Le bateau ivre



 
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 La Grenouillère

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aristee
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MessageSujet: LA GRENOUILLERE   Dim 31 Jan - 8:46

Chaque jour, cependant je me réservais une petite récréation. Vers 17 heures, je sautais dans ma barque,
remontais le courant, et rencontrais Pierre qui, dès qu’il me voyait, arrêtait son entrainement, et nous descendions la rivière jusqu’à mon saule, où, bien abrités, nous pouvions discuter tranquillement à l’abri des oreilles indiscrètes.

Bien évidemment je le tenais au courant de tout ce qui se passait à la maison, et il a trouvé sage, que pour l’instant, je ne fasse pas d’autres révélations à ma mère.

Les jours s’écoulaient, ma mère allait de mieux en mieux, du moins sur le plan physique. Elle n’avait plus de fièvre, avait repris son teint normal, et commençait à se nourrir convenablement. Mais je voyais bien que son esprit
travaillait, et qu’elle avait beaucoup de mal à considérer Lise sous son vrai jour.

Elle me dit un matin

- Vois-tu ma chérie, je sais qu’elle a commis des indélicatesses, de grosses fautes, même. Mais je ne peux m’empêcher de penser que c’est elle qui nous a élevées, toi et moi, avec une abnégation, un désintéressement que je ne peux oublier.

Il a fallu que je fasse un effort violent sur moi-même, pour me taire, et ne pas lui révéler encore les autres griefs que j’avais accumulés contre Lise. Tu parles, d’un désintéressement, ma pauvre maman !! J’ai prétexté des courses pour sortir rapidement de sa chambre.

Je le dis très simplement, il m’a fallu beaucoup de courage pour traverser cette période, et sans l’appui moral de Pierre, je n’y serais pas parvenue.

Une fin d’après midi, alors que chacun dans son embarcation, nous nous trouvions, Pierre et moi, sous le saule, il me dit :

- Mes vacances se terminent. Dans quinze jours, je serai à Aix en Provence. Dites–moi exactement où en est l’état de votre mère, car j’aimerais que vos problèmes soient réglés avant mon départ, sinon, je ne serais pas tranquille.

Je le remerciais pour la part qu’il prenait à mes soucis, mais je lui dis, que malgré mon désir d’aller vite, je ne voulais pas risquer une rechute de maman..

- Je vous comprends parfaitement, mais il me semble (je peux me tromper bien sûr) que le gros coup est passé. Votre maman SAIT, que l’attitude de Lise est indéfendable. Mais elle essaie de se raccrocher à un dernier petit espoir : Peut être a-t-elle changé ? Or, vous avez les éléments pour lui prouver qu’il n’en est rien.

J’ai la quasi certitude qu’en sortant vos dernières preuves, maintenant, c’est un service que vous lui rendriez, car actuellement elle est dans le doute, ce qui en fin de compte est plus pénible que si elle pouvait voir les réalités en face.

Après quelques minutes de réflexion, je dis à Pierre que j’allais suivre son conseil et que dès la semaine prochaine, j’achèverais d’ouvrir les yeux de ma mère.

Après avoir amarré ma barque au ponton, je remontais vers la maison, quand je vis Lise, qui, sans doute pour s’occuper, désherbait un coin de notre potager.

Lorsqu’elle me vit arriver, elle se redressa, et au moment où je passais à proximité, elle me dit :

- Profitez bien l’un de l’autre avec Pierre.
Vous avez brisé la vie de ta mère et la mienne. Mais tu peux me croire :
Vous ne l’emporterez pas au paradis ! Cela ne restera pas impuni !

Un désagréable frisson m’agita, car elle avait eu pour prononcer ces quelques mots, une voix dure, empreinte de méchanceté. Qu’est-ce qu’elle allait encore inventer ?

Sans lui répondre, je suis entrée dans la maison, pour aller voir maman.
( A suivre)
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MessageSujet: Re: La Grenouillère   Dim 31 Jan - 11:19

Je rentre tout juste.... J'ai pu chaque jour chiper quelques minutes pour venir lire la suite de l'histoire, mais je ne pouvais pas me connecter pour dire ce que je ressentais.

Je suis suspendu à cette histoire, elle prend, saisie on a envie de savoir la suite.....

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MessageSujet: Re: La Grenouillère   Dim 31 Jan - 12:07

Bien d'accord avec toi Anne ! bea
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aristee
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MessageSujet: LA GRENOUILLERE   Lun 1 Fév - 8:57

Elle allait nettement mieux, m’accueillit avec un sourire, ce qui me fit beaucoup de bien. Je vins l’embrasser longuement, et lui dit que nous avions traversé la période la plus difficile, et que nous allions reprendre, toutes les deux une vie calme et heureuse.

- Vois-tu Claudette, j’ai encore du mal à voir Lise sous un nouveau jour. Lorsque pour la première fois tu m’as parlé des lettres des maitresses de ton père qui avaient été écrites par elle, je ne t’ai pas crue une seconde. Maintenant, j’ai un doute. Mais il est évident, comme elle le dit, que nous n’avons que la lettre que papa t’a adressée. C’est sa
parole contre celle de Lise, c’est pourquoi, je n’ai encore aucune certitude.

Puisque maman était assez forte pour aborder elle-même ce problème, et contrairement à ce que j’avais dit à Pierre quelques minutes plus tôt, je décidais de ne pas attendre une semaine, et de régler ce problème immédiatement.

- Maman, Tu ne peux avoir aucun doute. C’est bien Lise qui en écrivant ces fausses lettres, nous a privées, toi de ton mari et moi de mon père.

D’autre part, elle prétend que l’affaire Brugier était une erreur qu’elle avait commise il y a 30 ans, et qu’elle regrettait depuis. C’est faux. C’est faux, et je vais te le prouver. Attends moi quelques secondes.

Je suis partie en courant dans ma chambre, pour aller chercher mon dossier, et dès mon retour, je lui dis.

- Non, Lise n’a pas changé. La preuve, la voici. Elle a crée un dossier à mon nom, et envisageait de recommencer avec
moi, la manœuvre qu’elle avait mise au point pour les Brugier. Voici ses notes.
Tu reconnaitras l’écriture.

Lorsqu’elle eu terminé sa lecture, des larmes coulaient sur son visage.

- Tu as raison. Cette femme est un monstre.
Comment ai-je pu me laisser abuser si longtemps ? Mais j’y songe : comment as-tu pu te procurer ces documents ?

- Maman, lorsqu’il s’agit de mettre à jour les menées d’une personne malfaisante, tous les moyens sont permis, et je ne regrette pas d’être allée dans sa chambre pour chercher la vérité.

Après un très long moment de silence que je respectais, parce que je savais que maman devait faire un gros
travail sur elle-même pour passer du doute à la certitude, elle reprit.

- Je le répète, cette femme est peut être un monstre. Mais il ne m’est pas possible d’oublier que depuis 48 ans, elle nous a élevées toutes deux, qu’elle s’est occupée de nous avec une probité, un désintéressement merveilleux.

Non seulement elle s’occupait de tout ici, sacrifiant sa vie
personnelle, mais, reconnais ma chérie, que pour que nous soyons plus à l’aise, elle faisait des petits travaux de couture, et mettait tout l’argent pour notre vie commune.

C’est pourquoi, malgré les vilénies qu’elle a pu commettre, il n’est pas possible de lui demander de partir, car elle ne possède rien.

- Maman, tu es une femme merveilleuse, pleine de bonté, et je t’aime beaucoup, beaucoup.

Mais il y encore des choses que tu dois savoir.

Tout d’abord Lise n’a pas sacrifié sa vie, bien au contraire. Sa grande joie, son vrai grand bonheur, est d’exercer son autorité autour d’elle.

Sur toi, comme sur moi, elle a pu tirer beaucoup de satisfactions, en usant de ses pouvoirs. Et pour qu’un homme ne vienne pas contester son autorité, elle a fait
en sorte que ton mari, mon père, parte, afin qu’elle reste la seule maitresse des lieux. Pour cela, elle n’a pas hésité
à faire de fausses lettres.

Voici les brouillons des fausses lettres que Lise écrivait pour te faire croire que papa avait des maitresses.

Maintenant, en ce qui concerne sa probité et son désintéressement, malheureusement, tu vas encore être déçue.

Sais-tu que cette femme que tu penses détachée des biens matériels, a profité de ce que, seule, elle s’occupait de nos finances communes, pour virer chaque mois 1000 euros sur ces comptes personnels ? En voici les preuves, ajoutais-je en lui communiquant les photocopies de ses relevés de compte.

Comme tu peux le constater, elle possède sur divers livrets environ 100.000 euros. Par ailleurs, elle possède un portefeuille de valeurs mobilières que je n’ai pas eu le temps d’évaluer mais qui me semble assez important.

Lise est donc loin d’être sans ressources.

Tu possèdes maintenant tous les éléments pour te faire une opinion définitive.
Rien ne presse, tu réfléchis. Mais, pense surtout, qu’il serait difficile, pour toi comme pour moi, de vivre quotidiennement à côté d’une personne tarée et qui nous a fait tant de mal. Je n’en aurais pas le courage, et toi, maman, non plus, j’en suis certaine.

- J’ai l’impression de faire une chute dans un gouffre, et quand je me crois être arrivée au fond, ma chute se poursuit, encore et encore….. C’est atroce. Cette femme que je considérais comme une seconde mère, comme ma mère, même, se révèle être un monstre, alors, je l’avoue, je ne sais plus où j’en suis, et je me sens incapable de prendre des décisions.
( A suivre)
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MessageSujet: Re: La Grenouillère   Lun 1 Fév - 10:46

J'aime vraiment cette histoire... Les caractères sont bien campés et tu nous mènes par le bout du nez ;)
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MessageSujet: Re: La Grenouillère   Lun 1 Fév - 13:08

Pareil, mais il est temps que la maman devienne une femme et non pas une petite fille aussi dépendante.

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MessageSujet: Re: La Grenouillère   Lun 1 Fév - 13:09

288 lectures, tu bas les records Aristee, je suis certaine que beaucoup de lecteurs ne sont pas inscrits sur le navire.

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MessageSujet: Re: La Grenouillère   Lun 1 Fév - 14:16

Merci, mais....Le nombre de lecteurs divisé par le nombre petites tranches journalières, donne un chiffre qui ramène à plus d'objectivité.
D'ailleurs, à ce propos, ce " sauscissonnage quotidien" nuit beaucoup au déroulement logique de l'histoire.Mais il est impossible de passer un texte trop long, qui d'ailleurs ne serait pas lu du tout.
Je profite de l'occasion pour parler du livre électronique.
J'en ai fait l'acquisition il y a quelques semaines, et c'est quelque chose de merveilleux. Dans un petit appareil,d'environ 200 grammes, on peut télécharger des centaines de livres ( dont beaucoup gratuitement) La lecture n'a rien à voir avec la lecture pénible à la longue, d'un écran d'ordinateur ( ce n'est pas la même "encre")
C''est incontestablement l'avenir, et déjà, mon fils me dit qu'au Canada, les élèves l'utilisent. Au lieu de se trimballer avec des kiolos de livres et dictionnaires, tout est dans un "electronique" de 160 à 200 grammes.
Par ailleurs, je suis nul en informatique, pourtant, j'utilise ce livre sans aucun problème ( Choix du livre, choix de la police, marque page, etc)
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MessageSujet: Re: La Grenouillère   Lun 1 Fév - 15:08

Quel est le principe du livre électronique ? J'aime le papier, lire au lit, es-ce compatible ?

C'est vrai que les coupures nuisent, mais elles permettent aussi de maintenir en haleine les lecteurs, ils ont envie de lire la suite et reviennent.

Au début j'avais du mal à tout lire, j'imprimais, tu sais quand tu mettais l'histoire en entier, la ces petites pages sont faciles, puis tu vois je viens de passer une semaine atroce, j'arrivais à me connecter sur le net pour te lire au jour le jour et c'était comme des petites fenêtres de fraicheur dans cet univers très sombre dans lequel j'ai trempé ces derniers jours.

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MessageSujet: Re: La Grenouillère   Lun 1 Fév - 15:26

Le livre électronique est vendu avec un cordon USB que tu branches sur ton ordinateur.
cela sert d'une part à recharger la batterie ( 3 heures de rechargement et des journées possibles de lecture). D'autre part tu peux telécharger des bouquins.
Il y a plusieurs marques. Prix moyens autour de 250 euros.


Pour tout dire le premier acheté (un sonny) était je le croyais en panne. Je trouvais ce truc tellement pratique, que j'en ai aussitôt acheté un second......Avant que je m'aperçoive que le premier avait simplement la batterie à plat. J'en ai donc deux, ce qui permet à Marie de profiter de son côté de ce truc merveilleux ( toutes allusions graveleuses, seraient les mal venues.....)
Au lit, c'est plus facile à lire qu'un livre en papier.
Quand, entre la panne et le second je me suis trouvé dans l'obligation de revenir au livre en papier, j'avais l'impression de revenir au temps de l'éclairage aux bougies...
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MessageSujet: Re: La Grenouillère   Lun 1 Fév - 16:02

Je comprend ce que tu veux dire, avec l'age on n'y voit moins bien de près, moi aussi je me crève les yeux avec les livres, en ce moment j'en lis un qui est écrit un peu petit pour mes yeux, après ils me brulent. C'est une bonne idée, en tout cas une super idée de cadeau !

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MessageSujet: LA GRENOUILLERE   Mar 2 Fév - 8:32

- Je te le répète maman, il n’y a aucune urgence. Repose-toi, reprends des forces, et dans quelques jours,
calmement, en nous mettant d’accord, nous prendrons les dispositions qui s’imposent. Je vais te laisser, tâche de dormir.

Après avoir embrassé maman, je suis sortie pour rejoindre ma chambre.

Je n’avais pas voulu parler à ma mère des menaces que Lise m’avait adressées. L’important, était qu’elle ait les éléments nécessaires pour porter un jugement objectif sur sa nounou, mais, il était inutile de lui donner une nouvelle occasion de se faire du mauvais sang.

Bien sûr, Lise avait peut être proféré ces menaces pour satisfaire son orgueil blessé, mais honnêtement, je n’y croyais pas. Cette femme était foncièrement méchante, et sa capacité de nuisance s’appuyait sur une imagination redoutable.

Si j’avais décidé de ne pas en parler à maman, je résolus en revanche d’en parler à Pierre, pour qu’il se tienne sur ses gardes, lui aussi, puisqu’il était inclus dans les menaces de Lise.

Maman prenait ses repas dans sa chambre, et c’est moi, bien sûr, qui les lui apportais. Inutile de dire que l’ambiance dans la salle à manger, entre Lise et moi, était à peine supportable.

On n’entendait que le bruit des couverts sur les assiettes, et si l’une de nous deux, avait besoin de
a carafe d’eau ou d’un morceau de pain hors de portée, plutôt que de le demander, elle se levait pour aller se servir.

Dès le lendemain, je mis Pierre au courant de ma conversation avec ma mère, et je lui fis part également de la menace de Lise.

Alors qu’ordinairement, Pierre préférait minimiser les choses, il prit très au sérieux les propos de Lise. Il me dit qu’il allait rejoindre Aix en Provence dans quelques jours, qu’il avait très peur de me savoir seule, dans la même maison que Lise, et en conséquence, constamment à sa portée.

- Je vous en supplie, Claudette, il faut que la situation soit réglée avant mon départ. Il faut que cette Lise quitte votre
maison. Puisqu’elle me met également en cause, si vous le voulez, je pourrais aller lui intimer l’ordre de s’en aller. Parlez-en à votre mère, et laissez-moi régler ce dernier problème.

- Pierre, vous êtes un merveilleux ami, et je ne sais comment vous remercier. Sans vous, je vous le dis très simplement, je n’aurais pas eu le courage de mener la lutte contre Lise, et de faire ce que j’ai fait.

- Allons, allons, Claudette !! Vous êtes une jeune fille intelligente, vous avez du cran, et vous savez très bien que je ne suis pas un merveilleux ami…. mais un amoureux ….. fou……. Je plaisante, bien sûr.
Allons ! Ne parlons pas de cela avant que notre problème principal ne soit réglé.

Réfléchissez, Claudette. Parlez-en à votre mère. Il serait mieux, je pense, que ce soit moi qui intime l’ordre à Lise de partir. Je crois que votre maman et vous avez été tellement longtemps sous sa coupe, qu’elle doit espérer encore pouvoir garder une emprise sur vous. Si c’est un homme, un étranger à la maison qui lui dit que toutes ses manœuvres ont été découvertes, elle sera moins sûre d’elle, plus maniable. Réfléchissez, mais vite, et tenez-moi au courant.

CHAPITRE X

Trois jours passèrent. Trois journées affreuses. Lorsque j’étais rentrée, après la discussion avec Pierre qui proposait de prier lui-même Lise de quitter la Grenouillère, j’étais aussitôt allée dans la chambre de maman pour lui en parler.

Elle était allongée dans son lit, très pâle, inconsciente, et prononçait de temps en temps des phrases incohérentes. Je me suis précipitée vers le téléphone pour appeler le médecin.
Lise était dans la salle à manger et lisait un bouquin. Elle leva les yeux pour me regarder faire, sans dire un seul mot.

Quand je suis sortie de la pièce,elle avait repris sa lecture, et je me demandais avec angoisse, si l’état de maman n’était pas du à une intervention de Lise. Cette femme me faisait horreur, et je la craignais.

Elle gagnait encore, puisqu’en m’inspirant de la terreur, elle gardait barre sur moi. Pierre avait raison. Mieux vaudrait que ce soit lui qui lui dise de partir. Mais avant tout, il fallait sauver maman.

J’ai du attendre près d’une heure l’arrivée du médecin. Ne sachant ce que je devais faire, j’étais allée chercher une cuvette d’eau et un gant, et je lui rafraichissais le visage de
temps en temps. Cela la calmait un peu.

Après un long examen, le médecin me dit qu’il serait plus prudent de la transporter à l’hôpital. Il était certain qu’elle avait subi un terrible choc émotionnel, et il était impossible de savoir pour l’instant si des séquelles subsisteraient.

( A suivre)
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MessageSujet: Re: La Grenouillère   Mar 2 Fév - 11:10

Elle est vraiment fragile sa maman....

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MessageSujet: Re: La Grenouillère   Mar 2 Fév - 11:28

La nounou aurait elle empoisonné cette fragile personne ?
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MessageSujet: LA GRENOUILLERE   Mar 2 Fév - 11:38

Anne a écrit:
Elle est vraiment fragile sa maman....

Fragile, sans doute. Mais imagine un instant que la personne la plus proche de toi, que tu connais depuis des dizaines d'années, se révèle être à l'opposé de ce que tu étais sûre qu'elle était. Tu la croyais bonne douce désintéressée, et se révèle d'une méchanceté rare ,grippe sous, menteuse, combinarde...... Cela doit flanquer un coup qui peut ébranler une santé, non?
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MessageSujet: Re: La Grenouillère   Mar 2 Fév - 12:58

Je serais sur le choc, je reconnais que c'est traumatisant comme situation, avoir à faire à un monstre, disons que je suis bien placé en matière de monstre femme, tu as du lire le trombinoscope.

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MessageSujet: LA GRENOUILLERE   Mer 3 Fév - 8:31

Je lui ai demandé s’il avait la certitude qu’on ne lui avait pas fait avaler quelque chose. Il me regarda avec curiosité.

- Pourquoi me demandez-vous ça ? Vous avez des craintes
précises ?

- Précises, non, mais….. Excusez moi docteur, moi aussi j’ai eu pas mal de chocs ces jours ci.

- Bien.
Je demanderai qu’on lui fasse un lavage d’estomac. J’appelle une ambulance.

Je suis restée dans la salle d’attente de l’hôpital d’Avignon jusqu’à 9 heures du soir. Un médecin est venu me dire, que maman n’avait rien ingéré de nocif, qu’elle dormait paisiblement, et qu’il était trop tôt pour prévoir la durée de son hospitalisation.

Je suis rentrée en taxi, et dans la salle à manger, Lise était toujours là, avec son livre.

Ni elle ni moi n’avons prononcé une parole. Elle n’a même pas demandé des nouvelles sur l’état de santé de maman. Curieux comportement d’une nounou qui se disait si profondément attachée à nous, et je suis allée me coucher après m’être confectionné une collation que je suis allée avaler dans ma chambre.

Le lendemain, j’ai voulu prendre ma barque pour aller voir Pierre et le tenir au courant des évènements de la veille. Ma barque, sabordée, était visible au fond de la rivière. A coups de hache sans doute, elle avait été coulée. Mes jambes tremblaient. Cela commençait à faire beaucoup, beaucoup trop. J’étais sans force. Pourtant il fallait que je fasse un dernier effort pour aller à bicyclette chez Pierre, après quoi, je me promis de ne plus lutter, et de me laisser aller.

Lorsque Madame Brugier me vit arriver, elle eut peur, me dit-elle par la suite, devant ma pâleur et mes tremblements. Pierre, appelé, vint aussitôt, et je ne me souviens plus de ce qui s’est passé par la suite, je me suis évanouie.

Il parait que je ne suis restée sans connaissance que durant 5 ou 6 minutes. Lorsque j’ai repris conscience, j’étais allongée sur un lit, dans une chambre très claire. Monsieur et madame Brugier, ainsi que Pierre étaient auprès de moi, et je me sentais bien avec ces têtes inquiètes mais gentilles autour de moi. On m’a fait boire une tisane, et j’ai pu faire le récit de ce qui était arrivé depuis la veille.

Lorsque j’eus terminé, madame Brugier me dit :

Quand vous irez mieux, tout à l’heure, Pierre vous emmènera chez vous, pour prendre quelques affaires, et
vous reviendrez ici. Il n’est pas question que vous restiez dans votre maison avec cette folle. Dans l’après midi, si vous êtes assez en forme, mon mari ou Pierre vous emmènera à l’hôpital prendre des nouvelles de votre mère.
Maintenant, essayez de dormir un peu. Ce sera la meilleure chose pour vous.

Pierre ajouta :

- Je resterai dans la pièce à côté. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas : appelez moi.

Je dois dire que j’avais les larmes aux yeux. Depuis des jours et des jours, j’étais seule à me battre contre une
femme odieuse, et là, subitement, d’autres pensaient et agissaient pour moi. Je me laissais aller et m’endormis rapidement dans la quiétude.

En me réveillant, je n’ai pas réalisé immédiatement où je me trouvais. Cette chambre, très claire, tapissée d’un papier à fleurs, meublée d’une grande armoire paysanne et d’un
guéridon supportant une cuvette et un broc, semblait sortie d’une peinture du début du vingtième siècle.

A peine avais-je mis un pied par terre, que l’on frappa à la porte.

C’était Pierre, qui conformément à la promesse qu’il m’avait faite, était resté dans la pièce à côté, pour être immédiatement à ma disposition si nécessaire. Il avait entendu que j’étais réveillée, m’étais levée, et il venait
aussitôt aux nouvelles. Je me sentais encore engourdie, mais je lui dis qu’après une tasse de café, je serai assez en forme pour continuer.

Pierre me dit que son oncle mettait sa voiture à sa disposition, et il me proposait d’aller chercher des affaires chez moi, puis de partir sur Avignon, pour aller prendre des nouvelles de ma mère.

Je préférais inverser ce programme, aller à l’hôpital d’abord, car j’étais impatiente de voir ma mère, et il me donna son accord.

Un quart d’heure plus tard, après avoir avalé une tasse de café chaud, nous roulions sur Avignon, et parlions de la
possibilité de récupérer ma barque. Pierre estimait que cela pourrait se faire assez facilement. Il suffirait de venir à la Grenouillère avec le tracteur de l’oncle, puis Pierre, muni d’une corde solide plongerait pour la placer sous la barque, et le tracteur la ramènerait en surface. Après l’avoir écopée, elle serait tirée sur la rive pour être réparée.

Discuter de ce petit problème fit passer le temps, et nous sommes arrivés à l’hôpital très rapidement.

Maman reposait dans sa chambre, calme, mais les yeux dans le vague. Elle ne me reconnut pas, et je ne pus retenir mes larmes. ; Après une longue balade dans les couloirs de l’hôpital, nous avons pu trouver le médecin qui suivait ma
mère.

Il n’avait pas de grandes nouvelles à nous annoncer : il ne pouvait pas encore se prononcer sur la récupération partielle ou totale des facultés mentales de la malade.

Pierre et moi nous ne nous sommes pas attardés, et avons repris la route du retour. Le temps était splendide, le ciel
uniformément bleu, grâce au mistral qui soufflait assez fort, la température très agréable. Malgré toutes mes préoccupations, grâce à Pierre, je parvins à profiter de la merveilleuse nature provençale.

Sur le mode humoristique, Pierre me demanda si j’étais toujours déterminée à vivre à la Grenouillère, même mariée à un homme que sa profession appellerait ailleurs, et je lui répondis :

- Bien sûr, je n’ai pas changé d’avis, et si un mari, comme vous le dites, était obligé d’exercer ailleurs sa profession, hé bien la solution serait très simple : Il irait ailleurs tout seul, car c’est qu’il m’aurait menti par omission en ne me disant pas que sa profession exigeait qu’il habite ailleurs
qu’à la Grenouillère.

- Savez-vous, Claudette, que vous me posez un sacré problème ? Me dit Pierre en riant. Soit ! Je vais donc entrer pour la première fois à la Grenouillère. Mieux vaut que je commence à m’y habituer dès maintenant !
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MessageSujet: Re: La Grenouillère   Mer 3 Fév - 12:31

Décidément elle est horrible cette femme, mais il existe sur terre des gens bien que nous avons tous un jour de détresse eu la chance de rencontrer. Je crois en l'humanité de l'être humain, même si cette humanité ne touche pas tous les individus, malheureusement.

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MessageSujet: LA GRENOUILLERE   Jeu 4 Fév - 8:23

Mais, le sourire qui accompagnait cette déclaration lui donnait la dimension d’une simple plaisanterie. Enfin…. je ne pouvais m’empêcher d’espérer qu’il y avait tout de même un petit fond de vérité.

La porte de la maison était ouverte, et, pendant que Pierre m’attendait dans le salon, je suis allée dans le grenier chercher une valise, puis, dans la salle de bains, je pris mes
objets de toilette, et du linge pour deux ou trois jours. Mon intention était de ne pas m’incruster chez les Brugier. Quand je revins dans le salon, je demandais à Pierre s’il avait vu Lise. Il me répondit qu’il n’avait rien vu, ni
rien entendu, et que la maison, à part nous, semblait vide.

Je décidais d’en avoir le cœur net, et accompagné de Pierre, je suis allée visiter toutes les pièces. Après avoir frappé à la porte de la chambre de Lise, et n’ayant obtenu aucune réponse, je suis entrée.

Elle n’était pas là. J’ai voulu savoir si elle avait emporté quelques affaires. Dans le secrétaire, à rouleau, les relevés de banque et les deux chéquiers que j’avais remarqués lors de ma visite domiciliaire n’y étaient plus. Dans la grande armoire, il restait des vêtements, mais des trous dans la
garde robe, indiquaient que de nombreux vêtements avaient été également emportés.

Pierre n’était pas entré dans la chambre, et en sortant, je lui dis que Lise était partie avec ses chéquiers et de
nombreux vêtements.

- Voilà une bonne chose de faite, me dit Pierre. Mais il ne faudrait pas qu’elle puisse revenir. Si vous le voulez, nous reviendrons demain, je vais acheter une serrure ou un verrou, et je poserai une nouvelle fermeture qui l’empêchera de rentrer dans votre maison.

Après avoir longuement examiné la porte d’entrée et pris des mesures, il me dit que malgré ses piètres qualités
de bricoleur, il pensait pouvoir poser une nouvelle serrure sans trop de problème.

CHAPITRE XI

Quatre jours s’écoulèrent, sans qu’il ne se passe grand chose. Pierre, était parvenu à changer la serrure de la porte de la Grenouillère, la barque, grâce au tracteur du tonton, avait été retirée de la rivière, et vidée de son eau. Chaque jour, Pierre, venait avec moi à l’hôpital d’Avignon, où malheureusement l’état de maman n’évoluait pas.

Je voulais revenir habiter à la Grenouillère, mais tous ensemble,, Monsieur Brugier, sa femme, Colette et Pierre, poussèrent de hauts cris en estimant que je n’allais pas vivre seule dans cette grande maison. Ils n’ont pas eu à trop insister, car, je l’avoue, je n’avais pas très envie
de m’enfermer chez moi, en ne sachant pas où était passée Lise.

Sur les conseils de Pierre, j’avais signalé à la gendarmerie sa disparition, et je n’avais vraiment pas la plus petite idée sur l’endroit où elle avait pu aller se cacher.

Nous étions un jeudi, et Pierre partait Dimanche après midi à Aix en Provence pour reprendre les cours de sa dernière
année de maitrise de Droit.

Mon attachement à ma maison de la Grenouillère, était toujours le même, et pourtant….. Si Pierre m’avait proposé de partir à Aix avec lui, pour quelques jours, j’y serais sans
doute allée. Vivre seule, dans cette grande maison, avec tous les affreux souvenirs de ces derniers temps, la maladie de maman, la folie de Lise, qui pouvait revenir à tout moment, me faisaient peur.
(A suivre)
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MessageSujet: Re: La Grenouillère   Jeu 4 Fév - 11:54

On évolue, on s'attache à un lieu, il semble inimaginable de le quitter, puis un jour on se dit que finalement tout est possible... Mais ou donc est passé Lise ? C'est t-elle effacé tout simplement ou prépare-t-elle quelque chose ?

Je sens un heureux dénouement.

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MessageSujet: Re: La Grenouillère   Ven 5 Fév - 13:51

Artistee, tu vas bien ? pas de suite aujourd'hui ?

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MessageSujet: Re: La Grenouillère   Ven 5 Fév - 14:23

Er oui je passe de temps à autre et rien de rien ? boff
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MessageSujet: Re: La Grenouillère   Ven 5 Fév - 22:18

Aristee, quelque chose ne va pas ? J'avais tant envie de lire la suite.....

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MessageSujet: LA GRENOUILLERE   Sam 6 Fév - 8:58

NOTE
Je ne m'étais pas rendu compte que mon épisode d'hier n'était pas passé.
Mille excuses pour cette entorse aux habitudes

Par ailleurs, il n’était pas question que je m’éternise chez les Brugier, et je devais prendre mon courage à deux mains, pour fixer la date de mon retour à la Grenouillère. Je
décidais que ce serait le lendemain du départ de Pierre, soit le lundi.

Le dimanche, avant de l’accompagner à la gare, nous sommes passés quelques instants à l’hôpital.
J’avais bien senti, les jours précédents, que les médecins ne se faisaient plus d’illusion, sur la possibilité pour maman, de reprendre le dessus. Il était question de la transporter dans un Etablissement spécialisé, et je savais ce que cette appellation cachait. Jamais plus maman ne reviendrait à la maison.

Il y avait un autre problème que je me devais d’envisager sérieusement. Je ne pouvais rester sans rien faire très longtemps. Certes, grâce à papa, j’avais, sur le plan matériel, le temps de voir venir, mais j’estimais que je n’avais pas le droit de m’abandonner à la facilité, et quoiqu’il en soit, l’héritage de mon père qui m’avait paru énorme, ne m’aurait pas permis de rester oisive toute ma vie.

Je m’étais inscrite à une auto école, et en attendant de pouvoir m’acheter une automobile pour me déplacer plus facilement, je partais chaque jour à bicyclette pour chercher un emploi. J’avais fait passer des annonces dans divers journaux, mais je n’arrivais pas à me résigner à accepter
des activités trop subalternes. Pourtant je voyais le moment où je n’aurais pas d’autres possibilités, et je m’étais fixé une date limite pour cela.

C’est bien souvent le hasard qui règle nos vies. Comme une dent me faisait souffrir, j’ai pris un rendez vous chez un dentiste. J’étais sur le fauteuil de torture lorsque par quatre fois le téléphone a sonné et le dentiste a du m’abandonner,
pour prendre les communications. Chaque fois qu’il revenait vers moi, il maugréait, et me disait que sa secrétaire venait de se marier, attendait un bébé, et ne voulait plus travailler à l’extérieur. Comme j’avais la bouche ouverte, je ne pouvais pas lui répondre. Ce n’est que lorsque je fus libérée
des pinces et des cotons, que je pus parler et lui dire que de mon côté je cherchais un emploi.

Son visage s’était illuminé. J’étais bien tombée. Il venait d’être dérangé quatre fois au cours de ma petite intervention et ma présence lui parut providentielle. Il me fixa un rendez vous pour le lundi suivant, jour de fermeture du cabinet.

Je rentrais à la Grenouillère, toute heureuse d’avoir l’espoir
d’un job qui pourrait m’intéresser. Enfin une bonne nouvelle !!

Je venais de poser ma bicyclette dans la grange, quand je vis dans l’allée, à quelques pas de moi, Lise, qui, debout et immobile m’attendait. J’eus un mouvement de recul, puis ma nature de fonceuse prit le dessus et je me dirigeais vers elle.

- Que faites-vous ici ? Vous n’êtes plus chez vous, et vous êtes indésirable.

- Bonjour ma petite Yette. Donne-moi vite des nouvelles de ta maman.

- Vous êtes la cause de son état. Lorsque maman a pris conscience du monstre que vous étiez, elle est tombée malade, et ne reviendra sans doute jamais ici.

Elle se mit à pleurer, ce qui ne m’émut pas le moins du monde.

- Il est bien temps de pleurer, quand le mal est fait. Partez ! Je ne veux plus vous voir.

- Tu habites seule ?

- Ma vie ne vous regarde en rien.

- Écoute, ma petite Yette, je ne viens pas en ennemie. Bien au contraire, si ta maman est malade, tu ne vas pas pouvoir vivre seule ici, et je vais t’aider.

Je sortis mon portable de ma poche.

- Si vous ne partez pas immédiatement, je téléphone à la gendarmerie. A propos, vous devriez bien y aller à la gendarmerie, j’ai signalé votre disparition. Voulez vous que je signale à la fois votre retour et qu’ils viennent vous
chercher ?

- Ne fais pas l’imbécile ! Réfléchis un peu ! Tu as plus besoin de moi que moi de toi, alors, laisse-moi reprendre
mes fonctions de gouvernante, et tu verras que tout ira bien entre nous. Tu n’auras pas à me payer.

- Oh, je sais que de l’argent, vous en avez ! Vous avez su profiter de vos fonctions. Mais c’est terminé. Partez ou j’alerte la gendarmerie.
( A suivre)
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MessageSujet: Re: La Grenouillère   Sam 6 Fév - 9:54

Un vrai pot de colle cette femme ! On la flanque à la porte, elle revient par la fenêtre, enfin façon de parler ;)
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MessageSujet: Re: La Grenouillère   

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