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 Etouffement, y en a marre, asthme !

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goupil
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MessageSujet: Etouffement, y en a marre, asthme !   Sam 7 Jan - 10:41

Devant l'enthousiasme non dissimulé du lecteur du bateau ivre et à la demande générale, j'ai retravaillé mon texte pour l'enrichir, notamment de commentaires qui éclaireront votre regard sur la situation actuelle.

Cette crise que chacun connait et dont tout le monde souffre à des degrés divers comporte toutefois des situations très différenciées selon les professions.

Ainsi les boulangers rencontrent-ils des problèmes croissants et n'acceptent plus, les bâtards *, de marcher à la baguette. Il n'est pas rare toutefois que, pour arrondir les fins de mois de la boulangère, le micheton monte à l'assaut de la viennoise moulée, dont la ligne défie sels, au risque d'un pain dans la gueule, devenu monnaie courante, ce qui ne fait toutefois pas rentrer l'argent dans la caisse de la boulangère, mais dans celle du maquereau (vous n’aurez pas manqué de noter à cette occasion l’interaction des métiers), c'est qu'en effet le client se fait rare (on se le dispute), car tout augmente, en allant du pain au raisin, le financier n'y trouve plus son compte et la religieuse n'est pas la dernière à se plaindre. Il la foudroie d'éclairs quand elle pique son fard et que son petit pâton s'affaisse comme un flan gélatineux.
Le secteur de la miche, en revanche, demeure soutenu quand l'épi dore dans le four banal.

Concernant l'écoulement des produits de la marée, la morue traverse une mauvaise passe sur le quai comme à la criée en corrélation tarifée avec l'état des bourses du consommateur, mais le maquereau ne s'est jamais aussi bien porté et le bar t'abat des progressions impressionnantes, bar qu'Ali mande son commis de quérir comme aliment halal (a-t-on jamais vu en effet égorger un poisson?).
Alors que les bouchers veulent défendre leur bifteck **, les éleveurs de volaille se sentent dindons de la farce et refusent de continuer plus longtemps à se faire plumer.
Les éleveurs de chiens sont, quant à eux, aux abois.
Entendre le berger gamberger est aussi le signe que les nuages moutonnent au dessus de lui.

Les imprimeurs dépriment tandis que les coloristes haussent le ton et que la hausse du thon encourage les pêcheurs.

Les céréaliers sont sur la paille tandis que les sériciculteurs, eux, pètent dans la soie.
Même dans cette dernière corporation, les situations sont contrastées en particulier pour les canuts de Lyon, qu'enserre ici culture du ver et du mûrier, qui ne trouvent plus la route de la soie qu'en Chine.
Les carillonneurs ont le bourdon et les apiculteurs tristes ne sont plus d'happy culteurs depuis qu'a sonné l'heure du galop dans les prairies du gaucho ***.
Il n'y a plus guère qu'à Laguiole que l'abeille paye !
Les cafetiers trinquent alors que les brasseurs sont sous pression que leur bière soit mise en boîte par des croquemaures de l'affront national.

Heureusement, les électriciens résistent, bien qu'EDF, officiellement pas au courant, soit sous tension.

Avec certitude, le ralentissement du marché de la construction se confirmant, pour les couvreurs, c'est la tuile, murs même pas repeints pour les maçons et certains plombiers en sont même à prendre la fuite ****.

Chez les constructeurs automobiles, bien que le volume des carnets de commandes amortisse le ralentissement, la roue tourne et c'est une marche avant des salaires à deux vitesses, dont l'effet de levier est pourtant plus élevé chez les impécunieux, les salariés donc débrayent et les négociations sont au point mort car la direction freine des deux pieds sur la pédale jusqu'à ce qu'elle fasse marche arrière.

Les cheminots veulent garder leur train de vie et, pour cela, occuper les locaux, sans occulter BB ou Micheline, car c'est la guerre et la crise est arrivée à eux sans crier gare dont le chef entend néanmoins siffler le train, à défaut de canons.

Et, pêle-mêle, à la Prévert,

Les veilleurs de nuit vivent au jour le jour,
Les ambulanciers ruent dans les brancards,
Les pédicures travaillent d'arrache-pied,
Les dessinateurs font grise mine,
Les cireurs de chaussures broient du noir,
Les nuages s'amoncellent au dessus de la tête des météorologues en dépression.

Mais également, et là, la déprime est profonde,

Les coiffeurs en ont ras le bol des coupes courtes, les croupiers ras le cul et jouent leur tout pour le tout,
Les banquiers font banqueroute tandis que les tailleurs, pour se frayer un chemin, font de leur habit route,
Les cordonniers inefficaces dans leur travail, célibataires déprimés de ne pas trouver chaussure à leur pied, sont mis à pied.
Le savetier n'est plus qu'un traîne-savate.

Jusqu'au créateur de BD dont l'humour cumule au Nimbus, c'est vous dire !!!

En un mot, comme en mille,
Les pendus sont sur la corde raide.

C'est décidé, aux prochaines élections, je vote Desproges et Geluck !

* Le lien amusant, que l'on ne manquera pas de chercher à établir entre le bâtard, enfant né hors mariage, et le bâtard, pain, consiste en ce que ledit pain est à la fois plus gros et moins long que le standard du pain (la baguette).

** Si l'on utilise dans le domaine de la boucherie le terme tailler (une bavette par exemple) pour qualifier la phase préparatoire de mise en forme du produit, il sera préféré dans l'industrie pipière le terme de façonner (façonnage d'ébauchons par exemple).

*** Le gaucho n'est pas que ce simple vachero argentin, c'est également un redoutable insecticide (Bayer) tant décrié et condamné dans les tribunaux pour ses effets nuisibles sur la survie des abeilles et leur production de miel, abeille, faut-il le rappeler également, symbole identitaire du fameux couteau de Laguiole.
Faut-il être plus clément avec la succession temporaire mal préparée du gaucho, le régent ? (boutade partiellement incompréhensible si l'on méconnaît que le président des apiculteurs de France s'appelait à l'époque Henri Clément…de Fraissinet de Fourques, pour les connaisseurs).

**** Faut-il préciser, à cet égard, qu'il ne faut pas confondre colmater la fuite avec mater la fuite du col ? En effet il ne faut pas réduire la gynécologie à une simple question de plomberie.
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Anne
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MessageSujet: Re: Etouffement, y en a marre, asthme !   Sam 7 Jan - 12:47

C'est un régal dans tous les sens du terme que tu nous offres la et je te remercie d'ouvrir un post pour cela, ainsi après je pourrais plus facilement le déplacer dans ton blog. bea

Le roi du mot et du jeu.

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