrivé dans les premiers dans l'église, il y avait très très peu de monde, quelques communiants avec leurs parents et les officiants. Pour la cérémonie, Riri était placé au premier rang de chaises devant l'autel, et à la première chaise près de l'allée. Les communiants devaient s'asseoir pour attendre le début de la cérémonie, Riri, faisant un faux mouvement a fait basculer sa chaise en arrière, celle-ci, en tombant sur la chaise suivante l'a fait tomber sur l'autre et ainsi de suite en générant un effet de "dominos" sur la trentaine de chaises qui se trouvait derrière, vous pouvez imaginez lz bruit que cela a pu faire dans le silence de cette grande église!...

......La cérémonie terminée, toute la famille s'est retrouvé à la loge pour le repas de communion. La table était faite avec des tréteaux et des planches et pour s'asseoir, des planches avaient été posé sur quelques chaises pour former des bancs, donc, il est inutile de dire qu'une fois installé à table, il n'y avait plus beaucoup de place et qu'il valait mieux éviter de bouger. Ceci n'a pas empêché le repas d'être gai.
......Riri ne se rappelle plus ce qu'il a reçu, par sa famille, comme cadeaux de communion, mais ce dont il se souvient, c'est que quelques locataires de l'immeuble, (qui avaient du se mettre d'accord,) lui ont offert des livres de la "Bibliothèque Verte", il a, aussi, eu un très vieux missel en latin, recouvert de cuir tout craquelé, qui devait daté du XVIII ème ou du XIX ème siècle et devait avoir, ou aurait aujourd'hui, une très grande valeur. Il lui avait été offert par Maître Bozin, un très vieux monsieur qui avait été "Grand Bâtonnier de Paris". Il a eu, enfin, une magnifique montre chronomètre que lui ont offert Madame et Monsieur Poirier, ce monsieur, retraité lui aussi a été un des ingénieurs des 4 plus grands ponts de France avant celui de Tancarville. Madame et monsieur Poirier avaient 3 neveux et nièces qui faisaient leur communion en même temps que lui et tous les 4 ont eu la même montre.

......Que ce soit dans le 10ème, 12ème ou 8ème arrondissement, la vie scolaire de Riri a été la même partout, elle s'est passé à étudier ni mieux, ni plus mal en attendant les prochaines vacances.
......A part, peut-être cette petite anecdote qui a laissé un grand regret à Riri ainsi qu'une rancune pour son père. Un jour en sortant de l'école de la rue Paul Baudry, (en criant et courant, comme tous les enfantsà la sortie des classes,) Riri à failli se faire renverser par une "traction Citroën", la voiture s'est garé, et en est sorti;...Fernandel, désolé, qui a emmené Riri boire une limonade dans un café voisin, comme, à l'époque, il cherchait des enfants pour un film, il a ramené Riri chez lui, à la loge et a demandé à sa mère si elle serait d'accord, la maman de Riri a répondu qu'elle n'était pas contre mais qu'il fallait qu'elle en parle à son mari, Fernandel a donc laissé ses coordonnées en disant qu'il attendait une réponse. Le soir, le père de Riri s'est mit en colère, disant que c'était hors de question, qu'il n'y aurait jamais de saltimbanque dans la famille.

......Un jour, un peu avant les vacances, les parents de Riri ont reçu une lettre de la Nièvre, à leurs têtes, Riri a bien vu que quelque chose n'allait pas, en effet, Oncle Pierre avait eut un accident, mais pas de voiture, non, pour aller cueillir du tilleul, il était monté sur une charrette de foin et, perdant l'équilibre il est tombé et s'est cassé les 2 talons et les jambes, et la colonne vertébrale étant atteinte il était paralysé.
Mais la tante de Riri disait aussi que ce malheur ne contrariait en rien ses prochaines vacances au "château". La fin des classes étant arrivée, Riri a reprit le train pour la Nièvre, mais cette fois, arrivé à Cosnes, c’était de nouveau, Mr Millet et son taxi qui l'attendaient à la gare.

......A la ferme, son oncle l'attendait en voiture, hélas, ce n'était plus la C4, c'était un fauteuil roulant qui avançait à l'aide d'un volant que l'on balançait d'avant en arrière. Malgré sa paralysie, oncle Pierre était toujours de bonne humeur et souriant. Derrière le fauteuil, il y avait un porte-bagages sur lequel Riri s'asseyait pour aller chez sa grand-tante.
......A part, l'oncle Pierre dans son fauteuil, les vacances se sont aussi bien passé que d'habitude, pour Riri.
Un jour il eut l'idée d'aller fouiller dans le grenier, et parmi les vieux objets hétéroclites qu'il pouvait y avoir, il a trouvé un tas de journaux qu'il a redescendu pour voir ce que c'était. Il devait y en avoir près d'une centaine, c'était des journaux pour enfants qui s'appelaient; "Fripounet et Marisette", après les avoir mit par ordre de numéros il s'est aperçu, que ceux-ci commençaient au numéro 1 et qu'il ne manquaient que 4 ou 5 numéros pour avoir la collection entière, pendant des jours, Riri a lu tout ces journaux et a passé de bons moments. Les vacances de Riri se sont passées aussi bien et aussi haureuses que les autres années. Mais il ne pouvait pas penser qu'elles étaient les dernières qu'il passait au château.
......En effet, au cours de l'année scolaire qui a suivi, un courrier de la tante de Riri leur a apprit que l'oncle Pierre était décédé des suites de son accident, il avait 50 ans. Riri venait de perdre l'homme qu'il a la plus aimé.
......Jamais plus, Riri n'est retourné au château, jamais plus il n'a passé d'années scolaires en attendant les vacances, avec impatience, comme il l'avait fait durant ces années heureuses.


Dernière édition par Paname le Mer 9 Nov - 11:49, édité 1 fois
Je vais reprendre ma lecture Andy, je te remercie pour la suite des aventures de RIRI.
CHAPITRE NEUF.

Vacances monotones.

......Bien sur, Riri est reparti en vacances, bien sur, il s'y est fait des copains, bien sur, il s'y est amusé, mais cela n'étaient plus les mêmes vacances, le coeur y était moins.

......Les parents de Riri l'ont envoyé dans un petit village se nommant Villebéon, dans les environs de Fontainebleau, chez madame et monsieur Capton. C'est son père qui l'a accompagné, riri se souvient qu'il fallait prendre un car de la compagnie des "Cars verts", à la Bastille et en attendant le départ du car, ils sont allé au cinéma voir un western; "La prisonnière du désert". Puis ils sont parti.
....C'était une petite ferme avec 4 ou 5 vaches, des poules et des lapins vivant en liberté et un cheval, (rien à voir avec ce que Riri avait connu chez son oncle.) Madame et monsieur Capton étaient très gentils, ils avaient eux-même des enfants, et pour les vacances, ils accueillaient 6 ou 7 petits parisiens, en tout il devait y avoir une dizaine d'enfants, d'ailleurs au cours des vacances, le frère et la soeur de Riri l'ont rejoint. Madame et monsieur Capton avaient engagé une jeune fille, "Mireille", qui s'occupait des enfants et les surveillait. riri se souvient avoir , quand même, passé des bonnes vacances. Une fois par semaine, il y avait cinéma au village et les enfants y allaient, quand le film était bien pour eux. Les dimanches, entre la traite des vaches du matin et celle du soir et quand le temps le permettait, Mme et mr Capton, Mireille et tous les enfants montaient dans une charrette où il y avait des bancs de chaque coté et qui était bâchée à la manière des chariots des pionniers de western, et ils partaient en forêt pour pique-niquer, ramasser des girolles et s'amuser, c'est tout ce dont Riri se souvient de ces vacances, sinon qu'elles étaient bonnes.

......L'année d'après, ses parents l'ont envoyé en colonie de vacances, à Courbouzon, au bord de la Loire, dans un château, (décidément, il n'en sort pas.), mais de cet endroit Riri n'en garde pas un bon souvenir. Il se souvient qu'au petit déjeuner, ils avaient un bol de café au lait et une tranche de pain sec, sauf le dimanche où on leur donnait un bol de chocolat et une tartine beurrée. Après le petit déjeuner, les enfants débarrassaient leurs tables pour se mettre aux "pluches" et ils épluchaient les légumes pour les repas de la journée, ensuite ils allaient faire leurs toilettes, leurs lits et s'habillaient avec leurs propres vêtements, sauf le dimanche où ils devaient enfiler une tenue uniforme, schort bleu et pull marron avec l'écusson de la colonie à gauche sur la poitrine.
......Les après-midi étaient faite de longues promenades, à pieds, rythmées à coups de "1 kilomètre à pieds, ça use" ou de "dans la troupe, y'a pas d'jambe de bois", ce qui permettait aux enfants d'être fatigués le soir et donc de bien dormir.
......Le dimanche, par contre, la promenade commençait le mati après le petit déjeuner, les pluches, la toilette, le lit et l'habillage, cette promenade les emmenait sur une petite plage de sable au bord de la Loire, (où ils n'avaient pas le droit de se baigner,) où ils pique-niquaient et jouaient au ballon, à la chandelle ou à colin-maillard jusqu'au retour. Enfin, rien d'étourdissant pour un gosse de 11 ou 12 ans.
......Seul point positif pendant ce séjour, tous les samedis soir, ils faisaient une fête dans le parc du château, avec des branches et des couvertures, ils construisaient des tipis et se déguisaient en indiens, à savoir: torse nu, maillot de bain avec une serviette devant et une derrière pour figurer un genre de pagne et des peintures de guerre à base de rouge à lèvres et de bouchon brûlé, puis une fois la nuit tombée, le directeur de la colo, appelé "Grand Sachem", arrivait avec sa grande coiffe de plumes, leur faisait un discours sur sa grande joie d'avoir des guerriers aussi vaillants, puis il prenait son élan et sautait par dessus un feu de camp, allumé pour l'occasion, enfin il saluait les enfants, le feu était éteint par les moniteurs et ils allaient se laver et se coucher, En plus de cela, il y a eu dans le mois, une sorte de petite kermesse, avec des jeux et des boutiques de bibelots souvenirs, où les enfants avaient l'occasion de dépenser le peu d'argent de poche qu'ils avaient. Riri a le souvenir de vacances monotones et il ne paens epas se tromper beaucoup en disant que son impatience de rentrer à Paris était égale à celle qu'il avait pour aller en vacances dans sa famille de la Nièvre.
Ah quel plaisir de retrouver les aventures du petit parigot !!!
Merci !
CHAPITRE DIX

Vacances auvergnates.

......Passons sur l'année scolaire qui, à part le fait que Riri était, comme d'habitude, monté de classe, s'est déroulée comme les autres.
......Puis l'été est venu, et il s'est posé le problème des vacances. Les parents ont très bien compris qu'il était hors de question que Riri retourne un mois dans ce château au bord de la Loire, il préférait resté à Paris. Il avait, à l'école, un très bon copain qui lui dit qu'il allait retourner dans une colonie, en Auvergne, où il avait été l'année précédente et qui lui avait plu. Riri en a parlé à ses parents et sa maman est allé voir la mère de son copain pour lui demander si elle pouvait la renseigner sur cette colonie de vacances. Evidemment, dans ce quartier riche de Paris, la maman de Riri, sortant de sa petite loge, était un peu intimidée dans ce grand appartement bourgeois, mais la dame était très gentille, elle a expliqué à la mère de Riri que c'était peut-être un peu tard, mais qu'elle allait voir si elle pouvait faire quelque chose. effectivement, quelques jours après, c'est elle qui est venu à la loge pour leur annoncer que Riri avait une place de réservée dans cette colonie.

......C'était au mois de juillet, le voyage se faisait en car. Le rendez-vous était au pied de la Tour Eiffel. Il y avait une bonne dizaine de cars, et si on compte une trentaine d'enfants dans chaque, cela fait environ 300 enfants qui partaient en vacances en Auvergne, Riri se disait que le bâtiment de vacances devait être immense. En fait, il n'en était rien, au contraire. La colo s'appelait " La colonie des enfants en Auvergne". Les cars partaient donc de la Tour Eiffel et se dirigeaient vers le Massif Central, plus précisément dans le Puy de Dôme. Arrivé à Clermont-Ferrand, Riri à vu que tous les cars se séparaient et partaient dans des directions différentes.
......Bien que Riri et son copain étaient dans le même car pour faire le voyage, celui-ci avait oublié de lui dire qu'ils ne seraient, peut-être, pas ensemble à l'arrivée, en effet, quand ils sont parvenu dans un petit village, l'accompagnateur a appelé Riri et l'a fait descendre avec sa valise ainsi que 2 ou 3 enfants, des gens les attendaient à l'arrêt du car.
......En réalité, les quelques 300 vacanciers parisiens étaient accueilli par 1, 2 ou 3 chez l'habitant, dans les villages auvergnats. Souvent, il s'agissait de fermes, mais Riri est tombé dans un hôtel -restaurant dans ce petit village qui s'appelait "Isserteaux". L'hôtel était tenu par madame Marcelle Vigier, qui avait 2 filles très éloignées en âge l'une de l'autre puisque l'aînée avait 18 ans alors que la petite n'en avait que 4, son mari possédant une ferme dans un autre village, était rarement présent.
......Madame Vigier, que Riri appelait "Tata Marcelle", était très gentille, elle accueillait chez elle 2 ou 3 enfants. Le premier jour, il y avait une fille avec Riri et ils avaient chacun leur chambre, quelques jours plus tard, une autre fille est venu les rejoindre, c'était la cousine de la co-vacancière de Riri qui avait été retirée de la famille où elle vait été placée, car elle ne s'y plaisait pas. Le plus triste pour Riri étant de ne pas avoir été placé dans le même village que son copain d'école.

......Isserteaux est un petit village auvergnat, dans le Puy de Dôme, situé dans une cuvette formée par 4 volcans, (éteints, bien sur!), ce qui faisait dire, en plaisantant, quand on leur demandait le nom du village; "ici vous êtes à Isserteaux les bains......quand il pleut".

......Riri était tout le temps dehors à jouer avec les autres vacanciers et les enfants du village. On ne leur interdisait rien, ils allaient jouer, aussi bien dans le village que dans la campagne, tout ce qu'on leur demandait, c'était de rentrer à l'heure.
......Dans le village il y avait un forgeron, à l'entrée de la forge, sur le mur, il y avait une grande ardoise sur laquelle était inscrit, tous les jours, le film qu'il y avait le soir à la télévision, en effet, il n'y avait pas de cinéma, mais dans une salle de classe, étaient installé, sur une table, un téléviseur et, devant, quelques rangées de bancs en bois. Riri se souvient que l'entrée coûtait 50frs (toujours la grosse pièce avec le coq), sauf pour les vacanciers de la colo, qui ne payaient pas. Suivant les films diffusés, tata Marcelle le laissait y aller, et il se souvient très bien de 3 films qu'il y a vu; "Les 3 messes basses" avec Fernandel, "Le carrosse d'or" avec Anna Magnani et un film italien, (mais il ne se souvient plus avec qui) "Marcellino pan i vino".
......Derrière l'hôtel, dans une petite rue, il y avait une petite épicerie tenue par une vieille dame, dans sa vitrine il y avait des bocaux de bonbons de toutes sortes, et particulièrement des caramels "gagnants" à 1 fr, à savoir, que si il y avait marqué "gagné" à l’intérieur du papier qui enveloppait le caramel, on avait le droit d'en prendre un gratuit, puis un autre si le gratuit était gagnant et ainsi de suite. Mais, la marchande, âgée, ne s'est jamais rendu compte qu'avec le soleil sur son bocal, Riri et ses copains pouvaient voir par transparence si il y avit une inscription sur le papier, et aujourd'hui, Riri à un peu honte de dire que pendant ses vacances, il s'est goinfré de caramels à peu de frais.

......Tous les 15 jours, le jeudi, sur la place devant l'hôtel, s'installait "la foire", c'est à dire, quelques bancs de marchands de vêtements, de petit outillage agricole, de vaisselles ou d'animaux de basse-cour, et un camelots qui vendait des petits jouets, des gadgets, (ça ne s'appelait pas ainsi à l'époque) ou autres bimbeloteries, et c'était chez ce dernier que passait l'argent de poche de Riri et des autres petits vacanciers.

......Derrière la cuisine de l'hôtel, dans le jardin, se trouvait une petite étable où dormait une vache répondant au doux nom de "Pervenche" que tata Marcelle emmenait, tous les matins de très bonne heure, (Riri le pense car il ne l'a jamais vu partir), dans un grand champ sur la pente d'un des volcans, où elle passait (et paissait) toute la journée, et le soir, c'est Riri qui allait la chercher et qui la ramenait, quelques fois avec du mal.
......Un jour, sortant du pré avec pervenche et devant tourner à droite pour aller à la maison, elle a tourner à gauche, Riri se demandait ce qui arrivait et ni ses cris, ni ses coups de bâton n'ont pu lui faire faire demi-tour. Riri savait que par cette route il pouvait quand même arriver, mais il y avait plus du double du chemin à faire. Il a eut vite fait de comprendre pourquoi, ce jour là, la vache avait décidé de passer par le plus long chemin, à la moitié du trajet se trouvait une mare, et Pervenche avait soif, elle lui a refait le coup plusieurs fois, mais il ne s'est plus inquiété.

......Un jour, sont venu des gens de Paris qui voulaient voir Riri, celui-ci, étonné et surtout apeuré les a rencontré. Il y avait 2 messieurs et 1 dame, quand ils se sont présenté, Riri a été vite rassuré, car ils étaient des personnes travaillant pour la colonie, qui venaient voir si tout se passait bien dans les familles d'accueil et si les petits parisiens s'y plaisaient et passaient des bonnes vacances et ils faisaient une sorte d'enquête auprès de habitants du village pour savoir si il n'avaient pas à se plaindre des petits vacanciers. Les 3 personnes sont reparti après leur avoir distribué des bonbons et autres friandise qu'ils avaient apporté. Riri étai très heureux d'avoir vu ces personnes et de leur satisfaction quant à leur inspection.......Il serait honnête d'avouer que durant ce mois de vacances, Riri n'a pas toujours été très gentil, il a fait une grosse bêtise, son argent de poche ne lui servait pas seulement à acheter des petits jeux ou des caramels à 1fr, non, que ce soit lui ou ses petits camarades, ils allaient acheter des cigarettes, il existait à l'époque des cigarettes en paquet de 10, (les "Rallye" ou les "higth life") et aussi les "Parisiennes" ou P4, vendues en paquet de 4, ils s’installaient dans les champs, à l'abri de tout regards, et fumaient leurs cigarettes en bavardant et en rigolant. Jusqu'au jour où le facteur du village est passé en voiture, pris par leurs occupations ils ne l'ont pas vu, et celui-ci est allé dire à tata Marcelle qu'il nous avait vu fumer, Riri ne sait pas pour les autres, mais pour lui, le soir, cela a été dur, il se souvient même avoir reçu une gifle et sa soirée télé annulée, plus un courrier à faire à ses parents pour leur avouer. Le surlendemain on n'en parlait plus et c'est pour cela que Riri aimait bien tata Marcelle.
Tata Marcelle avait 2 filles dont la plus petite, Chantal, avait 4 ans. Un jour que Riri et ses copains jouaient dehors, devant l’hôtel, la petite était avec eux et Riri devait y faire attention, tout à coup il a entendu Chantal hurler. La place était séparée d'un jardin par un grillage se terminant en haut par des pointes non recourbées, et la petite, en voulant grimper, a glissé et s'est transpercé la main sur une de ces pointes, la peau du dessus de la main était soulevé par le fil de fer qui n'était pas ressorti, mais Riri ne s'est pas fait disputer, bien sur, il n'avait pas fait attention à Chantal, mais tata a compris que cela n'était pas son rôle de surveiller sa fille. Mais Riri s'en est quand même voulu.
......Un jour dans le village, il y a eut une sorte de célébration de quelque chose, Riri ne se souvient plus de quoi. Avec ses petits copains, ils avaient prévu d'aller jouer dans les champs, comme d'habitude, mais cela ne s'est pas fait, car, en regardant par la fenêtre, il a vu que tous les enfants des villages d'alentour étaient venu et il a vu passé son copain d'école, il a vite couru le rejoindre et comme il ne s'étaient pas vu depuis près de 3 semaines, inutile de dire la journée qu'ils ont passé ensemble.
......Puis le reste des vacances s'est passé comme d'habitude jusqu'à la fin de celles-ci et c'est, Riri l'avoue, avec tristesse qu'il est monté dans le car qui le ramenait à Paris, non sans avoir acheté, auparavant, pour sa maman, une petite cloche avec inscrit dessus; "Auvergne, ou Isserteaux ou Clermont-Ferrand", il ne se souvient pas, enfin, c'était le genre de souvenir que rapporte un enfant, dont (longtemps après) il a entendu sa mère appeler ça des 'jolies petites horreurs". De plus il avait un sac de toile, chargé à la moitié de noisettes qu'il avait été cueillir quelques jours avant.
CHAPITRE 11.

Le préventorium.


......Et l'année scolaire a repris comme tous les ans, sauf que, pour lui, cette année là n'a pas été comme d'habitude. En effet, vers le mois de mars ou d'avril, Riri a fait une forte crise d'asthme et le médecin a conseillé à sa mère de les envoyer sa soeur, son frère et lui en préventorium, c'est ainsi que fin avril, début mai ils ont pris le train en direction d'Aix-lesBains en Savoie. Ils ont roulé presque toute la nuit et sont arrivé au petit matin à Aix où un petit bus les attendait pour les emmener dans un village, en montagne, qui s'appelait "Le Montcel", et où su trouvaient deux préventoriums, un pour les filles "la Ribambelle" et un pour les garçons "le Nid", c'est ainsi qu'à l'arrivée, Riri et son frère ont été séparé de leur soeur. Ils ne se voyaient que quelques minutes, à la sortie de la messe le dimanche.
......Le Montcel se situe sur le mont Revard, le "Nid" était très grand et accueillaitbeaucoup de jeunes ayant des problèmes pulmonaires. Le matin, ils faisaient leurs lits, leurs toilettes et allaient au réfectoire pour le petit déjeuner, ensuite, visite médicale et école, quand arrivait midi, retour au réfectoire pour déjeuner puis ils jouaient jusqu'au dîner, après celui-ci encore près d'une heure de détente, toilette et coucher.
......La classe était très succincte, petits problèmes, dictées, quelques cours de Français, histoire-géo, science, mais très minimisé, juste ce qu'il fallait pour ne pas trop perdre de ce qu'ils savaient, et c'est aussi en classe, qu'une fois par semaine, ils étaient obligé d'écrire une lettre à leurs parents, ce qui était une bonne chose car Riri pense que beaucoup, et lui le premier, auraient oublié de le faire.
......l'après-midi, ils s'amusaient librement, à ce qu'ils avaient décidé entre eux, ou bien, ils participaient à des jeux organisés par les moniteurs, tels que; colin-maillard, balle au prisonnier ou , encore, à ce que Riri préférait, la volley-ball. Une ou deux fois par semaine, les moniteurs les emmenaient dans les forêts en montagne où ils faisaient aussi des jeux comme le jeu de piste , que les monos avaient préparé avant, ou bien un jeu où ils étaient séparé en 2 équipes, les bleus et les rouges, avec, chacun sur le front, fixé par un élastique, une plaque de contreplaqué avec un nombre inscrit dessus, le jeu consistant, pour chacun des membres de l'équipe, à ne pas se faire prendre son numéro par l'autre équipe. Le problème n'était pas que l'autre équipe voit les membres des adversaires, mais il fallait surtout qu'elle ne puisse pas voir le numéro inscrit sur leurs fronts, et si l'un des membres d'une équipe voyait le numéro d'un membre adverse, il le nommait à haute voix et si ce numéro était bon, celui qui le portait remettait la plaque à celui qui l'avait découvert, ainsi n'ayant plus de plaque, il était considéré comme mort et cessait de jouer, quant au joueur qui lui avait prit sa plaque, si il était pris à son tour, il n'était considéré que comme blessé car il pouvait mettre la plaque qu'il avait prit et continuer le jeu.
......Un jour, il a été décidé d'aller pique-niquer au sommet du Mont Revard, (il faut dire que c'est une petite montagne et qu'ils étaient déjà dessus à mi-parcours), et il a été dit qu'ils monteraient par la forêt en laissant la route de coté. Ils sont parti vers 9h du matin après le petit déjeuner, et ils ont commencé à grimper, si cette aventure aurait pu être amusante pour un adulte, pour un enfant, c'était plus compliqué, pas de chemin, pas de sentier, ils grimpaient vers le sommet par les rochers, les pierres en se raccrochant aux arbres, s'arrêtant de temps à autre près d'une cascade ou d'un ruisseau pour se rafraîchir, ils ont mit près de 3 heures pour arriver en haut et commencer à déjeuner. heureusement que les moniteurs leur avaient dit de prendre des pulls, car le temps en haut n'était pas le même, Riri se souvient que pendent qu'ils mangeaient, ils voyaient passer des petits nuages devant eux. Après déjeuner, ils ont joué un peu, puis ils ont commencé à redescendre vers Le Montcel, mais cette fois par la route,ils ont du mettre presque autant de temps car la route était plus longue, Riri se souvient que, pendant la descente, ils ont trouvé un champs plein de muguet, et pourtant c'était fin mai début juin, ils en ont, tous, cueilli pour donner aux infirmières, lingères ou cuisinières du préventorium. Le soir, au diner, au dessert on leur a mit sur la table, un pot de 5kg de crème de marron, Riri et ses copains ont, bêtement, fait un concours, à qui en mangerait le plus, et ce n'est pas sans une certaine fierté que Riri a gagné, il a même gagné 3 fois, il a gagné 1 fois, le concours 1 fois une bonne crise de foie et 1 fois une bonne purge, mais par la suite, et encore aujourd'hui, quand il y a de la crème de marron au dessert il n'en prend pas.
......Une fois, pendant une semaine, les moniteurs ont réuni quelques uns des pensionnaires et leur ont fait répéter quelques sketchs et scénettes, qu'ils ont joué un dimanche soir devant tout le préventorium et Riri pense qu'ils ont eu un beau succès.
......Au "Nid", Riri, bien sur, à eut des copains, mais s'il se rappelle de certains noms, il a oublié les prénoms, un qui s'appelait Menvielle avec qui il était toujours, deux autres, dont on ne peut que se souvenir de leurs noms puisque l'un s'appelait Jambon et l'autre Poisson. Il se souvient aussi de deux frères, Maxime et Yves Doucet qui étaient les fils de monsieur Yves-Max Doucet, plus connu à l'époque sous le pseudonyme de "Zappy Max".
......Tout le temps pendant lequel Riri est resté au préventorium, son instituteur de Paris et ses camarades de classe, lui ont envoyé 3 ou 4 fois des colis avec des cahiers, crayons, des gâteaux, des friandises et autres petits mots de sympathie. Riri et son frère sont resté 3 mois en préventorium, mai, juin et juillet, alors que leur soeur n'y est resté que 2 mois. Cette période en Savoie laisse à Riri un excellent souvenir.
Écrire son passé peut être un baume à nos images du passé.
Une réflexion à juste titre...

amicalement Andy!

André, épervier
 

L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le bateau ivre  :: Les joies de l'écriture :: Andy PANAME-
Sauter vers: